CHAPITRE II
Rose perd sa mère.
Pourquoi fallut-il que la bonne Rose fût sitdt condamnée à perdre une semblable mère ? Rose atteignait à peine sa quatorzième année, lorsque tout à coup sa mère tomba dangereusement malade. Matbilde sentit parfaitement le danger, et ne le cacha point à sa fille. Le chevalier était à la guerre. « Ma chère enfant, dit la châtelaine, envoie tout de suite un exprès à ton père; je voudrais le voir encore une fois avant de quitter ce monde. Fais appeler en même temps le pieux abbé Norbert : c'est lui qui m*a baptisée , qui m'a recommandée et consacrée à Dieu à mon entrée dans cette vie ; je lui demande encore, et il ne me refusera point, son secours au sortir de cette vie. Ses pieuses prières, ses exhortations paternelles me rendront plus facile et plus doux le passage de cette vie terrestre à la vie éternelle. »
Le digne abbé ne se fit pas attendre. C'était un vieillard vénérable, dont les discours et les manières respiraient la piété et l'indulgence , la grftce et la bonté. Après avoir entretenu Hathilde quelque temps en particulier, il lui donna le saint viatique ; il récita près de son lit les prières consacrées, et lui parla de la vie éternelle avec une onction douce et une charité pénétrante. Cette cérémonie touchante et sainte, ces vérités consolantes et sublimes, ces parôles inspirées par la foi la plus pure , et qui la fortifiaient à leur tour, cette sérénité presque céleste
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