‹ Œuvres choisies de Prévost avec figuresChapitre 42 sur 76 · UTILITÉ D'UN BON CONSEIL · texte numérisé non relu

UTILITÉ D'UN BON CONSEIL

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Un Anglois de quelque distioetion s'étott rendui la campagne^ pour s'y rèiaeltre un peu des em^ barras de la ville; Il y av/oît près de sa terre uù grand bois, dans lequel il prenoit{^bisir à VaHer promener seul , et oii ils'odDlisoit>quelquefois deisheures entières. Quelques paysans du voisinage, voleurs de profession^ résolurent enisemble de le dépoiiillerdê tout ce qu'il avoit sur lui y . et de peur de manquer

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leur coup, ils convinrent que l'an d^entte eux se |K>steroxt i Fentréé du bois , pour les ayerdr paV quelques signes, lorsqu'il verrmt leur proie, s'approdier. Le gentilhomme, ne manqua point de se rendre à sa promenade ordinaire ; mais ayant' prîs une route détournée, il se trouva fort 'proche de Fespion avant que celui -«ci eût pu l'apercevoir. iGomme le gentiUiomme étœt d'un caractère fort Immain 9 il s'arrêta vis-CHviB de cet inconnu , qu'il (prit pour un pauvre passant ; et lui ayant fait di-* i^erses questions avèo beaucoup dé douceur et dé bonté , il finit par lui faire présent . de qnetquei 8chelling8.Cettegénérosité toucha le voleur; cepen* dant , ne voulant point se trahir lui-même , ni ses compagnons , il se contenta de ne pas faire le signe dont il étoit convenu avec eux , et de donner une espèce dSivis k son bienfaiteur, 'par un prdverbe anglois qu'il lui répéta deux ou trois fois à mesure qu'il s'éloignoit. Le sens de ce proverbe est : ce Qu'^ j> ne &ut point aller seul dans un bois , quand on 9 peut ëe faire aocMàpagner d. * • Le gentilhomme continua son chemin , sans y fidre beiaucoup d'attention.' Il eut le malheur dé totnber œtre les mains des voleurs qui étoient i Fatlendré, et qui le dépbiiilléreint avec beaucoup de dureté et de violenèe. U retourna chei lui nu et idené.'Son crédit porta la; justice des environs à frire des perquisitions si e»iotes , que sur quelque

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soupçons Ton se saisit enfia d'un des brigands, et lk>n tîfft de sa faott^ie nen - seulement Taveu du crime , mais encore le nom de tous les complices. ](ls fîir^^ tQU^ ^rrétë^y Qt pamni eux celui qui avoit servi de sentinelle. L'étonnement du gentilhomme fut extrême 9 lorsqu'étant confronté aux coupables^ il reconnut le malheureux avec lequel il s'étoit enr tretenu , et qu'il avoit pris pour un passant. Il voulut d'abord le déclarer innocent. Mais on lui fit entendre qu'il étoit chargé par la déposition des autres , et qull confessoit lui-même d'avoir eu part au profit du voL Cependant, en éclaircissant toutes les circonstances que fai rapportées, on trouva quelqu'apparence de repentir dans le soin qu^ avoit eu de ne pas donner le signal à ses compagnons ; et le gentilhomme d'ailleurs fit valoir dans un sens si favorable le 'conseil qu'il lui avoit répété plusieurs ibis', de ne pas aller ^éulauboia' lûn^qu'il pouvoit se faire aceompagner,, qiie cette seule raison ptrut sufiMDte pour le sauY^ du supplice. •

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