HEINE DE POLOGNE
HiNTRE les souverains qui ont gouverné la Po-* logne y il y eut une princesse qui mérita l'admira* tion de son siècle. Ce fut Yanda petite nièce de
Leck , fiUe de Gracos I.*' , froi^ème roi de Pologne*
Cette princesse, élevée au trône de Polc^oe après la mort de son père et. de ses frères, se fit adorer de ses sujets et admirer de ses voisins* Rien n'étoit plus élevé ni pins pur que sa vertu ; ri«i n'étoit j^us parfait ni phis touchant que sa beauté* Parmi un grand nombre de princes que Famour fit ses esclaves , Ritagore se flatta des plus douces espérances. Le voisinage de.ses états , ses grandes richesses, l'ancienneté de sa maison, que des bistoriens ont fait remonter jusqu'à Tulscon , fils de Gomer, etpetit^fils de Japhetj mais, plus que tout, ses soins, ses assidcdtés, ses respects, lui firent es* pérer le coeur et la main de la princesse. Cependant, toutce qu'il fit ne servit qu'i le convaincre queYanda étoit plus capable de donner de l'amour , que d'en prendre. Elle refusa constamment l'alliance qu'il lui proposoit , avec tous les avantages que la raison pouvoit y souhaiter , et tous les charmes que l'amour y devoit répandre.
Ritagore, sans considérer qu'elle n'éconloit les vœux de personne , attribua au mépris un refus qui n étoit que l'effet de L'amour de cette princesse pour la liberté. Désespéré toutefois , il se retira dans ses états , d'où il écrivit à Vanda k lettre suifante .:
BT ANECJDOTSS. ^ SàS
Lettre de Ritagore à Fanda*
c( Votre vertu et votre beauté m'avoient fait y> votre adorateur ; vos mépris , Madame , me font ^) votre ennemi. «Parme pour ravager vos états, et » vous faire voir, dans la désolation, de vos pro- » innées^ la fureur de mon désespoir. Je vous en }i> avertis pour que vous vous y prépariez. Si je » péns, je meurs votre victime. Si je triomphe, » vôtre vainqueur sera pourtant . toujours votre ^ 3> esclave.
Yanda teéut 'cette lettre avec, beaucoup de surprise et de chagrin ; IWagédeJa goen'eTeSraya par Famour qu'elle a voit pour ses fyeuples; cepe»^ dant sa vertu n'en fet point intimidée; elle ré.^ pondit ainsi: ij
' Bép&nse de f^anda> à Êitagore* ' >
ce Je suis (àchée de voir qu'un prince que j'je&r » timois , soit dans des sentiments qui me force- » ront au mépris dont il m'accuse. Je le remercie » pourtant de m'aVertir de ses pernicieux desseins. Jk J'irai m'y opposer , et je les préviendrois même , » si je ne voulois lui donner le temps du repentir.
AM
5^6 AVENTUREE
ï> Qu'il soDge que si je triomphe y il aura été vaincn
y> paruoefillejetquefl^estyainqaear^D'cn^i^ y^ pas plus le niattre du cœur de
y> Vanda ».
Celle lettre ne calma poiût les fureurs de Ritagore ; il marcha contre la Pologne ; et Yanda , a la tête de ses troupes , alla au-devant de lui. Il se donnadeuxsanglants combats en fort peu de temps , où ¥anda j le sabre à la main , anima si bieA ses soldats par sa yoix et par son exemple, que fiitagore iiit battu et mis en fuite. Honteux de son crime et de sa défaite , ce prince se donna la mort. La yie ne pouvoit plus être pour lui <pi'accompagnée d^une ignominie aussi affreuse que la gloire éit Vanda étoit éclatante; mais ce qu'il y a de plus omel , et qu'on ne peut rapporter qu'avec douleur, c'est que cette princesse fut, après ses vidoirès, se précipiter dans la Yistule , croyant devoir aux dieux * ce sacrifice .de sa yie , pour la virginité qu'ils lui avoient daigné conserver , et qu'elle leur «voit vouée.
Le christianisme n'étoit pas encore. établi dans cts contrées.
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PARTICULAMTÉ SINGULIÈRE