ENQUÊTE RELATIVE A( X (HU VRES DE PATRONAGE
les œuvres du patronage, et dont on ne saurait trop recommander la lecture.
A ces prenjiers travaux, (jui font d('»jà pr(^ss(Milir Tintérel de l'enquête, la Commission se propose d'en ajouter {prochainement un autre qui en donnera la substance même et qui sera jointe en annexe au compte rendu du Congres. Ce sera un tableau synoptique qui présentera, méthodiqucnuent groupées par département et par section, toutes les œuvres d(* pali'onage existantes, avec une notice sommaire sur leur but, leur histoire et leurs résultais.
Nous chercherons a acconipagnei' cet inventaire* ou ce calalogue d une carte, où seront figurées à leur rmphtcenjent r(*spectif, en les difïercMiciant par des signes conventionnels, les maisons centrales, les prisons cellulaires et les œuvres de j^atronage, de manière a taire apparaître aux yeux l(\s contrées où fleurit le patronage et celles oii il est pn^sque inconnu, les oasis disséminées au milieu de lro|) vastes déserts. Lue carte ainsi dressée nous paraît devoir être à la fois un encouragement pour l(*s uns et un slimulani pour les autres. Établie à la veille d'un mouvtMiienl (m avant, elle p(»rniettra d'en suivre et d'en mesurer les progrès dans les éditions ultérieures qui seront tenues à jour.
Ce travail considérable de dépouillement et de classement a (Hé fait avec un soin extrême par notre dévoué Secrétaire général adjoint, M. Turcas. C'est à lui (pie nous serons redevabl(\s de ce répei'toire méthodi((ue du patronage, (fui sera pas Tun des moin- (li*es résultats du Congr(^s.
Forcé de sacrifier les détails qu'on retrouvera dans ces relevés, le présent rapport se bornera à faire le tour de l'enque'^'te, en prenant pour guide le questionnaire et en signalant, sans cil(*r de noms, les traits généraux des réponses que conti(*nt le dossier.
Là où il existe, le patronage prend plusieurs aspects et s'étend depuis un certain minimum jusqu à la gamme comphite de ses attributions.
Sous sa forme embryonnaire, le patronage apparaît çà et là et se traduit par Tallocation de quelques secours aux libérés indigents, notamment sous forme de vêtements décents, qui leur permettront d'aller chercher du travail. Les fonds affectés à cet emploi provien-
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iioiit de plusieurs sources, telles que cotisations spontanées dans le tribunal et le barreau; le plus souvent, fondations charitables ou subventions départementales. Il s'agit parfois de sommes intimes (30 à 100 francs i)ar an), qui sont distribuées par l'aumônicM*, le sous-préfet, la commission de surveillance, généralement par le gardien-chef. Nous avons rencontré un nombre assez considérable de localités où les choses se passent ainsi, vu vertu de pi^ofondes et d'anciennes traditions.
Ailleurs, on fait davantage. On visite les prisonniers pendant leur détention pour gagner leur confiance et les trier. On s'occupe de leur familh^ ; on les recueilh^ h l(Mir sortie, on les secourt, on s'occupe d(* les placer.
Ici, se rencontre la grosse question du i)arti à prendre pour cette transition qui sépare la prison du placement définitif. On ne peut laisser le libéré dans la vnr, livré aux pires suggestions du ruiss(^au et des i^encontres mauvaises. En attendant ([u'il soit réiulégré dans la société, qu'un atelier le reçoive, il faut le n^cueillir quelques jours : de là, li^s (liv(»rs(*s solutions de l'asile ])ermanent, du refuge provisoire, d(»s bons d'auberge, qui s'appliquent suivant les ressources et les convenances locales, et sur lesquelles la discussion m» manquera pas de s'ouvrir* dans le Congres.
dang(»r et la crainte sont de perdre dans la promiscuité de Tasile les bienfaits de la cellule, là où elle e\iste. GénérahMiient les bons d'auberge ont donné de médiocres résultats. xVu contraire, les asiles, avec petits groupes disséminés et choisis, ont mieux réussi et semblent en tous cas indispensables pour les femmes.
Là, où Ton a pu organiser des ateliers, on se trouve très bien d'imposer l'obligation du travail, comme pierre de touche des dispositions des libérés et comme critérium de l'intérêt qu'ils méritent. De plus en plus, le travail doit devenir la condition fondamentale du patronage et de Tassistance.
Dans certaines villes on a noué des relations entre l'œuvre du patronage et celle de l'hospitalité de nuit, pour donner aux libérés un refuge momentané. Ce sont là des combinaisons qui veulent être maniées avec beaucoup de prudence pour ne pas compromettre les deux institutions à la fois.
Parfois et notamnnnit pour les femmes, on se préoccupe bien plus de leur relèvement moral, que de leur placement et de leur rentrée dans le monde. A celles qui, après une chute, n'aspirent qu'à la re-
ENQl KTE RELATIVE AUX OEUVRES DE PATRONAGE
Iraile el à la |>ai\, s'ouvrent les ^< solitudes », les (i'uvres du Bon- Pasteur, les associations de Sainte-Catherine de Si(Mine, la maison de Béthanie, où la charité vis-à-vis des femmes déchues s'élève jusqu'à la hauteur la plus sublime.
Rnfin, certaines soci<U('S puissamineiil uulilhW^s enibi*assent h* dt*voir complet du patronage (*t, jirenant le libéré avant sa sortie de prison, le suivent jusqu'à sa réintégration dans la vie régulière et au delà. Elles leur viennent en aide par des secours en nature, le moins possible en argent, par des conseils, par des démarches pour les réconcilier avec h»ur famille, pour les rapatrier, pour leur procurer du travail, pour facilitcM* leur émigration, ou leur engagement volontair(^ dans TaiMiUM^.
Le plus souvenl, sont l(\s (V)n]missions de surveillance placées auj)res des prisons, qui ont pris en province Tiniliativr; de ces <i'uvi(*s el les ont organisées, soit en cumulant les deux rôles, soit en constituant, à coté d'c^lh^s et à I tMal dV)i*ganisme distinct, un comité de pati'onage, dont une |)arlie do leur personnel forme le noyau et qui s'est comphUr* |>ar di V(»rses adjonctions. C/est à ce dernier systèmt* ((lu^ nos eorrespondan Is donnent en général la préférem^e, pan^e ({u'il a, disf^it-ils, ravanlage d'assurer au Comité de patronage, avc^; le [)reslige administratif de la commission et la haute compétem^e de certains des magistrats et fonctionnaires qui (a composent, des concours indispensables à refticacitc' du patronage, tels que ceux des médecins, des avocats, dfîs ministres du culte, des industriels, des entrepreneurs.
(iCS OMivres ne s'occupent pas loul(\s do tous les lib('*rés. La i>lupart (Tentre elles se spécialisent : l(\s unc^s |)Our les hommes, les aiilr(»s pour les hommes, celh^s-ci pour les pelils gareons ; celles-là pour les petites tilles. l)\uilres sélections s'opèrent d'après la religion, ou d'aj)rès le degi*r* ])r('vsumé de perv(*rsilé des libérés et la (diance de les relever. Ainsi, (certaines sociétés ne s'occupent que des condamnés primaires, ou des enfants arrêtés, mais non atteints par une condamnatic^i : irauti^es, seulement des libérés conditionnels ; d'autres, — surtout chez les univres consacrées aux f(»nim(*s, — excluent les condamnés pour affaires de nneurs. En un mot, il s'est établi, sous la pression des besoins (^t d(»s aftinités, une spc^^alisation, une division du travail, qui inqu-ime à loules ces (xmivi7\s, mites par la uiénK* ins|)ii*ahon , uiu^ grande v:iri('M('^ (Voi*ganisations et (ras|>(^(Ms.
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Un tait qui ressort avec évidence de presque toutes les dépositions de Tenquéle et de l'examen des budgets produits, c'est que, déduction faite des subventions allouées par l'KJal ou les dépai'tenients, les œuvres de |)atronage n'imposent pas à leurs membres de lourds sacrifices pécuniaires. Ce ([iTclles veuleni, ce n'est pas tant de Targenl que du dévouement ; c'est le don de soi. Il (*st vrai que, d(^ tous les dons, celui-là est le plus difficile. Ouvrir son porte-monnaie par bienséance pour une quêteuse, cela se fait couramment. Se donner soi-même est plus rare, mais aussi combien plus efficace et plus méritoire î Ce don-là n'appauvrit pas ; il enrichit; il est aussi utile à l'assistant qu'à l'assisté, et plus il coûte, plus aussi il rapporte.
Je viens de parler des localités où le patronage existe, ne serait-ce (ju'à l'état embryonnaire. Mais, hélas ! combien n'en est-il pas d'auli-es, où il n'existe pas, et même où il n'existe plus.
Il s'est fait de 1877 à 1881, sous la pression de Tadministration, une forte poussée vers le patronage ; mais \o mouvement s'est plus étalé en surface qu'en profondeur. Il était en partie factice et s'est arrêté, des ({ur rinijiulsion du (•riilr(^ a cessé.
On constale avec regret cdlo absence du patronage, même auprès de certaines prisons pourvues du régiuK^ cellulaire. Or, nos correspondants sont unanimes à d(»clarer ([ue la cellule appelle le patronage et le riMul fécond; à ce prisonnier qu'on séquestre dans un(^ tombe de pieri*e pour le séparer des mauvais élémcMits, il faut donner de bons contacts qui le soutiennent dans la ])rison et le protègent à sa sorti(\ Patronage et emprisonnement cellulaire vont ainsi de pair ; ils s'entr'aident, et se complètent pour atteindre ce grand but : le relèvement du (*ondamné et sa réintégration dans la vie normale.
Presque* toujours, cette absenci* du patronage correspond à des localités dont les prisons ne reçoivent que des condamnés à de courtes peines. Nos correspondants nous expliquent que, dans ces conditions et vis-à-vis des prisonniers qui ne font qu(* passer, le patronage est privé de son utililé ordinaii*e et destitué de ses moyens usuels d'action. Ils ajoutent ({ue, touchés à peine par la justice pour des rixes, des fautes sans gravité, la j)lupart des condamnés rentrent chez eux sans tléli*issure et repi*ennent leur place au foyer