FAIT SINGULIER
JjE &it suivant suppose quV>n soit instruit de l'ongine maternelle des lords Stanley et Derby, qui descendent de l'ancienne maison des Bowton , une des plus illustres de l'histoire. Isabelle de Lalham^ de qui tous les grands biens qui sont dans cette maison y sont venus, par son mariage avec sir John Stanl^, étoit petite-fille d'un père qui n'avoit point eu d'enfants. Ceci passeroit pour un badinagë ,' sr on n'ajoutoit aussitôt qu'il avoit trouvé l'art de ^eil procurer un par une voie toute nouvelle. Ayant remarqué qu'un aigle avoit fait son nid sur uor chéiie fort haut et fort épais , dans son parc , il acheta secrètement d'une belle paysanne un en&nt nouveau^né , et le porta pendant la nuit dans le nid de l'aigle. D'autres prétendent qu'il l'avoit eu
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de cette paysanxie. Le matin il le fit voir i sa femp^e , et criant avec elle au miracle ^ il la fit consentir a l'adopter , comme mi héritier cpû leur étoit donné par le ciel.
Les événements de cette nature ne manquent point de passer d'âge en âge. Un paysan de La* tham y qui se trouvoit tn Ecosse avec sa femme ^ et qui n'y avoit aucune ressource contre la pauvreté^ se souvint de ce qu'il avoit entendu raconter mille fois dans son village y et sa femme ayant mis au monde une fille , il chercha un nid d'aigle , qu'il n'eut point de peine à trouver dans la Haute-Ecosse ; il y porta sa fille , et répandit aussitôt le bruit de cette av^iture, avec des circonstances xjui la firent rcig^rder comme un prodige* Les Hauts-Ecossois, i;ens simples et crédules, se persuadèrent si ïim que oet en&nt n'avoit pas été enlevé et nourri par un aigle 9 sans quelque vue particulière d^ la Pror vidence, qu'ils se crurent obligés 4^ l'élever avec toutes sortes de soins , pour répondre aux dessein^ du ciel. Ils les expUquèrent même en leur faveur, et la superstition populaire ayant ajouté mille nour vdies circonstances aux premières , il n'y eut point d'eq[^raaces que les habitaoïts du canton ne se crus* fent en droit de concevoir» Le paysan anglois en pTSi fort adroitement parti, non - sailanent paf l^ucation disûnguée, et par l'^>èce de culte qu^ cette fiittsse opinion procura à sa fitte , maïs par U
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permission qui lui fut accordée pour un an de tirer un demi-schelltng de tous cexa. qui avoientlavcuiriositë de voir le nid. La jeune fille de son côté répondit parfaitement aux ^oina qu'on avoit pris d'elle. Là persuasion ou elle étoit elle-même que le ciel la destinoît à qu^que diose de relevé , lui fit prendre des sentiments et des manières si nobles , qu'ayant d'ailleurs beaucoup d'esprit et de beauté^ elle passa pour une personne d'un caractère touti-fait cdiraordinaire. Enfin, sur le brait de quel* ques mcm vements qui se fusoien t déjà dans la Haut^ Ecosse, la cour jugea à propos de la faire amener à Londres. Son père , dont on s'étoit sâi^ avec elle , ne se fit pas presser pour découvrir le fond de l'aventare.Qn attribua cet aveu précipité 41a craântei Le nûrade fut ainsi d^nut ; mais les traees qui en referait encore dans l'esprit du public , jointes aux charmes nature^ d^ Fhéroïne , lui procurèrent un sort bien différent de celui qu'elle devoit attend dre dé sa naissance.