A SON PAGE
Fay refraischir mon vin de sorte Qu'il passe en froideur un glaçon :
Fay venir Jeanne, qu'elle apporte Son luth pour dire une chanson :
Nous ballerons tous trois au son ; Et dy à Barbe qu'elle vienne, Les cheveux tors à la façon P'une folâtre Italienne.
Ne vois-tu que le jour se passe?
Je ne vy point au lendemain :
Page, reverse dans ma tasse.
Que ce grand verre soit tout plein :
Maudit soit qui languit en vain :
Ces vieux médecins je n'appreuve :
Mon cerveau n'est jamais bien sain.
Si beaucoup de vin ne l'abreuve. ^
Imité de la fin de Tode tlv d'Horace, liv. II, à Quinc-
tius Hirpinus :
Quis puer ocius
Restinguet ardentis falerni
Pocula praetereunte lympha?
Quis devium scortum eliciet domo
Lyden? Eburna, die âge, cum lyra
Maturet, incomptam, Lacaenae
More, comam religata iiodo.
Le rhythme est encore de l'invention de Ronsard. « Éd. P. Bl., t. II, p. 149.
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