D'UN MANUSCRIT
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Un manuscrit trouTé dans les papiers de madame Aubin , qui s'est &it connokrô à Londres par quelques brochures , et par un talent singulier pour. la prédication , donna lieu après sa mort à une aventure plaisante. EUé avoit été pressée un jour par des ciréanders importuns, et se trouvant sans ar* gent pour les satisËiire , l^ir avoh offert le manu-^ sent d'une histoire galante qu'dle avoit composée Houve&WMnt , et qu'eUe avoit achevé de mettre au net. Bs l'avoient accepté y dans la crainte de ne rien obtenir de mieux , et n'étant point assez lettrés pour en connottre la valeur , ils ne s'étoient point hâtés de s'en défaire. Cependant , lorsque la mort de madame Aubin leur eut ôté toute espérance d'être satisfaits autrement , ils convinrent de prix avec un libraire , et lui abandonnèrent le manuscrit en recevant son arg^it. D'un autre côté , les héritiers de cette dame , qui avoient trouvé le même ouvrage entre ses papiers , et qui ignoroient peut*
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ET AITECDOTES. iSf
être Tusage qo^eDe tn âvoit déjà fait , ckèn^hèrent k le vendre ^ et trouvèrent de même nn libraire qni leur fit des conditions avantageuses. Deux presses rouirent ainsi sur le même ouvrage dans différents quartiers de Londres , et par hazard il arriva que les deuK éditidns étant aefaevéesle même joiir^le^ deux fibriires'sé rencbntreneut chez l'auteur dVine^ des&uiUéb jpériodk]ues du pays, chacuii pour le» prier d'anaùlxceir. la sienne*. Ib n'eurent pa&liesotn d^une longue explication y pour comprenik*e task^. tumeinent'cequilés amenixit.'Leur premicire'idée* fui dé f e* croire -l'un et Fautre plus méchants, qu'ifar n'étoient , et de se r^rdoher de la firipomiertei II» te querellèrent , et passant bientôt dés injuressain eéups y fauteur périodique pendit lang-rtéfaaps ' ses^ peines à les vouloir séparer. Enfin ^ les ayant ren^ dus assez tranquilles pour s'expliquer raisonnafatè-^ pieot, ils cbnçûrenit qu'ils s'étoient soupçonnés malà-prc^os, et que la fraude devoit. venir de ce^.qui leur av^ieqt vendu le maiiliscrit. Us jurèraat ea^ ^ibblé d?^ ti^rel!4aftisfaction, etnéperdàntpasuor momeiH ^ dA ^A^ent Yeeoqloiencer une'.seèae avisai. ridicule que! la ptémièi^e . dbez Iqs: deux perioones» qu'Us açcusoient da m^uv^^isè £bL jLe troubW é%»ntt ipi moins &cile à, 4daîr€^r> po^cd. que l'bériti^h.d^ mad£kme.4tdain ayoit ignoré i^ dette, et la mani^re> dont elle ^ s\vcax^sfûs&it, i} s'en: fs3iat pen <pa^ las ^ereUe op^ ^^vi^t isanglante- entre des gens qui por-.
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loîeDi une ipée , et qui éloient jaloux cblenr rcpotalion. La justice prit éonnoiMaiioe de eé d»n£Ië« Elle n'eut pas de pane à ëdaircir lè fond de raven* tore;» mais il fut moins &cîle de trower le point d'équité dans une sentenpe qui ne pottydit être favorable à quatre parties opposées. Enfin , comme la droiture et la bonne foi étoient daires de dbaque e6té 7 les jn^ proposèrent aux libraires deux Toiea d'acoommodement , dont ils Wr laissèrsntle dboix ; Fnne^ de s'associer pour les deux éditions, et de les vendre a profits coimnuna; l'autre de fiire dé^ pendre la propriété du manuscrit du débit plus 6a moins heureux des exemplaires, de sorte que cdui qui auroit , dws uh e^ace de temps borné , celte espèce d'avantage sur son adversaire, eAt seul le pouvoir de réimprimer Fouvrage. Comme on s'é-toit poussé avec trop de chaleur pour én^ capable d^une composition modérée, le dernier de cesdcfbx partis fiit préfêré à l'autre , et les deux Kbraires se firent même un point d'honneur de vaincre, dtfiM une^Ccàsion où le succès sembldit assuré it celui' qui aurcât le {Jus grand nombre d^atuis et âe par* lîsins. Cqiendant un nouvel incidébl chbngéa bien« tôt tomes leurs viaes*. Uamour, qm prodoit tantôt dés divisions, tantdt des raccommodements , se mêla de les réconcilier, et i^ns^ mieux- queles j^es. Ib «voient f un iine fifiè , l'autre un fîb , qui se trouvèrent assez aimables pour ne pbs s'arrêter aux
raisons qtie leurs parents avoient de se baîr. Le mariage Fut proposé par des amis communs. H se conclut , et Fôuvrage de madame Aubin devint une partie de la dot.