EXEMPLE AFFREUX DE VENGEANCE
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Ooxjs le règne de Jacques II , roi d'Ecosse, le comté Guillaume Douglas, nevèù d'un autre Guillaume, <^i, -après avoir causé de grands inou^vements dtns Fétat, avoit perdu la vie sur'un édia&ud, s'élôii acquis tant d'ascendant sur l'espt^it du roi^ que ce
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prince lui avoit abandonné la conduite de l'état, el le soin de sa gloire. Douglas en abusa pour commettre une infinité de violences et d'injustices. Elles firent enfin ouvrir les yeux an roi, qui Féloîgoa de sa personne, et qui lui donna pour successeur, dans l'administration, le comte^des Orcades, son ennemi juré. Leur querdie avoit eu les deux causes ordinaires des dîvisîoils qui naissent ^itreles grands, l'ambition et l'amour; mais le comte des Orcades n'avoit obtenu que la moitié de son iriottiphe, en Renversant la fortune de soi; riftâl. Doutas, aimé de sa Inattresse, eut lasatisfiidtion deJa trouver déterminée à le suivre; et la crainte' d'être puni tôt ou tard^^des eioès^desoii'ininistère , l'ayant fait pasr ser chez les voisins d'Ecosse, il se erat dédommagé, par cette conquête, de tous les avantages qu'il avoit perdus. .. ..
Le comte des Orcades en eut bien la même opinion, puisqu'il ne, trouva point de repos dans la p'osseissîon de sa fortuné, et qu'il rapporta toutes ses vues à se saisir de ces deux amants fu^ti&. Il y perdit long-temps ses soins. Mais une noire trabisou lui fit obtenir tout-à-la-fois, et le bien qu'il désiroit, et le pla&ir de se vengei% Sur le brbit de quelques desseinfi.de guerre que Douglas avoit inspirés au roid'AogleteiTe, il persuada à son mattre que pour éviter le péril quifle menaçoit) il n'avoit point d'autre voie que la rase. H l'engagea à faire ofirir
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secrètement à Dou{i(]as, non-seulem^it la liberté de veyenir en Ecosse, mais son rëttblissemfnt à la cour, avec une augmentation de fortune et de fa-r veur. Jacques II n'étoit pas naturellement perfide , mais sa facilité le tendoit capable de toutes sortes d'impresÂons. II fit faire ati comte cette proposî* tîon, et faii ayant trouvé toute la facilité quVn lui avoit fait espérer , il ne fit pas difficailté de lui envoyer un sauf-conduit, signé de sa* propre main. Douglas partit avec ce gage de la protection de son roi. Cependant , à-peine fut-il entré en Ecosse , que sa mattresse Kii fut enlevée par une troupe de gens armés. Il ne doma point que cette insulte ne* vint du comte des Orcades; et manquant de force^ pour la repousser , il mit toute sa confiance dans la bonté du roi, à qui il se barta d'aller porter ses plaintes. Ce prince le reçut aVec de grands témoi-* gnages d'amitié. Il n'y eut personne qui ne le crût plus affermi que jamais dans la faveur de son mattre, et ^ui n'augurât mal de celle du comté des Orcades.. Celui-ci , qui fut témoin de l'accu^ qu'on faisoit à son rival , sembloit attendre, en tremblant , quelles^ en seroient les suites. Enfin le roi prit Douglas à l'écart , et le mena dans son cabinet. Là , feignant de lui parler avec la même affection , il prit son; temps pour lui enfoncer un poignard dans 1)& smi.
. Cependant Je comte des Occades avoîl douté ordre que sa maîtresse fut menée dans une-desiies dont il portoit le non», et où il avoit un château fort agréable. Son dessein étoit , . uoD-senleineDt qn'elle fût tenue en rëserye ^ur ses p]9isir$, dans un lieu dont il était le mettre absolu, mais qnê ]^ solitude et Féloi^ement l'enpipécha/ssent d'ap- .prendre la mort de Douglas, ou di|-moins la part qu'il y ^vQÎt eue par soix coQseil. Elle l'igMra effecûvement jusqu'à la première visite qu'elle reçut de lui. £tle ne savoit pas entre les maias de qui elle. étoit prisonniérje, ni ji quel sort elle dev(»t sVtendre. Enfin , l'arrivée du comte ne lui laissant ^ucup doute de seç inteptious, ette lui r^>rocha sa trahison avec t^nt de mépris,^ et ]e nom de Douglas fut mêlé ta^t de fois dans ses discours, etdW manière si offensante pour son rival., qu^cefier ^yran lui déclara qu'elle p'aimoit plus qu'uç mort. Quoiqu'il dût s'attendre à tout ce que Ja. douleur et l'amour ont de plus furieux dsi^s te^rs .emportemepts, il en éprouva bientôt de& effets qui surpassèrent toutes sies craintes. Premièrement , elle r^sa de parler avec tant d'Qbstina.tfon , qu'il iiiH ob$gé de partir sans avoir obtenu d'elle un seul mot de réponse. IN'eo ayant pas moins laissé ordre qu'elle i^t gardée avec 4ottÇ6^r p^uiant so;i absence, ell^ 9ppr;t de SG$ gardes les circonstances de la mOK^
de son amant, et ses conjectures la firent remonter aisément à sa soarce. Sa fureur augmenta jusqu'à lui faire choisir le temps de la nuit pour mettre le feu au château, sans être effrayée du risque où elle s'etposoit d'être brûlée la première. Elle se. sauva heureusement, tandis qu'on s'agitoit pour arrêter l'incendie, et elle goûta , dans un lieu voisin , le plaisir de voir réduire en cendres un des plus beaux édifices de l'Ecosse, où le comte avoit recueilli tout ce qu'il avoit de plus riche et de plus précieux. Elle passa de là dans les comtés de Lochaber et d'AthoL, où il avoit d^autres terres considérables, et elle trouva le moyen d'en détruire une partie par les flammes» Ensuite, sahardiesseparoissant augmen- .ter par le succès, elle se rjendit à Edimbourg avec l'espérance de faire usage de l'habileté qu^elle avoit acquise à se servir du feu pour ensevelir le comte des Orcadea dans l'incendie de sa maison. Elle tenta cette furieuse entreprise y maifl^ ayant élé arrêtée en l'exécMtan:t , elle n'attendit point^u'on employât la violence pour lui faire, copfesser. ses motifs, et les autres excès dojit elle s'étoit rendue coupable dan» le même geni>e.Xe roi, qui fut informé d'une à, étrange aventure, eut la curiste d'en voir l'hé^ roïne. Loip de psgroitre abattue d» son propre crime, elle demanda justice de celui du eomt^. G'étoit s'adresser ^mal, puisque^ee prince en.étoit I« complice. Mais il eut asseï; .d'indulgence peur
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pardonner aux fureurs d'une armante;: et se réservant à décider lui-même de sa ponitioa, il la bom» à une prison perpétuelle dans un couvent. '