‹ Œuvres chooises de A.-J. LetronneChapitre 30 sur 43 · OP AH AK · texte numérisé non relu

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qu'il explique avec beaucoup de probabilité par 3po; ct;;ji:j AxavO(o)v. Il attribue cette absence de ruines antiques au voisinage de la mer, qui facilite l'embarquement des matériaux.

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soit pour le lest des bâtiments, soit pour de nouvelles bâtisses. Oq trouve sur cet emplacement beaucoup de médailles d'Acanthus et A'UranopoliSf ville sur Tisthme et que notre voyageur croit avoir été située au lieu appelé Paléo^Casiro ; opinion qui est aussi celle de Sestini (1). Un savant philologue (2), feu M. Gail, a prétendu qu'il n'y a jamais eu de ville de ce nom, et qu'elle est une invention de M. de Ghoiseul-Goufficr. Il avait oublié le texte de Pline (3), celui d'Athénée (4), qui parle de sa fondation par Alexarque, frère de Cassandre, et, ce qui e8t plus fort, les médailles que l'on possède de cette ville, qui semble avoir succédé à Sana ou Sanéy ville, au temps Je Thucydide, située tout auprès, en deçà du canal de Xerxès. Athénée et Pline, les seuls auteur^ qui en parlent, s'accordent à la nommer Ouranopolis; mais sur les médailles elle est appelée uniformément Oipavfôwv iroXt; (5). M. Cousinéry se' transporta sur l'isthme pour y chercher les vestiges du canal que Xerxès y avait fait creuser pour le passage de sa flotte. Il assare n'en avoir pu découvrir aucun. Mais, sur ce point, lopinion de son janissaire paraît avoir entraîné la sienne. « Comme j'étais occupé à cet examen, dit-il, je n'eus besoin pour résoudre la question que du bon sens de mon janissaire : sur ce qu'il me demandait le sujet de notre séjour dans ce lieu, je lui fis part de ce que nous a transmis un ancien historien ; et, sans hésiter un instant, il me répondit que rien ne lui paraissait plus impossible. Il ajouta que, pour ouvrir dans l'endroit où nous nous trouvions, un canal propre à faire passer un vaisseau, l'iexcavation devrait excéder la hauteur du plus haut minaret de Salonique. Je convins avec lui de la justesse de

^l) Ckus. gêner., p. 38.

(2) Gail, Géogr. cTHétvd,, H, 200.

(3) IV, X, p. 202, 11.

(3) La légende n'csl eulicre sur auciuio médaille cououe. Pellerin avait lu orPiVNIaç nOAEÛÎ] ; mais, sur les exemplaires les mieux conservés, il y a distinctement OTPANIAÛ. nOAEÛS. La leçon OTPANIAEÛN, proposée par 31. Mionnet [Supplém, II, 174) pour un des exemplaires du cabinet du roi, est très douteuse, vu Tincertitude du dernier trait; la leçon claire de tons les autres doit être préférée également pour celui->1à.

son obsci'vation. » M.Cousinéry conjecture qu'Hérodote a fait un conte, pour en^bcUir son histoire et relever le triomphe des Grecs en exaltant les travaux de l'armée des Perses. II croit que Xerxès ne prit pas la peine de creuser un canal, el qu'il fit passer sa flotte par-dessus l'isthme, en se servant de rouleaux.

Hérodote semble avoir été lui-même au-devant de ces objections, et son récit fort circonstancié est une preuve manifeste de sa bonne foi. « Xerxès, dit-il, comme j'ai de bonnes raisons de le penser, fit creuser l'isthme de l'Athos par orgueil, pour faire montre de son pouvoir et laisser un monument de sa puissance ; car quoiqu'il eût été facile de faire passer les vaisseaux par -dessus l'isthme, il ordonna de creuser un canal, assez large pour que deux trirèmes y voguassent de front (!).>» Au chapitre précédent, il a donné tous les détails de l'opération. Si M. Cousinéry s'était souvenu que Thucydide en a parlé, il ne se serait pas îibandonné au scepticisme sur ce point. Cette opération est si peu de l'invention d'Hérodote, que le canal a subsisté longtemps après, et a servi de limite h la presqu'île de l'Athos. Thucydide, qui connaissait si bien le pays, où il demeura longtemps, où il avait même ses possessions, dit que VActe, savoir, la presqu'île de l'Athos, s'étendail dans la mer, à partir du canal creusé par le roi de Perse, et que la ville de Sané était sur ses bords (2) ; ce qui suppose que le tracé du canal subsistait encore, peut-être même qu'il continuait à recevoir l'eau delà mer. Quand il n'en resterait plu5 de vestiges, on ne devrait pas pour cela nier son existence: car, dans un espace de vingt-deux siècles, le lit de ce canal tracé dans la partie la plus basse de l'île, et réceptacle naturel des eaux qui descendent des deux côtés, a pu être entièrement comblé par les terres qu'elles entraînent avec elles. Mais il faut que M. Cousinéry n'ait pas bien cherché, puisque, peu d'années avant son voyage, les habiles marins MM. de Chana-

(i) vu. 124.

itap* avTf.v tr,v 6i(opu*/a, IV, 109.

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leîlles et Raccord, qui ont levé géométriquement le plan de risthme en 17^1, ont aperçu fort distinctement les traces du canal ; ils en ont reconnu la direction, et Tont tracée avec précision sur leur plan d'une mer à l'autre, dans une longueur de i ,160 toises; ce qui répond assez exactement aux 12 stades d'Hérodote (1). M. de Choiseul-Gouffier, qui a publié ce plan, dit à ce sujet : « C'est donc faute d'avoir cherché avec assez de soin que Belon assure qu'on n'en voit plus aucune trace. » La même critique pourrait s'appliquer à M. Cousinéry : sans doute il aurait cherché avec plus de soin et probablement de succès, s'il n'avait pas partagé le scepticisme du janissaire, qui se souvenait, à ce qu'il parait, de son Juvénal (2).

De l'isthme du mont Athos, M. Cousinéry revint à Salonique, le long du golfe de Monte Seccito et de Cassandra, en passant sur le sol de plusieurs villes antiques; de Chalets, qui dut être située près de Polihicro, si toutefois il y a jamais eu une ville de Chalcis dans la Chalcidique; enfin A'Olyiithe, près d'Âghio-Mama : cette route n'offre pas à beaucoup près l'intérêt qu'on s'attendrait à y trouver, du moins la narration fort brève du voyageur ne présente aucune indication à recueillir. Trois inscriptions tumulaires insignifiantes qui existent dans l'église d'Aghio-Mama sont à peu près tout ce qu'il en a rapporté.

Le voyage est tenminé par des dissertations numismatiques qui ont pour objet de donner des attributions nouvelles à plusieurs des médailles de la Macédoine. Le savant voyageur aborde de front les graves difficultés qui embarrassent cette partie de la science. Les solutions qu'il propose ne paraîtront pas toutes satisfaisantes ; mais les efforts qu'il a tentés seront loin d'être inutiles. La longueur de cet article nous impose la nécessité d'être bref, et de nous borner à des indications sommaires.

La première dissertation concerne les médailles que M. Cou-

(1) Tom. U, p. 144.

<2) X, n4... Creditur olim — Velificatus Athos, et quiquid Gracia tnendax — Âudet in historia,..

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sinéry croit avoir été frappées dans les parties de la Thraceque Philippe réunit à ses États ^ et dofit la plupart ont été classées jusqu^à présent cTune manière inexacte. M. Cousinéry crée plusieurs classes et fait plusieurs distinctions neuves qui seraient fort importantes, si elles étaieixt sufrisaminenl établies. La première classe comprend celles des médailles qu'il juge avoir été frappées dans le mont Pangée, et qu'il partage en deux divisions : 1» celles qu'il pense avoir été fabriquées dans rintérieur de cette montagne et perfectionnées par les Athéniens à Éïone; il y. place, entre autres, les petites médailles d'argent avec carré creux, et l'image J'un cygne, jusqu'ici attribuées à Héraclée de la Sintique et avec une grande apparence de raison ; 2® celles qui, selon lui, ont été perfectionnées par les Thasiens et les Amphipolitains. Les unes appartiennent à Thasos, les autres à Amphipolis, indépendamment de la médaille sans légende qui représente un satyre enlevant une femme. L'idée du perfectionnement des médailles du mont Pangée par les peuples dont elles portent le nom avait besoin d'être mieux prouvée : ce n'est qu'une conjecture dont le fondement paraît trop peu solide.

La seconde classe est celle des monnaies frappées, selon M. Cousinéry, dans le mont Bertiscus, c'est-à-dire par les habitants de la Bisaltie et de la Crestonic. Dans cette classe, le savant numismatistc place les médailles de Le te (AETAION) et celles des Orescii (OPHSKION, OPHSKIiîN, ou OPPH- SKIÛN), dont plusieurs ont le même type que celles de Lete, savoir un satyre qui enlève une femme ; celles des Orescii qui portent quatre types différents, ont été l'objet de grandes discussions enti-e les numismatistes. M. Cousinéry, se fondant sur leur similitude avec celles des Letéens, les attribue à la même contrée. Cette opinion paraît être confirmée encore par les médailles d'argent, dont le type est un cheval, au-devant d'un homme debout, armé de deux lances, et coiffé du bonnet macédonien ; les unes portent le mot OPHSKIQN et une autre BISAATIKON; circonstance qui donne lieu de croire que le peuple ou la ville désignée par le mot 0PII2KIÛN était voi-

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