LETTRE CLVI
Miss 'Cl J RISSE HjRLorE â miss Jïowt^
Lundi au soîr, i.*' mai*
Je m'échappe, à ce moment, de la désagréable compagnie où je me suis vue engagée contre mon inclination. Comme je prendrois peu de plaiar à me rappeler le détail de la conversation, contentez-vous de ce que je pourrai recueillir du souvenir qui me reste de la peinture que M. Lovelace me.fit hier de ses quatre amis, et de quelques observations sur le spectacle auquel je viens heureusement de me dérober.
Les noms des quatre messieurs sont Belton,* Movbray, Tourville et Belford. Madame Sinclair, miss Partington , cette riche héritière dont je vous aiparie dans ma dernière lettre, M. Lovelace et moi, msoient le reste delà compagnie.
Je vous ai déjà fait le portrait de miss Partington j du côté favorable , sur le témoignage de madame Sinclair et de ses nièces. J'ajouterai quelques-unes de mes propres remarques, sur la conduite quelle a tenue dans l'assemblée..
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Eh meilleure compagnie, peut-être auroît-elle paru avec moins de désavantage : mais, malgré ses regards innocents, que M. Lovelace affecte de louer ' beaucoup, il n'est pas l'homme du monde au jugement duquel je me fîerois le plus, pour ce qui regarde la véritable modestie. A l'occasion de quelques discours , qui n'étoient pas assez libres pouf mériter une censure ouverte, mai« qui ne laissoient pas de renfermer quelc[ue chose d'indêcent pour des personnes bien élevées, j'ai observé que cette jeune demoiselle marquoit d'abord une sorte d'eaibarras ; mais qu^ensuite, par un sourire ou par un coûpd'œil, elle èncourageoit , plutôt qu'elle ne paroissoit condamner, uii grand nombre de libertés, qui sont «absurdes, si eUes ne signifient rien, ou qui doivent passer pour des grossièretés offensantes, si elles renferment quelque sens. Il est vrai que j'ai connu plusieurs femmes, dont j'ai meilleure opinion que de madame Sinclair, qui ne faisoient pas diffi-* eul^é de passer aux hommes, et de se pardonner à elles-mêmes des libertés de cette nature. Maïs je n'ai jamais conçu qu'une si grîande facilité puisse s'accorder avec l'honnête pudeur, qui fait le caractère distinctif de notre sexe. Si les paroles né sont que le corps ou l'habit des pensées, l'ame ne se fait-elle pas connottre par cette enveloppe extérieure?
Pour les quatre amis de M, Lovelace, J6 lés crois gens de qualité , par le droit de leurs encêtres ^ notais
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je ne leur ai pfts reconnu d'aulre apparence de-poblesse.
M. Belton a reçu son éducation à runiver^té , parce qu'il étoit destiné pour la robe. Cette profession ne s'accordant point avec la vivacité^ de 'sou naturel , la mort d'un onde , qui le rendit héritier d'un bien considérable, lui fit quitter le collège pour venir à la ville j où il. prit aussitôt les airs du grand monde. On assure qu'il est homme sensé JI se met fort bien , mais sans affectation. U est grand buveur. U aime 4 veiller, et s'en fait gloire. U a la passion du jeu, qui a dérangé ses affaires.- Son âge ne passe pas trente ans. Son visage e^t d'un rouge ardent, un peu taché et boutonné. Les irrégularités dcisa vie sensuelle paroissent la menacer d'une courte durée; car il est attaqué d'une toux sèche, qui ne marque pasdes poumons fort sains : cependant, il afifecte de. rire de lui-même , et de faire rire ses amis , de ces menaçants symptômes, qui devraient le rendre pins sérieux.
M. Mowbray a beaucoup voyagé. H parle plusieurs langues comme ' M. Lovelace même, -mais avec moins dé facilité. Il est de bonne maison : son âge paroit de trente-trois ou trente-qua^r^ ^iislll a la laîUe haute et bien prise, les yeux vifs et lè^^ard audacieux. Son front et sa joue droite sont défigurés par deux larges cicatnoes. Il se met aussi fort proprement. Il a toujours ses gens autour jde lui, 1^ appelant sans cessé, et les chargeant de quelque
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nsessage frivole, comme nous en avons eu une dou-zaine d'exemples pendant le peu de temps cpe j'ai passé dans l'assemblée. Ils paroissent observer, tourà-tour, le fier mouvement de ses yeux , pour être prêts à courir avant qu'ils ayent entendu la moitié de ses ordres ; et j'ai cru remarquer qu'ils le servent en tremblant. Cependant , cet homme paroît supportable avec ses égaux. Il ne parle pas mal des spectacles et des amusements publics , sur-tout (le ceux des pays étrangers. Mais il a quelque chose àéromanesque dans l'air et dans le langage; et souv^it il assure 9 avec beaucoup de force, des choses qui n'ont aucune vraisemblance. Il ne doute de rien, excepté de ce qu'il aevroit croire; c'est-à-dire qu'il badine librement sur les choses saintes , et qu'il fait profession de haïr les prêtres de toutes sortes de religions. U a de hautes idées" de l'honneur ; c'est un mot qui ne sort presque point de sa bouche : mais il ne paroît pas qu'il respecte beaucoup les mœurs. . M. Tourville nous a fait, je ne sais à quelle occasion, la grâce de nous apprendre son âge. Il entre justement dans sa trente - deuxième année. U est aussi d'ancienne maison ; mais, dans sa personne et dans ses manières, il a plus de ce qu'on appelle petit mattre , qvi^éncxm de ses compagnons. Il est vêtu richement. Il voùdroit paroître homme de goût dans le choix de tout ce qui sert à sa parure ; mais j'y ai trouvé plus de profu^sion que d'élégance. On
remarque sans peine, au soin qu'il prend de son extérieur et à l'attention qu'il exige pour ce qui le distingué au-dehors, que le dedans occupe peu son attention. M. Lovelace dit qu'il danâe parfaitement| qu'il est grand musicien , et que le chant est une de ses principales perfections. On l'a prié de chanter* H a chanté quelques airs italiens et François ; et, pour lui rendre justice , les paroles étoient fort décentes. Toute ]a compagnie a paru très-satisfaite; maïs ses plus grands admirateurs ont été madame Sinclair, miss Partington et luiTmême. Pour moi, je lui ai trouvé beaucoup d'affectation.
La conversation et les manières de M. Tounrilie sont remplies, dans un excès iftupportable, de ces grossières offenses contre le bon sens de notre sexe, «luxquelles l'usage moderne a donné le nom de compliments, et qui passent pour une marque d'éducaition, quoiqu'elles ne renferment au fond qu'un apias d'exagérations ridicules, propres seulemeata faire connoître la mauvaise foi des honxmes, et l'opinion désavantageuse qu'ils ont des femmes. Il affecte de mêkr, dans ses discours, des mots françois 6t italiens; et souvent il répond en françois à une question qu'on lui fait en anglois, parce qu'il préfère cette langue, dit-il, au sifiBement de sa nation. .Mais, alors, il ne manque point de donner la traduction de sa réponse dans l'odieuse langue.de son pays.j de peur , apparemment, qu'on ne le soup-
çonne de ne pas savoir ce qu'il dit. Il aime les narrations. Il promet toujours une histoire excellente, ayant que de la commencer : mais il ne paroit pas qu'il s'embarrasse beaucoup de tenir parole. Il est rare même qu'il aille jusqu'à la fin du récit, lorsqu'on a la patience de l'écouter. Il s'interrompt luimême par un si grand nombre de parenthèses, et de nouveaux incidents , qu'il perd le fil de son propre discours, et qu'il demeure satisfait au milieu du chemin; ou, s'il veut le reprendre, il demande du secours à la compagnie, en priant agréablement le diable de Remporter , s'il se souvient de ce qu'il vouloit dire. Mais c'en est assez, et beaucoup trop, sur M. Tourville.
M. Belford est le quatrième convive , et celui pour lequel il m'a paru que M. Lovelace a le plus d'estime et d'affection. Je crois avoir compris que c'est un homme d'une valeur éprouvée. Ils sont devenus amis à l'occasion d'une querelle ( pour quelque femme, peut-être), et d'une rencontre aux carrières de Kensington, où quelques survenants eurent le bonheur de les réconcilier.
Il me semble que M. Belford n'a pas plus de vingt' sept ou vingt-huit ans. C'est le plus jeune des cinq, après M. Lovelace. Peut-être sont-ils les deux plus méchants; car ils paroissent capables de conduire les trois autres à leur gré. M. Belford est mis proprçmeut comme les autres; mais U n'a pas ces
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avantages de figure etd'ajustement dont M. Lovdace est trop vain. Cependant , il a Papparence d'un homme de condition. Les bons auteurs anciens , et nos meilleurs écrivains, lui sont familiers. La couvèrsation, par son moyen, a quelquefois pris un tour plus agréable : et moi, qui, passant parmi eux pour madame Lovelace,m'eiForcois de doimerla meilleure face qu'il m'étoit possible à ma situation) je me suis jointe alors à eux, et j'ai reçu de toutela compagnie une abondance de complimenta sur mes observations.
M. Belford paroît obligeant et de bon naturel. Quoique plein de complaisance, il ne la porte point à l'excès comme M. Tourville. Il s'exprime avec beaucoup dé facilité et de politesse , et j 'ai cru remarquer un fonds de bonne logique dans son esprit et dans ses raisonnements. M. Belton a les mêmes prétentions. Ils s'attaquoient tous deux dans cett? forme, en nous regardant, nous autres femmes, comme pour observer si nous admirions leur savoir, lorsqu'ils étoient contents d'eux-mêmes. Mais, avec plus de pénétration et de justesse, M. Beliord emportoit visiblement l'avantage ; et le sentant ben lui-même, il prenoit^plaisir à défendre le côté foibk de l'argument.
Quelque peu dégoût qu'on ait en général pou^" les sujets qui se traitent dans ces occasions, on sy prête autant que la bienséance le permet, et par ^®
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rapport qu'ils ont à d'autres vues. Il m'auroit été diffic3e de ne pas souvent observer combien M. Lovelace étoit au-dessus de ses quatre amis, dans les choses mêmes sur lesquelles ils avoient la meilleure opinion de leur propre mérite. Pour ce qui regarde l'esprit et la vivacité, il n'y en avoit pas un qui approchât de lui. Ils s'accordoient tous à lui céder, lorsqu'il ouvroit les lèvres. Le fier Movv^bray exhoi^ toit alors Tourville à finir son babil; il poussoit du coude, le sourcilleux Belton, pour lui faire faire attention que Lovelace alloit parler; et, lorsqu'il avoit parlé, les termes de charmant garçon sortoient de toutes les bouches, avec quelque expression cavalière d'admiration, ou peut-être d'envie* Effectivement il a des avantages si particuliers dans la figure, dans le langage et dans les manières, que^ si l'on n'avoit soin de veiller sur soi-même et de dis* tinguer la vérité des fausses apparences , on seroit souvent exposé à l'illusion.
(c Voyez -le dans une compagnie nombreuse, y> m'a dit M. Belford, on ne fait attention qu'à y> lui ^. Ce Belford ayant vu sortir son ami pour un moment, a profité de son absence pour s'appro?cher de mon oreille; et de l'air d'un favori qui est dans le secret de l'aventure, il m'a fait un compliment de félicitation sur mon mariage supposé; en ju'exhortant à ne pas insister trop long-temps sur les rigoureuses conditions que j'avois imposées à ua
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û galant homme. Ma confusîoa, dont il s'est aperça ]iii a fait quitter aussitôt ce sujet, pour retomber sur l'éloge de son ami.
Réellement, ma chère, il faut avouer queM.Lovelace a dans l'air une dignité naturdle, qui rend en lui la hauteur et l'insolence , non-seulement inutiles, mais absolument inexcusables. Et puis ceue douceur trompeuse^qu'il a dans le sourire, dans le langage et dans tonte sa contenance, du-moinslors^ qu'il cherche à plaire, ne marque-t-elle pas qu'il est né avec des inclinations innocentes ; et qu'il n'est pas naturellement cette cruelle, cette violente, cette impétueuse créature , dans laquelle il se peut que la mauvaise compagnie l'ait changé? car il a d'ailleurs
une physionomie ouverte, et je puis dire honnête. Ne le pensez- vous pas aussi, ma chère? Cestsur toutes ces spécieuses apparences que je fonde l'espoir de sa réformation.
Mais il est surprenant pour moi, j'en conviens, qu'avec tant de quaUtés nobles , avec une si grande connoissance des hommes et des livres, avec un esprit si cultivé, il puisse trouver tant de sàùsfaction dans la compagnie dont je vous ai lait la peinture, et dans une conversation d\me imperûnenct révoltante, indigne de ses talents et de tous ses avan* t^es naturels et acquis. Je n'en puis imaginer qu uns raison ; et malheureusement elle ne marque p^^^^ | une gr/inde ame : c'est sa vanité, qui lui l'ait atta-
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cher un ridicule honneur à se voir le chef des compagnons qu'il s'est choisis. Comment peut-on aimoi; les louanges, et se contenter de celles qui viennent d'une source si méprisable?
M. Belford s'est avisé de lui faire un compliment, qui m'a fait hâter mon départ de cette choquante assemblée, ce Heureux mortel! lui a-t-il dit, à l'oc- )) casiou de quelques.flatteries de madameSinclair, y> qui étoient approuvées par miss Part^gton , von» )) êtes si bien partagé du côté de l'esprit et du couy> rage , qu'il n'y a point de femme , ni d'homme qui )> puissent tenir devant vous». En parlant, M. Belford avoit les yeux sur moi. Oui, ma chère, il me regardoit avec un sourire; et ses regards se sont tournés ensuite vers son ami. Ceux de toute l'assemblée, hommes et femmes, sont tombés aussitôt sur votre Clarisse : du-moins le reproche de mon cœur me l'a fait penser; car à- peine me suis -je senti la hardiesse de lever les yeux.
Ah! ma chère, si les femmes auxquelles on croît de l'amour pour un homme ( et c'est le cas où je suis ; car à queUe autre cause attribuer une fuite qu'on suppose volontaire?) étoient capables de réfléchir un moment sur l'orgueil qu'elles lui causent^ et sur l'humiliation dont elles se couvrent ; sur Ist fausse pitié, le mépris tacite, les insolents sourires et les malignes explications auxquelles elles s'éx^ posent ^ de la part d'un monde de censeurs de l'un
et de l'autre sexes; quel mépris n'auroienl-elles pas pour eUes-^mémes? et combien la mort, avec toutes ses horreurs, leur paroîtroit-elle préférable à cet excès, d'abaissement? Vous devez voir à -présent pourquoi je ne puis m'étendre c^vantage sur toutes les cû'constances de cette conversation.
Clarisse Harlove.
LETTRE CLVIL
Miss Clarisse HjRLorE à miss Howe.
Landi à minuit.
Il m'arrive une aventure fort bizarre, qui me cause de la peine et du regret;
Madame Sinclair me quitte à pe moment, et fort mécontente, je crois, de n'avoir point obtenu de moi ce qu'elle m'a demandé. Sa maison se trouvant remplie de quelques femmes, arrivées pour ses nièces, etja nuit, qui est fort avancée, ne permettant guère à miss Partington de s'exposer dans les rues de Londres, elle est venue me prier d'accorder à cette jeune personne la moitié de nion lit.
Sa demande peut avoir été fort simple, et mon refus lui aura paru dur et peu obligeant : mais, pendant qu'elle s'expliquoit, il m'est venu subitement
à l'esprit que ]e suis ici comme étrangère pour tout le monde; que je n'ai pas un seul domestique* que je puisse dire à moi, ou dont j'aye grande opinion ; qu'il y a, dans la maison, quatre hommes d'un caractère fort libre, partisans déclarés de M. Lovdace; lui-même d'un esprit entreprenant; tous, autant que j'en puis juger par le bruit éclatant de leur joie depuis que je les ai quittés, dans la dialeur actudle du vin ; que rtiiss Paf Cington elle-même n'est pas uno personne aussi timidie qu'on mel'a représentée; qu'on a pris des peines oiEcieuses pour me donner une bonne opinion d'elle, et que madame Sindair a mis plus de rechercfbe dans son oemplimêntqu'une prière de cette nature n'en demandoit. Un refus, ai-je dit en moi-mêmejtie peut avoir qu'un air ^ngulier pour des gens qui me croient déjà un peu singulière : un consentement m'expose à de facheoses aventures. J'ai trouvé sipéu de proportion entre les dangers de l'alternative, que je n'ai pas balancé sûr le dioix.
J'ai répondu à madame Sinclair, que j'avois une longue lettre à finir; que je ne quitterois pas la plume sans être fort pressée du sommeil; que miss Partingtqn seroit gênée, et que je le serois moi-
même.
Il seroit bien fSclieux, m'a-t-elle dit, qu'une jeune fille de cette distinction fût obligée de partager , avec Dorcas; un lit fort étroit. Mais elle avoit encore plus de regret de m'avoir fait une proposi-
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tîori dont je pusse recevoir la moindre incbmmodilé. Rien ne seroit pins éloigné de ses intenticxis ; et miss Pariington attendroit volontiers avec die que j'eusse fini ma lettre. Alarmée de ces instances, et moins embarrassée à persister dans mon refus qu'à le donner d'abprd, j'ai offert mon lit entier, et de me renfermer dans mon cabinet pour écrire pendant toute la nuit. Cette pauvre Miss, m'a-t^n dit, seroit effrayée de coucher seule : d'aîllears , elle ne consentiroit jamais à m'incommoder jusrqu'à ce point.
Je me suis crue délivrée, sur-rtout lorsque j'ai vu madame 'Sinclair qui se retiroit civilement. Mais elle est revenue ; et m'ayant demandé pardon de son retour , elle m'a^ dit que miss Partington étoit toot en larmes; que jamais die n'avoit vu déjeune dame, pour laquelle elle eût conçu autant d'admiration que pour moi; que cette chère fille se flattoit de n'avoir laissé rien échapper dans sa conduite, qui m'eut inspiré du dégoût pour dlè. Trouvois-je bon qu'elle me l'amenât?
J'étois fort occupée, lui ai-je répondu. La lettre que j'avoîs à finir étoit imjj^ortante. «Pespérois de voir demain miss Partington, et de lui faire agréer mes excuses. Alors madame Sinclair, hésitant, et paroissant reprendre le chemin delà porte, n'a pas laissé de se tourner encore vers moi. J'ai pris un flambeau pour la conduire, en lui recommandant
de prendre garde à ses pieds. Elle s'est arrêtée au haut de Pescalier : Mon Dieu ! Madame, queDe peine vous prenez ! m'a-l-elle dit. Le ciel connoît mon cœur, je n'ai pas eu dessein de vous offenser j mais puisque vous n'approuvez pas une demande trop libre, je vous supplie de n'en rien' dire à M. Lovelace. Il me croiroit trop hardie, et trop impertinente.
Ne trouvez-vous pas, ma chère, cet incident fort particulier I soit en lui-^méme, soit dansle tou|* que mes réponses lui ont fait prendre? Je n'aim^ ]>oint à me rendre cçupable d'une incivilité. Cepenr dant si l'on ne se proposott rien , mon refus mérite ce nom. D'qn -autre côté, j'£l marqué, des soupçons , auxquels je ne puis m'imaginer qu'il y ait le moindre fondement. S'ils sont justes, je dois tout x^raindre, je dois fuir et cette niaison et l'homme, comme ce qu'il y a d^ plus infecté. S'ils ne le sont .pas ,^ et que je w. puisse me purger tQQi-méme dç les avoir formés, en donnant quelque raison plausible de moa refus, quel moyen de d^çaeurer ici plus long-temps avec honneur ?
Je me sens irritée contre lui , contre moi-même ^ et contre tout le monde , excepté,<vous. Ses comr pagoons sont de clioquantes créatures. Pourquoi , je le répète, a^-t-il pu. souhaiter de. me voir en .4 jnajuvaise compagnie? Encore une foi^/jis. ne sui» pas contente de lui, , r^
» . . CXiAAISS£ HARJjOYIE.
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