Z AÏ K E
En ces lieux où mon bras le servit tant de fois,
En ces lieux où son sang te parle par ma voix.
Vois ces murs, vois ce temple envahi par tes maîtres: Tout annonce le Dieu qu’ont vengé tes ancêtres.
Tourne les yeux, saHombe est près de ce palais • 675
C’est ici la montagne où, lavant nos forfaits,
Il voulut .expirer sous les coups de l’impie ;
C’est là que de sa tombe il rappela savje.
Tu ne saurais marcher dans cet auguste lieu,
Tu n’y peux faire un pas, sans y trouver ton Dieu ; 680
Et tu n’y peux rester sans renier ton père,
Ton honneur qui te parle, et ton Dieu qui t’éclaire.
Te te vois dans mes bras, et pleurer, et frémir ;
Sur ton front pâlissant Dieu met le repentir:
Je vois la vérité dans ton cœur descendue ; 685
Je retrouve ma fille après l’avoir perdue ;
Et je reprends ma gloire et ma félicité Eu dérobant mon sang 1 à l’infidélité.
NÉRESTAN
Je revois donc ma sœur!... Et son âme...
ZAÏRE
Ah î mon père !
Cher auteur de mes jours, parlez, que dois-je faire? 69Q
LUSIGNAN
M’ôter, par un seul mot, ma honte et mes ennuis,
Dire : « Je suis chrétienne. »
ZAÏRE
Oui... seigneur... je le suis.
LUSIGNAN
Dieu, reçois son aveu du sein de ton eqipire !