‹ Œuvres chooises de A.-J. LetronneChapitre 37 sur 43 · V. 216. Ce fragment est ainsi donné par Holstenîus ... ^ov · texte numérisé non relu

V. 216. Ce fragment est ainsi donné par Holstenîus ... ^ov

X. T. X. Le vers du milieu est complètement faux. Scymnus avait sans doute écrit ...wv 3' apÇai tstccov | ^tvfja ^o(v'.x:; Tupbj ' ToT; 5' UTuipsiç I x?^''--? xaTeXOcTv x. t. X.

V- 224. Scymnus parle d'Amastris, ville fondée pai- Amastris, fille du Perse Oxyathrès et femme de Denys, tyran d'Ileraclée. Holstenius s'est écarté à tort du texte du périple, qui lui donnait des vers corrects ; au lieu de "Ai^arcpi;- "0;aOpj( ;/.iv '.7T^poj;i.£vYî I OuyaTrip, il devait lire "A;xaff-rpiç, if) '0;uaOp:j \ih b-. Le deuxième pied étant un anapeste, par suite de l'hiatus dont j'ai parlé, le troisième vers tsj 3' 'HpaxX£(aî Aîîvj^isu y-'-;^^"^''] I

Yuvy; Tjpivvcu, sera rétabli par une simple transposition, t:0 3' ^lipxyCktlxç Y6vc|JiiVifj Atcvjrfcu.

Y. 230. Le commencement de ce vers manque dans le périple, et la phrase reste sans construction ../HpixXetx, Bsuin^ xwi; I xal MÊYapéwv. On le complète en lisant : [elxa -jrsX;;] ^HpixXs'.a... ou [sTt' Itp.v] 'Hp...

Je terminerai ce que j'avais à dire des fragments de Scymnus par la citation d'un passage très curieux que nous a conservé le grammaiiîen i£lius Herodianus , publié pour la première fois par M. G. Dindorf {Gramm. gr,, t. I, p. 19i. M. Cramer s'en est servi dans sa géographie ancienne de TAsic Mineure (-4 ffeog. and hiat. descr. of the Asia Minor^ II, 327). Ce passage, qui faisait partie de la description de la Cilicie, concerne la ville de Célendéris ; il donne sur cette ville des détails qui n'existent point ailleurs, et nous apprend le nom du ileuve qui en arrosait le territoire. Le texte d*Hérodien est ainsi conçu : Outw xat Sxu[ji.voç èv tco Tf}ç 'A^aç irepi^Xb» eûpi^ (f. erpr^xev) l^siai xéXevSepiç -^coXtç ISa(ji.((ov, xal Upov zapi tîJ -ïcôXet v/,pT;; y.al oXao; * iç ttstsixcç xapà OiXa^^ov ^^ettriv. M. Cramer disposée! corrige le passage de cette manière ... Ï^^Tai KeXivBspc; | xf/.:; 2]2(ji.i(i)v xat Upov i:apà ttjV ircXtv | xal aX(j5ç''HpT;ç • tç i;oTa;jiiç i:2f' xj:i t' elç I eàXajffav èS^etJiv. Les mots KsXfvSêpi; et "Hpr,^ sont deux très bonnes confections ; mais le premier vers est faux, et dans le second ily a trop de changements. Je propose de lire ainsi: ... lyvzx\ I KeXévSepiç, Sa|x((i)v îtcXiç • xapi Bè i:i\v., \ "Hpaç isfc^ xai îhsù^' *lq 5à îTOTajAC^ eiç | 6aXa77av l^eidiv... « Vient ensuite Célendéris, ville des Samiens. Près de la ville, il y a un temple de Junon et un bois sacré. Le fleuve Is se rend dans la mer à ... » Sa[ji.(wv zdXi;, que demande le mètre, est plus du slyle de Scymnus que roXiç ]Sa{i.ib>v, qui appartient à la prose; et *'llpT^(; doit être changé en ^'Hpaç, parce que le dialecte ionien est étranger à notre poète.

Jusqu'ici l'origine samienne de Célendéris n'était appuyée que sur le témoignage de Pomponius Mêla (I, 13 ; Cf. R. Rochelle, Hist, des col. gr., III, p. 151). Le fait acquiert maintenant une nouvelle et grave autorité.

DE MARCIEN D'HÉRACLÉE. Wâ

Au reste, la difficulté d'arranger les vers de Scymniis tirés des périples anonymes du Pont Euxin, ressort clairement de l'exemple que je viens de citer. Quand on voit qu un homme aussi habile que M. Cramer n'a pas entièrement réussi à couper et disposer trois seuls vers, on se sent tout disposé à excuser Holstenius de ce qu'il n'a pas toujours rencontré jus le dans l'arrangement de 236 vers.

Mais ce qui résulte surtout des observations précédentes, c'est que dans les vers des petits fragments, comme dans ceux du grand, les fautes n'appartiennent point à Scyniuus ; elles tiennent aux causes que j'ai signalées; et, quand les restitutions que j'ai indiquées n'auraient d'autre résultat que do réhabiliter, pour ainsi dire, un auteur grec, en prouvant qu il savait sa langue et connaissait le mécanisme des vers qu1l a employés, je croirais avoir fait une chose utile à la lîLtéralure grecque, et agréable à ceux qui la cultivent.

J'espère arriver au même résultat pour les fragments métriques attribués à Dicéarque.

2o Fragments géographiques de Dicéarque.

Ces fragments, publiés dans l'édition d'Hudson el rt^produîts successivement par MM. Marx, Manzi, Gail et Buttniann (i), sont au nombre de cinq :

1® Une suite de 108 vers iambiques relatifs au nord de la Grèce ;

2o Un fragment de 19 vers concernant l'île de Crète ;

'M Un autre de 21 vers contenant rénumératiori dos Cyclades ;

4* Un morceau en prose, qui traite de l'Attique el de la Béotie ;

5® Un fragment également en prose relatif au mont Pélion,

(1) Son édition, pabliée sous le titre de Quœstiones de Dicxanho (Naiiniburg, 1832), comprend eu outre tous les fragments épars dans les aultiUi'àÉ

4% - SLR LE PERIPLE

Le premier et le quatrième ont été publiés pour la première fois par H. Estienne, Paris i589 ; ils ont paru une seconde fois, avec le deuxième et le troisième, dans les Geographica dllœschel ; enfin le cinquième a été publié par Hudson dans le t. II des Petits géographes (avec les quatre autres) d'après une copie que lui avait envoyée Fabricius [BibL gr,, III, 487 1 et que celui-ci avait tirée du codex Gudianns, où il était anonyme, comme il Test dans le manuscrit 571 de la Bibliothèque Royale. C'est donc seulement par conjecture que Fabricius Ta jugé du même auteur que le n" 4, c'est-à-dire de Dicéarque; mais la conjecture paraît certaine, quand on remarque qu'à la suite de ce morceau, qui n'est lui-même qu'un composé d'extraits, commence un autre fragment sur les limites de la Grèce, qu'on reti'ouve à la fin du n** 4 (cti V; [làv ^EXXiç onzo YlêkoTzcrrr^zzj,

H. Estienne dit avoir imprimé son édition des deux fragments de Dicéarque sur une copie qu'avait apportée autrefois d'Italie Mathieu Budé, fils de Guillaume, qtwd (opusculum) olim ex Italia Matthœiis Budœiis, G. Budœifilius... attulii. Cet adverbe olim annonce qu'il y avait déjà bien longtemps, en 1589, qu'H. Estienne possédait cette copie; et en eCFet, dans ses Schediasmata^ composés en 1578, il dit, en rappelant le même fait : Dicœarchi Geographicôn... pars qiiœdam in manm meas ante multos annos allata ex Italia a Matthœo Budœo^ G. Btidœi filio.,. fuit {Sched,^ VI, 14). Je remarque que celte édition est sur tous les points, sauf les corrections introduites par H. Estienne, conforme à l'édition d'Hœschel faite sur le codex Palatinus qui provenait du manuscrit de Pilhou. Los lacunes y existent aux mêmes endroits ; il n'y a pas une letiw de plus ni de moins, et les mêmes leçons se trouvent dansUous les deux.

Il serait donc démontré pour moi que la copie faîte par Malli. Budé en Italie a été prise sur notre manuscrit, quand L. Holstenius ne le dirait pas expressément. A son avis, les manuscrits qu'Hœschel a eus sous les yeux dérivent tous de la même source, c'est-à-dire du manuscrit rf7/flr/«e, d'où Math. Budé avait

tiré la copie des fragments de Dicéarque (1). Ce qu'il appelle le manuscrit (f Italie esldonc évidemment celui qui, transporto en France, est devenu plus tard la propriété de Pilhou. A qui doit-on cette précieuse importation? Je n'ai pu le découvrir, L. Holstenius ignorait lui-même, à ce qu'il parait, où ce manuscrit avait passé. Pendant son séjour à Paris vers 1624, il vil le fragment relatif au mont Pélion, qui se trouve dans lt> manuscrit de la Bibliothèque Royale, n° S71 ; mais il avoue (r*n 1628) qu'il n'a connu les autres fragments de Dicéarque qrie parle Codex palaiinus (L. Holstenius, Episl., p. 62, 63), dont Hœschel s'était servi, et qui faisait partie de la bibliothèque* électorale palatine (Sylburg, Cat. lih, man. gr, liibL Elecl,, n® 142). Il a donc ignoré l'existence à Paris du manuscrit qu'il appelle italien {Codex italiens). Et cependant ce manuscrit s'y trouvait déjà depuis près de quarante ans, puisque J. Scaliger l'avait copié dans la bibliothèque de Claude Dupuy (phi^^ haut, p. 447), lequel mourut en 1594. C'est donc avant cetlo époque que Scaliger dut prendre cette copie ; en effet, ce grand critique quitta Paris en 1593 pour se rendre à Leyde. Uenvoi qu'il fit de sa copie à Hœschel n'eut lieu qu'en 1600 et bitMi peu de temps avant que cet éditeur publiât ces fragments. La lettre où Scaliger annonce que ce qu'il a copié du manuscrit de Cl. Dupuy ne diffère point de ce qu'Hœschel a trouvé dans son Codex palatiniis, est datée des ides de juin 1600. L'envoi de sa copie est postérieur, car il annonce à Hœschel dans celle lettre qu'il la lui fera passer s'il le désire (2). Or la dédicace de celui-ci est du 1" septembre 1600. C'est donc entre juin et août de cette même année qu'il a dû recevoir la copie de Scaliger. H. Estienne donna en 1589 son édition des fragments de Dicéarque, d'après la copie que Budé lui BWiii Jadis appoi lée d'Italie. Si, dès lors, l'original eût été dans la bibliothèque de a. Dupuy, H. Estienne, lié comme son gendre avec cet

(i) * Qui tamen omnes ex uno eodemque fonte promanasse milii videnlor^ italico nimiram codice, unde Budœus quoque descripserat. » Pr^f, ad Die, P- 7, éd. Maozi.

(2) « Si quid putaa esse in nostris quod te juvare posait, mittain quœ habea statlm. (ScaUg., Epist,, p. 734.)

homme illustre, n'aurait guère pu Tignorer, et il aurait complété son édition. On a donc lieu de croire que ce manuscrit a été apporté en trance entre les années 1589 et 1593 ; il aura rté cédé par le propriétaire à Cl. Dupuy. Après sa mort, ce manuscrit passa dans la bibliothèque de Pierre Pithou, qui ii*épargnait, comme on sait, ni peines ni sacrifices pour se procurer d'anciens manuscrits grecs et latins (1); de là dans celle rie ses fils, puis de ses descendants, où il est resté, comme on Ta vu, enfoui et ignoré jusqu'au moment où une vente publique Fa remis en lumière, en le faisant passer dans la Bibliothèque Royale.

Il résulte de cet exposé que le manuscrit de Pithou est aussi Toriginal des manuscrits de Dicéarque (2), et, par conséquenl, fies éditions de cet auteur, comme de ceux de Scymnus, de Scylax et de Marcien. Son importance s'en accroît encore. On jieul donc appliquer à ces fragments le même principe de critique qu'aux quatre autres morceaux que le manuscrit contient : c'est-à-dire que, pour ces fragments, les leçons de ce manuscrit uni seules une véritable autorité et doivent être acceptées toutes les fois qu'elles n ont rien d'impossible ni d'in\Taiseni- Llable. Avant d'en faire l'essai, je dois présenter une observalion qui n'est pas sans intérêt.

Cette observation ressort d'une circonstance que Tinspeclion seule du manuscrit de Pithou m'a révélée. Les trois mor- CL^aux de Dicéarque s'y succèdent sans interruption; aucun d'eux n'a de titre particulier. A la fin du troisième seulement, on lit le titre Aixatapxoy ivaYpafy; TfJ; *EX)jt$5;; d'où il résulteniit que prose et vers, tout était censé faire partie du même ouvrage.

Les mots ^{cç ^EXXaccç qui forment le titre général de Tédition d'IIœschel, et qui ont été répétés en tète du morceau en jirose, manquent dans le manuscrit de Pithou. C'est Hœschel qui a suppléé ce titre, sans doute par conjecture, d'après

{\] Louis Leroy» P. Pilhsei elogium^ p. 7.

{'!] 11 faut modiUer d\iprès ces uouvelles recherches ce que j'ai dit pin? huiil, p. 445.

DE MARCIEN D'HÉRACLEE. 4U0

les aalcurs anciens, tels qu'Athénée, Porphyre, Etienne de Byzance, Suidas et le Scholiaste d'Apollonius (1). D'un autre c6té, il n'est fait mention dans aucun auteur du titre 'Avjcypx^y; Tij; 'EXXiBo^, qui existe uniquement dans notre manuscrit. Dodwell {de Dicœarchoy § 9) conjecture, il est vrai, que celte ivxvpaçi^^ fut composée par Dicéarque pour servir d'explication aux cartes géographiques dont il est question dans le testament de Théophraste (Diog. Laërt., V, 51); mais c'est là une coDJecture toute gratuite et en soi peu vraisemblable, puisque ces cartes étaient celles de toute la Grèce, a? t*J; *,'^; ttî^-oSci, et non de la Grèce seule.

Jusqu'ici on s'est à peu près accordé à croire que les fragments en prose faisaient partie du ^''c; *EXXi5c;, et les fragments métriques, de ràvaYpa^r; -rfj; 'EXXiBc;. Ce n'est encore là qu'une conjecture, parce qu'aucun auteur ne parle de ce dernier ouvrage, et qu'on ne trouve nulle part que le philosophe Dicéarque ait jamais écrit en vers.

D'après cette observation, on doit se demander si les fragments métriques sont bien réellement de Dicéarque. De très habiles critiques se sont prononcés pour la négative. M. Marx n'hésite pas à les déclarer l'œuvre de quelque grammairien inhabile (m Creuzer, Meletem. II, p. 177). Un critique accompli, que les lettres viennent de perdre, A. F. Na?ke, se prononce dans le même sens : « Personne, dit-il, ne croit plus maintenant que l'ivjr^pa^ -rti^ 'EXXaBcç, mis sous le nom de Dicéarque, puisse être de cet auteur. » [Rhein. Muséum^ I Jahrg. S. 50); et M.Westermann partage cette opinion (flrfJ.G.Vossii Ukt, gr., 80). M. A. Buttmann seul persiste à l'attribuer à Dicéarque; mais les raisons qu'il allègue n'ont rien de fort convaincant. Que cette av^-^pa^ï; ait été versifiée d'après le périple de Scylax, comme le pense M. Marx, c'est ce qui ne résulte pas clairement de la comparaison qu'il établit; mais il paraît certain que Dicéarque n'en peut être l'auteur. Je me borne à

(1) J. G. Vossiiis {Hi$L gr., I, 9, p. 8! Wçst.)a déjà remarqué que cet ouvrage est celui que saiot Jérôme désigne par le» mots libri antiquitatum et descriptio

deux faits qui suflisenl pour le démontrer : 1** Dicéarque,(lâfls le fragment du gts; 'EXAdc^s;, donne 70 stades de tour à la ville de Thèbes (p. 14 Huds. et 126 Gail); Tauteur des fragments métriques lui en donne seulement 43 (v. 95); 2«» celui-ci, parlant de Lébadée et du temple de Trophonius, dit : « OnpréteiiA que c'est là qu'a existé Toracle (v. 98, Sxou ih ji-avreTcv aIy-j" Y£Y6v£vai). Déjà Hemsterhuis a remarqué (arfLuc. DiaL mort.. III, 1. 1, p. 339) qu'il est impossible d'admettre que Dicéarquc, disciple d'Aristote, qui avait composé un ouvrage spécial «(r la descente dans la grotte de Trophonius (xept TfJ? sic Tpoçwytca xrrz- 6aj£a)c), eût donné Texistence de cet oracle comme un simple ouï-dire. Ce vers ne peut avoir été écrit ni pau» Dicéarque, ni par aucun autre Grec vivant à l'époque où Toracle de Trophonius jouissait de quelque célébrité. A cette observation convaincante j'ajoute un indice qu'Hemsterhuis n'a pas remarqué, mais qui n'est pas moins frappant : c'est le mot ysY^vivai, qui atteste qu'à l'époque quelconque où ce vers a été écrit, l'oracle de Trophonius n'existait plus que dans les souvenirs de rhistoire ; ce qui explique comment l'auteur n'en avait parlé que sur ouï-dire (XéYsuffi). L'oracle de Trophonius est un de ceux qui ont le plus longtemps conservé en Grèce leur influence. Pausanias, qui le consulta sous le règne d'Antonin, nous montre tout le crédit dont il jouissait encore à celle époque, et Ton n'a pas besoin, pour établir le fait, des témoignages contemporains de Cclsus, de Lucien, d'Aristide, de Maxime de Tyr (a/?. Vandale, de Orac, p. 264 sq.). Ce vers décèle donc un auteur qui vivait longtemps après que cet oracle avait cessé. Ainsi TàvaYpa^Tî xij; 'EXXaSsç a été versifiée à une époque assez récente et probablement pour servir dans les écoles.

Le nom de Dicéarque doit avoir été accolé par quelque copiste à ces fragments métriques : 1*» parce que le sujet lui aui*a semblé analogue au gio; *EXXaBi; que toute l'antiquité attribue à ce philosophe, et que le titre àv. t. *E., donné à ces fragments, lui aura paru n'être qu'une expression différente de l'idée comprise dans les mots g. *E. ; 2® parce que le principal

de ces fragments est adressé à un Théophrastc qu'on a pris peur le fameux Théophraste (i), condisciple de Dicéarque.

Au reste, de ce que ces fragments ne sont pas Tœuvre de Dicéarque, il ne s'ensuit pas qu'il faille passer condamnation sur les fautes matérielles qui les déparent. Quelle que soit l'époque à laquelle ils appartiennent, ces fautes ne peuvent être attribuées qu'à celui qui les a composés. Quand on lit les vers iambiques de Léon VI (ix* s.), de Théodore Prodrome et de Tzetzès (xn« s.), de Manuel Philé (xiv® s.), ainsi que d'autres poètes (et quels poètes !)du Bas-Empire, on est convaincu que les règles de ces vers étaient observées assez religieusement de ceux qui en composaient encore, longtemps après que le vers politique eut presque envahi la poésie grecque. A plus forte raison, dans les écoles n'aurait-on pu admettre des vers aussi défectueux que la plupart de ceux des fragments métriques du prétendu Dicéarque. Les fautes qu'on y trouve ne peuvent donc être que l'œuvre des copistes. On va voir qu'en effet la plupart se corrigent à l'aide des bonnes leçons do notre manuscrit ou de conjectures toutes naturelles. Quant à celles que je ne parviendrai pas à faire disparaître, j'ai lieu de croire qu'elles céderont à des efforts plus heureux. Notrr^ poète inconnu, quelle que soit son époque, se trouvera réhabilité, comme Scymnus, qui d'ailleurs, j'en conviens, le surpasse à tous égards.

Y. 1-7. L'auteur dit que, dans aucun temps, il n'a fait comme quelques-uns, qui s'attribuent le travail d'autrui : $ù 7:avTo;,. . rSiov ti ^Xottcov, x' oj^tItov éTipwv tcovov, | oizep Ivisi xc'.îuj'v. âiJLauToD T'.6é[ji.£vc;. Cet sTépwv est peu poétique. Mais le manuscrit porte sTspcv, qui est la vraie leçon. Il ajoute que maintenant il va donner une description de toute la Grèce, vuv\ x£7uopY;y,a 7r^^ a-aîav 'EXXdtoa, | O-OTarusjJLEvaç TauTT) T£ 'zkq k^f^q -îtoXe».;, | Gi:o\yô'(o'i c!>x ajjLCJsav ajjut 0' 'EAATQv.y.cv. La leçon xszopv^t (2) est donner

{{] Dans les éditions, Toiivrage porte le titre de Tr,ç 'EUâîoç itpb; ©Eoçpa- (Tcov. Les mots iç. 0. n'existent pas dans le nis de Pithou. Us doivent être uut^ addition de H. Estienne et d'Hœscliel, fondée sur ce que le l*' vers de l'ivaypaçY) s'adresse à un Théophraste, (L ©Eoçpaore.

(2) On anrait pu conjecturer aussi que le poète avait écrit Tceicoîrîxa (dont la

:i02 SUR LE PÉRJPLE

par notre manuscrit; H. Estîenne et Hœschel ont proposé r.^T.i>ir^%x, leçon fort ingénieuse adoptée par M. A. Buttmana: Casaubon aime mieux xercpixa. Mais reiroprixa est régulièrement formé de l'inusité iropfo), inf. xopsTv, qu'on trouve aussi avec la forme réduplicative wsrdpsiv (Hesych. — Cf. Bœckh, NoL criL in Pind. Pyth, II, v. 57). Que ce parfait soit un temps forgé par analogie, comme d'autres formes que les grammairiens seuls ont connues et souvent inventées, cela se peut. Ce serait même une raison de plus pour le conserver dans des vers qui sont probablement Tœuvre de quelque grammairien récent. Le terme aTsi^sTsv répond ici, je crois, à notre mot principes, éléments [traité élémentaire) ; les rhéteurs l'emploient souvent pour dire une 7'ègle, un principe (Ernesti, Lex. technoL, p. 37), et il me paraît ici avoir le sens du Lehrbtich des Allemands. L'auteur donne son poème comme un livre élémentaire^ qu'il qualifie de ci/. àiJi.5J7dv, ajjLa 6' IXXijvixcv, qualifications qui seraient peu justifiées, si les fautes contre la métrique et la langue qu'on y trouve pouvaient être de l'auteur. Mais elles ne sont pas de lui.

V. 12. ùrcXap^Savù) yip àjfaXwç 6|a?v f^^etv. Au lieu de ujxTv le manuscrit donne f^i^Tv qu'il ne fallait pas changer, ainsi que Ta déjà fait observer Holstenius.

y. 15. Le poète dit qu'il décrira tous les peuples qui, dans le Péloponèse, ont un nom^ S t sotIv ev IleXcrsvvi^ja) ^évr^ | Xe^o- [jLsva. Ainsi porte notre manuscrit. Casaubon a lu ixà[iiiOL, suivi par tous les éditeurs. La correction est inutile.

V. 18. Il continue en disant que rien ne sera oublié, que tous les lieux passeront ainsi sous les yeux de Théophrasle, qui pourra retenir facilement leurs noms dans sa mémoire, <I>avcpûç âxa7T0)V b[Lo\6y(ùç -es xeijAivwv , | wjt ivaXaSévra xal Sti {^.vT^jjLr,; ïyv.f. L. Holstenius, en lisant àvaXa6£Tv Te xal, changeait la construction sans faire disparaître la difficulté; il faut un régime à l'un des deux verbes. On lira donc wjTe xal avaXa6svt' (X'j'x 3 là (JLVT^jJiTQÇ ïyeiv.

2« syllabe peut Hre brève), dans le sens de composer un poème. Mais aanît-on pu dire woieÎv Tr,v *EXXiôa pour rîjv ttjç 'EXXaôoç àvaypa^^v?

DE MARCIKN D'HÉRACLftR. 503

V. 29. Les éditeurs ont laissé passer cette singulière coupe de vers : Iw^avl^ | $'«?£pcv *A6Y;va^ hz' iv ai-rfi, xal A'.ijlt^...|, lorsqu'il leur était si facile de lire Upov o 'A0t;v5;, ou (epsv 'AOrjva; c'âcrr'.

V. 32. Il est dit que, selon Philéas, la linnile de la Grèce finît au Pénée, li zipa; ai-rf) o' îpyzzoïi \ ïtA tsv rsTajJLov Flr^vEicv. Saumaise, Vossius etButlmann ont lu xjif^;. Notre manuscrit, donnant B' ai-rtj, nous mène (à la vraie leçon, qui est xjtîj $\ C'est là un de ces datifs de relation que les meilleurs prosateurs, mais surtout les poètes, aiment à employer au lieu du génitif (v. Boisson, in Inscr. Act. ad cale. Holst. Ep,, p. 422 ; Matthîœ, Atisf.gr, gramtn., p. 389, g").

V. 42. D'Ambracift jusqu'à la Thessalie, le poète compte trois jours de route. Il y a là le fleuve Arachthus et une montagne à\Ve sacrée ...s^^si BàzoTai/.sv... | "Apa/Oîv... y.ai | ïps; rpé^- £7T'.v, ispcv 5' £ziy.6xXr|î;.£V5v. La leçon "ApayrOov est une correction de Casaubon. Ce fleuve est en efl^ct nommé ainsi par Strabon, Pline et Ptolémée. Mais Polybe l'appelle V\peO(iv, Tite-Live ArsBiho^ Callimaque et Lycophron "Apatôs;. La leçon de notre manuscrit ^'Apa-rflov montre que le poète a dû écrire "Apaièsv.

Quant au second vers, le dactyle du 4" pied est de la façon des éditeurs, car le manuscrit porte Upèv k'7,sy,AY;;j.£v5v, ce qui fait du 4* pied un tribraque. Le Bi est aussi inutile au sens que nuisible à la mesure.

Les V. 4ff et 47 sont fort mauvais : vr' 'AiJL^Qssyit • "Apyo; o' srcaliOi âim to | 'Ajji.ç'.aoxi>^5v • ^vz% to'jtcjç 3' 'Ay.apvavsç • tSkv.^ \ cjTôi 8' Ix^uort wXebvaç... L'hiatus du premier ne peut subsister, et le second vers est trop long. Une légère transposition et la suppression d'une syllabe les rendront très passables ...sV 'ApL^iXsx^t. 'EvTauBa S* "Apyo? bxl to | 'Ajj.9'.X5X'.y.5v • jjLsxi tsj; l\ 'Ay.apv5veî • xoXei; | x. t. X. Casaubon avait déjà pensé à toù; l\ et M. Gail à tojçB', qui est la vraie leçon.

V. 55. Pour éviter Thiatus dans ce vers, l-cspov 3' 'A^poSi-cr)? • ::cTaii.cv î' y; ywpa lyy, \ 'A/âXcoiv, on lira, comme le propose Casaubon, dont les éditeurs auraient dû suivre le conseil, iroTajxsv if; ycopa 8* lyei | 'AysXwsv.

Y. 38. *Ev fj irdXi; urdxe'.Tat IlXejpwv, xal iepov. Le manuscrit donne ITXeupwv jTcoxsiTat y,al lepsv. Il n'y avait pas de raison pour rien changer.

V. 60. ^'EireiTa KaXuîwv, vr.x K{$y;ç, at-r' 'Extva5e^. C'est la leçon de notre manuscrit, sauf la petite différence a?T£ AlxsvdBîç. Casaubon a déjà remarqué que Ktor^; est une vox nihili. Le vers ne peut d'ailleurs subsister ainsi ; car la seconde syllabe d"Eytvio£ç étant longue, le cinquième pied serait un amphimacre. Le poète a dû écrire : IxsiTa KaXuBciv eTtcv, clX t' 'E^^,vaSs^ I v^75i, T.o'zoL\kôç, t' Ejy;v5;; car il faut se garder de lire zsTaiJLoç S' avec le manuscrit.

V. 72. Voici un endroit fort corrompu, qu'on a vainement essayé de corriger. Après avoir parlé des Locriens, autrefois appelés Lélèges, le poète dit : l^stia, 4>(i)xeT^ i% AeXeywv ©eps- [jLsvst I T.x^' oiq TCsîisv KTptaaaTcv... Le premier vers est trop court; Casaubon lisait :;plv çspo[ji.evc'. ; d'autres ont lu èx twv AsXstwv, ce qui a l'inconvénient de mettre un dactyle au 4® pied. Mais la difficulté n'est pas là. D'abord h. AsXéYwv çepéiJLsvot ne se comprend guère; ensuite les Phocéens n'étaient pas Lélèges d'origine. Notre manuscrit, portant IxXsyûv, nous avertît que la leçon ex AsX^ywv est tout simplement une correction d'H. Estienne ou du copiste de son manuscrit. Laleçon sxXoYûvnous met sur la voie d'une soliition. Je propose : lireiTa $w/£ïç{sousent. eiatv), ê>t Xoy^wv îcplv ©epoixsvôt (1), « ensuite on trouve les Phocidiens, jadis amenés en ces lieux par l'ordre d'oracles; » ex XoYiwv çfpsdôai serait une locution très conforme au génie de la langue. Quant au fait, nous n'en trouvons nulle autre trace, mais il est analogue au rôle que les anciens oracles ont joué dans l'établissement de tant de colonies ; d'ailleurs il n'est point en contradiction avec ce que racontent les autres auteurs. Ils nous disent que Phocus, fils d'Ornytus et petit-fils de Sisyphe, vint s'établir aux environs du Parnasse (Scymn., v. 486 ; Pau8.,II, 29, 3 ; IX, 17, 3) ; le faux Dicéarque nous ferait connaître de plus le motif religieux de cet établissement.

(1) Ou bien eTt* eI<t\ «twxsîç, «x Xoytwv itpiv çepAfxevoi.

V. 77. La leçon du manuscrit âvTsvav-nxupa sert à rétablir ce vers trop long d'une syllabe... Kwpjxtsv «rcpcv • e'-c' IjV 'Avtiy.ipp Tzih^. Le mot âgri, qui trouble le vers, est une invention du copiste. Il faut lire ... sTtsv 'Avmupa réXi;.

Une correction semblable est à faire dans le v. 83, "ETspsv (i. e. opoq) KtOaspwv • eV er:' lîpwxc; réXiç, ce qui donne un spondée au 4® pied (bV Xi). Le manuscrit porte eiTevwpwri; ; le copiste n'aurait dû rien changer et lire ... sTtsv 'tip<«)7:oç rcXt;.

V. 81. Le poète place en Phocide une ville de Larissa après Cyparissus. Comme on ne connaît pas de ville de ce nom en ce pays, M. Gail a proposé de lire Amphissa, correction que j avais approuvée {Journ. des Sav., 4829, p. HO).

M. Boissonade remarque avec raison que nous ne connaissons pas les noms de toutes les villes de la Grèce, et que la leçon Larissa peut fort bien rester {Anecd., V, p. 420, 421). La confection que présente Casaubon, Aip'.ii te, pour Aaptadi T£, nécessitée par le mètre, est confirmée par notre manuscrit.

V. 89, 90. Le poète parle du temple de Diane à Aulis : y,' 'Ap't\Liioç '.epèv aytcv, o XévsTa'. XTCaai | 'AyaiiifjjLVwv • sTt y., t. X. Le 2e pied du second vers est un spondée, ce qui ne peut être. Notre manuscrit donne *Ay2\Li^^^tov2, qui conduit à la vraie leçon : ...S X^ysTat vMdxi \ *AyT^t[t.^o^' - sTt\ Le verbe X^YêTat serait pris au sens impersonnel.

V. 96. Kôrat 5à xsXt;, X 'Opyo\i.z^i^ • sT-ca iast» Îjo, | xéXtç A£62§{a. M. Buttmann est ici arrêté, et non sans raison ; [xerà cuo ne peut se prendre pour [ASTi Tajtaç -zxq Syo (xoXstç); T incorrection serait trop choquante. Il propose \li^x 8à tov ('Opxo[Jt.£vév), ce qui ne vaut guère mieux. Je lis sTxa jxet' oi tccXù, | i:oXt;, c'est-à-dire « non loin d'Orchomène est la ville de Lébadée. » Elles n'étaient en effet qu'à environ 60 stades l'une de l'autre.

V. 104. Dans les deux vers précédents, le poète a porté la longueur de la Béotie à SOO stades, [Aîj/céç kiv. -rtj; | BctwTfaç sriBt' w; Xî^stat, xsvToxédia. Il en donne maintenant la largeur : S'.axsata xat èôSoiA^xsv-' IjtI to ^Xûcto;. Le vers est faux si l'on ne retranche pas erri, qui se trouve déjà au vers précédent ; on lira 5'.ay.éî'.a B\ xal I65cjxi^y.cv-:a ^à rXiTcç.

rm SUR LE PÉRIPLE

V. 103 et 106. Dans ces deux vers, t:o':x\lz\*^ z lyt\, -riv '/st

le poète s'est permis la grave licence de faire brève la pénultième du nom propre 'lajxTjvôv, qu'il avait probablcrment écrit 'hlJLcvsv, comme Ta supposé Casaubon. Le vers suivant est misérablement estropié. Notre manuscrit donne Aswrôv ts 'Ajwr;/ T£ irsSu e-juôpa zapaxetiJLsva. L'heureuse correction de M. Ouf. Millier, qui lit Kv<«k:5v t£ (Orc^om., S. 81), lève une grande difficulté. Le vers devient Kvwrcv V 'AawTrcv, zt^C sjuSpa 'ï:apax£{;u'/a. Le dactyle du 4* pied peut encore être évité par la correction fort simple Ivuîpa, pour z^DÎpx.

Le vers suivant, "Erriv 5' lîrstTa yy>poL MeYapéwv IrrtTS | EVTSjftn est trop long d'une syllabe, à moins qu'on n'admette une synizèse dans Meyxpim. Une légère transposition peut encore y remédier I. 5'. I. Meyapiwv x^pa' *'^. fs | .

Les deux courts fragments sur Tile de Crète donnent aussi lieu à quelques observations. En place de vîSaoç xepîxXy?:; (v. 111), le manuscrit de Pithou et celui de Casaubon donnent rep-xXuTToç, que M. Marx préférerait si, dit-il, « le poète n' était pas trop mauvais pour avoir employé cette épithète homérique. » La raison est curieuse, comme le remarque M. Miller. Il en est une autre, uri peu meilleure, qui aura déterminé lo copiste du manuscrit d'Hœschel à changer la leçon : c'est quo l'idée de rspfxXurroç se trouve trois vers plus bas, dcirwwv c' s(7Tt zeXavtwTdrnr; {la plus avancée de toutes en pleine nier). Il esl vrai qu'Hœschel avait changé cette excellente leçon, que lui donnait son manuscrit, en ^laXatcoTanf) (il devait dire T^aXais-rii ou iraXaiTdrnQ), qui rompt la mesure.

V. 121. Le manuscrit donne ainsi l'épithète de Diane Dictyne, 'rf;v Osov A(y.Tuvav. Il est probable que le poète avait écrit AfxTuwav, comme plus bas il a écrit 5poç ts AtxTJwaicv, qui est la vraie leçon, ainsi que l'a remarqué M. Miller.

V. 122 et 123 ... EÎtcv âircepa^xv XsYOfxf/Yjv | ht \u7o^six. Le mol 'A:r:spa(av est une correction fort ingénieuse, et peut-êtrf vraie, de Meursius, adoptée par les éditeurs. Notre manuscrit porte 'AYYapa(av, nom à la vérité tout à fait inconnu. M*'^

combien connaissons-nous de noms entre ceux des cent villes de la Crète Hécalompolis?On peut donc hésiter encore à abandonner la leçon de notre manuscrit. Mais le poète n'a pu commencer le vers suivant par h ixeaoYsia; il avait nécessairement écrit Iv Tfj jjL. ou employé un tétrasyllabe formant unquatrième pseon (-'--); dans ce cas, il avait pris la forme attique [/.ewYiw, qu un copiste peu scrupuleux sur le métro aura remplacée par la forme ordinaire.

Nous voici au fragment de 21 vers sur les Cyclades. 11 a peut-être été plus maltraité que le reste parles copistes.

V. 130 et 131. Dès le commencement nous trouvons une absurdité palpable. Le poète dit que les Cyclades s'étendent au delà du cap Géraeste en Eubée : -riç lï KuxXi$a; vi^acuç 6pù);jLsv xs'.îxéva^ I Oxàp TepaCrcou, ce qui est bien; mais il ajoute : xpc; l\ tï;v jxeOTQjjiSpiav | ojjaç. sv E'j6s(2, T:tÇKtyz\iZOL^ 5è to | icfXaysç 'o Mup- Twsv. Comment peut-il dire que ces lies sont placées en Eubée, cj7aç h Ei6o{a? Cela est impossible. Malgi'é le manuscrit, je lis hardiment : rpoç lï tt;v [jieTr/^îpîav | cuja; ^h EiSsCa^, icepieyz'j'soL^ 5é, c'est-à-dire « étant situées au midi de l'Eubée, et enveloppant la mer de Myrtos. » Le [/.fv répond au U du second membre. Le poète met souvent ainsi le génitif : ^^tipaç 7:pc^ £w (v. 83), AoXdrwv î:poç [jL£jr|jjL6p{av (v. 62), 7:po; jjisarjixîpCav AiTcoXCaç (v. 70).

Dans le v. 135, il est question d'une île de Sunium dont personne n'a jamais parlé, excepté Solin (VIII, 20), dans un passage où sont d'autres erreurs (Salmas., Exerc. Plin,,^. 101 , a. F.) : hffjç Kitù^ xpwTY) TSTpdbr^Xtç, Souvtcv | vfjjoç, Oiroxeitat y.x'. /^jx^. Supposer que vfjw; est ici pour x^P^^'^tq^oç et que cette llo n'est autre chose que le cap Sunium, ce serait faire une conjecture forcée et inadmissible dans ce passage, oii il n'esL question que de véritables lies. M. Buttmann propose ingénieusement de changer la place de krf^ùç et de vijwç en les substituant l'un à l'autre (vijToç Kéwç et syyù; OwéxetTai) ; mais co déplacement ne remédie pas encore à la difficulté. L'erreur est dans le mot vfjaoç, que les copistes ont ramené là du vers suivant, qui commence aussi par vfjjo;. Je change donc ce mot,

et je lis : kyyhq Kéwç -rpcoTTi TSTpaxoXtç, Scjvtôu | [àvrtcv] yrsxî'.Taî!. xxl XtjA^^v, « La première est Céos près de TAttique et vis-à-vis de Sunium, avec quatre villes* et un port. » Ce port est celui de Julis, à présent port de Zéù, Tun des plus beaux de VArchipel (Brœdsted, Rech. etvoy. en Grèce ^ I, p. 5, 6).

V. 138. Voici encore un vers bien altéré, parce qu'on s'est écarté de la leçon du manuscrit. Après avoir parlé de Céos. de Cythnos et de Sériphos, le poète dit, selon les éditeurs: "ETreiTa SCçvôç, xai Ilapoç kyo\Lirri, \ tyou^x Xi[;.lva^ Suo. Mais 1p manuscrit porte Ixeiia Siçvo;, y.a'. KijxwXs^ £}(C|j.évT3, | ïysoiz X. s. Le vers est très bon, et Tindication fort exacte ; car Cimolos est tellement voisine de Siphnos que, selon Strabon (X, p. 434). de Tune on voyait Fautre. Son nom se trouve donc amené naturellement après celui de Siphnos. C'est M. Marx qui a substitué Uipzq à KijxwXoç, et M. Gail a reçu cette mauvaise correction, dont ,1e moindre inconvénient est de rendre le vers faux. Du reste, on peut s'étonner que le poète ait passé les îles de Mélos, dont le nom venait si bien après Cimolos, de Syros et de Paros , qui sont au nombre des plus importantes parmi les Cyclades. Aussi je crois que les noms de ces trois îles se trouvaient placés après celui de Cimolos et avant Délos, c'est-à-dire dans deux vers qui suivaient le v. 136, de cette manière :

"Eireita Sîçvoç, xa\ Ki(i(i>Xoc exofJilvY),

lM7i>6ç xe

Sypo; te xà\ IlàpoCi]

'^•/ouaa Xt|jLéva; ô\5o, x. t. X.

En effet, la circonstance des deux ports a dû s'appliquer à Paros, puisqu'on lit dans le périple de Scylax : Ilapcç, Xi;jivi; lyouaa Swo (p. 22 Huds.). Le nombre de ces trois îles complète celui de dotize (Strab. X, p. 483), l'auteur ayant mis Naxos parmi les Sporades.

V. 141. Ce vers relatif à Délos et à Mycone est faux de tout point : V£(oç t' 'AiriXXwvoç * eï-rev kyG[iÀrt\ \ Myxcvsç. Il faut lire : vewç 'A::6XX(i)vdç t' • ê^ettev iyp\i,trrt \ Mùx.

Page 1