L^ENSEIONEMENT MÉNAGER ET LA QUESTION SOCIALE
des aliments à bas prix et de qualité exceptionnellement saine. Elles peuvent fournir en même temps aux ménagères des suppléments qu'on appelle des ristournes ou des bonis, lesquels permettent de payer impunément et sans sacrifiée pour la famille les cotisations de la |)révoyance. Il suffit d(* deux sous économisés par jour pour qu'où (|u'on puisse mettre la famille à Tabri du besoin.
l^ar l'assurance, qui forme la deuxième catégorie des institutions dont je vous parle, on parvient à conjurer les crises et à en réparer les conséquences. Nous avons alors toute la lutle contre la misère. Tandis qu^iutrefois on se courbait passivement sous les coups de la fatalité, maintenant les gens se groupent, répartissent le risque sur toutes les tètes, de façon que, moyennant une légère cotisation, ils échappent aux éventualités qui auraient pu les écraser si le sinistre était tombé sur chacun d'eux séparément. Se répartissant sur toutes ces têtes, le sinistre devient léger pour chacune d'elles, et ces assurances reçoivent chaque jour de nouvelles applications. L'assurance apporte ses bienfaits dans les situations ((ui étaient jusqu'ici les } ) lus i n e X t r ic a b l s .
]a\ mutualité est la force la plus populaire de (•ette assurance. J'ai constaté avec un grand |>Kaisir — j'en félicite encore ici les organisateurs — que parmi les enseignements de cette maison figurait un cours de mutualité confié à M. Leclerc*. Vous trouverez là, Mesdames et Mesdemoiselles, tout ce qui [)eut vous intéi*esser sur ce grand mouvement de la niulualitc», qui est de toutes les formes de la prévoyance la i)lus belle, (M qui passionne le plus les esprits. Nous avons à Theure actuelle ;> millions de mutualistes qui, avec leurs familles, représentent donc une forc(^ considérable avec laquelle il faut compter, et qui trouve au sein du Parlement des groupes compacts pour défendre ses intérêts. Mais il nous reste encore à conquérir à la mutualité la plus grande partie des communes rurales, ear il y a en France 26,000 communes sur 80,000 dépourvues de mutualités, et qui, par conséquent, laissent sans détense contre les crises de la vie IcMir pO[)ulalion. C'(»st là une des causes qui contribuent à la désertion des camj)agnes.
Vous voyez qu'il y a des mécanismes intéressants qu'il est fâcheux (Tignorer.
A côté des moyens qui relèvent de la prévoyance, il y a toutes les ressources de la bienfaisance, tout ce qui concerne les enfants, les Gouttes de lait, les dispensaires, les consultations de nourrissons ;
ÉMILE CHEYSSON
il y a Tœuvre qui consiste à prendre les enfants restés encore sains dans un milieu tuberculeux et qui ne demandent qu'à être saisis par rhorrible mal : on les envoie à la campagne où on leur rendra une santé ; ils deviendront désormais d'excellents canipa£i;nards. 11 y a également Tassistance par I<* travail par laquelle les dames de nos ouvroirs l'ont des merveilles en procurant du Iravail aux pauvrtvs t'emnK^s et en hnw envoyant ensuite des difini^s visiteuses à domicih» qui leur portent tous les secours dont je vous parlais tout à TIumum'. 11 y a les institutions pour les aveugles, les aliénés, les infirmes, etc., la nomenclîUure en serait infinie.
Voilà loutes ces choses qu'il faut rijunailrc poui* r('m|)lir le rol(* de visiteuses d'amitié d(* façon à pouvoir, qiuind on est en face d'une misère, lui appliquer le remède qu'on a sous la main, au lieu de passer en regrettant son impuissance, qui n'est au fond qur de l'ignorance.
En même temps que Ton applique* ces mécanismes, il faut les faire connaître autour de soi, il faut faire campagne, faire de la propagande pour le développement de la mutualité dans les villages, pour que les populations rurales puissent, elles aussi, avoir accès à ces bienfaits, qui constituent encore à l'heure actuelle Ir pi'ivilège des populations des villes.
Le peu de temps dont je dispose m'obligt^ à lu'rn tenir à ces généralités. Je crois en avoir assez dit, Mesdames, poui- vous faire comprendre d'abord qu(^ vous êtes tenues de prendre part à l'action sociale. Vous ne pouvez pas priver vos frères, surtout vos sceurs, du puissant concours que la femme seule peut seule leur apporter. C'est un privilège que nous autres hommes n'avons pas ; notre main n'est pas assez légère pour toucher à toutes ces plaies, et c'est à vous que revient ce rôle de sœur de charité et d'ange gardien. Personne que vous ne peut le r(*mplir, et si vous le désertiez, ces souffrances que vous pouvez soulager resternient sans secours.
l^ai* conséquent, je crois que vous n'hésiterez pas à vous engager sur ce domaine vaste et magnifique où vous avez pu entrevoir h^s riches moissons qui vous attendent. J'ose insister auprès de vous pour vous attirer sur ce terrain où vos qualités natives, où votre bonté, où votre grâce auront leur emploi naturel.
Le Taudis
Ses Dangers — Ses Remèdes
LE TAUDIS