PE TOUTES LES "FILLES
Au ch&teaa d'HarloTe,^ samedi i5 arril.
(c Voi&s qui avez été ma sœur (car je ne sais plus xi quel nom il est permis de vous donner, ni quel » nom vous osez prendre), apprenez donc, pui&- » que Vous désirez d'être éclaircie, oue vous avez » rempli toute votre famille d'horreur. Mon père,, y> dans ses premières agitations, en recevant la novt* y> velle de votre honteuse fuite, a prononcé k deux » genoux une malédiction terrible. Votre sang doit y> se glacer à cette lecture! K a demandé au ciel, » que^ dans cette vie et dans Vautre y vous puis-' 3) siez trouver votre punition ^ par le misérable >> même en qui vous avez jugé à propos de mettre » votre criminelle confiance.
y> Vos habits ne vous seront point envoyés. H y> paroît qu'en négligeant de les prendre, vous vous » êtes crue sûre de les obtenir, lorsqu'il vous plai- » roit de les demander. Mais peut-être n'aviez-vous » dans l'esprit que la pensée de joindre votre amant; » car tout semble avoir été publié, à l'exception de^ » ce qui pouvoit servir à Votre fmte. Cependant
» VOUS avci peut^tre jugé^ avec raison, qu'en ta-*. » chant d'emporter vos habits, vous pouviez être » découverte. Rusée créature! de n'avoir pas fait )> une démarche qui ait pu faire deviner votre desy> sein ! Rusée, c'ett-à-dire pour votre propre ruine )) et pour l'opprobre de votre famille.
)) Mais votre misérable vous a-t-il conseillé d'é- » crire pour vos habits, dans la crainte que vous 7) ne lui fassiez trop de dépense? Je suppose que )) c'est le motif.
» A-t-on jamais entendu parler d'une créature » plus étourdie? C'est néanmoins la célèbre, labril- )) lante Clarisse.... Comment la nommerai -je? Har- )> love , sans doute. Oui , lïarlove , pour notre honte y> commune!
» Vos desseins et tous vos ouvrages de peinture y> ont été enlevés; de même que votre grand pory> trait, dans le goût de Vandyck *, qui étoit dans^ 7> le parloir autrefois vôtre. On les a renfermés » dans votre cabinet, dont la porte sera condam- )) née, comme s'il ne faisoit pas partie de la mai- 7> son; poiir y périr tous ensemble de pourriture,, 3) ou peut-être par le feu du ciell Qui pourroit en . y> soutenir la vue? Souvenez -vous avec quel em- » pressement on prenoit plaisir à les montrer : les
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* G'esl-à-dire de grandeur Datnrette. 11 éloit de M. Hîgbmore^ €}» a trouT^ le moyen de Tobtenir de la iantiile, et qui le posaède encore.
y> premiers, pour faire admirer l'ouTrage de voa » belles mains; l'autre, pour exalter la prétendue. » dignité de votre figure, qui est mainteaant dan& y> la boue. Et qui , qui se faisoit un bonheur de cette » complaisance? Ces mêmes parents, dont Faveugle y) tendresse ne vous a point empêchée d'escaladçr les y> murs de leur jardin , pour fuir avec un homme.
y> James Harloye 30.
Mon frère a juré vengeance contre votre libcrr tin : j'entends pour l'honneur de la faoïille, sans aucun égard pour vous; car il déclare que s'il vou& rencontre jamais, il vous traitera comme une fille publique : et il ne doute* pas que tôt ou tard ce ne soit votre sort. ^
Mon oncle Harlove vous renonce pour jsimais;
Ainsi que mon oncle Antonin ;
Ainsi que ma tante Hervey ;
Ainsi que moi; vile et indigne créature! disgrâce dé votre famille ! proie d'un infâme libertin , que vous serez infailliblement, si vous ne l'êtes pas déjà !
Vos livres, puisqu'ils ne vous ont point appris ce que vous deviez à vos proches, à votre sexe ejt à votre éducation , ne vous seront point envoyés; non plus que yotre argent, ni les pierreries, que vpu^ méritiez si peu. On souhaiteroit de vous voir mendia votre pain dans les rues de Londres.
Si celte rigueur vous pèse, mettez la main sur
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votre coéttr , et demandez-vous à vou&-méme pourquoi vous Pavez mërilée?
Tous les honnêtes gens que votre orgueil vous a fait rejeter avec mépris (excepté M. Solmes, qui devrôii se réjouir néanmoins de vous avoir manquée)^ se forjt un triomphe de votre Bonteusç fuite ^ et reconnoissent à-présent d'où venoient vos refus.
Votre digne Norton rougit de vous. Elle mél© ses larmes avec celles de votre mère, et touces deux se reprochent la part qu'elles ont eue à votre naisr* sance et à votre éducation.
En un mot, vous êtes l'opprobre de tous ceux à qui vous avez appartenu; et , plus que de tout autre^ cdui
d'ÂRASEIiliE HaRXOVE.