AVENTURE EXTRAORDINAIRE
D'UNE ÉCOSSOISE.
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JDans la province de Lothian, en Ecosse, une dame qui faisoit sa demeure à la campagne , et qui n'avoit qu'une fille , se trouva tout-dhin-coup grand'mère par l'acâdent le plus étrange du monde. Cette fille étoit d'une beauté qui la faisoit rechercher en mariage depuis cinq ou six ans par tout ce qu'il y
* Seigneur irlandois qui eut la tête tranchée à OaUia^ pour avoir traité indignement oneieiDine de condition.
avait de personnes riches dans le èanlôn ; mm. quoiqu'elle n'eût pmni. encore passé ^ vingtième année, 'elle marquent, tant d'ékâgpement pour le pœud con}ugal, tant-d'attacbemeni; pour sa mère^ ç^ tant, d'amour pour lai solitude/ qu'elle faisoit perdre, à tous ses amant» l'i^éraciQé de gagner sou cœur. Son humeur avmf paru vive et enjouée jus* qu'à l'âge de quinxe aus..Chi avoit même remarqué, qu'avant cet âge , elle recevoit volontiers les hommages de notre sexe , et que la compajgpie d'ua aimable jeune homme de son voisinage ne lui dé* plaisoit pas. Mais ses inclinations avoient dbangé tout-<l'un*-coup, sans qu'on en pût trouver d'autre r^Oi^qae la ipjit«n>é;i«^»on esprrt. Epe ne paroissoit plus goûter de plaisir qu'avec sa mère, dont elle éioit aimée tfvdremeiKt, ou seule dans son ap-^ partement, qui étoit composé d'une chambre ei dSin cabinet, dans lequel elle affectoit de ne recevoir jamais personne*
..XJn jour <[u'elle s\>ccupait à Pordînaire avee^sa mèr^P elle fut saisie de quelques vapeurs qui la firent tomber sans cojipoi^nce. La vieille dame n'ayant rien dé propre à la secourir, se souvint qu'elle avoit elle-même qudques liqueurs fortes danssa chambf e ; et daps l'eoibarrs^s pressant ou. la mettoit l'absence de ses domestiques, eUe prit la dé dans la poche de sa fille, et monta seule a son appartement.. Elle y entre.'Tout y étant fort étranger pour elle, parce
ET ANECDOTJES. ^^jfj-
ffie {>ew>aM n'y wmt jamais d'aoGoijCdie ne trouva point aiséoient ce qu'elle étoit venue chercher ; nsdistandis qu'elle se donnoit beaucovfpide mouvement, ette entendit le son: de quelques paroles qui paroi»* acnent sortir diL cabinet. La ëurprisé et la curiosité lui firent ouvrir aussitôt la porte. Le son de la même voix se fait «icore entendre. Elle ouvre ude grande armoire , qui ëtoit le. seul endroit d'où 'û pût partir ; elle y trouve un^nfant de cmq ans, beau* coonine unange, qui dqnnaîdes marques d'une horrible frayeur à sa vue, et qui lui oaiisa la dernière" suipriae à eUcTOiâme.
• Cependant) élta^t ràppelëé par. le danger, de.sa fille, elle 'se hâta dé retourner j^. son sefcoursi C^isoin^ étoit dé}à inutile. Elle la rencontra qui remoatoif Kescalier avec une rapidité extrême. Les vapeûrr Payant heureusement quittée, eUe/s'étoit défiée, en. revenant. à elle, que sa mère ne fut montée à son. uppartement, et certain intérêt qu'dle avoità l'en éloigner , lui avoit &it retrouver assez de force pourr la^ sjoivre aussitôt. Elle marqua de Fembarras ea paroissant devant die. Cette bontte mère, qui l'ai-*- Qioit plus qu'dle-méme, lui témoigna d^abbrd sa )pie de la voir rétablie ^ mais la découverte qu'elle venoit de &ire éitant présente à son imagination, elle ne tarda point à lui demander ce que c'étoit que: eé bel enfant' qu'dle avoit trouvé dans une placé si ^crèie de son cabinet. . ^
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Le» vapean ibrent sm^-le-point de k repreodfe k cette qnastioo* Il SbSUm r^oncke ; et dan» des circoDStaDces ai impréTaes^ le d^piisement est biea dyfidJe. Elle prit «afin le parti de feire im avea simple et sans détoi|r« Les larmes auK yeax , elle sa jette aux genoux de sa mère, lui avoue que Farnour, qui en fait accnnre si &cilemeut aux jeunes per« sonnes, a voit causé un étrange désordre dans* la maison, «t U y avoit cinq ans qu'un jeune bomme y> : du voisinage avoit fiât eonnoiipance avec elle. D % lui paroissoit si doux , si discret , qu'dle n'avoit 7> pu s'empêcher d'avoir de FinefinatioB pour lui; )i Ail reste, cela s^étoit passé avec tant de ménage- V ment pour l'honneur de sa famille , que personne 9 n'avoit jamais ri«i sa de leur iotell^^ce. Le 9 jeune homme ayant appris d'elle Fétat oh eUe se 9 trouvoit , en avoit conçu tant d'épouvante , qu^ Tk avoit quitt^ la maison de son père, et s'étoit enfiii y^ sans doute dans les pays étrangers. EUe n'avois y^ point entendu parler de lui depuis ce tempsrJài a Mais quelle avoit été sa désolation de se trouver 7f abandonnéeàeHe*mémedansFétatoililIalaissoit ! 9 Enfin, n'osant se confier è personne, elle avoit )i caché le fruit de cet amour , et c'étoit ce même D en&nt qu^dle tenoit ainsi jnenfermé d^uis ce 9 tempfr*là».
' Un récit si peu attendu, pensa fidre mourir la mère (}e surprise et de saisissement* Cependant i
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élint on peu consoiée par l'eapé^aûce qtte cettu aventare ne «eroit jamais coûBtie de pèrsoûnià, elle eshortâ teadreiDent sa fille à prendre courage , et lui promit le pardoti. de sa fiiate. Mai$ die loi fit «lusitôt mille questions suh* la oiamère dont elle avoit pu âever ce fils. Jusqu'à l'âge de deux ans elle l'avoit nourri de lait. Elle l'avoit accoutumé ensuite k vivre de pain et de tin de Canarie , parce ^que c'étoient les seuls aliments qu'elle pût lui porter ea secret. Il ne sortoit de l'armoire qù0 dans lea momenb qu'dle poùvcHt passer éVéC.lui dans son cabinet. L'habitude le rendoit tranquille dans ce séjour , où il avoit d'ailleurs toutes sortes de com« modités j et s'il lui amvoit qudquefbis de pleurer, ses cris ne pouvoient être entendus. Û n'avoit ja* mais vu que sa mère, et n'étant pas capaMe de beaucoup de réflexion k son âge , il n'avoit jamais penaé qn^ y e^t d'autres créaturda qu'dle et lui.
Toutes ces confidences, jointes à la force du sang, récondKèrent si parfaitement la mère aVec sa fille, que sou affection ne mit plus de différence entre elle et scm petit^-^b. Il ne leur fiit pas difficile de tromper les domestiques, en le faisant passer pour im étranger. Mais comme leur satisfaction ne pouvoit âu*e complète aussi long-temps qull faudroit fittre ^m mystère de sa naissance, elliBs i^ésolurent ens^nblede faire èh^eher le jeuneTbéodore (c'étoit le nom de l'amant), dans la pensée que ^ c'étoit eu
58ô AVENTURE»
^efiet laeraioMi (pk ravoit&itiUir^ il)»^ ^ fiaroit pips prei39prpQur,?eYeiâr9 lorsqu'il. Serott assuré d'êtife bîea reçu de là mère , et d'époui^^ la fiUe. EU^s i»éu$5irent plus faoUemeat qu!eU^ n'espéroieQt. Théodore n'était, .ps^ si éloîgaé, qu'il: n'entretiat quelque correspoudance a^ec sa famine. Il s'^tc^t iretiréà Dublin , par le conseil de soo jpnère, pour éviter les fâcheuses conséquences qu'il devoit craindre de sa fauce, si les parents de sa maîtresse enreussaiit jeu quelque oonnoissanoe. I^'^mour n'étpit- point eflboé de 9on i^ceur* Il étoit sgps biçns; c'est la seule raison qui lui avok fait perdre l'espérance, l^is 1^ nouvelles qu'il feçut de la i9,ère même de Théodore, rendirent ^ passion plus yive que jamais. Il repassa aussitôt ^ JÉcQs^e , et il épousa ^ maîtr^ssQ .€yc| ar^ rivant, .
AVENTURE TOUCHAÎÎTE \