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\jE célèbre^omte de B..., qui fit dans la suite Une figure si brillante dans une des plus grandes mopar" chiesde FEurope, n'ëtoit dans son origine que lé fils d'un orfévrede... , que son père destinoit à la profes^ sion de notaire. Il avoit acquis toutes; les qualités qu'elle demande, loi^ue commençant à s'ennuyer du s^our d'une petite ville, il eut l'occasion d^oSnr ses services au baron de(iortz,quiavoitëté forcé de s'y arrêter quelques jours, par la mort imprévue del son secrétaire , qu'il }>erdit en retournant de Hollandieà la cour de âuèdev Le jeune B.... se présenta d'assez bonne grâce pôurfiiiré agréer sa personne et ses talents. Il suivit lé'bait>fe[ à Stockholm , où l'intelligence qu'il avoit de diverses langues, et la feci'* Kté à lire et k copier toutes^ sortes de caractères, le rendirent aussi utyé qu'il l'avoit fait espérer. Da^na l'usage où il étoït depuis son enfance , de manier d^ vieux contrats, la plupart en ^lin ou en parcbe**
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min, il s'^loit &it une habitude, en écriTant, d'en tenir toujours quelqu'un avec ses lèvres, et qudque désagréable qu'on puisse s'en figurer le goût , il étoit parvenu insensiblement & s^en faire une sorte de plaiôr, comme il arrive à cent qui s'accoutument à micher du tabac. Ce penchant devenant tme pasâon, il n'étoit jamais sans quelque morceau de vieux vélin, qu'il coupoit proprement pour le ronger ; et comme ses occupations le mettoient continueUement au milieu de quantité de papiers, il Irouvoit aiiément de quoi se satisfaire. Un jour, qu'ayant été retenu dans le cabinet du baron de Gort» pour. quelques expéditions d^portance^ il y étoit seul à exécuter les ordres de son maître, son appéiit pour le vélin lui fit découvrir une pièce enfumée qui étoit au coin d'une table; et ne portant pas plus loin ses réflexions, il la prit entre les d^its avec'l'envie néanmoins de se borner à la sucer pour en tirer comme le parfum ; mais dans l'atten-^. tion qu'il avoit è son travail, le goàt du plaisir lui fit oublier ce qu'il devoit craindre. Ce ne fut qu'après trois ou quatre heures d'application, que revenant à lui-miême, il s'aperçut non-rseulement qu^ avoit «toujours le même vélin è la bouche , mais que Payant; aèché si longrtemps ave6 aussi peu de ménagement que de réflexion, il l'a voit défiguré jusqu'à hii &ire changer de forme. Sa surprise aug* nenta encore^ lorsque ft'étwt hftté dt l'ouvrir, pour
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dëmâler ce qu'il contenoit , il le reconiitit i quelques rentes de caractère presque effaces, pour uiie pièce extfâaâemeat importante, qui faisoit la matière d'un différend fort échanfl^ au sujet de la livonie, entre le roi de Suède et le czar Pierrel U se crut ruine sans ressource. Son esprit ne lui présenta rien qui ^t propre à l'excuser. Tout le portoit au désespoir, lorsque le baron de Gortz, étant entré subitement dans son cabinet, le trouva avec cette filiale pièce à la main, et crut voir dans ses yeux et sur son visage, des ténioignages extraordinaires d'€ii|ibarras. La seule curiosité suffisoit' pour hiî faire approfondir ce mystère. Mais que&t-^ce, lors* qu'ayant jeté les yeux. sUr la pièce, il découvrit a plusieurs marques, que o'étoit ce qu'il avoit de plus nftoessairé et de plus précieux? Le premier'mouve-ment de sa colère ne lui permettant pas de rien examiner, ni de rien entendre, il ne doutiai point que ce âe fiât une trahison de son secrétaire^ qui s'étoit laissé gagner par le ministre de Moscoviè, et sur-Iecbamp il le fit conduire, avec mille reptochés^ dans une étroife prison.
' Quoiqu'avec un peu de Hberté pdùt* réfléchir «ùr sb|i msJheur, illné trôuv&t rien qui le rendit YéritâUeàlent oonpal)Je,1es apparences étant dHme * mttilre à ne pouvoir jaîteats être éclaircies^ il conçut que sa perte étoit eelUèifiie. IXéjà il petlàoit moins à M jnsûlei* qu'à se préparer-à la mort. Cependant ,
Bon AVENTURJP* .
comme fatv6u des circoiistànoes de sa &ute né poo-* Toit lui être nuisible ,' il éioit résolu de les raconter simplement^ au risque de ne pas trouver dans ses juges bëfiaucoup de disposî/liôu à le croire ^noère. On ne tarda guères à Tiilterroger. Quatre des ^p3m braves sénateurs de Stoçklv>lAi lui reproohèrent son crime I et le pressèrent de /confesser les inteI%6niDes qu'il entretenait avecla.Moâoovie. Une leur répœi^ dit que paruhe courte relation , qu'il fit les larmes aux yeu:i^ ^^de la manièfç ^(m\ H s'étoit jp^ooDutumé a mâcher. de tieux p^ircbemins. Quelque Sbiblesse qu'ilj.pptdans cette déÇepse,- l'air (lont i] la prononççit fitimpression.^ur:!-»!) des ivieux âénateurs, qul;avoit.asse9()['expéri0ni)e4u monde |>oûr démêler lea caractères de la dr&ittir^e €^ de l'innoeence. S'attacbant. 4e plus en |)]u3:à: l'eiiamîqer^ il remarqua que tandis qu'on écrivoi^ ;^ déposition , et livré pomi?;Le U é^if. , tout ^n)^ aux, demanda {qi^'il recevoit ^,^n spiijL.d'y répond^ç^, il ne laissoîft ppinl d'avancer la.n^fiin par int^^i^^^ vers l'écritoire^ qui étoit su^. 1^ tabfe , '4'pù il<tirpit de petits Utnbeaux de vieux parchemins dont elle.étoit dfÇHiUée^ et
que:piiT.u{^j0K>uveaiçiitfçi|t^aaUurel) îl W portoit k labouplif;^ Ciettç obsefyatio#)i;fitf tri)UkY#rf(dus de vrais^n]^^nQ& ai]< séns^te^r i^^fis ^on récîi^>4i'ii*Jieu quelui;ptj^f{ut]^es lj^jiydiea^,d^^ jugé si puéril ,:xju'i|f,^4^^pi^!^^A'|^.^^ Vécoitte^y il lui fil divOTspsqjj^tft^^^^ b^^^ffQ etlaforoei^^ao
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liiibiiude. Il .demanda des circomiances et des
l^reuves. Heurey^eoient Facçu^ ,ea avoit de prér sentes dans un graad nombre de petits rpideaux d^ parchemin qu'il tira de sçs poches. Leur forme^ leur odeur , tout s'accordoit avec Fidëe qu'il enavoil fai^ pirendre. Le boa isénateur devint son défepsf uç autant que son juge* D'autres informations qu'on: tix sur sa conduite et ses liaisons^ ayant achevé d'ér UiAit son G0r4ctêr<e;V 1^ baron de Gortz fut le pr^ mier à solliciter sa liberté et sa grac^.
Cependant, sqit qu'il craigpît que sa foiblesse n($ l'exposât à quelque nouvel embarras, s(Ht que 4'4f fâ^ki d'une te^^ aveqtube l'eûx, dégoûté de ses^^err .vicfip, il le congédia , pprès l'avoir honnêtement Ter conptpensa* Il y. avoit peu d'apparence qu'un honmne reje^; par le:inînistne^,'pût trouver d'autres occasions de s'ëublir dans la Suède. Le malbeureux^ser chétaire prie •le parti de la quitter ^ et passant e^ Gourlande y ou son aventure n!éloit pas Connue ,. il s'auacha.ai\ proRiiér. homme d'affaires, qui vdillu^ )-' employer. £«:> fortune qui le cOnduisoit par la main y l'adressa au receveur-général de Mitti^ijii^ homaoelivré B^ plakir , qui chardhoit depuis longcetaps un écriTfltnhabile^ sur lequel il put se reposa délia fetigue et jdes soins desoh emploi. Avec beaur pcnp d'esprit et.d'assiduité^ le:&oaYeau secréll^in^ ûiibientot recbnboitre ehiui lou^Ies talents qu'osi dés&roftt. Use-fit aômer tendrement de sèàii nuâtrei.
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pendant qQelqnes années qnHl ent notendanée g^ nërale de Bts aSBûres. Mais il n'étoit^ pas guéri i% l'habitude ijui avoit ruiné sa fortune «n Suède. Le receveur sfyant un jour fini ses comptes avec le mît Distre, revint muni d'une quittance âgnée du ducj et la regardant comme une piète d'autant plus isùr portante que ses ennemis s'étoient déjà prévaiss de ses inclinations voluptueuses , pour Faccuserde dissipadon et de mauvaise foi , il la remk à son secrétaire, en lui recommandant de la conserver avec soin. Oe papier n'avoit point les qualités qni pouvoient piquer son ancien goût pour le parefae? min. Ce ne fut que abstraction et force d!hBbmde qui le portèrent k le mettre entre ses lèvres, dans h crainte peut-être del'oubUer, et pour l^vcHrplo»
présent lorsqu'il se leveroit pour le serrer. EPaiiears quelques années d'intervalle avoient affaibli ViBtpression de sa première disgrâce; et l'ob ne se défie pas assez de soi-^méme pour se croire deux fois capable de certaines aliénations d^esprit. Qooiqoi'ii ^ soit^ il exposa maMieureusement ce papier à ïandite de ses dents, et dans un espace fort court, elles s^y imprimèrent assez pour corrompe le nom du duc , qui faisoit tout le prix de cette pièce. B s'en aperçut aussitôt , mais le mal^toît déjà irréparable Il le crut même beaucoup plus grand qu'il n etoit> ec se rappelantl'a venture de Stoddiolm , il ne doo^ point qu'il ne fôt è la vâlle du même danger. Ce-
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pendant nn peu de réftexion lui fit tirer aTantage jdu passé. Le soupçon d'infidélité étoit ce qu'il aToit de plus fôcheux k redouter ; il se détermina à pré* Tenir son mattre, par l'aveu volontaire de cet acci«dent y et pour s'attirer plus d'indulgence en excitant sa compassion, il commença par le récit du malheureux événement qui lui avoit fait abandonner ]a Suède. Il ne vint qu'en tremblmt k ce qu'il vouloit confesser.
Le receveur ne lui entendit pas plutôt nommer la quittance , qu'il comprit le Sujet de sa peine , et n'y trouvant que la matière d'une plaisanterie^ agréable , parce qu'il étoit sur de réparer aisément le désordre , il prit plaisir i faire durer une scène qui lui parut fort divertissante. Enfin , l'ayant con* sole par de nouveaux témoignages de confiance' et d'amitié , il ne songea qu'à prendre du c6té de la cour les mesures qu'il cruf nécessaires à sa sûreté , et dans la rdation qu'il, fit fiu duc de toutes: les cir« conatanses d^ l'aventure, il' rradit assez de justice au mérite de son secrétaire , pour lui &irerSo)ih$ilM de le voir. Sa figure , et qudques moments 4'j^tre* tien achev^ent de lui gagner l'estimé de ce prince. 8a &ve«r ne fit qu'augimenter de jour eU) jour ^ jusqu'au moment où la fortune se préf^fôit à le mettre au rang de ses favoris , par une révobltioii totale deson sqrtetdeses sentiments. Le redetwr, en nifl^dttisaQt smr sas bornés qualités, ijpilnilâi-;
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•oient craindre de le perdre , 0l sur $a imsétaUe habitndey qui étoit toùJDiir» capable de lui causer quelqu'inquiétade, forma lè desseb de ne rien épargner pour le déliinrer dé cette foiUe^se. Ijc raiaonDeraent^niqael SI s'arrêta étoit fort juste. Ayant eonçu que fe raal qu'il vouloit guérir né consbtoit que dansrié&fibres du paltts et des lèvres , qui etoient aecoutuoiées à ua certain ébranlement! qu'un long usage avoit rendu nécessaire , il ne* douta point qu'un )â)ranleinent plus fort, causé par quelque fiqueur d'un goût plus violent que le paKhèmin, iveftt prendre une autre disposition aux fibres, et ne- les accoutumât promptement à qo^qué cbose qui ies flauvroit davantage. Cette concjusioa lûipamat 5» certaine , qu'ilne .remit, pas plus loin cpie le éoir du même pour à la vérifier par Feipàieuce. Il fit souper son secrétaire avec lui , et l'excitant k boir^ par son exemple , il le- mit dès la;pvemière fois hors d^état dépenser aiiiparohemin>pdndai»cie reste lie la nuit/ Leii jburs>' suivants,: il se fit une éMkie^ dé i^nouveler le métne remède ausâ souvent qtfé 1^ {lr€^es forées le permeltoiehu Lealiqueurs fertë^i9i<x^édioient atik meiHiiiim vini. DaniPespaee de^'q^dquës' semaiMs; il jui fit ^ioufisssnr que le Séi^étdt dti pal*cbeimn< ne l'impbrttttiMt plw ^ et (fM'Ié goAt êé sesT nobveHes sensaiîoias «ommen^ çOto^à j^^mponer.'Miia^l^e qui fut bteii plus beu^ reng^'^ik^ )e ^ecr^taÎM, d'est que là Kbeiaie de la
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table et la chaleur du vin , servant à lui faire découvrir tous les agréments, de son eq>nt, etJ2qioble5Be naturelle de son caractère , il se fit donnoître par tant d'excdlentes (jvaKtés , que son ivsfttre omt avoir gagné plus que lui à lui donner occasion de développer tous ses ts^epts, Xe bf uit de cû miracle alla bientôt jusqu'au duc , qui voulut s'en assurer par le témoignage de ses propres yei». Ainsi , le secrétaire devint un objet d'attention pour tout le monde; et ^ for]Ci;m0 changea defacj&è mesure «qu'îlebt occa- ^p , 4^ justifier le$ premières idées qu'on avoit prises.de son esprit et 4e soa habileté* il eut bien^ .(Qt le bo^nheur de passer au ^rvicv^ d'une grande «l^rifC^^» et I^ progrès qu'il û\ dans.^on estime, 4ie. Ipi, l^issèfeiit pl^s.auoua lieu de doui^er des fa^ y^i|i^s;aui^€illes b fortiipe rappeléiLMaison n'ira p^.plus loÎA- C'est a«se% d'avoir &it connoitre ici les commencements singuliers de cette £>Ftane*
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