PREHIÈR1 PARTIS LA CARRIÈRE DE L'INGÉNIEUR
Emile Cheysson naquit a Nîmes le IN mai 1836, crâne ancienne famille de robe et d'épée, ruiner par la Révolution (1 ). Il fut un brillant élève au lycée de sa ville natale, où il eut pour professeur de rhétorique M. Gaston Boissier, qui commençai) sa carrière universitaire et dont renseignement til sur lui une impression ineffaçable,
L — Ecole polytechnique et Ecole m;s Ponts et Chaussées
Apres deux ans de préparation à Paris dans l'Institution Jauffret, qui avait recruté de remarquables professeurs parmi les hommes ayant refusé le serment à la suite du coup d'Etat (Catalan, Moutard, Vapereau, Roguet), il fut en 1854 reçu dans un bon rang à l'Ecole polytechnique, d'où il sortit dans les Ponts et Chaussées en 1856.
(1) Cette notice biographique a été partiellement rédigée en 1903 par Emile Cheysson lui-même et complétée au moyen de notes et de documents laissés par lui.
EMILE CHEYSSON
Comme élève de deuxième année de l'Ecole des Ponts et Chaussées, il obtint de faire sa mission d'instruction pratique au Havre, en 1858. Chargé de suppléer provisoirement un des ingénieurs de ce port, M. Lemaître, qui dirigeai! la fondation de La grande écluse des transatlantiques, large de cent pieds anglais (30 m 50), il établit par ses calculs qu'il y aurait avantage à substituer au radier plat, tel qu'il était prévu, approuve el en cours d'exécution, un radier qui présenterait des raccordements paraboliques avec les bajoyers verticaux, pour mieux résister aux sous pressions quand le sas est vide. Il (Mait hardi à un jeune élève, intérimaire de passuge et par accident, de proposer, en pleine action, une ni édification de celte importance. Elle fut reconnue avantageuse el mise immédiatemenl en chantier.
C'est ce radier courbe qui esl en service depuis cette époque : c'est sur lui qu'ont reposé, au cours de celle longue période, et sans qu'il ait trahi aucune défaillance, les mouvements des navires à fort tirant d'eau dans noire grand pOft.