VI. — École supérieure de Guerre et École Polytechnique
Sous le patronage de son ami, le général Pierron, réminent écrivain militaire et professeur à l'Ecole supérieure de guerre, Cheysson, en 1S77, avait été prié par l'autorité militaire de faire à celte école des conférences sur l'organisation du Greusol et sur le service des moulins pendant le siège de Paris.
Ces conférences ont été publiées dans la Bévue du service de Vintendance militaire (n M de novembre et décembre 1877).
Tous les ans, l'Association amicale des anciens élèves de TKcole polytechnique tient son assemblée générale dans le grand amphithéâtre de l'Ecole, et en confie la présidence à l'un des anciens ('•lèves, qui vient entretenir ses camarades des travaux auxquels il a été plus particulièrement mêlé. Le Comité de l'Association confia à Emile Cheysson cette présidence en 1904,
Cheysson prit pour thème de son allocution : d'abord la contribution que certains élèves illustres de PEeole ont apportée à la philosophie et à l'économie sociale, en insistant sur les titres de Le Play; puis la nécessité pour tous ceux qui ont rhonneur et la responsabilité de conduire, des hommes, notamment pour l'ingénieur et l'officier, de compléter leur armement technique par un solide armement social, sans lequel ils courraient risque de rester inférieurs à la partie la plus neuve et la plus délicate de leur tâche.
Au cours de ses observations, ilprop ►sa à l'Association d'organiser, parmi ceux de ses membres qui accepteraient cette combinaison, une assurance en cas de décès, qui, pour les veuves et les orphe-
KM ILE CHEYSSON
lins, substituerai! un droit au secours bénévole, Cette assurance a sa place toute marquée chaque fois que la famille, dépourvue de capital, vit au jour le jour sur le traitement de son chef. La mort du père, en effet, plonge dans la détresse ceux qu'il laisse après lui : mais, s'il a su prélever sur son traitement line prime d'assurance, il leur lègue du moins une somme qui leur permet de franchir la crise sans être obligés d'escompter un secours minime et soumis à l'appréciation, bienveillante certes mais forcément discrétionnaire, d'un Comité.
Ce discours eut dans le monde polytechnique un tel retentissement, que plusieurs de eeu\ qui Pavaient entendu ou simplement lu dans le Bulletin de l'Association , écrivirent à son auteur pour lui demander des directions en vue de remplir le rôle social dont il venait, lui disaient-ils, de leur révéler le caractère impératif, en
même temps que la beauté.
l'action sociale