V. 243. Ici se trouve un passage historique que la leçon du
manuscrit sert à rétablir coraplèlemont. Scymnus, après avoir parié des Lucaniens et des Campanicns, dit que les Œnotricns viennent ensuite, s'étendant jusqu'au territoire de Posidonie, fondée autrefois par les Sybarites, r^'^ (paji 2u6aptTa^ ûKrssxijat -irpo-rou; ce dernier mot, qui est dans le manuscrit, a été mal à propos changé en luo^é; Scymnus se sert indifféremment de l'un et de Tautre adverbe, et plus souvent peut être de îrpoTou (v. 397, 483, 870, 686),
Le poète ajoute qu'aux Œnotriens appartient aussi Neapolù^ ville des Phocéens et des Massaliotes, xai MawaXtwtwv, ^oixasuv Ts NÊa^o>aç, qu'ils fondèrent au temps de la domination persane, bTzo 'ZOL riep^aa.
. Il y a ici des difficultés géographiques et historiques dont il me semble que personne ne s'est douté : 1® Naples n'a jamais été attribuée aux Œnotriens; 2° nul ne dit que cette ville ail été fondée par les Phocéens. Elle le fut par les Rhodiens, puis par les Cuméens, comme l'assurent Strabon, Velleius Paterculus, Tite-Live et Scymnus lui-même quatre vers plus loin; 3** enfin, comment Scymnus parlerait-il au v. 251 de Naples et de sa fondation, s'il en avait déjà fait mention quelques vere auparavant?
Toutes ces difficultés disparaissent devant la leçon de notre manuscrit, qui, au lieu de te NsorcoXt;, donne teXecocoXi;, d'où je tire, sans nul changement, t' 'EXéa r.okiç. Il s'agit donc ici à'Elea, non de Neapolis. Tout s'arrange alors parfaitement ; car cette ville est celle qui était appelée indifféremment Hyélé (*nXr^), Heltaf Velia et Elea, Or, selon Hérodote, elle était du pmj^ des Œnotriens f et elle fut fondée par les Phocéens (1, 167 ; cf. R. Rochctte, ffist. des col, yr., III, 424) ; deux circonstances qui se trouvent également indiquées par Scymnus. La colonie des Phocéens, à Naples, qu'on devait se croire obligé d'ndmettrc (R. Rochelte, /. /.), n'a plus aucune réalité. Le vers y.al May^aXtoTt^v, *(i)%aéo)v (1) t' *EXéa TcoXtç ne présente plus de difficulté, et il explique un passage de Strabon qui avait arrêté
(1) La leçon ^«(oxstôv des éditions est une faute; au lieu de «f^cdxaâv an v. 209, le ms donne ^coxaioiv (il faudrait an moins 4>(i)X9»ô>v, contraction de la forme
ses commentateurs. Ce géographe dit que les Phocéens fondèrent Elea après Massilia, ce qui parait contraire au sentiment d'Hérodote; aussi Ton a voulu lire dans le texte de Strabon 'AXaXtav au lieu de MajjaXCav {Trad. fr., II, p. 288). Mais rien n'est à changer. Antiochus de Syracuse, cité par Strabon et probablement suivi par Scymnus, pensait que la fondation d'Élée avait eu lieu après celle de Marseille. Les doux noms réunis indiquent que les deux événements se sont succédé à un faible intervalle, uxo xi Hepaixa, comme dit Scymnus, c'est-à-dire vers l'époque où les Phocéens quittèrent leur patrie, fuyant l'oppression des Perses. Ainsi, plus haut, le poète a dit que Rhode avait eu pour fondateurs les Phocéens et les Massaliotes, quand tous les auteurs parlent seulement des seconds, et qu'au v. 740 il dit que Mésembrie a été fondée par les Mégariens et les Chalcédoniens, quoique Strabon ne parle que des Mégariens.
Dans les vers suivants, Scymnus rapporte qu'il y avait là un Cerbemim, oracle souterrain (o? Kepôéptov Tt BsixvjTai | br^o xBovl îiavTsTo*;). Par ce mot Cerberium, probablement pris dans un sens analogue au IIXoutwvsov xi de Strabon (VI, 244), je pense qu'on entendait un lieu consacré à Cerbère dans un de ces antres par où la tradition locale, en divers lieux, prétendait qu'Hercule avait amené le chien infernal à la lumière du jour. Quant à l'expression \jr.o -/Ocvl [LxrMo^, le second pied, yj^ovi^ étant un pyrrhique, rend le vers faux. Le manuscrit donne u^oxOévicv, qui lève toute difficulté pour la mesure, à moins qu'on ne préfère \jt:o x6ov{ Te (jux^/reTov. Scymnus ajoute qu'Ulysse s'était rendu dans ce lieu en quittant Circé. Le poète aurait-il fait quelque confusion de lieux, en rapportant à Élée ce qui convient à Gumes, dont il parle avant (v. 236) et après (v. 251)? En effet, le Cerberium et l'oracle souterrain rappellent naturellement l'antre et l'oracle de la Sibylle, ainsi que les localités Pluto- 7nennes aux environs de cette ville (Strab., /. /.), dont les monnaies portent l'image de Cerbère (Millingen, Sylloge^ p. 10),
ionique *a>xatlwv); la vraie leçon est ^coxaéwv. On sait que ^coxosTc est l'ethnique des Phocéeu.->, et (^a>xcî; celui des Phocidiens (Duker, ad Thtic.^ I, 13).
C.umcs était censé avoir été le séjour des Cimmériens, visités par Ulysse; et la liaison de ce peuple avec cette contrée volcanique avait fait quelquefois changer leur nom en celui do Cerbénens (Hesych. Elym. magn. Photius, h. t?.), dénomination sur laquelle semble avoir joué Aristophane {Ran,,y. 187). Toutes ces circonstances se retrouvent dans Scymnus; mais ce poète n'aura guère pu confondre Élée et Cumes. Dy a, je pense, une transposition dans son texte : oj Kspôfptsv Tt et les deux vers suivants doivent être reportés au v. 238, après eIt' AtcXsTç ; et la fin de ce vers |juiXicrca t' ejav3pou|ji.£vYî, ramenée avec le vers suivant au v. 248, après o\ <&(i)y.a6iç. Ce déplacement, qui n'exige pas l'addition d'une seule lettre, lève toute difficulté. Je me contente de l'indiquer.
Le v. 252, relatif à Naples, finit par eXaôsv tIj NearoXiç. La mesure veut qu'on lise IXa6' f^ Nei-oXiç, comme le demande M. Boissonade (yl;if»crf., V, p. 398) ou bien IXaSsv NedfeoXtç, sans Tarlicle, comme au v. 658.
V. 262. Scymnus dit que l'île de Lipara avait reçu une colonie dorienne et qu'elle était parente de Cnide; ce qui est conforme au témoignage de tous les historiens (cf. R. Rochette, Hist. des col. gr., III, p. 339). Le manuscrit porte ffUYïsvlç Kviîoj, au lieu de cjuyïsvî;; K. des éditions. Le féminin oruYY^vfç est assez connu par d'autres exemples (Lobeck, ad Phryn.^ p. 452), pour qu'on n'hésite pas à lui donner encore l'autorité de Scymnus.
Deux vers auparavant, le poète a décrit les éruptions volcaniques des îles Éoliennes. Il dit qu'on y entend «oi^pso^Ts ^a'.Tnjpwv y-Tj-o; (le biniit des marteaux de fer), où Morel voulait lire fftîr^psiwv. Mais l'autre leçon est plus poétique. J'ajoute qu'il n'y a pas de raison pour changer la leçon du manuscrit atS/jpeioç Tsen jiBi^psoç ts.
V. 265. Il est question de la Sicile. Cette île fut d'abord habitée par des nations barbares; yjv il Trpf^epsv jib èTepcYXwT^^L 3ap6apx I Xivcuy». xXtqôt; y.a-:avé{i.£70 ' 'I6r^ptxa. Le présent de l'infinitif y.aTav£[X2(7Ôr. pourrait être conservé (Matthias, Gramm.. § 499). Cependant Scymnus, en parqil cas, c'est-à-dire quand
DE MARCÎEN D'HÉRACLÉE, 475
il s'agit d'un état de choses passé, après Xi^oj?»., i^xii ou {rropcO^», met toujours laoristc ou le parfait, comme sxt;x£ii.(x6ac... X^youTiv [Fragm. 143; cf. v. 398); il aura donc écrit xa-avejjLsOiiv ' ou y.aTavr;£;jLf;a6', le passif ayant le sens actif. Le barbarisme xaT£V£iJi£^', que donne le manuscrit de Pithou, est peut-être un reste de cette dernière leçon. En ce cas, le quatrième pied était un anapeste.
Au vei's suivant, il est dit que la Sicile, ayant trois côtés, reçut des Ibères le nom de Trinacrie : 8ti rh^ ^t xpfeXsupov lï -^i; ycipa^ ^'j^îv I ùxo Twv 'I6i^p(i)v Tp'.vx)tp{av xaXcjjjLiVTiV. Au lieu de ve -rpiirXejpov, le manuscrit porte èT£pé::Xeypov, leçon admise par Hœschel et Morel, mais que Vinding a changée le premier, en cela suivi par Hudson et M. Gail. Toutefois le ye, introduit là uniquement pour la mesure, n'a point de sens; d'ailleurs on peut être certain que, si le poète avait écrit ipC^Xeupov, jamais copiste n'aurait imaginé de substituer à cette leçon si claire le terme insolite iTepo::Xeupov ; ce sont là de ces choses dont les copistes ne s'avisent jamais ; et, puisque cet adjectif est donné par le manuscrit, soyons assurés qu'il est sorti de la main de Scymnus lui-même. Vinding et les autres éditeurs avaient oublié apparemment que sTepoç, comme «XXoç, soit employé seul soit en composition, ne s'entend pas toujours de deux objets ou de l'un des deux, mais qu'il emporte aussi l'idée vague de pluralité. Par exemple, è'C6pof(i)v{a y.al 7:osx'.X(a Tfjç Xupaç dans Platon [Legg.,y\l, 812, c), comprend tous les sons que rend la lyre ; et, au vers précédent, hz^i^Xiùi^x rCki^^ signifie des peuples qui parlent des langues différentes les unes des autres ; de même, liepoicXeupo^ signifiera « qui a plusieurs côtés, » notion expliquée par le mot Tpivaxpfa qui vient après. L'idée devant être ainsi précisée, il était plus poétique d'employer auparavant l'expression vague de pluralité. Laissons donc àTspoirXsupov dans Scymnus, et ajoutons sans hésiter ce mot à nos lexiques.
V. 269. SwieXcO SuvaïTejjx^To;. Cette leçon du manuscrit ne devait pas être changée en SuvaTreuovTcç. L'aoriste est préférable et toujours employé par Scymnus en pareille occa-
^.'•ç^miMT-
sîon, oPKo Toî Suva^TeujovTOç TaXcîj (v. 301) ; KÎY.poiioç îyvacveyîov::: (v. 361).
V. 281. Notre manuscrit donne zap' aÙToT; pour «Kapà Tsi-sî,-, dans ce vers que les éditeurs ont ainsi imprimé : xiç vuv Supy.oj(yaç irapi tojtsiç xaXojiJLévaç. Ils n'ont pas vu que Supitcu ne peut être un anapeste, la deuxième étant longue. C'est par la même raison qu'ils ont commencé le v. 413 par Supaxiuff{wv au lieu de Supoxojfwv que donne le manuscrit et qui est la \T8de leçon. M. Boissonade {Anecd., V, p. 424), reprenant la leçon rap' ajToTç, avait proposé de lire -zaq vuv Supxxojjaç wap' xjt::: XeyoïJLsvaç, qui me semble aussi la véritable.
V. 284. Scymnus dit de Zanclé ou Messine qu'elle est située sur le détroit de Sicile : sirt touSs xopô[ji.cî3 Y,v,[i.in^ toU SaeÀowl Assurément xoO S'.xeXty,oj est fort bon; mais le manuscrit porte Tfjç SwteXCaç, qui ne Test pas moins ; il était inutile de rien changer. Le vers sera complet si on lit : h:\ tou Sa (non twSs)
V. 285. Ce vers se termine dans le manuscrit par Ir/sv iirGix(av, qu'on a changé inutilement en fo' obcoixCav.
V. 289. La leçon XaXxiSéwv aÎTat xoXet; est bien préférable à celle des éditions, XaXywtSeïç, ce dernier mot n'étant point un adjectif ; M. M. en a fait la remarque.
V. 304. 'EXXTQvaiç ouv 7:apa0aXarr(ouç lye\ \ xoXetç. Il y a dans le manuscrit youv, qu'il fallait conserver. La relation de cette phrase avec ce qui précède donne ici une grande propriété à la particule yoXt^, qui est pour ye o3v.
V. 317, 321. Scymnus parle de Caulonia, fondée par les Crotoniates, tirant son nom d'une vallée (aiXwv) située auprès. Le V. 317 est terminé, comme le v. 285, par Ij^ev àzoatat, qu'on a encore inutilement changé en ït/ ixoixtov.
Les V. 320 et 321 ont été plus altérés. On a lu ... KxjXwvd... a-o Tou... I aiXwvc^ aJTY) To3vc;jji.a l^^i (au moins fallait-il Tffjv:;ji' X£'.), wç ujTepsv I iJi.eTwvo'/.affôat tô yipi'ftù KauXwvtav. Cette phrase n'offre aucune syntaxe. Notre manuscrit donne toîvoîjlx ayhbrlr cTcpov, et au second vers, jjLSTwvojjLijôtj et KauXwvta. La phrase et la versification ne laissent rien à désirer si nous lisons, en
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ne changeant pas une lettre : ...xiXwvsç ajinr; Toîvoixa Tjip\iz\ ÎTTspov I jjLÊTwvcjjidtŒOTrj Tw fj^i^^ KauXwvfa, c'est-à-dire, « cette ville, ayant reçu son nom (d'Aulonîa) de la vallée [Aulôn), le changea par la suite en celui de Caulonia. » C'est ce que dit Strabon (Y. R. Rochette, H. des col. gr,, RI, 190).
V. 327. n n y avait nulle raison pour changer la leçon du manuscrit, Tau-ca^ 'A/aioyç ex IleXoxowT^Tcu xp^jat, et écrire IleXs- ::5vr,crdu. L'anapeste est aussi bon^que le tribraque, au pied pair; de même au v. 405, où la mesure n'exige pas davantage l'orthographe neXorovriJOÇ.
V. 335. Après avoir parlé des avantages de la situation de Tarente, Scymnus ajoute : ffyvaYOjxÉvr^ Y^P Xiix^av èr' I^sv Bj^W ] Tri^Yj rskvr^vm^i xaTx^wYYiv lytK. Le premier vers, au moyen de rheureuse correction ïrJ ic70[jl6v (pour h: îgcv) proposée par M. Gail, exprime avec autant de clarté que de précision la position de Tarente, placée sur une langue de terre ou un isthme resserré entre le port extérieur et intéritnir, appelé Mare piccolo; mais le second vers est inintelligible. Bien des corrections ont été essayées : au lieu de aXersivi^^v ou r/X%r,tvH^^i, il faut lire cnte^usivi^^v, comme l'a conjecturé M. Longucville ; leçon que je trouve dons notre manuscrit, car il n'y a pas cXe-jretvTQv, ainsi que M. M. a lu, les deux jambages supérieurs du K étant encore visibles à la loupe (1) ; et le vers^ ainsi que ridée, se complétera par l'addition de vr/( ou vaf après cet adjectif, xatn} (TxexetvTîv vai xaTaytoYYîv Ix^'» c'est-à-dire f^ Tarcnle, resserrée sur un isthme, entre deux ports, offre à tout vaisseau un refuge assuré. » Strabon vante en effet rexccUence du port de Tarente (VI, p. 278); et je trouve dans dos notes manuscrites, au dépôt de la marine, que « le port de Tarente offre un mouillage si sur qu'il n'y a pas d'exemple d'un bâtiment qui ait été jeté à la côte. »
Dans ce passage, lyv, signifie r^x^iyzK^ comme lyn^^t est pour T.2piy(ù^ dans cet autre vers, à propos du Tyras, ...r/wv tzTç
(1) Le ms d'Hœschel portait a eueivr,v. Le copijjte n'avait pas su (Iislingn*>r le X, qui en effet est difficile à lire, dans le ms de Pitbou, nouvelle preuve qu'il a copié ce ms. — Sxetoivt^v pour <xxÊ7tYivy,v, or hographe plus usitée.
ôXxiï'.v Tê vjcujlv avdkXouv à(7<paXfj {Fragm. , v. 34). Bas! {Lettre crû., p. 22) en cite des exemples.
Ces deux vers, où la singulière position de Tarente est si bien exprimée, sont donc maintenant tout à fait rétablis, ^'xtx-
V. 340. L'auteur rapporte que Sybaris avait eu jadis 100,000 habitants, [xuptioaç 3£xa l^cuda twv aTrwv j^^sBsv. Ce vers présente un hiatus choquant; M. Boissonade a proposé de lire Ihappii3a; ; j'ai le plaisir de lui annoncer que sa correction {A/i^crf.. II, p. 257) est confirmée par le manuscrit.
Il n'a pas été moins heureux dans son observation sur le v. 344, où le poète dit que les Sybarites s'étaient détruits euxmêmes, pour n'avoir pas su bien user de la prospérité dont il? jouissaient : TOYaOi ti X(av ixàv oi jjLaôdvrs; eJ çipstv. M. Boissonade propose de retrancher ii.£v; et en effet, cette particule n'est pas dans le manuscrit, qui donne TÔYaOi Ta Xiav jjliî |iift:v- T£; £'3 oipvM ; le copiste avait changé |jli^ en [xàv ojv, parce que, croyant nécessairement brève la première de Xiav, le vers lui paraissait faux; dans le fait, il est irréprochable, la syllabe étant longue ou brève, à la volonté des poètes (Porson, Prsf, Hec, p. XVII ; Markland, ad Eurip. Iphig. AtiL, v. 304).
V. 350-335. Scymnus raconte que les Sybarites parvinrent à ce degré d'insolence, qu'ils essayèrent d*abolir les jeux olympiques, en célébrant eux-mêmes des jeux solennels justement à la même époque, dans Tespoir que l'appât de riches récompenses ferait déserter Olympie pour Sybaris. Dans ce vers, iopsixiîOov Sy; Yu|ji.vtx6v r.v' âTTîTsXojv, il manque ouv après le premier mot, pour compléter le vers (Boisson., ylwcrf., II, p. 179); mais, après ouv, la particule ^ fait bien quelque difficulté. D ailleurs on cherche ici le nom du Dieu auquel les Sybarites rendirent ces nouveaux honneurs; sans doute c'était Jupiter, car en essayant de le priver de ceux que la Grèce lui rendait, c'était bien le moins qu'ils voulussent l'en dédommager. Ji' trouve en effet le nom de Jupiter caché dans cette particule :v Le manuscrit de Pith.ou porte : à$pcji.'.50ov (5ic)*St îvuijtviyiv. Le
j copiste de celui d'Hœschel, n'ayant su que faire de celte leçon,
DE MARCIEi\ D'HKRACLÉE. 479
avait lu oit au lieu de M. Le vera est alors complet : à. oîv A*.! YjjjLvasv Tiv' iTztiiXo'j^ (sous-ent. ÔYÛva) (1). On voit donc que les Sybarites voulurent établir chez eux de nouveaux jeux olympiques en rivalité avec ceux de la métropole, fait qu*on ne trouve nnlle part ailleurs que dans ce passage de Scymnus. Il paraît du reste que leur entreprise hardie n'aura pas eu de suite, puisque personne n'en a parlé. Us furent donc trompés àeLDs leur espérance de voir les combattants abandonner Olympie, attirés par la richesse des prix qui leur seraient otTcrts à Sybaris : xaç v.ç (2) xpo; xlxohç toT^ i'Kib'koiq àYcjJievo^; | Tûzùos'. xaravrav ; car c'est ainsi qu'il faut lire, au lieu d'exaôWotç, con-ection que M. Boissonade avait déjà proposée. J'ai retrouvé depuis dans le manuscrit de Pithou la leçon 67:àGXotç (3).
V. 363. Dans ce vers, Bpsvréjtiv kizi vs'iv ts twv MeaatY^wv, la variante MejatygCwv, que donne le manuscrit, est inadmissible. M. Gail avait lu Mswaiciéwv, conjecture ingénieuse, et qui m'avait fort séduit. Mais, outre qu'on disait Me^çoxict, Messapii^ et non Me7îya7:ieT<; ou Messapies, en sorte que Scymnus aurait écrit M£3jan:((i)v et non Meadaziéwv, la leçon \ua!xi*(im n'offre au fait nulle difficulté. Scymnus veut dire que Brindes sert de port et de débouché aux gens de l'intérieur.
V. 367. J'ai dit que le retranchement ouTaddition duvparagogique sert à rétablir plus d'un vers, en faisant disparaître des fautes choquantes pour le mètre. Celui-ci, par exemple, commence par AySoTdiv Piî^Teu^vraç, ce qui met un dactyle au deuxième pied ; cette faute disparaît si nous lisons AuSowt. De même le v. 397 ne peut commencer par X^yôuaiv yà? ^ î il faut lire XiYiuît. Ainsi au v. 383, Gypcç 8à irx/Tdhcaffiv Sii TéXôuç [iiéve'., on corrige le dactyle du 4® pied en lisant tzxtsxîzxvi (4). Ce vers
(1) Ceux qui ne seraient pas contents de yuiavix6v xtv'eTieT. pourraient lire, ^Ds changer la mesure, àÔp6iii(T0ov oùv Ait YV(Avixbv àyâïv ' eicETé>.ouv. Mais la leçon du ms, je crois, peut rester.
(2) Sur l*expression nàç xi;, voir Boisson, ad Eunap.y p. 127 et 402.
(3) JV. add* Le fait rapporté par Scymnus Ta été aussi par Athénée, d'après Héraclide de Pont (XII, p. 521, F.). On peut voir à ce sujet Heyne {Opusc, II, P* 134). Casaubon, dans ses notes sur Athénée, a aussi pensé à la leçon Aif.
(4) Je Tiens de voir que la leçon noivTâiraai est dans le ms.
fixe la quantité de ce mot tétrasyllabc, qui est un ditro*^''''-» Passow l'a donnée comme douteuse.
V. 370. On a fait ici une correction fausse, et prêté ie est si nus une erreur palpable. Il dit que, d'après Théopo?ilis, i^wxdriatique était séparée par un isthme du Pont Eu:«r<^Y^' vfv.. (juvtGÔîJL(îôu<7a TTpsç TÎîv IIôvTtxV. Nous savons en effet as 100,000 .i cet historien, ces deux mers étaient si rapprochées présente haut d'une certaine montagne, on pouvait apercevoir FuiTvïi^ l'autre (Strab., VII, p. 317) ; c'est l'idée qu'exprime le mot (7'jvia6p.{Çou!7a. Ér. Vinding n'en a pas moins changé IIovTotT^ du manuscrit en 'Iôvwct^v, qui ne fait aucun sens ; et tous les éditeurs l'ont suivi.
V. 377. N6[jL6|i.£vôuç des éditions doit faire place à veptciiivar/ (leçon du manuscrit) rapportée à ^%^ii^^ (-wwv ^x^iiçiù^ zXî^:; -Cl... -xtipav ip(îmQV v£[jLôii.év(i>v).
V. 390. ^EvsTÛv lyo^%\ 0pa>teç, "lorpiit \v^6^vicu La mesure exige absolument ''lorpoi X£Yé|ji.evi'. Si Strabon appelle ce peuple "Ircpiii (V, p. 213-216), Scylax, ApoUodore, Etienne de Byzance. Mêla, Pline et Eutrope le nomment ^'Icrcpst ou Istri. J'ai trouvé depuis en effet ^'IcjTpot dans le manuscrit.
V. 395. Au-dessus des Hénëtes habitent les Ismènes et les Mentores, biàç lï T^jt^uç, "Ispi-evôi xal MévTôpeç. Telle est la leçon du manuscrit. Ér. Vinding et les autres éditeurs ont lu Tixav:., parce que Pline a dit Mentores, Hyînam{Ul^ 25); maïs pourquoi ne pas corriger au contraire Pline d'après Scymnus, qui est un auteur plus ancien ? Le fait est que le besoin d'une syllabe longue rend ici la leçon "hiLSiH plus \Taisemblable. Au reste les deux orthographes peuvent être conservées dans l'un et l'autre auteur ; ils auront puisé à des sources différentes.
V. 405. Le poète dit que la grande péninsule Hyllice est égale au Péloponèse, lupcç t^v rkX^TvOvvYjaov ti è^taôuixëvYj. L'hiatus ne peut être supporté. Is. Vossius avait tâché d'y remédier on lisant i:po^ t>îv -re ll£X(57:5vvr^76v £;'.55u|ji.£vr^. Le manuscrit rend toute correction inutile, puisqu'il porte r.^h^ tt;v IleXszcvvr^scv v. è;tj:j- (jLévtj. L'hiatus avec ti est, comme on sait, permis dans les iainbiques comiques. Le restrictif t{ répond à la pensée de Scylax,
DE MARCfEN DHÉRACLÉE. 481
^^^•lî dit de celte péninsule qu'elle est b\iy(ù àXiyjwv ttJç IhXozcv-
T<^-'=^j(p. 248, Gail).
Sybaril\ 454, Asjxiç jjlIv âv rpwTotç ; dans le manuscrit il y a rpwTai;.
piques e\ remarque avec toute raison que cette leçon est la vraie,
Irouvenîjiie ces mots se rapportent à v^7Ct, qui est avant.
paraiidu 470. Il n'y a point à hésiter sur la leçon du manuscrit,
suite, pPf^jtXjj,:,^)^ au lieu de kl y.£9aAa{(i)v des éditeurs.
dan« V. 480. Scymnus parle de la fondation de Naupacte par les Doriens sous la conduite de Téménus, f^v AwpieT; xTiJiî'jd'v cl cùv Ty;;jl3>/<i). Notre manuscrit donne Ti[j.iiù, que le copiste du manuscrit d'Hœschel avait lu Tiixé^w. Le mot T^KVfiù est une correction de Paulmier {Gr, antiq.,^, 497) ; mais le nom de Téménus, fils d'Aristomachus, un des chefs de l'expédition dorienne, est si clairement appelé dans cet endroit, qu'il ne saurait y avoir de restitution plus certaine. Ce n'est pas la première fois que TijjLaîôç et Tr^ii.eve; ont été confondus par les copistes (cf. Gœller, De situ. Syrac, p. 203).
Au V. 481 , où il est dit des Locrîens Ozoles, «Trcixîjç yvfo^/.vfC'jq \x::o Twv %pi<; Euêstx/ Aôxpôv £T:pa[j.|ji.évôjç, la leçon du manuscrit, £r:paii.jji£V(i)v, est absolument nécessaire au sens.
V. 490. Le poète parle des avantages de la Béotie, baignée par trois mers; elle avait des ports très bien situés, les uns par rapport à Chypre, aux îles (vî]75t, c'est-à-dire les Cyclades et autres îles de la mer Egée); les autres, tournés au midi, par rapport à l'Adriatique et à la Sicile (ce sont Créusis, Eutretus, le port de Thespies, sur le golfe de Corinthe) : îO? \kh eîç [j.£Tr;ii.6p{av | ^Xé-jrovTaç ey>ta'.p5TaTa icpoç tov 'ASpiav | tcv S'.x£X'.y.5v T£ zopsv" ô'jç 31 zpo? Kurpôv, x. t. X. C'est la leçon de M. Gail, mais iropcv rend le vers faux ; Berkelius avait lu ttcv- T5V, qui serait une meilleure leçon, si nous n'avions celle du manuscrit, to SixcXixcv t èijwcdptiv, qui est excellente. Voici le sens : « ... les uns, tournés au midi, sont parfaitement situés par rapport à l'Adriatique et au marché sicilien. » C'est une périphrase poétique pour exprimer l'importance commerciale de la Sicile ; on aurait dit en prose : irpo; t>;v va'zx 2a£X{av
T. lU . ol
V. 505. Msyapfa à^' aÛTôO, lisez Meyapi' àç'auTcî), en retranchant l'hiatus.
V. 518. Il est question du Péloponèse, dont les Achéens, les Éléens et les Messéniens occupent la partie ouest et le sudouest : àXX' c? t' *Ayx'A 'zchq izpi^ ksizipx^ -zéizù'jq \ xal Çsçupîv.Lo mot ':6r.yjq est une correction. Le manuscrit de Pilhou donne Bdpc'jç. Scymnus a dû écrire xpcç ïrrApx^ 0' opo-jç (1) | xai Çsfypîv. Il se sert de même du mot opcjq au v. 134 : £7weXr|XuOû)ç 5à îc;>ç tî Tfjç Oup^TiViaç I xal Tôù; SixeXtxc'j^ xal 'irpoç ejripav opôuç... | H semble que Scymnus prenne opit dans le sens du fines des Latins pour yiùpx ; ce qui assurément est fort rare en grec, au moins dans un auteur de cette époque. Pour ma part, je n'en pourrais, en ce moment, citer aucun autre exemple.
V. 526. TaTspa l' 'AXi^TYjv oafeat KopivOtouç. Le manuscril porte ujTepiv 5\ mot qui a été changé à cause de la mesure, comme au v. 45, exsTvjj^ en èy.eTva; il n'y avait pourtant rien à faire que de déplacer le U, et de lire Torepiv 'AXi^ 5' cbt, Ks:.
V. 574. Scymnus parle de la fondation des villes principales de TEubée : à propos de celle d'Érétrie, il dit qu elle fut fondée par iEclus, Athénien. Dans les éditions, le vers est incomplet: Aî>tXov 8' *Ep£Tp{av t' 'A6Y;vaTiv y^vet. Le manuscrit de Pithou me donne le moyen de le rétablir sans changer une lettre; il porte : ATxXov 5à ^siptr/ov TaÔTp/aTcv y^veî. Dans ce prétendu vers, les mots sont coupés d'une manière absurde, qui montre toute Tincapacité du copiste. C4ette ridicule leçon aura embarrassé celui du manuscrit d'Hœschel. Rien pourtant n'était plus facile que de lire : ATxXov 8' 'EpsTpfav, ovt' *A8r^aTôv yiiii (xt^iî), le vers se fût trouvé tout fait. Scymnus emploie le participe de la même manière: ... cvia; "EXXr^va; yivs'. (v. 407) et ...Tpwi; cvTaç TÛ Y^vet (v. 689). .
V. 603. Il y a une plaie profonde dans le second de ces vers : 'ExTviSç cZ iziliq h \ -ccj STrap-CîJu xTfetç, | *EyUoq xal MaXîiwv a).Xat T.i\si;. Le manuscrit fournit le secours de rexcellenle leçon MaX'.io)v, qu'avait devinée M. Gail, au lieu de èvaXJwv que
(1) Ou lirait o' Spot»; si le 5£ conveualt en cet endroit; le xt, quoique st^fKïn' de xai Çé^vpov, s'y rapporte (irpo; lentrpav t£ xat Cs^wpov).
DE MARCIEN D'HÉRAGLÉE. 483
donnent les éditions. Mais elle ne suffit pas. 'E^îvoç, qui commence à la fois les deux vers, ne peut rien signifier en tête du second; les mots aXXai icoXet; nous annoncent qu'il y avait en cet endroit le nom d'une ville des Maliens, comme Echinus du premier vers. Celte ville ne peut être que Lamia, la plus importante, avec Echinus, de celles que possédait ce peuple, placées Tune et l'autre aux deux extrémités de son territoire, comme dit Scy)^x : Irzi Se MaXiey^tv i^ ^rpwTTj 7:oX'.; Aa[ji.(jj, èj^anQ c£ 'ExTvôç (p. 24 Hudson, p. 274 Gail). Il est presque certain que le nom de cette ville devait se trouver dans la première dipodie. Je lis ainsi le second vers : [Aa|i.(a le woXiç] Kal MaX'iwv â'XXat xoXs'.ç.
V. 606. Au lieu de eiôiwTanQ ^wpa, le manuscrit donne eWs- TonQ X- Cette leçon conduit M. M. à lire ejSsTWTarrj, ce qui est une excellente correction (cf. Bast, Lettre critique ^ p. 21); il défend aussi fort judicieusement, au v. 609, la leçon Moxsoova ■p;Y£vî5 du manuscrit contre MaxeSovaç -pîY^vsTç des éditions. J'en dirai autant de rapi pom- icept au v. 616.
V. 620 et 621 . Le passage relatif à la Macédoine présente plus d'une difficulté. Par exemple, ces vers ont été bouleversés par les copistes : lOvc; to Ajyxmttwv lï xal -rwv neXayovwv | lyy, xi xapi tcv "Açiôv [twv xstjxivwv] | %%\ Bôttuiwv, Hœschel, ou le copiste de son manuscrit, avait oublié twv xet|i.évwv ; Scaliger l'a suppléé par conjecture. Notre manuscrit le donne, mais à une autre place, après IleXaYovwv, ce qui change toute l'économie du vers. La leçon BoTiiafwv est une correction ; le manuscrit porte BôuTsaTwv, qu'on n'a guère le droit de changer, puisqu'on retrouve aussi à peu près cette forme dans Etienne de Byzance, BôTTea-nr;; (v. ^'AÇwpiç, ibiq. Holsten., p. 10). Je lis ... lOvôç lï TO AuYxircwv, ts ts xal twv IIsXaY^vwv, | xwv xetjxivwv ts rapi Tov "'AÇiôv (ou 'AÇtov), ï^sTat | -cwv BouTsaTûv... « La nation des Lyncestes et celle des Pélagons, situés le long de l'Axius, touchent aux Boutéates... »
V. 626-628. De ces trois vers, qui concernent Potidéc, les deux premiers doivent recevoir quelques changements ; je lis : KijjL'IavTt TYjv ûwpav 3à Tt;v -A^XoM^btr^ | Alveuv, ilj zpiv ^v^o^in^ Kôptv-
Oiwv I y-Ti^'ç, llo'Jjèxix '(ttiv, ttcXiç oà Bwp'.xy;, | ... « Après avoir doublé le cap^Eneas, on trouve Polidée, fondée autrefois pailes Corinthiens, ville dorienne ». Le second est conforme au manuscrit, sauf Aivs'r; pour Aiv{av. C'est le seul passage oîi se trouve le nom du cap Aive{a;, au nord de la Pallène, près do la ville d'iîînea, dont Scymnus ne parle pas.
V. 629. "Oauvôo; uffTspsv 3à Izyc^ki^Ti irsX'.ç. C'est YevcjjLivTj qu'il faut lire, d'après le manuscrit, comme Xsyéjxev^ç pour •^tii'^vz: auv. 226.
V. 648. Le canal du mont Athos, creusé par Xerxès, csl désigné par les mots : Bitopu^ îsixvuTa'. TST-Ar^^Aivr^ | l^i cttjccwi;. Oï) ne voit guère pourquoi les copistes ont changé la leçon excellente du manuscrit, èTrraîTa^.c^ ; non plus qu'au v. 652, la leçon [f»t96^v.o^ en ixsjsYa'.ov ; et au v. 661, s/vaSsv 5' i^ 0a7o;... tsjvsjhz en rAa6êv Byî Biîc^...
V. 665. Dans quelques vers précédents, j'ai retranché le v paragogique pour rétablir le mètre. Ici il faut finir le vers par hvy xoX'.ç, et non Itti. Au v. 482, le copiste de notre manuscrit a encore écrit !juva7:T5'j5t au lieu de (juvabrrôuoriv ; et v. 587, par compensation, il a écrit Xiysu^'.v, lorsqu'il fallait Xlysjs'.
V. 671. Ce passage est défectueux pour la construction, le sens et le mètre; après avoir parlé d'Abdère, le poète dit : TXj-nQç 8à fceiTa 7:cTaii.cç ecti xs{iji.£vcç, | Nsîto^. Mais e7:stTa se comprend d'autant moins que le Nestus est avant Abdère, en dini de cette ville, c'est-à-dire à Voccidentj par opposition au lac Bistonis, situé au delà ou à V orient (oxo Sa twv zpo^ àvaTsÀi^v). Le manuscrit donne 3' Ir.^r.x au lieu de 3à Irsita. Je ne doute pas que le poète n'eût écrit : irauTr,? S' sztTaîs 7:cT3fij.oç sjrt xs'iuv:: . NejTo^ X6Y5îi.£vcç. 'Ex os twv zfzq icixzzXr^'i \ [Aspiov... X{[jLvt; Hirrr»'!:. (( En deçà (èTrf-aos) de cette ville est situé le fleuve appelé Nestus ; à l'orient se trouve le lac Bistonis. »
V. 705. En parlant des villes de la Chersonèse de Thraco. Scymnus dit qu'Éléonle avait reçu une colonie athénienne conduite par Phorbas : 1;?}? 'EXaicj;, 'AtTiK-riv ôw:o'.y.{av | lytm^ 4>cp6aî r^v ffyvo'a(7at Soxet. Le mot Wrr:\Y:t^ cBt dans notre ma* nuscrit; il était aussi dans le Cod. Palatinns cité parHœschcl.
On ne sait pourquoi cet éditeur a changé arbitrairement 'A-rriXTQv en Tt/ixt^îV (au moins devait-il lire Tîjiav), puisqu'aucun auteur ne parle d une colonie des Téïens. Selon Plutarque, Éléonte fut fondée par TÉphésien Hégésistrate {Parall., i.\ll, p. 2S3 R.). Ce fait n'est pas en contradiction avec le récit do Scymnus, puisqu'il parle d'une colonie, et Plutarque d'une fondation. Rien n'empêche que les Athéniens eussent envoyé une colonie dans une ville fondée longtemps auparavant. Cette colonie était sans doute de la même époque que d'autres colonies athéniennes de la Chersonèse, celles de Cardie, de Cri- Ihote, de Pactyîe, citées par Scymnus, qui furent fondées probablement par Miltiade, lorsqu'il était tyran de la Chersonèse (Hérod.JV, 137).
Quant à la colonie des Téïens, elle doit disparaître de l'histoire, puisqu'elle n'a d'autre origine qu'une correction arbitraire faite par un érudit du xvi® siècle.
V. 726. 'Ex6p<oTaTcç des éditions est une faute. Le manuscrit donne lyÔpsTairc;, qui est la seule leçon admissible.
V. 736. Je termine cette revue critique du'texte du grand fragment par l'indication d'une variante qui disculpe encore Scymnus d'une faute de langage. Le poète dit qu'après la fondation des colonies milésiennes dans le Pont Euxin, cette mer changea son nom d'Axin en celui à'Euxin, Les éditions portent : Sv... I Tzç^zTri^oçiTi sTrodrjaav Eî^eivov 'z^y€\t, Is.Vossius, sentant que l'accusatif est une faute de langue, avait lu zpoffYjYç- ^.txq et EiÇ£(vcu. C'est en effet la leçon du manuscrit.
Les restitutions que je viens de proposer portent sur une soixantaine de vers, parmi lesquels il en est d'assez importants. D'autres encore auraient besoin de quelques corrections. J'ai indiqué les principales, et fait ressortir en particulier les excellentes leçons du manuscrit de Pithou, recueillies par M. M., qui, à en juger par plusieurs observations très judicieuses que j'ai indiquées en leur lieu, aurait pu, s'il l'avait voulu, laisser beaucoup moins à faire à ses successeurs. Outre que ces leçons établissent ou confirment plusieurs faits géographiques, elles servent à épurer la phrase ou à constituer le
mèlrc. Les corrections légères que j'ai proposées moi-même, lorsque le manuscrit est insuffisant ou ne donne aucun secours, conduisent au même but. C'est ainsi que de très mauvaises locutions et des fautes contre la langue et les règles de la versification ont disparu du texte. Scymnus ne se montre plus à nous maintenant comme un détestable écrivain. Car toutes les fois que la nature exclusivement didactique de son œuvre le permet, sa phrase, toujours correcte, prend de l'élégance et souvent une couleur très poétique. Quant à tous ces mauvais vers qu'on croyait devoir lui attribuer, il devient évident que Scymnus n'en est pas coupable, et qu'il faut les mettre sur le compte des copistes ou des éditeurs. Je suis convaincu qu'un examen attentif montrera qu'il en est de même de ceux qui peuvent défigurer encore le grand fragment, ainsi que les petits fragments, dont je présenterai la restitution dans un autre article.
B. — Petits fragments.
J'ai démontré (p. 459) que L. Holstenius, en retirant ces vers des textes en prose où ils étaient mêlés et confondus, n'y a rien changé que ce qu'il a cru nécessaire pour établir le mètre; opération à laquelle il paraît avoir apporté quelque négligence. Toutefois, pour ne pas s*exposcr à être trop sévère à l'égard d'un pareil homme, il ne faut pas oublier que ce travail n'a paru qu'après sa mort, et sans qu'il ait pu y mettre la dernière main.
Une autre justification peut être présentée en faveur d'Isaac Vossius, qui, ayant tenté aussi la restitution d'environ 120 vers seulement d'après la copie du périple, prise par Saumaise, n'y a quelquefois pas mieux réussi qu'Holstenius. On doit faire attention que c'est son premier ouvrage, un ouvrage de sa jeunesse, pinmiliae juventutis nostraSy comme il dit dans sa dédicace à Saumaise ; et ailleurs : qiias {observatiunculas) pueri olim edidimm [Obs. ad CatulL^ p. 237). En effet, le livre où il
a consigné ses restitutions (son édition de Scylax et du périple anonyme du Pont Euxin) a paru en 1G39, Vossius ji'ayant encore que vingt et un ans.
Ainsi rimperfection des deux essais n'a rien qui puisse nous surprendre ; on s'étonne, au contraire, que Vossius et Holstcnius aient pu réussir à ce point du premier coup. Il faut avoir essayé soi-même de restituer ces fragments métriques, uniquement d'après les textes des périples, pour connaître toute la difficulté qu'il y a souvent à retirer ces vers de la prose où ils sont confondus. Remarquons que les auteurs de ces périples, n'empruntant le texte de Scymnus que pour les faits qui s'y trouvaient exprimés, et non pour les vers eux-mêmes, ont pris seulement les mots qu'ils jugeaient nécessaires. Quand ils empruntent une tirade de 10, 15, 20 ou 40 vers, ils n y changent rien ou presque rien, et ces vers se rétablissent sans peine ; mais quand ils ne prennent qu'une phrase de deux ou trois lignes, ils ne s'inquiètent pas du tout si elle commence ou finît au milieu d'un vers. Le mètre se trouve alors rompu, et, pour peu qu'il y ait dans le reste quelque transposition, quelque mot oublié, on ne sait plus où prendre la coupe des vers. Il faut alors une certaine dextérité, une oreille exercée à la métrique grecque et une attention soutenue pour ne pas se tromper.
Déjà M. Boissoiiade a restitué les vers 47, 48 [ad TheophyL 5im.,p.289) ; 63 [Anecd. gr.,2,^. 234) ; 14S, 147 {adTheophyL, p. 319) ; 162, 163 (té., p. 299); 170, 179, 180 [Anecd., 2, p. 233) ; 210 et 215 (lô., 5, p. 398); et Bast, les v. 30, 31, 81 et 52 [Lettre crit,, p. 21 et 24), au moyen de corrections légères. C'est autant de fait pour les éditeurs futurs, et je n'y reviendrai pas.
J'ajouterai les corrections suivantes :
V. 3. Un T£, nécessaire au sens, détruit cet insupportable hiatus, £v %JyXiù lyy,. On lira : aO-nj [Odessus) Kpsôjïcj; epaxa; h
Le v. 6 n'existe pas, comme Vossius l'a démontré ; les v. 7 et 8 doivent être réformés d'après sa leçon , V. 20. L'hiatus est intolérable dans ce vers, d'ailleurs trop
court, où il s'agit de Tomes, colonie des Milésiens : I/tzo SxuOôii ev Y,'Msiù ctxoujjLSVot. On doit lire : 6ro Sy,u6(ov xyxXo) te 7:cpiciy.cujx£v:i. Scymnus a écrit au v. 373, xep'S'.y-eTv xuy-Xa). Il veut dire que les Scythes habitent autour de Tomes, comme il dit au v. 3 qu 0dcssus est entouré par les Thraces Crobyzes. Ainsi le poète no fixe point la fondation de cette ville au temps de l'invasion des Scythes, comme on Ta cru d'après Larcher [ChronoL d'Hérod.. VIII, p. 607). Cette date n'appartient qu'à Istros, dont Scymnus parle aux vers suivants.
V. 22. Ce vers sur la ville d'Istros, qui avait pris son nom du fleuve, est trop court d'une syllabe : "^I^rpo? «7:0 tsj zcrajuj IXa6£ Tsuvoixa. Lisez "lorps; à. t. xoTapisO ^'XaSs tôOto Toîvcjxa. Scymnus a dit au v. 234 : ôiiAsvsv... çaji toîto Toïvo^iia, et au v. 505, k' ajToO TOÛTO ôéaOat Touvoixa.
Le V. 23 ne peut finir par xal Taj-rr^v itjV tSm^ ; il faut retrancher TaUTYlV.
V. 26. On doit écrire Ki|jL[jL6p(cuç avec deux \l comme partout, et finir le vers 27 par "hxpoq t£ T:oi:2\f.6q, au lieu de ô "'IcTpoç xz-ix- [jLoç, leçon qui n'est pas possible.
V. 32. Il s'agit de l'Ister, (^XYîpouixevcç) tcTç --(vioiLisoiç ojjtêptsîTi. xal ôxo T^ç x'^^5^- 1^® manuscrit du périple (Bast, p. 24) donne 5[ji.6p5iJt, qui me paraît la vraie leçon ; mais il faut retrancher l'article -rtj; et lire t. y. 5|x6po'.!7t xat xi6voç airs, comme au v.72. ùxo x^dvoç. On pourrait aussi conserver l'article, en lisant 2|jL6potç ; mais le vers y perdrait une césure.
V. 36. La dernière dipodie sv oà tw Oipet ne peut subsister; je lis y,àv Tw Oépei, comme plus haut, v. 32, au lieu de xal w ôépsi.
V. 57 et 88. Ces deux vers sur la ville d'Olbia, fondée au confluent de l'Hypanis et du Borysthène, tels que les a constitués Holstenius, n'oflrent évidemment ni construction ni mesure .: £7:1 5à Toiç xa6' Txavtv y.a\ BopuTOévT^; | twv Syjt zs-xiiwv aujjLÉoXatî sffTi roXi^. La phrase dû périple d'où il a tiré ces vei^s détestables, est du moins coiTecte, si elle n'est pas métrique: lui Sa ToTç xaO' 'Tx. y.. B. SujW xoTa[Jiwv TJ|JL6oXatç Sttiv xTtjOsTji 7:5Xiç. J'en obtiens avec peu de changements ces deux vers : iz\ Tatç 8à y.a6' 'Txr/fv ts y.al BspuîOéviQv | xotaiJiwv Bustv TaT; w^jl^:-
XaTî, l(7T!v xsX'.^ I xT'TÔtTja. La répétitioa de Tarticle, xaT;, no paraîtra pas insolite à ceux qui savent que les Grecs le répètent souvent, lorsqu'il est séparé de son substantif par un complément composé de plusieurs mots. On trouvera des exemples analogies dans les Eratosthenica de M. Bernhardy (p. S5).
V. 76, 77. La grammaire exige ici une légère correction : TsTç 'HpaaXs^ora'.ç. . . | Tr;v 'A7''av cacO^iv svtsç Kuovéwv. Il faut lirt* TsTç 'A^tr; clxcOfftv, ou irsT; tîjv 'A(î{av. Mais on peut se passer du second article, qui manque dans le périple. Scymnus a dit : ûq 'Aîtov (r:piTey[ji.a l\i^T^,., (v. 25) ; el; 'A^tav saOovt»^ (v. 122), el il finit le v. 215 par xxréSpaixev 'A7{av, selon la correction certaine de M. Boissonade. Dans ces trois exemples, comme dans le vers qui m'occupe, la première de 'Aff(a est longue ; la première de Kuav£(i)v est brève, contre l'usage, comme au v. 231.
V. 99. "Avwôsv II TCJTwv ifj Sy,ueixY) 3ap6ap5ç. Cette ligne, Urée textuellement du périple par Ilolstenius, serait devenue un vers s'il avait lu avw lï ou hiTHù 3k tojtwv t^ Sx-jOIç yi) PapSap^;, ou, comme Vossius, avw lï toutwv stc». Sy.uôixi) PapSapoç ; mais Itt^ est au vers suivant. «
V. 102-105. Aucun de ces trois vers n'est exempt de fautes, Ilpti-ïoiK; Si rapi tov "IsTpsv eTvai Kap7?3aç | erptptev "Eçspc:;, v.x 'ApwTîJpaç , TTpsjd) I Neup5ui:aç a^pt Y^î xaXiv spT^jiJLSU Sià T^sr^tùv. l^'Les Carpides sont le peuple qu'Hérodote appelle CallLpides, comme Ta reconnu Niebuhr [Kleiiie Schinfteii^ I, 359} ; et il est vraisemblable que Scymnus a écrit KaXiTrtSa; ou KaXrîîa;. 2** Au deuxième vers, on trouve dans le périple eV àvapt^i^pa^, Ilolstenius aurait dû lire sTtsv 'Apw-rtjpaç. Niebuhr proposait de changer ce mot en 'AXaÇcvaç; sans doute on s'attend, d'après Hérodote, à trouver ici les Alazones; mais les Arotères ne peuvent non plus être écartés. 3» Enfin NsupouTa; aypi y., t. X. est une leçon inadmissible. Le manuscrit du périple donne NsupsuTaç T6 à'xpt, ce qui n'est pas moins mauvais. l\ faut lire simplement : Nsupsuç t' i^/j^\^ yyJ? x. t. X.
V. 112, 113 et 116. Holstenius n'était pas, à ce qu'il paraît, assez choqué des hiatus, puisqu'il les a laissé subsister sonvent, quand rien n'était plus facile que de les enlever. M. Boîs-
sonade et Bast en ont corrigé plusieurs. En voici d'autres : £T6pi T6 xXefcva ci 0{(ù^c[La^ha, au lieu de icXebv'; et vcitaîais: iTv:Axkoj[LSioi, eiwSfJ îrivu, au lieu de vspLxîcyJt 8' lir.xaXcyiJL£v\ 6:. Au V. 116 on a imprimé (ji-:o'j[Ltix \ y^a^xt. TaTç SxySixiT: r. l-TnfjixsXYui; ; on lira sans hésiter : fj. \ yi^ax-:! -zziç SxuôixaTjî^* bTiTri[Lo'kr(i(Xiç ; enfin à propos de ces Scythes hippémolges qui mettaient tous leurs biens en commun, il nous donne un vers complètement vicieux : Çwji (lisez Çcotjtv) oï rfy^ ts x-rtjtjiv ivassEîi- /sTsç I xctvr;v irovtwv, Tr;v ts oXtjv cisiav. Scymnus avait écrit «îvijv iTTovTcdv, ti^v Tè ffuvoXtjv (ou plutôt ffuvsXcv) ô'ijtav.
V. 124. Un T£, introduit à propos dans ce vers, va le rendre irréprochable : twv SaupoixaTwv [ts] xat FeXcSvwv, xat Tp^Tcv...
V. 128, 129. Elç {jv ô Tavaïç à'î:o tcu '!:o'ca[JicO Xa6(ov | ts pài;/ 'ApaSeo); kt|i.((r;eTa'.... Ce passage est une preuve delà difficulté de bien disposer les vers de Scymnus, quand les auteurs des périples n'ont fait qu'une citation fort courte. Ces deux vers sur le cours de TAraxe, tirés de la géographie d*Éphorc. ont été mal séparés par Holstenius, mieux par Is. Vossius ; mais le second vers restait incomplet et inintelligible. Dans le texte du périple on trouve : kin\t.iTft^ exatsw; çortstç, ce qui n'a aucun sens. Buttmann Ta complètement rétabli au moyen d*une des plus hardie9 et pourtant des plus sûres restitutions qui aient jamais été faites. Rejetant au vers précédent les mots si; v Tdr/aïç, il lit ainsi les deux vers : octzo tou xoirapisî/ Xa6à>v to p£y/ 'ApiSêwç (1) I kTzi\>iaysfy' ciç 'ExataTcç elç' ôipsTptsyç, « Dans le Méotide se jette le Tanaïs, qui tire ses eaux de TAraxe, comme le dit Hécatéc d'Érétrie. »
C'est Niebuhr (Kl. Schr., I, 397) qui nous fait connaître cette admirable correction. Elle nous conserve le nom d'Hécatée d'Érétrie, historien auquel appartient la rêpt^^fftç 'A^ia:, qu'Athénée attribue à Hécatée t insulaire (Schweigh. adAt/ten,, II, p. 70, h). Le nom de cet auteur n'était connu que par une citation de Plutarque dans la Vie d'Alexandre (c. 46). Fabricius doutait s'il n'était pas le même qu'Hécatée d'Abdère {Bibl,
(1) L*aiTaDgemcnt de ce yera appartient à Vossius.
DE MARCIEN D'HÉRACLÉE. 40i
fjr., m, p. 43, Harl.), et M. Creuzer voulait même remplacer 5 'EpETp'.sy;, à'Érétrie, par à *A6iTtp{vriç, i'Abdère [Hist. gr. antiq, fragm., p. 86) ; ce qui faisait disparaître cet historien de la liste des auteurs grecs. Le vers de Scymnus restitué par Buttmann ly maintient pour toujours.
V. 134. To 8k fft^îwsv -rijç X{[ji.vt;^ \b(t'zoLi Bdoxopoç. Le dactyle au quatrième pied n'est pas de Scymnus. Le périple donne tiz^^'x et non ttoixiov. L. Holstenius aurait dû écrire : to lï oroixa -rîj; /iyivrîÇ xaXerrat Bcjxopoç. L'anonyme, qui ne se souciait point du mètre, avait dû substituer XéysTat à xaXeÏTai. Cette substitution est fréquente. Dans le vers suivant : tov iï Tovaïv oq Icttiv tî;^ 'A(j{aç cpoç, I Té[ji.v<«)v TE T^jv ^êipcv, le quatrième pied se trouve un spondée. Le vers sera bon si Ton y met un ts en correspondance avec celui du vers suivant : tov lï TiiOLï^ S;
£7TIV T£ T^ 'Aofaç OpSÇ, | T4[JLV6t Te.
y. 141-147. Pour ces sept vers Holstenius a été fort malheureux ; il n'en est qu'un qui ne soit pas faux. M. Boissonade a rétabli complètement les trois derniers. J'essayerai de rétablir les trois autres : voici comme les donne Holstenius : premier, (u; Ar^jjiVîTptoî I etpYjXÊV, è^' oîç rjx\ i^ MaiwTtç XéyeTat, lisez erpTf)y.Ev • I9' cTç MatÔT'.ç fi Xi[LSTi Ixsfai (Xi[Avr| est dans le texte); vers très dur, j'en conviens, mais ce n'est pas le seul de ce genre (1) ; deuxième, wç 3' "E^opcq Xtfv, Saup5[ji.aTÔv lOvoç ; lisez w; 5' "Eç^opo; •.r:6pTpce, Saupo[ji.aTa)V lOvcç ; troisième, toutg'.ç 51 £i:i|jL£ii.{;^8at Tic 'AfjLaÇsvaç, lisez toutscç £xi[A2;i.i;(0ai Sa Ti^ 'A[jLaÇdvaç.
V. 159 et 161. Ces deux vers sur la Chersonèse Tauriquc seront facilement rétablis si nous lisons au premier, ^ti; t» jjlIv TsTç IXsfft toTj( Te xoTaixoTç, au lieu de toTç ts; au deuxième, qui lui correspond : Ta 81 TiJ ôaXaffjY), Tij Te X([x^;y) yiveTat, au lieu de a 81 t. 1 Tfi X{jjLVYj Te Y^veTaî, OÙ se trouve un spondée au quatrième pied.
C'est à ce v. 161 que finissent les fragments tirés du premier périple anonyme du Pont Euxin. Les 75 suivants l'ont été du second, publié beaucoup plus tard, en 1711, mais qu'Holstenius avait eu également sous les yeux (plus haut, p. 458). Ces
(1) Lisez (5vîfx«ai(iV.ttdd.)-
49Î SLR LE PÉRIPLE
vers ne sont pas moins altérés que les autres, et aussi un peu par la faute d'Holstenius. Aux corrections déjà proposées pour certains vers, j'en ajouterai quelques-unes.
V. 163. M* Boissonade a corrigé ce mauvais vers à propos des Mosynèques : toT^ lOeat xai vsixot; xal ïpr^fcç |3ap6apaciç; il lit: TsT; lôe^t, vd|JLct;, IpYOtç ts Papîxpty.cjTaToi. Comme l'article manque dans le texte du périple, je le retranche, et je mets ^ap6ap<iTx::i en place de ^ap^apixci-raTst, comme au v. 83 du grand fragmont (plus haut, p. 466) ; je lis donc : lOejt, v6[ii.ot;, Ipyotç ^e gapêapciTr::'.
V. 164. 9271 Y^P) '^^^2 ?*^'-'' Ï^P- f''^ s^*^^ ^^ d^s fautes qu'Holslenius pouvait corriger facilement. On lira aussi, v. 54, cXxir./; V. 85, eîj.v Si ; V. i 17, Ço>7'.v S£ ; V. 120, çr.jiv vcv^îOx ; v. 172, 52:V* [;<£Yi7Tr,v, au lieu de ôXxaas, et^î, Çwjt, çtjji, ©a^f.
V. 166. Ce vers karca icpatrstv • tcv Sa aj-rwv jîafftXéa nous offre encore un hiatus qu'Holstenius aurait évité en lisant tsv :: TsyTcov p. .
V. 177. Holstenius nous donne ce vers trop long d'un pied: aTO K^Tucipsu îdiç TcD îrXr^jbv nsXsixovbu (ou noXe;jL(i>v{su), comme il y a dans le périple. Pour le réduire à sa juste longueur, il ne faut que laisser iizo à la fin du vers précédent. Le second pied est un anapeste ; car ou est bref, par suite de Thiatus impropre, si fréquent dans les poètes épiques , élégiaques et lyriques, mais que Scymnus admet souvent (v. 460, 714, 729;, contre la règle ordinaire, qui l'exclut des vers iambiques, trochaïques ou crétiques.
V. 181-184. Cette période de quatre vers sur Amisus, vill«" du Pont, pèche en plusieurs endroits. *A[xtjo; èv tJ) ÀEuxcyypw^, Yjj XÊi;xivr|, twv ^wy.aiiov dn:c'.y-ta. Le premier vers est incomplot: mais le texte du périple n'en a conservé que ces quatre mots. Holstenius aurait dû voir qu'ils ne peuvent avoir fait partie d'un vers iamhique. La seconde syllabe de Ae'jy.s5vp<ov ne pouvant être longue sans une excessive licence, je crois que le poète avait décomposé le double nom Asuxoîjpwv, et écrit Xi-ydn Supwv. Je complète ainsi le passage : ["Em 8à ':w6Xt;(l)] 'AiJiiji; èv Ts T^ A£U7.à)v Sjpwv | Y^ v.stjjLSvr^, Twv ^(«)y.aftov -:' âîcs'.xta.
(1) Ou tW ecrttv *A.
DE MARCIEX D HÉKACLÉE. \n
Les deux vers suivants ont été mal séparés : Téîjapji 7:p^xzpz^i =-:e7»v cîxtTOsT^a TiJ^ | 'HpaxXeia;, fAaôev 'Iwv.xf^v xpIjiv. Il est Yinible que le vers ne peut commencer par 'HpaxXsCa; {--— ) ; il faut transporter -rij; au commencement du second, et lire... ^\v^7fii\ii Te I ty5; 'HpxvXiixq. Toute la période est alors bien liée ot bien construite.
V. 192-194. Scymnus reprend Hérodote de ce qu'il n'a compté que cinq jours de route pour la traversée de TAsit; Mineure, entre Amisus et la Cilicie ; il prétend qu'elle est de sept jours, 6 8' *IIp6BiTc; è'ciy.£v orpcsh A^ywv | èy. Tfj; K'Xvdx; ; ici une lacune. On pourrait donner à aYvceTv le sens neutre de se tromper, errer; mais Scymnus ne mettant jamais rarticle devant les noms d'auteurs, je lis S 8' *Hp. I. oyv. (« Ce qu'Hérodote paraît avoir ignoré, puisqu'il dit... »). Quant à la lacune, llolstenius Ta remplie par conjecture de cette manière : H '\q K'.\'.y,ixq 7:vr:t Tf;;j.£pù>v 63cv | et; IIcvtcv. Mais Thiatus est intolérable, et Tarticle est nécessaire devant IIovtsv. Ainsi le poêle a dû écrire £/. TfJ; KtXt7,ta; eîvai 65ov ^rsvôVepov (ou 7cév6' fji^îptûv) [ lU Tsv TS IlévTov [y.al 'A^aucv (?)].
V. 197. La pénultième de [t,{-^iom étant brève, ce vers est trop court d'une syllabe : -ri Xcxx Sa tûv p/.yaowv x^p^Jt ^ip^x^x. Je transporte $é après [Liyiom, et tout va bien.
V . 211 . uTzb K';a.[jL£pi(i)v ôjtcç i/aipeîdOa'. Sôxet, lisez ôÎto; s' à'/aip*
V. 213. 01 Y£vcp.evi'. opuyaBeç twv MiXïjaiwv, lisez çuYa$£^ tê. .