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Clarisse Miroy, actrice, amie du grand acteur

3. Après la révolution de Juillet, bien entendu. Les quatre ministres dont parle ici Victor Hugo comparurent devant la Chambre des pairs le 15 décembre 1830, et furent condamnés à la détention perpétuelle, dans la nuit du 21 au 22 décembre.

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de Ranville, en Normandie. Il vit là dans une profonde retraite. Son plaisir est d'aller de temps en temps au bord de la mer, qui n'est qu'à une lieue de Ranville et qu'on voit des fenêtres de sa maison. Il a quatre ou cinq mille francs de rente à lui, et vingtcinq ou trente mille du chef de sa femme, veuve en premières noces du général de Montmarie.

On a peu de distractions et de visiteurs au château de Ranville. Cette année, cependant, M. de Ranville a fait venir, pour divertir et occuper ses hôtes, le fameux somnambule Alexis et son magnétiseur. M. de Marcillet.

M. de Guernon-Ranville a cinquante-huit ans, et n'en paraît guère plus de quarante-cinq. Les vicissitudes de sa vie ont glissé sur lui sans l'accabler. Il se plaint pourtant de sa détention au fort de Ham '. Elle a duré huit ans. Quoique condamné à vie, il espérait n'être emprisonné que cinq ans, se fondant sur ceci, dit-il, que Y emprisonnement perpétuel n'est dans aucune loi. Il oubliait que la Cour des pairs est souveraine, et fait la loi en l'appliquant.

Le régime de Ham était fort dur pour les ministres condamnés. Ils étaient là quatre : M. le prince de Polignac, M. de Chantelauze, M. de Pevronnet et M. de Guernon-Ranville. M. de Polignac gardait dans sa prison même, avec ses compagnons d'adversité, je ne sais quelle distance aristocratique... Il est né de la captivité de Ham plusieurs garçons, auxquels M. de Polignac a donné, du chef de sa femme, une existence de princes en Hongrie. Ils ne pouvaient avoir d'état légal en France. M. de Guernon-Ranville et M. de Chantelauze vivaient presque en commun et faisaient tous les soirs leur partie d'échecs ensemble. M. de Peyronnet se confinait dans sa cellule et s'isolait. — Sa raison, dit M. de Ranville. commençait à s'altérer. — M. de Polignac avait un peu de hauteur et M. de Peyronnet un peu de dédain.

Les sentinelles avaient ordre de tirer sur les prisonniers quand ils mettaient la tête à la fenêtre à de certaines heures. M. de Ranville a un souvenir amer de sa captivité.

Quoiqu'on pense généralement le contraire, il affirme que M. de Peyronnet avait approuvé les ordonnances. Il avait même. comme ministre de l'intérieur, rédigé en entier l'ordonnance électorale. Elle était telle que M. de Ranville, le jour où il la lut au conseil, lui dit en sortant du cabinet du roi : « Vous auriez

i. Le même fort où Louis-Napoléon — le futur Napoléon III — fut enfermé en 1840, et d'où il s'évada en 1846. Ham est dans le département de la Somme.

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