VIII
(8) EpisLy 41.
(9j Telle est aussi la durée donnée à la vie du phénix par un grand nombre «l'auteurs postérieurs à Tacite, et Tacite lui-même (/. c.) constate que c'était l'opinion générale. {Note de C éditeur,)
(10) Âp. Plin., X, n, § 3, t. U, p. 196 de Silllg. Ck)mparcz Solin, c. xxxiu, p. 45-46 de Saumaisc (1689).
(U) Ap. Tzeta, Chil», V, 6, 395 et suiv.
serait cependant hardi de tirer une telle conséquence de ce passage unique; je crois même qu'elle n'en résulte pas nécessairement. Le commencement de la période n'est peut-être cité là que comme un événement, ainsi que Ton faisait de la guerre de Troie, ou de Tinvasion des Héraclides, sans faire des années de la période un usage continu, comme de Tère des olympiades ou de celle de Nabonassar. Autrement, on expliquerait avec quelque difficulté pourquoi nous n'en aurions que ce seul indice. Au reste, si Ton persistait à trouver dans cet exemple unique la preuve d'un emploi chronologique , au moins faudrait-il convenir que cet usage était, en tout cas, d'une époque fort récente, et qu'il a dû être borné à l'indication des grands traits de Thistoire, dans les ouvrages systématiques des chronologistes. Comme ère positive, depuis J.-C, on ne s'est servi, outre les années des règnes, que de celle d'Auguste, remplacée en 284 par celle de Dioclétien.
Ainsi il est certain que les Égyptiens n'ont pas eu, plus que les autres peuples orientaux, dans l'antiquité, Tusage de ces grandes ères, qui donnent à l'histoire tant de simplicité et de certitude. Cette invention est due aux Grecs, qui euxmêmes ne s'en sont avisés que tard. L'ère de Nabonassar, comme on le sait, est une invention des Alexandrins, qui ont eu besoin, pour le calcul des anciennes observations, de ramener à une ère constante les règnes des rois babyloniens, perses, macédoniens, et des empereurs.
L'ère des olympiades n'a jamais été employée avant l'historien Timée, sous Ptolémée Philadelphe. Encore n'a-t-elle eu qu'un emploi pour ainsi dire littéraire^ car elle n'a jamais été une ère civile ; aussi ne se présente-t-elle sur aucune monnaie antique (1), comme l'ère des Séleucidcs ou comme ces ères de villes, dont l'expression est si fréquente dans les inscriptions ou sur les médailles. Celle de la fondation de Rome ne fut point employée avant le règne d'Auguste ; du moins Niebuhr déclare n'avoir pas de preuves d'un usage antérieur (2).
(!) Ideler, Handb., 1, p. 378.
(2) Niebuhr, Rœm. Gesch., J, p. 27!.
DES ANCIKiNS Ét;YPTIENS. 225
Ainsi loui concourt à prouver que la période sothiaque n'a eu d'emploi chronologique qu a une époque très récente, si même cet emploi a eu lieu d'une manière constante. Quant à la période en elle-même comme cycle sothiaque^ elle a été nécessairement connue, dès le moment où fut établi le rapport entre Tannée de 368 jours et celle de 368 jours 1/4, rapport dont elle n'est qu'une simple conséquence arithmétique. W est remarquable que ces deux espèces d'années, Tune vague, lautre fixe, au moyen d'une intercalation quadriennale, présentent une combinaison toute naturelle des mêmes nombres 365 et 1,461 :
L'année vague avait 365. jours, la tétraétéride avait 1,461 jours; la période contenait 365 létraétérides et 1,461 années vagues (1).
S Y. — Vrai caractère du calendrier des Efjyptiem et de leur astronomie en yénéral.
Il est donc historiquement démontré que les Égyptiens ne se sont jamais doutés de la précession des équinoxes ; quant au déplacement des solstices par rapport à leur année de 363 jours 1/4, ils auraient dû s'en apercevoir. En effet, dans un pays comme TÉgyple, qui avait de si longues annales et un calendrier aussi simple, il est bien difficile qu'on ne se soit pas aperçu que le solstice avançait lentement sur le lever héliaque de l'astre d'Isis. Mais ils n'y ont fait nulle attention, ou du moins ils n'en ont jamais rien conclu relativement à la longueur de l'année.
En 3300 environ avant notre ère, le solstice et le lever héliaque de cet astre coïncidaient au même jour (2) ; en 2782, année d'un renouvellement sothiaque, le solstice était déjà on ' avance de 2 jours ; en 1322, époque d'un second renouvellement, il l'était de 13 jours ; au temps de Démocrite et d'Eu-
;i) Cf. §i,p. 171.
[^, Biol, Hech, sw fann. vague^ p. 59 et siiiv.
T. II. î:;
doxe, vers 400, Tavance allait jusqu'à 20 jours, et en 139 après notre ère, il y avait déjà 26 jours de différence (1).
Dès le temps de Démocrite et d'Eudoxe, et quand leur calendrier n'aurait commencé qu'en 1322, ils auraient pu déjà conclure d'une différence de 7 jours que la période de 365 jours 1/4 ne représentait pas exactement le retour du soleil au même point du ciel, qu'il y avait une petite différence en plus, et la comparaison avec de plus anciennes époques aurait pu leur donner même la quotité approximative d'environ 1 jour en 130 ans.
Si l'idée d'appliquer cette différence à la longueur de Tannée ne leur est jamais venue, c'est évidemment que la régularité du retour de Sirius en 365 jours 1/4 détournait leur attention de tout autre phénomène, pour la fixation de l'année. Après 130 ans, la différence d'un jour était si petite, qu'ils ne pouvaient l'apercevoir. Géminus (2) dit que, de son temps, ils notaient les solstices, auxquels une de leurs fêtes, et peut-être plusieurs, étaient attachées (3).. Cet auteur parle du présent; on ne sait s'il en était de même aux époques anciennes. Admettons qu'il en fut ainsi : nous admettrons encore qu'ils avaient des gnomons, ce que personne ne peut affirmer. Il est vrai que Vhorologium que Ton portait, selon Clément d'Alexandrie (4), dans les grandes cérémonies, devait être un style dressé sur un plan, ou dans un hémisphère concave, scaphé, comme celui dont parle Cléomède (5). Mais l'auteur décrit ces cérémonies telles qu'elles se célébraient de son temps. Or, au m* siècle de notre ère, il avait bien pu s'y introduire quelque nouveauté. Supposons que les anciens Égyptiens eussent le gnomon, ce n'est pas avec un instrument de ce genre que Ton peut apprécier, même à plusieurs jours près, Tépoque du solstice ou les déclinaisons du soleil.
(1) Ideler, Vntersuch.^ p. 89-90. — M. Letronne dit retard au lieu daiwiff ; mais c'est unb erreur matérielle qui lui est échappée plus d'une fois et que nous n'avons pas hésité à. rectifier. {Note de V éditeur,)
(2) C. vr, p. 34 C.
(3) Voyez ci-dessus, § UI, p. i97-201.
(4) Strom,, VI, iv, 33; p. 757, PoU.
(5) Cyd, theor,, 1, x, p. 67, Bake.
Il en a été de même chez les Grecs. Depuis Méton et Euclémon, quatre cent trente ans avant J.-C, jusqu'à la destruction de l'école d'Alexandrie, pendant plus de dix siècles, les Grecs ont toujours observé des solstices et des équinoxes. Au moins depuis Ératosthène, 250 avant J.-C, ils eurent non seulement (les gnomons, mais encore des cercles et des armilles parfaitement dressés ; ils ont pu comparer entre elles les obser\ations séparées par un si long inter\'alle. Jamais pourtant, ils ne se rendirent compte, nous l'avons vu, de l'écart du solstice, et n'en conclurent la vraie longueur de Tannée. Lorsque, à l'époque du concile de Nicée, en 325, on trouva Téquinoxe du printemps en avance de 3 jours sur celui qu'avait fixé Jules César, il semble que rien n'était plus facile que d'en conclure que, si l'équinoxe avait avancé de 3 jours en 366 ans, c'est que rexcès de Tannée julienne sur la vraie année équinoxiale était de 1 jour en 122 ans à peu près ; ce qui aurait donné, pour Tannée solaire, une durée de 365 jours 5 heures 49"* 49% à l" près la vraie durée de Tannée tropique. Mais nous avons vu qu'on n'en eut pas même l'idée.
Quelques astronomes restèrent fidèles à la correction d'Ilipparque, qui donnait une année de 6° ^ trop longue ; mais la plupart ne la considérèrent que comme une simple hypothèse et restèrent attachés à Tannée julienne.
Tout nous indique que les Égyptiens ne furent pas plus avancés. Se rendre compte de Tavancc des solstices, dans les premiers siècles, était chose fort difficile. Quand cette avance fut de plusieurs jours, il devînt impossible de ne pas l'apercevoir, ainsi que Tavance de l'inondation, dont le commencement est toujours resté attaché au solstice, en étant une conséquence physique. Mais ce fut pour eux un fait dont ils ne recherchèrent pas plus la cause que les Pères du concile de Nicée. La constance du lever héliaque de Sirius leur tenait lieu de tout, elle leur ôtait toute incertitude. Il est dans la nature d'un tel phénomène, offrant de telles circonstances, de bonne heure attaché à un principe religieux, d'arrêter les recherches ultérieures, et de paralyser Tesprit d'observation.
228 KECHKRCUES SLR LE CALENDKIKK
Lorsque la grande déesse Isis elle-même (car Sirius claîl l'étoile dlsis) prenait le soin de revenir avec tant de régulainlé et de constance, se remontrant à jour fixe, sans jamais y manquer, peu importait le reste.
Quand on étudie le peu qui nous reste de la science astronomique des Egyptiens, on est convaincu qu'elle a fait peu de progrès, parce que la religion, qui y était intimement liée, les arrêta. La plupart des phénomènes y furent rattachés à des mythes religieux, et expliqués par des causes qui n'avaient rien de scientifique. Nous en avons des exemples dans Torigine absurde que les Égj^pliens donnaient à l'introduction des épagomènes, et dans la conversion des levers et des couchers du soleil, mythe qui devait tenir à quelque conte sacerdotal, comme les changements analogues qui, selon les poètes grecs, et même selon leurs philosophes, avaient eu lieu, lors du festin d'Atrée et de Thyeste, ou lors de Tcnlreprise téméraire de Phaéton (1). On oublie trop souvent, en étudiant les questions de ce genre, le rôle que la religion y jouait chez les Egyptiens. En ce qui touche leur calendrier, et généralement leurs connaissances, on ne voit que le côté scientifique. On veut trouver chez eux la précision, la recherche de Texactitude, qui sont des traits caractéristiques de Tesprit moderne. On leur fait prendre des mesures avec la rigueur que nous pouvons y mettre à Taide de nos cercles muraux répétiteurs, de nos théodolites, armés de lunettes et de vemiers. 11 s'en faut de peu qu'on ne suppose qu'un bureau des longitudes était logé dans chacun de leurs grands collèges. L'élude vraiment historique de leur calendrier fait évailouir ces rêves séduisants. L'astronomie, que les Égyptiens ne séparaient point de l'astrologie, était pour eux une affaire de religion plus que de science. C'est ainsi que l'avance du solstice, par rapport au lever héliaque de Sirius, qui revenait au même jour, fut pour les Égyptiens un fait inditTérent, sans conséquence, qu'ils expliquaient par un elfet de la volonté d'Osiris ou par quelque autre de ces
(1) Voyez M. Letronne. ArutL des incr., \. XU, pad. 2, p. 91-112. [Sole de rédi(eio\) ||ro série, l. I. p. 137.]
raisons qui paraissent bonnes ou mauvaises selon le point de vue d'où on les juge. Prises en dehors de la croyance religieuse qui les appuie, elles paraissent absurdes ; mais ceux qui adoptent cette croyance se contentent toujours de ces raisons, ou se révoltent même à la seule idée d'en chercher de meilleures.
S*il n'en avait pas été ainsi, si les solstices et les équinoxes n'étaient pas restés sans importance dans leur calendrier, enfin, s'ils avaient lié ces phénomènes à des jours de leur lélraétéride, il est encore un autre phénomène dont ils auraient pu s'apercevoir, c'est le changement dans la durée relative de chaque saison.
Dans un calendrier réglé comme celui de l'Egypte, qui rattachait les unes aux autres les époques les plus éloignées, la (liiïérence devait r^'tre sensible. Mais cette inégalité, qui tient au déplacement de Tapogée, n'a jamais été soupçonnée par eux, non plus que par les Grecs. Si les éléments d'une théorie (lu soleil sont restés inconnus aux Égyptiens, quoiqu'ils fussent dans la meilleure situation possible pour les découvrir, c'est, encore une fois, que le retour de Sirius, par sa constance, suffisait à tout; et il ne fallait, pour le voir, que des yeux et le soin fadle de compter les jours. Dès une époque très reculée, les Égyptiens furent, par ce moyen, en possession du calendrier le plus régulier et le plus simple que les anciens aient jamais possédé. C'était la bienfaisante Isis qui semblait avoir pris à tftche do le leur donner tout fait. Ils n'éprouvèrent jamais le besoin de s'en départir, et ce calendrier, en leur tenant lieu du reste, est sans doute une des causes qui les empêchèrent de posséder une astronomie scientifique, qu'ils auraient pu acquérir de si bonne heure en s'abandonnant au sens droit, au discernement dont ils ont donné tant de preuves.
i\ei avantage était réservé au génie indépendant des Grecs, que leurs efforts constants et continuels pour perfectionner leur calendrier luni-solaire mirent sur la voie d'observations et de calculs qui les amenèrent h la possession d'une science.
Je dois remarquer, en finissant, combien ces vues, fondées sur Tessence même du calendrier égyptien, s'accordent avec les faits d'un autre genre que j'ai développés il y a plus de trente ans (1).
En effet, indépendamment de toute considération, il suffit d'avoir constaté que les Égyptiens ont toujours ignoré la précession des équinoxes, pour être sûr qu'ils n'ont pas eu dans leurs édifices sacrés des représentations zodiacales qui marquassent, par la différence de leur point initial, ou par la place diverse que les solstices ou les équinoxes occupaient dans les signes, l'époque de leur exécution. D'où il suit avec évidence que les zodiaques qu'on a retrouvés dans quelques temples de l'Egypte sont d'une époque plus récente. Autrement, le déplacement des points équinoxiaux et solsticiaux, qui serait résulté de la simple inspection de monuments exposés aux yeux de tous, aurait été un fait si patent, si clairement écrit à tous les yeux, que le mouvement des fixes serait devenu de bonne heure une notion tout à fait vulgaire. Or personne ne peut plus nier que les zodiaques d'Esné, de Dendérah, de Panopolis, que les momies de la famille de Pétéménof où se trouvent des zodiaques, ont été exécutés dans le i" et le ii® siècle de notre ère, et que nulle représentation de ce genre n'existe dans les monuments égyptiens antérieurs, dans aucun de ceux, de quelque nature qu'ils soient, que l'époque de leur exécution place en dehors de toute influence grecque ou romaine ; d'où résulte la preuve certaine que le zodiaque est resté étranger à l'ancienne Egypte, qu'il y est d'introduction récente, due, selon toute apparence, à Tinvasion de l'astrologie chaldéenne dans le monde romain. Voilà donc deux faits qui s'expliquent l'un l'autre, et qui sont en quelque sorte inséparables. Mais
(1) Voyez M. Letronne, Obs. cHt. et archéol. sur V objet des représentations zodiacales qui nous restent de Vantiquité (Paris, 1824, In-S»); Sur Vorigine grecque des zodiaques prétendus égyptiens (Paris, 1837, in-8«) ; Sur t origine du zodiaque grec y etc. (Paris, 1840, in-4«); et Analyse critique des représentations zodiacales de Dendérah et d'Esné (Paris, 1845, iii-4«). Comparez M. Ed. Carlerou, Analyse des recherches de M. Letronne sur les représenlatious zodiacales (Paris, 18 W, iQ-8<>); Idehîr, Ilandb, der ChronoL,t, I, p. 193, et M. Lepsius, Chronol. der Mg., t. I, p. 84-108. {Sote de Véditeur.)
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comment les Égyptiens, qui avaient rexpérience de tant do siècles, n'ont-ils pas aperçu ce qu'Hipparque a vu par la seule comparaison des observations de Timocharis et d'AristylIe, qui n avaient pas deux siècles de date ? C'est, d'abord, que, comme les Chinois, ils ont manqué de tout moyen exact d'observer les astres et de mesurer le temps ; c'est ensuite, que le lever héliaque de Sirius, revenant à jour fixe pendant plus de trois mille ans, avait dû leur persuader que rien ne changeait dans le ciel, et leur 6tait tout besoin de porter leur attention, quand même ils auraient pu le discerner, sur le déplacement des fixes, si lent, et dont il est si difficile d'avoir une perception nette et distincte. Avec une astronomie et une astrologie fondées uniquement sur des levers comparatifs d'étoiles, ne rapportant les positions des astres ni à la lune ni au soleil, ils n'eurent l'idée ni d'un zodiaque lunaire, comme les Arabes, les Perses, les Indiens et les Chinois, ni d'un zodiaque solaire, comme les Chaldéens et plus tard les Grecs. Ils n'en eurent pas ridée, parce qu'ils n'en eurent pas le besoin ; et les recherches contenues dans ces Mémoires nous en donnent une raison évidente. Je n'y insiste pas davantage, pour ne pas m'écarter de mon sujet; il me suffit d'avoir montré comment tout s'enchaîne, dans cette théorie historique des monuments astronomiques de l'Egypte, et comment aussi les questions les plus graves peuvent sortir d'une simple discussion de calendrier.
J'ai terminé ce que j'avais à dire pour établir le vrai caractère du calendrier jnixte des Égyptiens, composé, ainsi qu'on la vu, d'une année vague de 365 jours, marchant en concordance avec une année fixe de 365 jours 1/4. J'ai fait entrer dans la discussion et expliqué tous les textes que l'antiquité nous fournit. Dans l'état actuel de nos connaissances, je ne pense pas qu'on puisse y ajouter rien d'essentiel.
Mais ce n'est là qu'une des faces de la question ; il reste encore d'autres faits à signaler et à expliquer, d'autres recherches à faire, qui, sans intéresser en rien la certitude des résultats énoncés ci-dessus, sont nécessaires pour compléter la théorie
du calendrier égyptien. Par exemple, la concordance de Tannée fixe avec Tannée julienne proleptique, d'où il résulte que son point initial était au 9 ou au 10 octobre en Tan 400, est un fait de toute certitude, puisqu'il n*est qu'une simple coïncidence arithmétique, fondée sur ce que le tropique d'hiver était rapporté en Egypte, vers le temps de Démocrite et d'Eudoxo, au 20 ou au 19 athyr.
Mais cette coïncidence ne saurait être un effet du hasard ; elh> doit avoir sa cause dans Tétablissement et l'époque initiale de Tannée fixe. En second lieu, cette année n'est dans aucun rapport avec le lever héliaque de Siiîus, puisque ce phénomène ne s'y rencontre qu'au milieu du dixième mois. Mais alors que deviennent tant de textes qui en fixent le commencement au lever héliaque ? A quoi tient une telle singularité? Enfin, cette année fixe doit être dans un rapport quelconque avec les diverses parties de Tannée rurale ; car quel peut avoir été le but de ceux qui Tont instituée, sinon d'établir un moyen facile de concordance entre les divers points de Tannée vague et les principaux travaux agricoles ? L'état de nos connaissances ne permettrait pas de connaître la cause de ces difficultés, que la réalité des faits eux-mêmes en resterait établie sur des bases certaines. Mais l'esprit resterait en suspens et ne pourrait être satisfait, tant qu'on n'aurait pas pénétré Ja raison de ces rapports. Or je crois qu'il aurait été impossible d'y parvenir, si Ton n'avait possédé la connaissance de la notation hiéroglyphique de Tannée et des mois, une des plus certaines et des plus heureuses découvertes de Champollion. Car cette notation renferme en elle-même, d'après des caractères évidents, une division naturelle de Tannée, qui doit remonter aux premiers temps de la civilisation égyptienne. Elle devient une clef indispensable pour expliquer les particularités curieuses qui naissent de la concordance reconnue entre les deux années dont se compose le calendrier mixte égyptien, et pour remonter jusqu'à l'origine de son établissement.
J'expose ces recherches nouvelles dans le Mémoire suivant sur les rapports de Tannée vague et de Tannée fixe des Ègyf-
tiens avec leur année agricole marquée par la notation hiéroglyphique.
Dans le Mémoire que je viens de lire, j*ai eu seulement pour objet de rechercher et d'établir tous les renseignements qui peuvent nous faire connaître ce que j'appelle les caractères extérieurs du calendrier égyptien, indépendamment de toute hypothèse.
Dans celui qu'il me reste à soumettre à l'Académie, je me propose de rechercher la constitution intime de ce calendrier, son origine, ses causes, tout ce qui, en un mot, doit en compléter la théorie.