IX. — Nouvelles étapes dans sa carrière
Poursuivant normalement les étapes de sa vie administrative, Émile Cheysson étail nommé Inspecteur général de 2 e classe en 1890
LA CARRIÈRE DE L'INGÉNIEUR
et il atteignait, en 1<S<)8, le sommet de sa carrière comme Inspecteur général de l M classe. En il aurai! pu se mettre sur les rangs
pour la Direction de l'École des Ponts et Chaussées. Beaucoup Vy poussaient; à cause dé ses longs services dans le professorat et de son litre de membre de l'Institut ; mais il s'en abstint et arrêta même, dfes qui! les connut, des démarches entamées dans ce sens par des amis, à son insu; il ne voulait pas assumer, en effet, des devoirs qui eussent pu te détourner de la voie nouvelle où il s'était résolument engagé.
En qualité d^Inspècteur général, il a été appelé' à faire partie de diverses Commissions, et en particulier de deux Commissions importantes, dont il convient de dire un mot.
La première de ces Commissions est celle du Nivellement général de la France. Nominalement présidée par le Ministre, elle le fut effectivement par Emile Cheysson , qui en était l'un des Vice-Présidents,
Formée de représentants des ministères des Travaux publies, de L'Intérieur, de la Guerre, et de V Agriculture, cette Commission doit donner son avis sur les opérations de la Direction du Ser~ vice du Nivellement, sur les méthodes mises en oeuvre, sur les travaux projetés el sur les diverses questions qui s'y rattachent.
Elle a fait aboutir l'unification des plans de comparaison, jusque-là divergents, qui étaient adoptés dans les services Locaux des diverses administrations el même dans ceux du ministère des Travaux publics. Celte incohérence avait son explication et sa justification historiques. Ce ne fut pas sans difficulté qu'on put y mettre un terme, à cause du trouble apporté aux usages locaux.
Par d'heureuses négociations avec le ministère de rintériéur, la Commission a également obtenu qu'on étendît au service vicinal les mesures de conservation des repères de nivellement, appliquées sur les routes nationales. Toute œuvre que Ton ne conserve pas, est condamnée à s'effriter et à périr. A quoi bon installer à grands trais ces repères qui couvrent la France, si Ton ne veille pas à leur entretien, si un agent voyer, un maçon, un cantonnier, peuvent déplacer la dalle d'un pont, La borne kilométrique d'un chemin, la pierre d'angle d'une maison sur Lesquelles un repère est scellé, sans qu'un procès-verbal régulier constate ce déplacement et sans qu'un repère portant inscription de La nouvelle altitude soit posé avec les garanties de précision exigées pour les
KM ILE CIIEVSSON
autres plaques du nivellement? Ainsi abandonnés à eux-mêmes, ces repères tromperaient roux qui les consultent. Grâce aux mesures proposées par la Commission et sanctionnées par les ministères des Travaux publics et de l'Intérieur, notre réseau de nivellement échappera à ce fâcheux sort et continuera à rendre aux générations futures les services qu'on I voulu leur assurer ses promoteurs.
La seconde des Commissions, dont nous avons parlé, est celle du travail et des retraites du personnel des chemins de ter.
Voté parla Chambre des Députés sur L'initiative de MM, Berteaux cl Kabier, un projet de loi sur ce sujet taisait hèsit'T le Sénat par la gravité de ses conséquences financières, telles que les présentaient les Compagnies. Les défenseurs de la loi alléguant qu'il y avait là des exagérations intéressées, le Ministre des Travaux publics voulut s'éclairer par l'avis (Tune Commission ex Ira parlementaire, comprenant, à côté de fonctionnaires, des représentants des Compagnies et des ouvriers.
Celte Commission se partagea en deux sous-commissions, celle
du travail el celle des retraites; Êmile Cheysson tut chargé de présider la première.
La tache était délicate. An milieu de susceptibilités promptes à s'éveiller, il fallait diriger les travaux avec une impartialité, non seulement sincère, mais éclatante même pour les esprits les plus prévenus, et tout en se tenant au-dessus el en dehors des intérêts particuliers, arriver à faire la lumière sur les conséquences qu'entraîneraient, au point de vue de l'intérêt général et des finances publiques, les mesures projetées.
Les deux sous-commissions et la commission plénière ont rempli leur rôle, on peul le dire, à l'entière satisfaction de l'administration et du Parlement.
Enfin, et c'est par là que nous terminerons ce qui concerne les rapports entre Émile Cheysson et le ministère des Travaux publics, cette administration Ta fréquemment délégué pour la représenter dans les Congrès de statistique, de géographie, des habitations à bon marché, et notamment à Dusseldorf, en 1902, au Congrès des accidents du travail, où Cheysson fut choisi comme chef de la délégation française des divers ministères.
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