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quels on y mont^ avec beaucoup de^dîfficultë. H» iont méme^^si étroits, <(U'en levant un pied pour marcher, il faut se tenir ferme sur l'autre , de peur de glisser; et la jnort seroit inévitable, si l'oa tomboit dans la vallée qui est d'une profondeur étonnante. Enfin , lorsqu'on est au bout de ce chemin difficile, on est surpris, après avoir passé les premières portes, de se trouver dams une plaine d'environ ime lieue de circonférence^ qui, étant entourée d'une bonne muraille, et fortifiée par un grand nombre de pièces d'artillerie, forme un des plus sArs asiles qifil y ait au monde, contre tous les ennemis du dehors. Au milieu de là plaine est un château qu'on pourroit faire passer pour un palai» magnifique , sans y rien ajouter qu'un peu plus d'ornement. B est trèsr^and, et les appartements'y sont distribués avec beaucoup d'ordre. Mais le roi , qui le regarde moins comme un lieu de plaisir que comme prison , le négfigeoit entièrement, et se eontentoit d'y entretenir quelques soldats pour la garde ordinaire du lieu.
Ce» fut dans ce séjour inaccessible, qu'Osman (îit renfermé avec ses femmes et un seul domestique holiandois, qui s'étoit attaché à sa fortune. On ignore quel y fut le détail de ses occupations pendant deux moi9, qui furent la durée de son châti^ ment; mais si l'on en juge par la conduitequ'il tint depuis qu'il en fut sorti , ce Ait \k , sans doujte, xju'il
ET ANECDOTES» ^qB
forma le plan qu'il tâcha bientôt d'e:&écuter. Il avoit parmi ses femmes une Sicilienne, dont l'esprit étoit aussi intrigant que le sien. C'est avec eUe qu'il tenait conseil sur toutes ses affaires. Le général Azari n'ayant pu réussir à le perdre dans l'esprit du roi, on vit avec étonnement que ce prince, dont le caractère n'étoit point d'ailleurs des plus bu-^ mains, se porta de lui^-méme à le remettre en liberté. Osman retourna à Maroc ; mais ce qui surprit encore davantage, ce fut de le voir demeurer tranquille dans sa maison, sans reparoître à la cour^ à-moins qu'il n'y fût appelé par un ordre exprès de son roi. C'étoit l'effet d'une profonde dissimulation : il avoit conçu que la baine d'Azari et de quelques autres grands, ne lui donneroit point de relâcbe, et que tôt ou tard un étranger, sans aucun support que son mérité, ne pouvoit manquer de succomber à des attaques si puissantes. U étoit question nonr seulement de s'assurer entièrement l'amitié du roi, en le guérissant de tous les soupçons qu'il pouvoût conserver, mais encore de gagner, s'il étoit possible, l'esprit et le i^odw du peuple, dont la faveur est toujours d'un grand poids, dans une nation ausçi re-muante que celle des Maures. Rien ne pouvoit mieux le conduire i'ces deux fins, qu'une grande affectation de zèle pour la religion tnahométane. Il parut s'y consacrer tout entier; et ce fut la seule raison qu'il apporta au roi, pour justifier .aon abr
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sence à la cour. Le succès de son dessein lui en fit bientôt former un autre , pour l'exécudon duquel il n'épai^a rietai. Il falloit, pour qu'il réussit, que le ménagement en fût extrêmement adroit, ou le roi de Maroc extrêmement dupe.
On a dû juger, par ce qu'on vient de lire, que le duc de Ripperda avoit beaucoup d'indiflference pour la religion. Ses fréquents changements , uniquement déterminés par la politique, ne laissent aucun lieu d'en douter. Il fit plus. Non content d'avoir passé successivement sous les étendards de plusieurs sectes, il voulut devenir lui-même le chef d'une nouvelle.
Ayant trouvé dans le peuple toute la disposition qu'il pouvoit sovhaiter , il crut reconnoître assez de simplicité, et tout-à-la-fois assez de zèle fanatique dans les esprits, pour se flatter de leur faire goûter un nouveau système de religion. Il proposa d'abord ses idées comme de simples doutes; et la manière dont elles furent conçues, lui persuada qu'elles pourroient s'accréditer. Sa principale adresse'consistoit en ce que le fond de son système étoit également flatteur pour les mahométants et pour les juifs; qui $ont en grand nombre à Maroc. Il parloit de Mahomet avec plus d'élites que les musiJniaDS n'ont jamais fait. Il louoit Moïse, Elie,' David; et, ce quiparottra plus surprenant, il ne louoit pas moins la personne de N. $. Mais il préiendoit que lea