AVENTURE ANGLOISE
AU SUJET BU ï)ftOlT JXE8 âÉFUIiTURESa
âJèpxjis la réformatton , l'usage commun d'An-^ gleterre excluoitle&^puhures des égKses ^ et laissoît feulement la liberté de suspendre aut iaurs les épitaphes des mon^ Mm ébmn&e on n'y Gonnoissoît point de règlement <^vil m ecclésiastique qui put donner k cette eoutume le nom et la force d'hué loi , « qu-a , . m«»« pl«ieu« igii**, ^ qn* celle de Westminster, ok 1^ exemfplést op][K)sés siont en fort giand nomjb^^^il ^ trouva' quelques éei^ ^eurs , qui , fâchés de voir les cendres de leurs pa- .rekHs et de leurs amis confondues dans des cimetières de campagne avec cdles du ]f>ettpi'e y mtre^ prirent de forcer les' ecdésittràques à leur donner un lieo^de reposplus honorable» Cemt^, sans autre raison que Thal^ttde/ iasist^eiist suh la méthod»
ET ANECDOTES. SZj
'ordinaire , et ne se sentant peut-être point assez forts pour résister au pouvoir séculier , ils eurent recours dans plusieurs endroits à divers stratagèmes qui leur réussirent d'abord assez bien dans quelques bôiirgs dd pays de Galles, où lés seigneurs avoient obligé lés ministres d'accorder la sépulture à quel-* ques*uns de leurs parents : cette violence eut dés milites qui répandirent la frayeur et Fétonnement dans toute cette partie de FAngleterre. Heureusement que , par le courage et Padresse d'un gentil-' homme du pays , l'artifice ne dura pas assez lohgténîps pour causer tous les effets qu'on en pouvoit craindre. Quelques ministres, résolus de concert à ne rien épargner jpour soutenir le droit de leurs églises , avoient trouvé le moyen de faire tm mi^ raelé autant de fois qu'il en étoit besoin pour donner du crédit à leur cause. Le jour d'après un enterrement, on voyoit avec admiration le tombeau ot^ert , et le cercueil dehors à quelqiie distance , comme si le ciel eût voulu déclarer, par cet effet prétendu de sa puissance , qu'il n'approuvoit point ce que le ministre avoit condamné. Les plus incrédules avoient peine à résbter au témoignage de leurs propres yeux , qui voyoient la terre dispersée , sans aucune marque qui pût leur faire soupçonner que la malice humaine eûtla moindre part àce désordre. Le même accident étant arrivé plusieurs fois, et dans des lieux différents^ il n'y eut presque per-
PréTost. Tom€ XXXV. â2
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sonne qui ne prit parti pour les ministres , et qui ne ciraignit de s'attirer la vengeance du ciel, en manquant de soumission pour des preuves si éclatantes de sa volonjté.
Cependant un gentilhomme de Carnarvanshire , ^ui ne put prendre t>onae opinion de tous ces prodiges, attendit quelqu'occasion de les approfondir,^ et la trouva bientôt dans Tune des églises méipes où l'on publiait qu'il en étôit arrivé quelques-uns delà -même nature. Une personne de distinction y devant être enterrée dans l'église , malgré l'opppsitipn ordinaire du ministre j il n'épargna point quelque spmmes d'argent pour se la faire ouvrir secrètement aussitôt que l'enterrement fut fini^ et il eut la constance d'y passer la nuit pour observer tous les événements. L'obscurité l'empêcha d'abord de re*^ marquer que la fosse s'ouvroit , et que la terre vo* missoit en effet le cercueil ; mais à-peine le trpu fut-il fermé ^ que la lumière qui se répandoit aux environs , lui lit juger que les acteufs de la comédie n'étoieut pas éloignés. U s'approcha intrépideiaent de la fosse, où il aperçut un homme debout , q^i achevoit d'arranger les choses autour de lui j et à la lumière des deux chandelles qifi ^toient au fond du trpu, il découvrit le ministre, qiii ayoit le cqrps à-demi cadié sous une espèce de voûte qui commu* niquoit à. la fosse > et qui donqoit les ordres les plus convenues à son dessein. II y auroit eu quelqu'imr
ET ANEC1>OT]tS. SSg
piiidende à lui fdire connaître -sor^le^oliamp qu'il àyoït un témoin si proche de lui , et peui^irê y ayoit«*ii n^éme quelque danger; ainsi le gentilbommé' se retira sans bruit y et remit rëclaircissmnent au lendemain. Ayant profité dà reste de la nuit pour avertir les parents du mort , il ne manqua pa& de se rendre le matin à l'église, où il trouva déjà le peuple en foule , qui cohsidéroit avec admiration le nou^ veau prodige , et qui osmt à-peine s'approcher de la fosse. Pour lui y que la crainte n'arrétoit plus, il descendit aux yeux de tout le monde , et se croyant fort assuré de ce qu'il y devoît trouver, il chercha d'abord le trou par lequdi il a voit vu passer la tête du ministre^ Maïs oett^e Ouverture avoit été boudiée avec tant de soin, que l'ayant cherchée imstilement^ il ne lui resta point d'autre parti que d'aller droit à> sa maison, qui touchoità l'église, dans l'espérance de trouver de ce côté-là l'entrée de la voûte. 11 se fit assez bien accompagner pour ne craindre aucune résistance , et il n'eut pas besoin d'une longue recherche pour découvrir des traces du travail de la nuit. C'étoit en effet le ministre, qui, avec le secours de quelques personnes intéressées au succès de ses vues, avoit profité de l'intervalle qu'on met toujours entre le trépas et l'enterrement d'un mort , pour disposer si Ëivorablement la fosse, que par le moyen de quelques planches qui soutenoient le peu àjd terre sur laquelle on posoit doucement le ceroudU y éx,
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d'un trou, inférieur qui étoit assez grand pour contenir un homme robuste, rien n'étoit si facile que de pousser d^ors et le'eercueil' et la terre nouvellement remuée qui le couyroit. Le fond de la fosse et le chemin creusé qui y conduisoit, avoient été rétablis du côté de l'égUse d'une manière capable de tromper les plus défiants et les plus curieux. Mais il aToit été impossible y dans un si court espace , de remettre tout dans le mêime ordre du côté de la maison.
Le chagrm du mmistre ne mit penK>nne dans ses' intérêts, parce que la sadslaction qu'un chrétien peut trouver à choisir une église pour le lieu de sa sépulture, n'étant condamnée , comme, on Fa dit ,' par aucune loi ,^ U n'y avoit qu'une -insupportable* obstination qui pût portet* lés ecdésiastiqu'es dupays à s'y opposer.