Et
ce divorce de la pronanciali
on et
dt for
graphi.
L'orthographe est une mi
inière
: invari
d'écrire
s, afin de les reconnaître
:st dan
latinité t
iu moy
en âge qu'on voit notre
orthographe
notre lan
igue se
former en partie. On muti
ilait 1
emot 1
avant de
le rendre français, ou on donnait
terminaison lalin
e ; fZiilimart devint esfi'ma
>n eut ;
tare pou
r piilan
:; irandiltrfoari'atdè; m
enare
pour:
cGoot^le
JO DE L UNITERSAUTE
ducert; fiam pooT lagtna; arptnnU pour juger; btccui pour roilrum, elc. On croil «atendre te Malade imagiaairt. De 11 vienneal , dam [ti rimillïs de mots, cei iirégaitr'uit qui défigurent noire langue : nom sommet infîdèlei et fidèlei loui à tour à l'éiymologie. Nous disons penser, pensit, penieur, et loul à coup putatif, lupputcr, imputer, etc. Des mot) étroitement unli par l'analogie toDl s^pii^i par l'élymologie et rudiment des pirei dîBJrenls, comme main «l tai:!, ail et put, nez et odorat, etc.
Mais, pour rerenir à notre orthographe, on lui conniil trois iDcaniénienti : d'employer d'abord trop de lettres pour écrire un moi, ce qui embuTisse la marche; ensuite d'en emplojer qu'on pourrait remplacer par d'autres, ce qai lui donne du yague; enfin d'atoir des caraclires dont elle n'a pas le prononcé, et des prononcés dont elle n'a pas lea caractÈres. C'est par respect, dil-on, pour l'étymologie qu'on écrit philosophie et non pioiopt. Mais, ou le lecteur sali le grec, ou il ne le sait pas : s'il l'ignore, celte oilbographe lui semble bizarre et rien de plus; s'il connaît cette lingue, il n'a pas besoin qu'on lui rappelle ce qu'il sait. Les Italiens, qui ont renoncé dis longtemps i notre méthode, et qui écriTent comme ils prononcent, n'en savent pas moins le grec . et nous ne l'ignorons pas moini malgré notre Edile routine. Mais on a tant dit que les langues sont pour l'oreille! Un abus est bien fort quand on a si longtemps raison contre lui. Sans compter que nous ne sommes pas constamment fîdËlei aux él3nnologle>. car nom écriTons fanf lin», fantaiiit, etc., et philtre ou filtre, etc.
J'obierrerai cependant que les livres ss sont fort multipliés, et que les langues lODt autan' pour les jeux que pour l'oreille ; la réforme est presque impossible. Nous sommes accoutumés i telle orthographe, elle a serïi i fiier
la physionomie d'une eipresiion, et prévient dans la langue écrite les fréquentes équivoques de la langue parlée. Aussi, d^ qu'on prononce un mot nouveau pour Doui, naturellement nous demandons son orthographe, afin de l'associer aussitôt i sa prononciation. On ne croit pas savoir le nom
cGoot^le
BE lA 1ANCUE FRANÇAISE 7I
.d'un homme ù on ne Va tu ptr jcrit. J« dcrraii dire «ncore que, ks peuples du Nord et nous, avons titéri juiqu'à l'alphibet dei Grecs el des Romims; que nou) ivons pro~
invincibit, etc.; que ]« Anglaii uint là-desiui plut irrëgulieri qu« noui. Mais qui eit-ce qui ignore cea choset? Il faut obieirer seulement qu'oulre raniTenlIité dei linguei, il j en > une de canclim. Du tempi de Pline, (Diii les peuples CODDui se sériaient det caraclires grecs; aujourd'hui l'alphabet romain s'applique à toutes tes langues d'Europe.
PiOl 18. Uur tangue ilait,plm prit ifunt ctrlaint ptrftction, ttc. — Voici des len da Thibaut, comte de Champagne:
Ni empirtar ni roi n'ont nul pouvoir
Au prix d'amour; de et moK yantir :
/Il ptavtnt bien donntr dt leur avoir,
Tcrrtt et ftfs, et fourbet pardonner.
Malt amourptut hommt de mort garder.
Et donner joje qui dure.
Etc., etc., «le.
Et ceui-ci, qui sont de l'an iai6:
Chacun pieare la terre el ion paji.
Quand li se part de aes joyeux omit; Mali il n'tti nul eangi, quoiqu'on en die.
Si douloureux que d'ami et d'amie.
Fait d'un art malitrltr, Aà ventre enux et d'artifice prwnpt.
D'un bec de fer leur algulu U front.
Etc., etc., etc.
ceux-ci , dans lesquels le grec lui échappa toal pur : Ah ! gut je luii num'i gut la mute franfoiK
cGoot^le
Jl DE l'universalité
Ni peut dirt cci moli ainti que la grégtmic : Ocymari, dispalmt, oUgochronicn ' Ctrtts, je U dirait du *ang raUiien.
El ceai d'un de i«i contemporaini lur l'aloueite : Guindée par liphirt,
El j ditiiqut un joU cri.
Qui rit, guérit tt tirt firt Dts esprili, mitux qui jt n'écris.
Ces poètes, séduits par le plaisir que donne la difficulté vaincue, loulureal l'augmenter encore, afin d'accroilie ieur plaisir; el de là vinreni Ie> vers maaorimei et monoij'llabiques; les échoi, les rondeaux et lei sonnels, que Boileau si eu le malheur de tant louer. Tout leur an poétique roula ' sur cette multitude de petit) poèmes, qui n'avaient de recommandable que les bizarres difBcultéi dont ils étaient bérisiés, a qui soDt presque tous inintelligibles.
P*OE Ji. Tronquèrent ces ^naf<i qui liur ilaienl inutiUt. — Les Italiens, le> Français et les Espagnols ayant adopté les Terbes auiiliaires de l'aucïen celte, les heureux composa du grec el du latin leur semblirent des hiérogljphes trop hardis ; ils aimirent micui ramper i l'aide du verbe auiïliaire el du participe pa«sé. et dire j'aurais aimi qu'amavit- »m. Cette timidité des peuples modernes explique aussi la tlécessilé des articles el des pronoms. On sait que la dislinclioa des cas, des genres et d« nombres, chez les Grecs et les Latins, se trouve dans la Tariélé de leurs finales. Mais, pour l'Europe moderne, celle différence réside dans les signes qui précèdent It '
temps d
mes dans les noms e
t dans
la plupart des
:. En ï réfléchissant,
1 que les lellrei
it des puissances coni
ec lesquelles on
: i l'inconnu, qui esl
la phra
se ou la pensée i
peut d
ire que les ani-
ûms sont des eiposants placés
, devant les mois
licle It
, par exemple.
cGoot^le
DE LA LANGUE FRANÇAISE j3
dil d'irancc qu'on va pirlsr d'un objet qui lira du gfnre matculiu e( du nombre linguJicr. Ainsi l'aniclï devant le nom est une ejpèce de pronom, et le pronom detant le \Brbe esl encore une lorle d'article.
. On a quelque peine i souffrit le début de tout nos grommairieni. Jl y a, ditenl-ili, huit partia d'oraiton : U virbi, Cinlerj<€lion, U portkipt, le sululaalif, tadjtctif, elc. On voîi Kutetneni qu'ils ont touIu compter et ïlauer lotit In nioti qui' entrent dini une phrase, et sans lesquelt il n'; aurait paa de discours. Maïs, iwu H perdre dans ces distinctions de l'école, ne seraii-il pas pins simple de dire que tous les mots sont des noms, puisqu'ils servent toujours k nommer quelque chose?
L'homme donna des noms aux objets qui le frappaient ; Il nomma aussi ie^ qualités dont ces ob)eU étaient doués : Toilà deui espèces de noms, le subalanlif el l'adjectif, li on Teul les appeler ainii. Mais, pour créer le verbt, il fallut reienir sur l'impression que l'objet ou ses qualités avaient faite en nous ; it rallui réSéchii et comparer ; et sur le premier jugemenl.que l'homme porta naquis le verbe : c'est le mol par eicellence. C'est un lien universel et commun qui réunit dans nos idées les choses qui eiïilent séparément hors de nous; c'est une perpétuelle aSirmalion pour le ovi ou le non; il rapproche les diverses images que présente U na-
Opéraiion unique de l'espril ; verbe simple ei primitif, parce que tous les autres ne sont que des déguïsemenls^de celui-li. Il se modifie pour se plier aux différents besoins de l'homme, suivant les temps, les personnes et les circonstances. Je luii, c'est-t-dire, mol tsi, iirt est une prolongation indéfinie du mot al : /'aime, c'est-à-dire je lui'i aimant , etc. C'est une clef générale avec laquelle on trouve la solution de toutes les difficultés que renferment les verbes.
Pict 34. Sa titiiralurt ne raat pas un coup d'ail. — Je ne parle point du chancelier Bacon et de tous tes per- ■onnages illustres qui ont écrit en latin : ils ont travaillé 1
cGoot^le
74 DE L'ONtVEILSALrTi
r*TiDeenunt da tdeaen, M non m progrbde leur propre Uoguï.
Pagi 34. It tcandatt dt iMrt llniratan. — ComoM !• théâtrs AoDDt un grind éclat 1 pne nation, ■■«> AngliJi M loni rl*iiéi >ut leur Sh>k«ipeire, et ont voulu, non leulement l'appo»r, mkii le m£tlr« encore fort au'deuni de ttotrc Corneille : honceui d'noir jusqu'ici ignoré leur pro* pn richeue. Cette opinion eit d'abord lornbée en Franco comme une hëriiie en plein concile ; rnaii il \'j eM trouvé dei eipril) chagiini et inglomuii qui ont prit la chose arec enthouiiume. lis regardent en pitié ceui que Shakespeare ne rend pas complitemeni heureux, et demindenl toujoun qu'on les enferme arec ce grand homme. Partie malsaine de noire littérature, lisse de reposer u *ue sur les belles pn>portions ! Esiajons de rendre 1 Shakespeare sa véritable
On contient d'abord que ses tragédies ne lonl que dei romani dlalognéi, écrits d'un stjte obscur et mêlé de toui les tons ; qu'elles ne seront jamiii des monuments de la langue anglaise que pour le) Anglais mJmei 1 car les étrangers voudront loujoun que les monuments d'une langue en soient anssî les modilei, kt ils les choliiront dins les meilleur! sitclei. Lei poèmei de Plante et d'Ennias étaient dei monuments pour les Romains et pour Virgile lui-mfcne ; aujourd'hui nous ne reconnaissons que l'Ên^Wt. Shakespeare, pouvant 1 piine le soutenir i la lecture, n'a pu supporter la iraductioa, et l'Europe n'en ■ jamais joui ; c'est un fruit qu'il faut gofiler sur le sol ail il croit. Un étranger qui n'apprend J'angUii que dans Pope et Addison n'entend pat Shakespeare, à l'exception de quelques seines admirable» que tout le monde sait par coeur. Il ne faut pas plus imiter Shakespeare que le traduire : celui qui aurait son génie demanderait aujourd'hui le ilyle et le grand sens d'AddiWD, Car, si le langage de Shakespeare est presque toujoun vicieux, le fond de ses [dices l'est bien davantage : c'ait na délite perpétuel ; mais c'est quelquefois le délire du génie. Veut-on avoir une idée juste de Shakespeare ? Qjj'on preoike le Ciruia de Corneille, qu'on mêla parmi les grands persott-
cGoot^le
DE LA LANGUE FRANÇAISE y5
DOgei de utXe liigédi« quslqaei cordonniers disant des quolibets, quelques poissardes chanlani des couplets, quelquei paysans parlant le patois de leur province, et lahaal do cenlet de sorciers; qu'on 6te i'unité de lieu, de temps et d'action ; niais qu'on liisie subsister les seines sublimes, et on aura la plus belle tragédie de SbaLespeare. 11 est grand comme la nature et inégal comme elle, diseut ses eathou- ^ilet. Ce yieui sophisme mérite i, peine une réponse.
L'art n'est jamais grand comme la nature, et, puisqu'il ne peut tout embrasser comiae elle, i) est cautraint de faire un cboix. Tous les hommes aussi sont dans la nature, et pourtant on choisit parmi eux, et dans leur Tie on fait encore choix des actioni. Quoi ! parce que Calon. prêt i se donner la mon, chitie l'esclaTe qui lui refuse un poignard, TOUS me représentez ce grand personnage donnant des coups de poiag ? Vous me montrez Marc-Antoine iire et goguenardint aiec des geni de la Ile du peuple? Esl-ce par 11 qu'ils ont métiti les regards de la postulé ? Vous voulez donc que l'action théSlrale ne soit qu'une doublure insipide de 11 lie ? Ne sait-on pas que les hommes, en s'enfonçant dans l'obscarilé dei temps, perdent une foule de détails qui les déparent, et qu'ils acquièrent, par les lois de la perspecliTe, une grandeur et une beauté d'illusion qu'ïh n'auraient pas s'ils étaient trop près de nous? La vérilé est que Shakespeare, s'étant quelquefois iransponé dans celte région du beau idéal, n'a jamais pu s'j maintenir. Mais, dira-t-on, i'oi vient l'enthousiasme de l'Angleterre pour lui? De ses beautés et de ses défauts. Le génie de Shakespeare est comme la majesté du peuple anglais : on l'aime inégal et sans frein ; il en parait plus libre. Son stjle, bas et populaire, en participe mieux de la souveraineté nationale. Ses beautés désordonnées causent des émotions plus vives, et le peuple s'intéresse à une tragédie de Shakespeare comme à un événement qui se passerait dans les rues. Les plaisirs purs qlls donnent la décence, la raison, l'ordre et la perfection, ne sont faiis que pour les tmes délicates et exercées. On peat dire que Shakespeare, s'il était moins monstrueux, ne charmerait pas tant l« peuple, el qu'U n'étonnerait pas Itnt le>
cGoot^le
DE L UN[VERSAUTE
D'^tiit pas qiielqu«roii si grand. Cet bomme extraordinaire a deux sortes d'eaDcmis, m détracteurs et ses •nthousiasles : les uns oui la vue trop courte pour le reconnaître quand il est sublime ; les autres l'ont trop fascinée pour le Yoir jamais autre. Ste rudi quid proiil n'dio inge-
FiGE 40. La langut ialine iiant la titille soucJic. — On ■ait bien que le celle contient les radicaui d'une foule de mots dans toules les langues de l'Europe 1 peu pris, sani en eicepter la grecque et la latine, Mali ou mil ici les idée^ resuei sur le latin et l'allenianii , et on les considire comme des langues mires qui ont leurs racines à part.
P*<if 41. C'ttt avtc une ou dtux uiaaiions qvc qiuUjun Anglais ont fait un tivrt. — Comme Young, avec la nuit et le silence.
PiCK 4 J . les uiiialions nomment le premier l'objet gui frappe le premier. — Tout le monde a sous les yeui dea exemples fréquents de celte différence. Maniieur, prenez, garde à un serpent qui s'approche, yous crie un grammairieti fran^aii ; ai le serpent est i vous avant qu'il soit nommé. Un Latin vous eût crié : serptniem fage; et vous auriez fui au premier mol, sans attendre la ûo de la phrase. En sui~
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PiGE 4S. leuf» milaphores ont Inajours un degré de plus guc les riâlris, — Virgile dit. par exemple : Capuh tenus abdidit rniem, il cacha ion épée dans le sein de Priam ; et nous disons ; il l'enfonça; or il j a un degré entre enfanter et fâcher, et nous nous arrêtons au premier. Ingrato
cGoot^le
cintri pour cendre iiutniiblt : or elle «si ïngralc li elle est insensible aui pleurs qu'on verie sur elle ; mais nous noui ■créions à l'épilhtltL d'insinsiblt.
Pkat 47. L'ortilU {et qu'il j a de plai capHeîeai dont Vhommt), di. — L'htrmonie initiative dans le langage »tbiï« et perfeciionne la description d'un objet, parce qu'elle Tead à l'oreîlte l'impression que l'objet fait sur les sent. Elle te trouve dent le nom mime de la choie, ou dans la verbe qui exprime l'action. Quand le nom et le Terbe n'ont pas dliannonie qui imite, on ne parvient à le crier que par le choix des ipîlhèteï et la coupe des phrases. Le nom qu'on appelle sabilanlif doit avoir son harmonie, quand l'objet qu'il exprime a toujoun une intme manière d'èm : ainsi tonntrrt, grtle, loarbUlon, sont des mots chargés d'r, parce qu'ils ne peuvent exister sans produire une seniallon bru^inle. L'eau, par eiemple, est indifférente i tel ou tel état : aussi, sans aucune sorte d'harmonie par elle-même,
tous les genres de peinture. Il J a des mots d'une harmonie fausse, comme itnttment, qui devrait se traîner, et qui est bref : aussi les poètes préfèrent A pas lents. Les Latins ont fettina, qui devrait courir, et qui se traîne sur trois longues. On > fait dans notre langue, pins que dans aucune autre, des saciiBces i l'harmonie : on a dit mon âme pour mil éme ; <lt rruellts gens, de bonnts gens, pour ne pas dire de erueh géra, de bans gins ou des gens boni; mais on dit de$ gens truets. Par eiemple, la beauté harmonique du participe biant. bèanlt, l'a conservé, quoique le verbe bier soit vieilli. le verbe oui'r. qui s'afBliait si bien au sent de l'ouie, aux
son participe ouf et les temps qui en sont composés : pour tout le reste nous employons le verbe entendre, qui vient d'tnltndemenl, etc.; oui, tout seul, sert d'affirmation, et ùgniSe c'est entendu. Enfin, dans les couslruclioas singulières el les ellipses qu'on s'est permises, on a toujours eu pour
cGoot^le
^8 DE L'UNIVERSALni
but d'adoucir U langage ou de le rendre pr^ii ; il d'j a que la clarté qu'os ne puis» jamiii sacrifier.
Lei enfanls, avanl de connaître la lignification dei mots, leur trouvent i chacun una variété de phjiionomie qui tes frappe et qui aide bien la mémoire. Cependant, à meiure que leur eiprit plui formé lent mlaui la valeur des mots, cette djilinclion de physionomie l'efTace ; iii se familiariienl avec lei loni, al ne s'occupent gain qae du sens. Tel est
tUT ces piemiirei sensations dii que le laleul se développe ; il fiil une seconde digestion des mots ; il en recherche let premières saveurs, et c'est des effets sentis de leur diverse harmonie qu'il compose son dielionnalre poétique.
Paci Si. On ne lemera plut la guerre data dt) parolet de paix. — Un des juges de Charles l"' se sauva par une équivoque : SI alli eonunllunt, ego non dissinlio. 11 ponctua ainsi : Ego non ; dimniio.
Paci Si. La mallltade da tangua al fatalt aa ginie. — n faut apprendre une langue étrangère pour connaitre sa llttéralure, et non pour la parler ou l'écrire. Celui qui tait bien sa propre langue est en état d'écrire ou du moins de distinguer trois ou quatre sljles dillérenls, et qu'il ne peut se promettre dans une autre langue. Il faut, au contraire, te résoudre, quand on parle une langue étrangère, ï ttre sans finesse, sans grtce, sans goût et souvent sans jus-
On peut diviser les Français en deui classes, par rapport à leur langue : la première classe est de ceux qui connaissent les sources d'où elle a tiré ses richesses ; l'autre est de ceui qui ne savent que le français. Les uns et les autres ne voient pas la langue du même osil, et n'ont pas, en fait de ttjrle, les mêmes données.
Pact S4. Il n'eit point d'art ou dt praftaion. — La religion chrétienne, qui ne s'est pas, comme celle des Grecs, intimement liée au gouvememenl et aux institutions publiques, n'a pu ennoblir, comme elle, une foule d'eipressions. Cb sera toujoura A une des grande) causes de notre disette.
cGoot^le
L'opéra n'élant point nae loleDnitJ, ses âî«iii ne sodI pat ceux du p«upJe ; cl, si nom voulons un ciel poétique, il bat l'emprunur. Noi tucttici, iv« leurs mjilèm, commentaient bien comme lei Grecs; mais nos migiilrsli, qui D'étaienI pas prèties, ne firent pas assez respectei cette poésie sacrée, et elle fut éloafée en germe par le ridicule.
La rel^ion, loin de fournir au dictionnaire des beauiorts, avait mtme évoqué i elle certaines eipreisiani, et nous en avait i jamais privés. On n'aurait pas trop osé dire, sons lonis XIV, la grâce du langage, par respect pour la grtce tbéotogiqae ; maù on disait ki gram l'es langage!, par •lluiion aui (rois Crlco. Aujourd'hui, par je ne sais quelle révolution arrivée dans les esprits, notre littérature a reconquis cette e^ression. Mais l'établissement des moines a rendu le héros de l'Enéide un peu embarrassant pour les traducteurs : comment en effet traduire Paler Entail 11 se passera bien des ijicles avant que ce mot ait repris sa dignité.
Face S9. Rajnal donnait enfin aux deai mondea, — En louant celte grande histoire, di>nl Rijual n'a guère ité que le rédacteur, je n'ai pas prétendu défendre les déclamations trop fréquentes qui la déparent, et qui ont été rejelées par le goûl, avant de Titre par l'Église et les parlements : je n'ai donc loué que te plan et les idées fondamentales de l'bistoite des deux Indes ; les fautes d'exécution, les bigarrures de style, et les erreurs dans les faits, sool aussi nombreuses qu'ineicusables.
fiai 60. Dans le monde phjiiqut. — Sans doute que les découvertes phpiques ne foni rien à la langue d'un peuple et à sa littérature, mais elles augmenlenl son éclat CI sa gloire, et lui attirent les regards de l'Europe. Tous les arti cl tous les genres de réputation enireni dans l'objet de ce discours : si un Français eût inventé la poudre ou l'imprimerie, on en eAt fait mention ici.
PiCï 60. L'airain vient de parler. — Ce sont deui têtes d'airain qui parient et qui prononcent nettement des phrases ■Dlières. Elles sont colossales, et leur voix est surhumaine.
cGoo^k
8o DE l'universalité
Ce b«1 ouTrage, exécuté par l'abbé Mical. a retolu un grand problème. Il s'sgisuit de savoir si la parole pouvait quiller le liège ïiTsnl que lui assigna la nature, pour venir s'atta-
II y a aussi loin d'une roue el d'un levier i une tlle qui parle que d'un irail de plume au tableau de la transligurilioD : car il faut convenir que, depuit la poésie jusqu'i la mécanique, le complémtM de tout art, c'tst l'hommt. V»uciDson s'est arrêté «ni animaai, dont il a rendu les monvements et contrefait les digestions. Mait M. Mical, voulant tenter avec la nature une lutte jusqu'i noj joun impossible, l'est élevé jusqu'à l'homme, et a choisi dans lui l'organe le piqs brillant et le plui compliqué, l'organe dt la parole.
En suivant donc la nature pas i pat, ce grand artiste s'est aperfu que l'organe vocal était dans la glolie un instrument à vent, qui avait son clavier dans la bouche ; qu'en souISuil du dehors au dedans, comme dans une Gùte, on n'obtenait que des ions filés; mais que, pour articuler des mou, il fallait souffler du dedans au dehors. En effei, l'air, en sortant de nos poumons, se change en son dans noire gosier, et ce son est morcelé en syllabes par les lèvres, et par un muscle très mobile, qui est la langue, aidée des dents et da palais. Un son continu n'ei primera il qu'une seule affection de l'âme, el se rendrait par une seule voyelle ; mais, coupé i différents intervalles par la langue et les lèvres, il se charge
Gnité d'articulations, il rend la variété de nos idées.
Sur ce principe. M, Mical applique deux claviers à sel tlles partanlet : l'un en cylindre, par lequel on n'obtient qu'un nombre déterminé de phrases, mais sur lequel les intervalles des mois et leur prosodie sont marqués correctement. L'autre clavier contient, dans l'étendue d'un ravalement, toates les syllabes de la tangue française réduites i un petit nombre par une méthode ingénieuse et particulière à l'auteur. Avec un peu d'habitude et d'hahilelé, on parlera avec les doigts comme atec la langue , et on pourra donner BU langage des léies la rapidité, les repos et toute l'eiprei- ^on enfin que peut âïou la parole lorsqu'elle n'est point
cGoot^le
DE LA LANGUE TRANÇAISE 8l
anlm^ par les pauioni. La étriDgers prendront la Htnriadf on le Tiiimaqai, et les feroni réciter d'uo bout k l'autr», en lei pllfinl sur le clavecin Tocal, comme oa place des panilions d'op^ri sur les clavecins orâinairet.
Quand les t(ln parlanlis ne seraient qu'un objsl de COmosïté, «lies obtiendraient certainement la première place «n mécanique ; mais elles ont en outre une ulllité d'un genre si peu commun et si pris de nous en mîsie temps qu'on en aéra frsppé comme moi.
L'histoire des lingues ancienne) n'est pas complète, parce <)ue nous n'avons jamais que la langue écrite, et que la langue parlée est toujours perdue pour nous : voilà pourquoi nous les appelons langua morlu. En eSet. le grec et le lalin ne nous offrent que des lignes morts, auiquels on De pourrait redonner la vie qu'en y atlacbanl la prononciation qui les animait autrefois ; ce qui est impossible, puisqu'il faudrait deviner les différentes valeurs que ces peuplea donnaient i leurs lettr» et i leun sjllabes.
Si donc rantiquilé eûl construit des têtes d'airain,*! qu'on nous les edt conservées, nous n'aurions pas cette inceitinide, et nous serions encore charmés des périodes de Cicéran et des beaux vers de Virgile, que les peuples d'Europe estropient chacun i sa manitre.
Et nous, qui sommes la postérité des peupiei passés, na serions-nous pas charmés d'entendre le français le! qu'on le
laissés DOS pères, et ceui que nous faisons, nous avertissent^ par comparaison, des variations du style et du go&t : ainsi les tilts parlanta avertiraient nos enfants des changements de II prononciation, en leur fournissant un objet de comparaison que nous n'avons pas.
Voila donc an ouvrage dont la France peut s'honorer, après lequel tous les grands artistes ont soupiré, et que tout les charlatans ont annoncé de siïcie en siècle ; mais tantftt c'était un homme caché dans le corps de la statue qui parlait, tanlâi de longs tuyaui qui portaient une voii dont la statue n'était que complice : toujoun l'artifice et le mwlr Rifurof. l. II
cGoot^le
8i DB l'universalité de la langue française
longe i la pl«ce do ginie *1 de l'art ; 1t parole n'éitit en^ core sortie que d'one bouche inimie.
On p«ul dire que, il les Allemands ODt [DTCaté l'impri- ■nerie des canclères, un Français a trouvé celle des uticu' lalions ; ei que la prononciation de la parole, si fugiliïe pour l'oreille, peut se trouver ï jimaii S\ét par les têtes d'airain. Elles animeront nos biblioihiques ; et c'est par les livres et par elles que sera confirmée, contre tous les efforts du temps, l'irréïocable «Iliaoce de l'oreille et des jeui dans le langage.
ObserTet que le gouTernemenl de 17B1 et 178I, an fiance, sur le rapport du lieutenant de police Le Noir, avant lefusé d'acheter les tttei de l'abbi Micel, ce malbenreui artiste, accablé de dettes, brisa son chef-d'œuvre dans un moment de désespoir. Je n'étais pas alon 1 Paris ; i mon retour, je le trouvai dans an état voiiin de la léthargie. Il est mort très pauvre en 1789.
P»ci 60. Cal tn France, itt, — AUnsioD k l'invention des globes aéroitatiquei, et an vojage de MM. Cbarlei et Robert.