A LA FORÊT DE GASTINE
Couché sous tes ombrages vers,
Gastine, je te chante, Autant que les Grecs par leurs vers
La fores t d'Erymanthe.
Car, malin, celer je ne puis
A la race future.
De combien obligé je suis
A ta belle verdure :
Toy qui sous Tabry de tes bois |
Ravy d'esprit m'amuses :
Toy qui fais qu'à toutes les fois
Me respondent les Muses :
Toi par qui de l'importun soin
Tout franc je me délivre, Lorsqu'en toy je me pers bien loin ,
Parlant avec un livre.
.Tes boccages soient lousjours pleins
D'amoureuses brigades, De Satyres et de Sylvains,
La crainte des Naiades 1 En toy habite désormais
Des Muses le collège.
Et ton bois ne sente jamais
La flame sacrilège ! *
C'est un bijou que cette petite pièce : tout y appartient à Ronsard, Tidée et le rhythme.
» Éd. P. Bl., t. II, p. 159.
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