ENQIKTE RELATIVE AUX (HA VRES DE PATRONAGE
o^dr(^ Il y faut des (jualités spéciales d'initiative, de sélection, de diversité, qu'on ne saurait sans imprudence et sans injustice deniaiider à TKlal, tandis (pTelIes soiil le earact<'M*e nirnit* des associations liln*es.
r.e mal i^st si i^raiid que cr u'tvsl pas trop d(» faire apjiei ;i raclion c(uivri*g(mte (!(» toutes les lV)i*(»es : celle d(^ Tintai, cpii ouvre et iernu* la porl(^ d(^s prisons, qui dispose du concours de ses fonctionnaires et des subsides du Trésor ; celle de l'initiative privée, qui peut s'occuper de riudividu, Taimer, s'attacher à ses pas et ne le quitter qu'amendé et réintégré, s'il est susccqUibh^ degué»rison. Ces actions, d'a|u^''s nos correspondants, doivent se comhin(»r, se concerter en vue d'un but commun, mais à la condition ([uc chacune d'elles se i-enterme sur son terrain et respecte celui de son associé.
Nos correspondants n'ont ])as été moins formels et moins unanimes sur la question relative au groupement des sociétés de patronage, fis ont, il est vi*ai, difïV»ré sur le point de savoir si c(^ grou[)ein^'Ul devrait com[)i'eiHlre deux ('^chelons : la région, pays tout entier ; mais tous ont proclanu' Tirulispensable nécessité d'un bureau eentral, ((ui servirait d(» lien entre les divei'sc^s soci(Ués, sans gêner* leur indéq)en(l;i ne(\ et en n'intei-v(Miant auprès de ehaeinn* d'elles que dans la mesure discrèl(» i l bienl'aisante où soii intei*venlion serait sollieité^ A Tappui de <MMte eofielusion, on fait r*(Mna]NpuM' cpu^ d(»s soci(H('*s locales se S(Mit(Mit en l'air, (pTi^iles sont inq)uissantes à rayonner au loin, que leur union étendrait et féconderait leur action pour le placement, qu'elles se fortifieraient |)ai* leurs contacts réciproques, et que chacun bénéficierait ainsi de l'organisation et de Texemple de toutes les autres. Ce serait un (Miseignement mutuel (^t un échange incessant de servi(!es.
T. es pays voisins ont inonti*('* qu'à (*e prix seulenitMit le patronage pouvait ac(juérir toute son etfM^acité, en fa<alitaiit et en IV'condant l'aclion de tout<*s les sociétés locales, i)[ c'est en ce sens qu'a conclu le Congres d'Anvers (ui 1890, dans sa résolution ainsi conçue : <c Le Congrès recommande de rattacher entre elles les institutions de chaque pays par une organisation centrale qui, tout en conservant à chaque société son caractère propre et son autonomie, multiplie ses moyens d'action par l'tMdiange des i(l('*es et dcvs informai ioîis, et l'asso(*iation des elforls ».
I)(\jà, par la nécessite'' même des choses, il s'(*st produit certaines afti lia lions sponlané»es (]o soeif'h^s provimaales avec (h» grandes
EMILE CHEYSSON
sociétés de Paris, des unions qui s'élendenl aux divers départements d une même eir('onserij>tion pénitentiaire. Partout, on sent le besoin di' ce rapjirochemeni : renquél(\ sur ('(^ point, apporte une démonstration lumineuse, et nous osons espérer qiuî le Congrès la sanetionnera |)ar ses irrésolutions.
Ce qui résulte de Tt^nquéte, dont je virus d'être le bien insuftisani historiographe, c'est que Tidée de patronage est à Tétat instinctif dans les esprits et n'attend qu'une occasion favorable pour passer dans les faits. Ce printemps de 1893, avec le Congrès actuel, peut et doit être son u germinal ». La terre est prête, les germes fermentent. Au Congrès de faire lever la moisson !
Il ne faut ni se faire illusion sur la facilité de Tentreprise, ni s'en exagérer \vs difficultés. [1 ne faut pas non plus poursuivre la réalisation d'un type absolu qui violenterait les habitudes, les tendances, les conditions du milieu. Toute solution est bonne qui tend au but : le relèvement du libéré. Ce qui importe, ce n'est pas d'administr(*r des remèdes « suivant l'ordonnance », c'est de guérir. Si Ton n'est pas (Micore mur pour la sociétt» (*omplète de patronages ave(* ses attributions étendues, ((ur Ton se contcMite d'une organisation plus nnxleste. Là même où lV)n ne prui |>as (Mje^jre (constituer un comité de pati-onag(% iju'on débute pai* de sinijilcs corres[)ondaii ts individuels. Ce sera un preMuiei' noyau autour du((Uf^i viendront plus tard s'agrég(M^ les éléments d'un comité. Avant tout, il faut commencei* à agii% démontrer le mouvement en marchant. Ces organisations rudiuKMitaires se poursuivront, puis avanceront d'un échelon, jusqu'à leur ascension complète. Ce mouvement sera puissamment aidé j)ar la prison cellulaire qui donne au patronage sa nécessité et son efficacité, et par la création d'un bureau central, qui rapprochera en un solide faisceau toutes les sociétés locales, en décuplant hMirs forces, sans porter atteinte à leur autonomie.
Tels sont h*s enseignements et les postulats de l'enquête ; ils ont 016 écrits sous la dictée dc^s faits et de nos correspondants. Il appartient au Congrès de donner une haut(^ consécration à ces vœux, d'en préparer la réalisation et de marquer clnv nous une date décisive dans l'histoire du patronage des libérés.
Le premier Congrès national
contre l'Alcoolisme
PllEMIER CONGRÈS NATIONAL
CONTHK I/ALCOOLISME