DÉCOUVERTED UNE ILE NOUVELLE
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Lje retour d'un vaisseau anglois , dont on n'avoit pas eu de nouvelles depuis son départ , et qu'on croyoit submergé avec tout l'équipage, combla de joie j non*seulement ceux qui s'y intéressoient par^ ticulièrement , mais toute l'Angleterre même, qui a toujours été extrêmement sensible à ce qui peut augmenter son pouvoir et sa réputation sur mer. Cet heureux vaisseau revint chargé de richesses qu'on n'attendoit pas, et maître d'une île qui n'étoit pas connue. H étoit parti l'année préjcédente , ayant à bord deux cents hommes , qui s'étoient embar* qués volontairement pour la Géorgie , avec sa car* gaison de grains , d'instruments et d'autres muni« tion^. Après trois semaines de navigation tranquille^
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il essaya une tempête des plus violentes , qui le fit errer peinant vingt-quatre' jours au gré dés vents et des flots. Enfin la mer s'étant adoucie , le pilote qui avoit tout-à-fait perdu sa route, et qui codsul-* toit inutilement son aiguille et ses cartes, aperçut une côte qu'il prit pour le continent de FAmérique , malgré les représeatations du capitaine , qui ne pouvoit se persuader qu'on eût fait tant de cbemin. Mais il fut aisé de reconnoitre, en approchant j que c'étoît uiie tle. On ne douta point que ce ne fût une des Bermudés, et l'on prit le parti d'y relâcher pour faire quelques réparations nécessaires 9u vaisseau.
Il fallut côtoyer long-temps le rivage, avant qu'on découvrît la moindre apparence de port ou d'habitation. Cependant, l'impatience de débarquer, et le mauvais état du vaisseau , firent choisir l'endroit qui parut le plus favorable, et quoiqu'il fût désert , on espéra de gagner facilement par terre les ports ou les lieux habités. Le vaisseau demeura à l'ancrt <ivec un petit nombre de matelots pour le garder, tandis que le capitaine , suivi de tout son monde, entreprit de pénétrer dans le pays. Il n'eut pas plu* tôt gagné le sommet de la côte, que ses yeux furent charmés de la beauté du paysage, et sur-tout d'aper* cevoir un nombre infini de fleurs que la terre pa* roissoit produire naturellement. H avança quelque temps sans voir autre chose que de la verdure, de^
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fleurs et des bois , jusqu'à ce qu'ayant remarqua quelques t;*aces des pieds d'un homme , il ne douta, plus qu'il ne fût proche de quelque habitation. En effet, il trouva un peu plus loin trois hommes nus , armés d'arcs, et parés de plumes. L'envie de ne leur causer aucun effroi , ïe fit avancer seul vers eux , en leiù* faisant de la main divers signes d'amitié. Us l'attendirent d'un air ferme , et , loin dé marquer de la surprise ou de la crainte, le reçurent avec des témoignages de Joie. N'entendant rien à leur langue , il ne put leur expliquer ses bonnes intentions qu'en leur rendant les mêmes caresses ; mais pour se les concilier tout-à-fait, il leur présenta du pain et de la chair salée , qu^ils reçurent avidement , et' mangèrent de même. Pendant ce temps-là tous ses gens s'approchèrent peu-à-peu , et les trois sauvages ne voyant rien de menaçant dans leurs manières , parurent les recevoir avec la même satisfaction.
D s'agissoit de leur faire entendre le désir qu'on avoît de parler à leurs chefs , et de reconnoîtrç leurs habitations. L'un d^eux prit le capitaine par la main , et' se disposa à le conduire, comme s'il eut pénétré son dessein. Cependant , au-lieu de le mener direc-* tement à leurs cabanes, il lui fit prendre le chemin d'une colline qui étoit à quelques milles de là , et qui recevoit de l'ombre d^ quelques arbres, au milieu desquels les Anglois découvrirent un petit édi-
fice composé de bois et de boue. Ayant cpie d'y faire entrer le capitaine, les sauvages lui firent remarquer une pierre asses grosse qui étoit à quelr ques pas de la porte , et qui paroissoi^ y avoir ét^ placée à dessein. Ils croisèrent en même-temps leurs bras sur leurs ppitriaes , et levant tristement leurt^ yeux vers le ciel , ils sembloient vouloir i&xprim^ que c'étoit le tombeau de quelque personne qu'ils i*egrettoient. Le capitaine entra dans k cabane , qui ne lui offrit d'abord que des mursnus et grossie»^ 4nais ses regards étant tombés sur une des poutres qui traversoient le mur, il y aperçut de&caractères, dont la curiosité le |it îtussitôt approcher. Celui de qui ils étoient avoit jpris soin de polir cette partie de la poutre pour les rendre plus liâbles. Ils parois^ soient avoir été gravés avec la pointe <l'un oouteay.. Us étoient en langue françoise. Les voici tels que le capitaine les transcrivit de sa propre main :
Je suis FrançoUy de Rennes en Bretagne. Je mé suis embarqué à La Rochelle Vannée 1718^ ^ur un vaisseau du capitaine Perrin , pour aller *iJ Québec. Nôtre vaisseau a fait naufrage. J^ai 'été jeté sur le bord de dette ile sans savoir de quelle manière j ayant perdu toute connàissancû. Jïya douze ans^que fy vis dans cette hute. Priez Dieu pour mon ame. Jean-- Baptiste Zfoy^ltè^ ■1730; '.'. .
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Onlisoitplusbas:
Les sauvages éPici sont fort doux; ils me trai^ tentfort bien. Cette ils est grande^ n^ ayant -pas moins de vingt lieues ^ ce me semble. Si Je ne me trompe, il y a beaucoup démines. Il y a aussi beaucoup d^arbres à gomme, et le terroir produit toutes soties de bannes herbes et de bons fruits.
Au-dessus étoieot encore 1731 etif^û , ce qui parott prouver que pe Jean-Baptiste Loyselle, quel * qu'il fût j q'a vécu que deux ans après sa premier^ iuscriplioi}.
. Le capitaine et ses gens comprirent sans peine , après cette explication , que Lcf j^Ile étoit mort ^ ec que la pierre qu'ik «voient vite à rextrémité de la cabane étoit 3O0 tomb^u: Il prit plus de confiance aan trois sfeiovi^es sur cette preuve de lenr douceur et de leur boa nat^r^ , et ne doutant pas inéme que leur intention n'eût été de le rassurer oontre toutes sortes de criiiqtes j en lut fiiîsant voir qu'ib ^voient traité hanuiineoient un homme qui lui rêasemblcttt, il se félicita d'avoir été jeté par la tempétQ dans une ^ belle île, qi4 ne paroissoi^ p«3 .avoir été découverte , et dont il pouvoit prendra poss^oa^ par conséquent , pour le roi d'Ai^^r jterre. Il lui donna sur-le^cbamp le nom deZ^efpt^ qui est son propre nom*
D'autres sauvages, qui l'avoient aperçu , lui et sfs
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gens , ne iar4èrent poyit à répandre dans l'habitation voisine l'arrivée de ees nouveaux hôtes. L'empressement fut extrême pour les voir y et pour les oombler de présents et de caressest On leur montra les habits de Loyselle y qui avoient été conservés avec soin y quoiqu'ils fussent si usés qu'ils tomboient en pièces. Son couteau , son livre de prières , et quelques pièces d'or et d'argent (|u'on avoit trouvées apparemment dans ses poches , étoient aussi entre les mains du chef de Fhabitation , qui lès regardoit comme un dépôt précieux. Les Anglois reconnurent aisément qu'ik étoient redevables d'un accueil si humain au souvenir de ce François , qui avoit vécu sans^ doute assez honnêtement avec lés ^uvages. pour s'en faire aiçaer.
Les suites réponducent à o0t heureux commepcer pient. Après quelques jours de^ refK>s, le capitaine l'attacha à prendre une parfaite connoissanoe du lieu 9 et ré^lgt de ne pa^se remettre en .mer saps y avqir établi solidement les Anglois. Il avoit asise^ de monde pouf y bâtir uoi fof t y et pour y laisser un^ partie de .ses gêna.. J^ pcemièrer semaines fura[it si bien employées à cette entreprise y cpifilae Tit^ avant la fin du jiiois> un. château capable de résistance. Il ne^ngea plua qa'à ..parcourir toviim les partie de l'i}e> pour en faire un rapport fidèle en Angleterre^ Outre les ricbésaes que Loysrile Im avoit lypnonoéesrdaos son inscription^ il déoouvpk
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quantité d'a'titres prapriétés de Pair et du lerfoir', qui firent espérer que cette île deviendrait un joujr, une de leurs meilkures colonies.