‹ Œuvres choisies de Prévost avec figuresChapitre 68 sur 76 · SÉDITIEUX ANGLOIS · texte numérisé non relu

SÉDITIEUX ANGLOIS

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Ibihjèdi ATEKENT après la mort d'Edouard $ chard II se trouva dans Un ^and danger, par k hardiesse et les fureurs d'un rëbeUe nommé Wat Tiler. C'étoit un gouverneur de Kent , dont jk ré* putation commença d'une niamère fort extrjaordi^ naire. Le parlement ayant étabh une capitation rigoureuse, un des coUecteurs voulut la faire payer i la fill.e«de Wat Tiler , qui étoit au-dessotts de Fâgè marqué par le biU. On lui représenta que cette fille n'étoit qu'un enfant* Il eiltrqirit insolemment de s'en assurer par une action fort indécente, aux yeux mêmes du père , qui lui cassa la télé avec son matr teau. Tous les voisins ayant^pplltudi k cette aoûoq^ Wat Tiler se vit bi^itôt euvironné d'une foule de gens qui lui proposèren*|t de le suivre , pour se dé* faire de même detous les collecteurs. Uo prêtre , qui crat pouvoir profiter de ce trouble pour se faire considéra 9 leur fit un dîsoours par lequel il leur persuada que ce n'étoit pas aux cottecteurê seule-^* ment qpi'ils dévoient s'en prendre j mais qfitéiant

63d AVENTURES

tous fils â^Aâam ^ ils ne dévoient pas sotiIFrif que sous lettre de seigneur , des gens qui n'avoi^nt pas d'autre origine qu'eux, leur prissent tyranniqueiaent leiirs biens» Cetai^ment parut si fort , que cott rant aux armes, ils coupèrent la tête a tous les seign^irs^ gentilshommes , juges , avocats et procureurs , qui tombèrent entf e leur» mains. Wat Tiler se rendit a Londres à la^téte d'une armée prodigieuse , qui se iWsemUa' volontairement sous ses oi'dt*es. Il mît la viHe au "pillage. Richard II, qui avait succédé i .'Edouard , 'ne voyant aucun moyen de résister à une "àttaqtie si vive* et si imprévue , s'avança vers les rebelles, suivi de peu <fe monde, et iSt prier Hier, -par un chevaKer, devenir conférer avec lui. L'in^ soient gouverneur répondit qu^ iroit parler au roi lorsqu'il le jugeroità propos, et se mettant néan*^ moins en ' marche , il aflfecta dWancer avec tant de lenteur , que le roi perdant patience , le fit presser •par le même chevalier de hâter sa marche. 711er s'ofifensa que le chevalier ne mit pas pied à terre en lui parlant ; il alloit léguer d'un coup d'épée , si le rôi, qui s'étoit lui-même avancé , n'eût crié au cbetralier de mettre pied à terre. ^ ^

' Dans la conférence que Wat lUer eut avec le toi, étant tous deux à cheval; il fit mille propositions extravagantes, et de temps eu temps il levôit son épée, comme pour menacer ce prince s'il n'ac cordoit pas sur-le-champ tout ce que les séditieut

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prëtendoient. Cette brutale effronterie causa tant d^dignation au maire de Londres , qm accompagnoit le roi, que, sans considérer à quoi il alloit exposer ce .jeune prince , il déchargea sur la tête du rebelle un coup d'épée qui le fit tombei* mort à ses pieds^ Une action si imprudenter devoit natisTrdlement causer la perte du roi , et de tous ceux qui étoient avec lui. Déjà les rebelles bandoient leur arc pour venger leur chef; mais Richard prévient leure coups' par une résolution plus ferme et plus îudicieuse qu'on ne devoit l'attendre d'un prince âgé de quinze ans. Att4ieu deprendre la fuite, il se tourna! T«*s les rdbelks , et leur cria d'un ton résolu : Quoiy mes amis*, voulez'^voas donc tuer votr^ roi? ne soyez point en peine de la perte de voftre chef, car c'est moi que Vous aurez désormais pour votre général. Suivezrmpi. En achevant ces mots, il tourna doucement la bride de son cheval , et se mettant à leur tête ,-11 prit le chemin de la grande place de Londres.- Sa ferâssté fit tant d'impression sur les matins, qu'ils le suivirent sans balancer. En arrivant à la plâicc, ils y virent une troupe debourgseoifr bien armés, que le maire avoit préparés; à tout événem^oit. Sans s'a*perœvoir que ce petit corps ne faîsoit pas lâ <ân* quantième partie de leui> nôix^re,' ib:fiirent â ef* frayés dé cette vue, qu'ils jetèpént leurs armes, et demandèréut quartier. Ainsi la révolte futx&dpée , sans qu'il y eût de sang répandu que celui du chef.

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