LE ROLE SOCLVL DE L^INGENIEUR
En premier lieu, elle soulagerait les ministn^s de ces âpres coml)étitioiis, de ces recommandations obsédantes, ((ui rendent, dans ces moments, leur existence si peu enviable, comme le proclament en chœur tous ceux qui sont passés par cette pénible épreuve ; elle les couvrirait, en confiant les éliminations à un i^rand cor|)s, mieux abrité par sa collectivité anonyme et sa composition contre les influences du dehors.
Mais cette mesure aurait surtout l'avantage d'orienter les esprits, — ceux di^s ouvriers comme ceux des patrons, — vers ces initiatives, qui seraient mises en pleine lumière, comme la condition même des suprêmes récompenses. De même que nous avons Tordre du Mérite^ agricole, on pourrait instituer Tordre du « Mérite social », qui ne tarderait pas à être très recherché. Cette faveur, dont elles seraient publiquement (Mitourées, déterminerait une poussée générale vers ces institutions. Bien des gens ont aujourd'hui des velléités stériles, des bons vouloirs platonicjues ; d'instinct, ils sentent qu'il y a quelque chose à faire ; mais ils ne font rien, remettant toujours Taction au lendimiain. Sous cette incitation, ces hésitants, qui sont légion, se mettraient en marche et (^ouvriraient le pays des institutions qu'on réclame. Qu'il applique aux institutions patronales quelques aunes de ruban laisse la loi au fourreau : c'est tout ( e ([ue pour ma j)art de demanderais à l'Etat (1) et je suis convaincu que, dans cette voi(*, on arriverait sans bruit, sans frais, sans bureaucratie, à des résultats bien autrement décisifs que par l'obligation av(*c ses gendarmes, ses milliards à capitaliser, son impopularité, ses réactions inévitables et ses effets an(»sthésiques sur le caractère de la nation.