‹ uvres choisies illustréesChapitre 168 sur 240 · LE MASSACRE DE SAINT BARTHELEMY · texte numérisé non relu

LE MASSACRE DE SAINT BARTHELEMY

On se rappelle que le marquis de Lantenac a donné l'ordre de faire conduire à la Tourgue « les trois petits prisonniers ». Ils nous y sont montrés le jour même où les soldats de Gauvain doivent attaquer cette Tourgue, — tour féodale où le marquis, après sa défaite de Dol, s'est réfugié avec quelques hommes, héroïques comme lui :

Les enfants se réveillèrent.

Ce fut d'abord la petite.

Un réveil d'enfants, c'est une ouverture de fleurs ; il semble qu'un parfum sorte de ces fraîches âmes.

Georgette, celle de vingt mois, la dernière-née des trois, qui tétait encore en mai, souleva sa petite tête, se dressa sur son séant, regarda ses pieds, et se mit à jaser.

Un rayon du matin était sur son berceau ; il eût été difficile de dire quel était le plus rose, du pied de Georgette ou de l'aurore.

Les deux autrps dormaient encore ; c'est plus lourd, les hommes. Georgette, gaie et calme, jasait.

René- Jean était brun, Gros-Alain était châtain. Georgette était blonde. Ces nuances de cheveux, d'accord dans l'enfance avec l'âge, peuvent changer plus tard. René-Jean avait l'air

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