‹ Œuvres choisies de Prévost avec figures (volume 2)Chapitre 59 sur 60 · LETTRE CLXVIII · texte numérisé non relu

LETTRE CLXVIII

Miss Clarisse IlARLorn à miss Hojte.

J E vous rends grâces , et à M. Hackman , de la lettre qu'il a pris la peine de m'éorire avec une diligence ^ obligeante; et je continue de me soumettre 4 votre chère tyrannie.

Elle lui fait le récit de ce qui s^estpa$sé y le

itQSk HTSTOIRS

mardi matin, entre elle et M. Loi^l€ice, à Foccaaion de ses quatre amis et de miss Piirtington. Les circonstances diffèrent peu de celles qu^on a lues dans la lettre de M. Loi^lace. Ensuite elle continue :

n ne cesse de me reprocher un excès de scrupule. n prétend que jç soi» toujours fâchée contre lui ; que je ne puis avoir gardé plus de réserve avec M. Solmes ; et qu'il ne peut concifier avec ses idées, non plus qu'avec ses espérances, que depuis si longtemps il n'ait pas eu le bonheur d'inspirer le moindre sentiment de tendresse à la personne qu'il se flatte de pouvoir bientôt nommer sa femme. Aveugle présomption ! de ne pas voir à quoi il doit attribuer la réserve avec laquelle je suis obligée de le traiter. Mais son orgueil anéantit sa prudence. Ce ne peut être qu'un bas orgueil qui a pris la place de cette noble fierté qui le mettroit au-dessus de la vanité par laquelle il s'est laissé corrompre. Ne vous souvenez-vous pas de Favoir vu, pendant les heureux jours que j'ai passés chez vous, regardant autour de lui, lorsqu'il retoumoit à son carrosse, comme pour observer quels yeux sa figure et son air attiroient h sa suite? Mais nous avons vu de laids et ^sots petits maîtres , aussi orgueilleux de leur figure que s^s avoient toutes les grâces en partage ; pendant qu'ils dévoient penser que les recherches qu'ils apportent à leur personne, ne servent qu'à mettre leurs dé&uts

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danauiiplu3 grand jour; Celui qai cherche à paroitre plus grand on meilleur qa^'ûn^e&l, excilela curio*^' site sur ses prétentions; et cet examen produit près* que toujours le mépris, parce que l'orgueil est un $igne infaillible de foiUesse, ou de quelque travers dans l'écrit ou dans le cœur. S'exalter soi-même, c'est insulter son voisin , qui se sent alors porté à douter d'un mérite auquel il accorderoit peut-être ce qui lui est dû^ s'il le voyoit accompagné de modestie.

Tous me trouverez fortgrave, et jelesuisen effet depuis lundi au soir. M. Lovdace est extrêmement tombé dans mon opinion* Je ne vois plus rien, devant moi, qui puisse me donner une favorable espérance. Qu'attendre d'un esprit si inégal? . Je crois vous avoir marqué que j'ai reçu mes habits. Tous m'avez causé tant d'agitation, que je ne suis pas trop sûre de l'avoir fait ; quoique je me souvienne d'^i avoir eu le dessein. Us me sont venus jeudi dernier; mais sans la petite somme, et sans mes livres, à l'exception de Drextely sur VEter-nité.y de Y Instruction sur la Pénitence, et de François Spira ^. C'est apparemment un trait d'es^ prit de mon frère. Il croit bien faire de me représenter des images de mort et de désespoir. Je désire l'une, et je suis quelquefois sur le bord de l'autre.

* Trois oayraget de piélé fort confins.

Vous serez moins surprise de ma gravité , lorsqu'aux raisons que vous connoissez et k Fincertîtude de ma situation ^ j'aurai ajouté qu'on m'a remis, avec ces livres , ime lettre de M. Morden. Elle m'a fort indisposée contre M. Lovdace, et je dois dire aussi contre moi-même. Je la mets sous cette enveloppe. Prenez la pdné, ma chère, de la lire ici.

JW. MonDBN à miss Clarisse Hjklove.

Florence , i3 »Tril.

ik J'apprends, avec un extrême chagrin , le difl^ D rend qui s'est élevé entre toute une famille qui }» m'est si chère et qui me touche de si près par le y> sang, et vous, ma très-chère cousine, qui avez ji) des droits encore plus particuliers sur mon cœur. » Mon cousin a pris la peine de m'informer des » offres et du refus. Je ne trouve rien de surpre- » nant d'un côté ni de l'autre. Que ne promettiezy^ vous pas, dans un âge peu avancé, lorsque j'ai '» quitté l'Angleterre? et ces charmantes espérances i> se trouvant surpassées, comme j'ai pris souvent 9 plaisir à l'entendre, par l'excellencè-dé toutes vos >> perfections , je conçois que vous devez faire l'adjk miration de tout le monde , et qu'il y ist très-peu » d'hommes qui soient dignes de vous.

» Monsieur et madame Harlove, les meilleurs* » parents du monde , et les plus remplis d'indui-

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» gence pour une fille qu'ils ont tant de raisons d'ai- » mer, ont donné les mains au refus que yous^avez » fait de plusiâurs partis. Us .se sont contentés de )> vous en proposer un plus sérieusement, parce y> qu'il s'^i présentoit un autre qu'ils ne pouvoient » approuver. Ils ne tous ont pas supposé , appayy remment , beaucoup d'aversion pour celui qu'ils » vous offroient j et, dans cette idée, ils oat suivi » leurs propres vues, un peu trop' vite , peut-être , » pour une jeune personne de votre délicatesse. )) Mais lorsque tout %'est trouvé conclu de leur part , » et qu'ils^ ont cru vous avoir assuré des. conditions » extrêmement avantageuses^ qui manpteot la juste y> conâdéraûon dont la personne qu'Us vous des- » tinent est remplie pour y'aoè^y vous vous éloijgnez » de leurs désirs avec ^e chaleur et une véhé- 7) mencé aà je ne reconiiiois pas cette douceur nay> turellé qui donne de la grâce k toutes vos actions. » Je li'ai jamais eu d^hafaitude avec aucun des » deux prétendants; mas» je coooois M. Lovelace » un peu plus qu0 M. Solmes. Ce que je puis .dire , )) ma chère cousûie, c'est que je souhaiterois de » pouvoir hn rendre un témoignage plus avanta* » geux que je ne le puis. A FexceptioQ d'une seule 7> qualité, votre frère avoue qu'il n'y a point de y> comparaison entre les deux eoncurreaits; mais y> cette qualité seule est d'un i^s grand poids que ï) tout le reste ensemble. On ne pensera jamais que

9 miss Clarisse Harlove compte les miears pour » rien dans un mari.

D Quel sera, ma très-chère Miss, le premier a^ j> gnment que j'employerai dans cette occasioD? » Votre devoir , votre intérêt , votre avantage )) étemel et t^nporel, peuvent dépendre de ce 3» seul point, les bonnes mœurs d*un mari» Avec j> un méchant mari, il n'est pas toujours au poo- 1» voir d'une femme d'être bonne , ou de faire le 3!> bien, comme un mari peut être bon avec une )> méchante femme. Vous cqpservee , m'ëcrit-OD^ }» tous vos principes de piété : je n'en suis pas sar- )> pris, et je le serois beaucoup que vous les oviim j> siez jamais; mais quel espoir auries-vous d'y p^^ !> sévérer avec un mari sans moeurs? ■

y> Si votre jugement ne s'accorde point avec celai

)) de vos proches dans cette importaînie oceasioo, 3» permettes que je vous demande , ma chère coui!> sine, lequel des deux doit céder à l'autre? Je ^ y> vous dissimulerai pas que, de tous les hommes, }) M. Lovelace me paroit celui qui vous cooTieny> droit le plus, s'il avoit des mœurs. Je ne ïï!^ Jk chapperois pas même à parler, avec cette liberté, » d'un homme dont je n'ai aucun droit de me faire j> le juge, s'il adressoit ses soins à toute autre que » ma cousine. Mais, dans cette occasioa, vous me » permellrez de vous dire, ma chère Clarisse, (p^ 7> M. Lovelace ne peut être digne de vous. Il P^"^

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» ^téiôtmety (dàrezrvous : peut-être ne se réfoi>

y> mera-t-il-pas. L'habitude ne change pas facile-

» ment. Les libertins, (}ui sont tels au mépris de

» leurs talents, de leufs lumières supérieures et de

» leur propre conviction, ne se réforment presque

y> jamais que par un miracle ou par impuissance.

» Je connois parfaitement mon sexe : je suis capa-

» ble de juger s'il y a quelque espérance de réfor^

y> mation pour Un jeune bomm^ licencieux , qui n'a

y> point été réduit par la maladie, par l'affliction,

)) par l'adversité ^ qui jouit d'une fortune brillante,

y> sans compter ses hautes espérances ; qui a les sen*

» timents élevés, }'humeur indomptable; et qui,

y> vivant peUt*étre avec des gens du même carac-

y> tère, s'y confirme par leur exemple et par l'assisryy tanoe qu'il reçoit d'eux dans toutes ses entreprises. j> A l'égatd de l'autre, supposons, ma chère cou-

y> sine, que vous soyez à-présent sans goût pour lui :

» ce n'est pas une preuve absolue que vous ne puis-

j) siez quelque jour en avoiré Peut-être en aurez-

7) vous d'autant plus, que vous en avez moins au-

» jourd'hui. Il ne peut tomber plus bas dans.votre

7) opinion , mais il peut s'y élever. Bien n'est si rare

y> que de voir les grandes attentes heureusement

)) remplies. Comment le serqient-eUes, lorsqu'une

y> belle imagination ne manque pas de les porter

7) beaucoup au-delà de la réalité? Une femnxe qui

» se livre à- la sienne, ne" découvre aucun. défaut

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3> dansl'ob)etqu'ellefaTorisé;souveDt,parcequ^dIe "» n'en trouve aucun dans elle-même : et l'illusioii 3> de cette généreuse crédulité ne se dissipe que }) lorsqu'il est trop tard pour y remédier. » Mais supposons ) d'un autre côté, qu'une pe^

•3> sonné teOe que vous épouse un homme dont les -7) talents soient inférieurs aux siens, quelle femme 7> au monde sera plus heureuse que miss Clay> risse? quel plaisir ne prendra-t*-elle pas à &ire<lQ )) bien? quel heureux partage de son temps, entre V l'exercice de ses propres vertus et l'avantage de D tout ce qui aura quelque rapport à sa sphère? On » vous rend cette justice, ma chère cousine, qQ« » vos qualités naturdles et acquises sont dans un » degré si rare , que , pour le bonheur d'autroi )) comme pour le vôtre , tous vos amis doivent so^ir y> haiter que votre attention ne soit pas bornée a y> des égards qu'on peut nommer exclusifs etpure- )> hxent personnels. #

» Mais examinons, par rapport k vous-même, *» les suites de ces égards ou de cette préfereoce, » dont on vous soupçonne, pour un libertin. ^^ )) ame aussi pure que la vôtre se mêler avec uo^ y> des plus impures de son espèce ! Un homme de y> ce caractère occupera tous vos soins. Il vous renJ* "}> plira continuellement d'inquiétude , pour lui ^ )) pour vous-même. Puissance divine et humaincj y> loix les plus saintes, vous lui verrez braT^i* ^^^^

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» ce qui est respecte par les hommes de tous les temps et de tous les lieux. Pour lui plaijre et pour vous conserver quelque pouvoir dans son cœur , vous serez obligée probablement de renoncer à vos plus louables inclinations; d'entrer dans ses goûts et dans ses plaisirs; d'abandonner vos compagnie» vertueuses, pour vous livrer aux siennes» Peut-être serez-yous abandonnée des vôtres, à cause du scandale continuel de ses actions. Espérez-vous, chère cousine, qu'avec un tel homme vous puissiez être long*temps aussi bonne que vous l'êtes à-présent ? Si vous ne devez pas l'espérer, voyez donc laquelle de vos vertus présentes vous êtes disposée à lui sacrifier, et lequel de ses vices vous vous croyez capable d'imiter pour lui plaire. Comment pourriez-vous perdre le goût d'aucun de ces devoirs que vous trouvez aujourd'hui tant de douceur à remplir? et si vous cédez une fois, comment serez -vous sûre du point auquel il vous sera permis de vous arrêter. » Votre frère convient que , pour l'agrément de la personne, M. Solmes n'est pas comparable à M. Lovelace. Mais qu'est-ce que la figure aux yeux d'une fille telle que vous?Il reconnoit aussi que l'un n'a pas les manières de Fautre; mais cet avantage, sans mœurs, vousparoîtroit-il mériter la moindre cou^dération ? Il seroit bien plus D avantageux^ pour une femme, de prendre un

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» mari dont elle auroit à former les mamères, qne 7> de les trouver toutes formées aux dépens de ses 7> mœurs y prix auquel on n'achète que trop sony> vent les qualités qu'on se propose d'acquérir dans }D les voyages. Ah ! ma chère cousine , si vous pou- » viez vous trouver ici avec nous, soit à Floreoce, j> d'où je vous écris , soit à Rome , soit k 4Pari$, ou » j'ai résidé aussi fort long-temps, et voir quelle JD sorte de fruit la plupart de nos jeunes gens rem- » portent de ces villes fameuses , tous les aimenei » mieux tels qu'ils sont à leur première poste, lors- » qu'on suppose que leur grossièreté naturelle a » besoin de se polir hors de leur patrie , qu» ^^ »' qu'ils vous paroîtroient à la dernière. Vous en » voyez la différence à leur retour. Les modes, les » vices , et souvent les maladies des pays étrangers, » font l'homme accompli. Joignez-y le mépris de » son propre pays et de ceux qui l'habitent, quoiy> qu'il ipérile plus de mépiîs lui-même que lepw* » méprisable de ceux qu'il méprise : voilà génera- )> lement , avec un mélange d'effronterie qui ^ y> rougit de rien , ce qu'on appelle un gentilhomme y> qui a voyagé.

- » Je sais que M. Lovelace mérite une eicepy> tion. Il a réellement des qualités distingaé^ ^ 7> du savoir. Il s'est acquis de l'estime à Floreiic* y> et à Rome; et l'éclat de sa figure, joint au tour » noble et généreux de «on esprit, lui a ^^^^

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» de grands avantages. Mais il n'est pas besoin de » vous dire qu'un libertin , homme de sens , est :» infiniment plus dangereux qu'un libertin sans y> génie. J'ajouterai même que c'est la faute de >> M. Lovelace, s'il n'a pas obtenu encore plus de » considération des personnes lettrées de Florence. y> Il s'est permis quelques entreprises galantes, qui y> ont mis en danger sa personne et sa liberté , et » qui l'ont fait abandonner de ses plus illustres ,» amis. Aussi son séjour à Florence et à Rome )> a-t'-il été plus court qu'il ne se Fétoit proposé.

» Yoilà ce que j'avois à dire de M. Lôvelace. )) J'aurois beaucoup mieux aimé que la vérité y> m'eût permis de lui rendre un témoignage tout- •y> à-fait opposé. Mais pour ce qui regarde, en gé- » néral, les libertins déclarés, moi qui me flatte )> de les connoître, et qui sais, non-seulement qu'ils » ont sans cesse dans le cœur quelque mauvais y> dessein contre votre sexe, mais que souvent ils y> ne sont que trop heureux à les faire réussir , je » crois pouvoir ajouter ici quelques réflexions sur 9 ce malheureux caractère.

» Un libertin, ma chère coudne! un intrigant, y> un rusé libertin, est ordinairement un homme y> sans remords. C'est toujours un homm^ injuste. » La noble règle : de ne pas faire aux autres ce y> qiie nous ne voudrions pas qu^on nous fit, est » la prejfnière règle, qu'il viole. Il la i viole chaque

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D jour; et pins U en troa^e d'occasions, plus U s'ap- ]> plaudit de son triomphe. Son mëpris est extrême J> pour votre sexe. Il ne croit pas qu'il y ait de 3) femmes diastes, parce qu'il est lui-même un )> abandonné. Chaque folle qui le ËiYorise , le cod- D firme dans cette odieuse incrédulité. Son espiii 3> s'occupe sans cesse à multiplier les excès dont il T» fait ses délîœs. Si quelque femme a le malheor » d'aîmer un homme de cette e^èce , conmetA 9 pent^elle sont^iir l'idée de partager ses affections 7> avec la moitié de la ville, et peut-être avec ce }» qu'il j a de plus méprisable? Et puis^ ayre s 30 grossièrement aux goûts purem^it sensads! » Quelle femme un peu délicate ne seroit pas re- 3» voltée contre un ennemi du sentiment, contref y> un homme qui jette du ridicule sur la fidélité et ^ la tendresse , et qui est capable de rompre m » engagement d'amour par une insulte? Lespnères, » les larmes, ne feront qu'enflerson oi^^il. Bfe'* D» gloire ,' avec ses compagnons de débauche^ ^ D peutr-étre avec des femmes aussi abandonoces » que lui, des soufirances et des humiIiatioiiâ<{u^ y> a causées; et s'il a le droit du mariage ^ il p^^' » sera la bruulité jusqu'à les rendre témoins de 3 son triomphe. Ne me soupçonnez pasd'exagej> ration, le ne dis rien dont on ne connoisse à^ y> exemfdes.

» Parlerai-je des fortune^ dissipées^ des terres

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» engagées ou vendues, et des vols faits k la posté- » rite; enfin, d'une multitude d'autres désordres^ y> dont la peinture seroit grossière et choquante y> pour des yeux aussi délicats que le$ vôtres?

)) Que de maux ensemble, et de quelle étrange j> nature ! Il n'est question , pour les éviter, ma )) chère cousine , pour vous conserver le pouvoir j> de faire le bien auquel vous êtes accoutumée, ec y^ de l'augmenter même par le revenu partidïlier D dont on vous laissera la disposition ;-pour con-^ y) tinuer vos charmants exercices et vos occupa^* )) tions exemplaires ; pour assurer, en un mot, la )) durée perpétuelle de toutes vos bonnes habi^ y> tudes, il n'est question que d'un seul sacrifice^ y> celui du périssable plaisir des yeux. Qui feroii » difficulté , lorsqu'il est certain que toutes les qna- D lités ne se trouvent pas dans un même homme ^ j> d'abandonner un plaisir si frivole, pour s'en as^ » surer de si importants et de si solides?

» Peseî toutes ces considérations, sur lesquelles y> je ponrrois insisier avec plus^ d'avantage, s'il en » • étoit besoin avec une personne de votre pru*^ y> dence. Pesez -les attentivement, mon aimable » couâne ; et si l'intention de vos parents n'est pas )) que vous demeuriez fille, déterminez-vous k les » obliger. Qu'on ne dise pas qu'à l'exemple de )) quantité d'autres personnes de votre sexe , l'ima- )) ginatienatt eu plus de pouvoir sm* vous que le

&o4 HISTOIRE

"» devoir et la raison. Moins IlioiiHiie-est i^réaUe,

V plus il y aura de mérite dans la complaisance. y> Souvenez-Tous que c'est un hacnme réglé, on D homniequi a une réputation à perdre, et doot » la réputation^ par conséquent , est une sûreté

V pour sa bonne conduite avec vous.

n Cest une occasion qui s'ofire à vous, pour y> donner le plus grand exemple qu'on puisse at^ y> teodredu respect -filial. Embrassei^Ia. L'exemple » est digne de vous. On l'attend de votre y&^h y^ quoîqu'ea faveur de votre inclination , on puisse 9 r^retler qu'il vous soit proposé. Qu'on dise, a J> votre gloire, que. vous avez mis vos parents dans )> le cas de vous avoir obligation. Terioe oi^gueu- 2> leuj;, cfaère cousipe! mais justifié par la violeoce » que- vous ferez au penchant de votre cceur.& 3>' des parents encore qui vous ont eowiAée de "» bicaifaits; mais qui sont fermes sur oe point; qiu )) n'en démordront pas; qui se sont, relacbés sur 3»/quaiitiié d'autréi.poinis de la même nature, et » qui , . pour l'honneur de leur jugeâoieut et de leur !>.. autorité, demandent d'être obligés k leur tour. ? )> J'espère de me trouver bientôt en état de vous 1^ félicoiser personnellement d'une û glorie»âe corn* D plaisance. Le désir d'arranger et dé finir tout ce y> qui appartient à ma qualité de curateur^ est un y> des principaux tuotife qui me portent à quiti^ }» l'Italie. Je serai charmé de pouvoir,. m'ai)^^^^

DE- CLARISSE. 5o5

y> de ce devoir à la satisfaction de tout le monde; :» et sur-tout, ma chère cousine, à la vôtre. Si je )> trouve^ k mon arrivée, l'union rétablie dans une y> famille si chère, ce sera pour moi un plaisir. y> inexprimable; et je disposerai peut-être mes yj affaires pour passer le reste de mes . jours près :» devons.

' » Ma lettre est d'une longueur extrême. H ne » me reste qu'à vous assurer du profond respect y> avec lequel je suis , ma très - chère coi;isine , » votre, etoi,.

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