CAUSES DE L'ÉLÉVATION
Dl: BÂLTAGI HEHEMED.
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15 AI/TAGI Mehemed dut son élévation à des incidents fort étranges. La sultane Validé, mère de Mustapha et d'Ahmed, avoit pour sacutégiy ou sa trésorière , une jeune Circassienne , d'un esprit et d'une beauté extraordinaire. Ahmed , qui avoit la liberté de se promener dand le palais, la vit par hazard , en devint amoureux , et s'étant procuré le secours du bashaga de sa mère, il parvint à s'en faire aimer. La sultane découvrit l'intrigue. £11« fit appeler sa cutégi, qu'elle menaça d'un sévère châtiment. Celles;!, se défendant avec beaucoup de résolution, nia sans rougit* qu^eUe ftt aimée du prince, ou du-moinsqu'elle en efrt la moindre connoissance. Elle ajouta que s'il faimoit en effet, ce n'étoit pas sur elle que devoit tomber les reproches, et qu'elle étoit prête d'aiUeurs à se priver tout-à-fait de le voir. La sultane, réduite à ne plus savoir ce qu^elle en devoit croire, fit appeler son fils, lui représenta la
bootëdeson frère qui lui avoit accordé la liberté, contre l'usage de ses ancêtres, et Texhorla à ne pas s^attîrer sa disgrâce en devenant amoureux avant que d'être arrivé au trône. Elle lui promit que, sTû succédoit un jour à son finèi'e^ elle lui dontieroit non-seulement la Circassienne , mais un grand nombre d'autres belles filles qu'elle avoit aatour d'elle. Ahmed eut l'ingénuité d'avouet sa passion à sa mère , et lui protesta avec la mém^ frandiise qti^ rien n'étoit capable de la lui faire vaincre. Elle aimoit ce fils. Son inquiétude la fit penser à marier sa maîtresse , pour le guérir en lui ôtant l'espéragace.».Elle fit venir son premier médecin , nommé Nub Ef^di, et tombant par divers discours suf la reconnoissance qu'elle devoit à ses services , elle lui dit qu'elle étoit déterminée à les récompenser, en faisant épouser la trésorière à son fils. Nub Effendi, d'autant plus sensible à cette faveur, que les cutégis de la sultane ne se dounoient ordinairement qu'à des bâchas à trois queues, retourna aussitôt chez lui pour fiûre tous les préparati& de la fête. A l'entrée de la nuit on fit sortir secrètement la cutégi du sérail, pour la remettre au médecin avec sa dot. Mais le basbaga de la sultane, qui étoit dévoué au prince Ahmed, ayant quelque sptipçon du mystère, courut Fea avertir, et l'assura même que, sans savoir ^it To^ conduisoit sa maîtresse, il étoit certain qu'on ia faisoit sortir du sérail. Ahmed , dans une inquiétude
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XDortcfle, donna ordre à Baltagi Méhemed, son page , d'observer ceipi'elle deviendroit. Il découvrit enfin qu'dle étoit chez le. premier médecin de la sultane^ et ne pouvant contenir son iransportr, il écrivit sur-Ie-'champ ce billet à Nub E£Pendi : ce Ap*y> prends que la jeûne fille que tu viens de recevoir » dans ta maison m'a gagné le cœur^ Crarde-toi d'y D toucher, et ne permets pas que ceux qui t'appar* y> tiennent ayent rien à démêler avec elle* Si tu fds y> autrement, tu n'éviteras pas la vengeance qiû D tombera quelque jour sur toi et sur ta famille )>« Nub Effendi se crut dans le déifier dai^er. Il ne pouvoit désobéir d'un côté à la sultane, sans s'ex* poser à une disgrâce certaine; et les menaces du prince n'étoient pas moina effrayantes, quoiqu'elles regardassent un temps plus éloigné. Il étoit né dans l'ile deCrète, c'esvà-dire, qu'étant Grec de naissance, il a voit tout l'esprit qui est commun dans cette nation. Voici le tempérament qu'il prit pour ménager toutnàJa-fois la sultane et le prince Ayant aasttnblé les convives qu'il avôit fait inviter à la fête , il fil célébrer par Fiman , le nikiahj c'cst-à-^rela céré«monie du mariage ; après quoi , conduisant lui*méâe les deux époux à la chambre nuptiale , il parla dans * ce$ termes à son fils : <( Noua somme&dans un grand }0 péril, quoique personne n'en ait ici le moindre i^ soupçon. Sohra ESeadi est amoureux de l'épouse
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» que la sultane vous a donnée , et tous, ponrei % connottre la violence de sa passion par cette » lettre. 8i voos souhaitez du bien à votre père et » k votre famille, il &ut vous abstenir de ce fruit v défendu , et vous priver d'un mets qui est réservé 1) \Kinxr la table du prince. ImagiiKs-vous que c'est D unesosur^etnon une femme qa'on vous accorde. y^ Donnes^ lui en particulier les embrassem^its ^ qu'on donne À une soefur^nommeat-la votre épouse )> aux yeux du public, mais ne vous attribuez D jamais d'autres droits sur elle. Si votre pasdon 3» étoit capable de balancer, scmgez que vous allei 3> attirer des malheurs certains sur votre fiainûlle, et )i ma malédiction sur vous-même v.
Le £3s promit d'obéir, et la feune épouse j don* nant aussitôt son consentement, elle&it laisséeaenle, tandis que son mari alla passer la nuit dans une autre chambre. Cette sc^e se passa si secrètement que les domestiques mêmes n'en eurent aucune d^aaee, et bien moips Alimed, qui ne pouvoit rapprendre de personne. Quelques jours après ^ la fimmr 'de la suitane procura au fils du médemn la tjkatge dk mollah de Smyrne. Les premières dames 4fe ICobstantin<^Ie ea viiik*eBt &ire leur compfiment a so|i épouse. Ahmed ne put Fignorer. D ne lui resta pas le inoiodre doute que sa mattresse ae fiikt entre les bms d'un antre j et le diagrin qu'il en eut
le fit tomber dams une mélaocoUe profonde'^ U cher« choit les moyens de s'eû veoger , lorsque dans ihh) séditioa qui s'éleva à Goostantioople, il fut pkoé sur le troue è la place dû sultau Mustapba sou frère- Son premier soin fiit de faire amener Mub Ëffendi , et d'ordoilner sur-le-champ qu'on lui donnât la mort. Cependant il consentit , sur ses instances » à l'écouter un moment, et sa surprise fut extrême, en apprenant à quoi il s'étoit déterminé pour lui plaire. Le médemn lui garantit qu'elle étoit aus» eotière qu'dle ayoit la réputation de l'être en sortant d« sérail, et lui offrit sa tête, s'il apercevoit qu'il i'ete trompé. Elle fut examinée par les' plus habiles eunuques* I^.sukan se livra à des transports de joie sur leursiémoignages. Il combla Nub Effendide biens et d'homienrs; mais n'osant suivre tout-d'tm-coup son inclination, il lui ordonna de garder sa maîtresse avec le même soin juàqu'à nouvel ordre. B redoutoit sa ûtère^^iquile predM effectivement, de ne pes commencer son r^e par Finfracûon d'une loi dès plus sacrées du .sérail. Une fiUe n'y remte .point quand elle en est une fois sortie. La sultane kii représenta qu'il avdtt encore tout à craindre del partisans de soa frétrey.et lui£t promettre enfin de ne pas fiôfe éclater aa passion ; huis n'en étant paa moins enflammé ^ ilcpiiwit avec rBaltagi-Mehemed^ json pa^ j qvTû aVoit déjà créé son ^and-éea]fwr^ de la
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luifaireépouser.niavii aionfortlibremeiit cbe^sôn mari, et perdant peu-à-pett le req>ect qu'il avoit eu poor les usages , il la faisoit Tenir souTeat au sérail avec beaucoup v de magnificence et d^éclat. Cette femme fit toute la fortune de Baltagi Mehemed ; car peu après elle pria le sultan de lui accorder les honneurs des trob queues, et de lui donner quelque «emploi qui ne Féloignât point de Constantiiio{Je, • parce qu'il convenoit peu à la maîtresse d'un si grand empereur d'être la femme d'un émirabar. Le sultan lui répondit : (C Vous ne cherchez que vos intérêts, 1» sans penser aux miens.' Cependant je veux vous D traiter en juge équitable , et partager en deux le ^ d^érend. Je donnerai k votre mari on emploi .9 qui le reuendra six mois hors de Constantixtople, I» et qui lui permettra d'y., être chaque année six 9 moisi>«
D le fit aussitôt capuâan bâcha ^ ou grand-amiral )^quelque temps après, par cowidér&don pour les mêmes prières, il l'éleva' k la ifignité de grandr visir. Quelque mécont^itement de ses services l'o- Isligeâ enfin de le déposer ; mais il le traita avec tant de doueeur, qu'après l'avoir fait successivement l^adia d'Ërserum et d'AIep , il le réublit à-la-fin dana sa dignité. Cependant n'en ayant pas été plus aatisfiâtaprès celte nouvelle faveur, et l'ayant même s#ttpçonné d'avoir trahi les intérêts de l'empire
dans. Feipëdiiiop contreJes Russes, il le fit arrêter k son retour par Paga des janissaires, ^ tout le châtiment qu'il lui imposa fut un exil à Iiemnos, d'ou^ il fut transféré à Rhodes. H mourut dans cette dernière.tle, sans qu'il ait été bien édairci si ce fut dc^ mort naturelle.^