V. 144. Après les Cyclades viennent les Sporades. Ici, une
DE MARCIEN D'HÉRACLÉE. Um
(lifliculté géographique : au nombre de ces îles, le poète coiiiplL! (amolos, voisine de Théra, los, Naxos, etc. : I,T.opi^zç iv ^T; K';juoAc;, vr.i^ si xsX'j | cerAyzj^x ©^pa vijîsç. Mais 1*» CimoIoH, située au nord el tout près de Mélos, fait partie des Cyclades, et non des Sporades; 2» elle est fort loin de Théra; S** le ]»oèkî a déjà cité Cimolos plus haut et à sa vraie place. Il est de loule évidence qu'il aura mis en cet endroit le nom d'une autrrj il*j des Sporades, à savoir Sicenos ou Sicinos, île située à côlé d'Ios el de Théra, dans Tordre où le poète a dû prononcer son nom, lequel entre justement dans le vers : ... ev al; S{/,t;voç, îIt£v cj tisXù I X. T. X. J'écris 2{y.Y;v3;, parce que c'est Torlhojrraphe suivie par Strabon et Etienne de Byzance. Les édiUurs de l'un et de l'autre ont, il est vrai, changé la leçon du mafluscrit en Sixtvs;, mais sans raison suffisante. Sans doiilc?, Solon(fr. XVI, 3, Gaisf.) et Apollonius de Rhodes (1-624, 62;j), ont écrit ainsi et fait brève la 2* syllabe. Mais rien n'empèclte que la double orthographe n'ait été usitée, parce que la pénullième étant brève ou longue à volonté, SCv^r^vs; ou SV.'.v^; offraient la même prononciation. Cette double quantité n'a rien que de /ort naturel, puisqu'elle existait encore pour d'aii- Ires noms tels que Sups;, dont la r% brève dans Homère [<hL. XV, 402) et Christodore (v. 351), était quelquefois longue, comme le dit expressément Strabon (X, p. 487; trad. fr. IV^ p. 165; — et la note de M. Groskurd dans sa trad. ail., t. II, •H9). Elle l'est en effet dans ce vers phérécratien de Diogèuo de Laërte, cv m-csi r.o-à Sypsç (I, 119) et dans Ovide [Met , XIII, 7). Il n'y a donc nulle raison pour s'écarter des maQUscrils de SlraboTfi et d'Etienne de Byzance, qui ont pu écrire -•'/.t;v:; -aussi bien que Stxtvs;. On pourra admettre Tune ou Taulre leçon dans le vers du faux Dicéarque.
Je crois avoir démontré que ces fragments métriques ont élé originairement écrits avec correction, et quelquefois avec loule l'élégance que comporte un poème didactique proba- Wement destiné aux écoles. L'auteur quelconque de ces vurs avait donc rempli l'espèce d'engagement qu'il a pris en cornïwençant, siy, aixcuciv, a;j.a O' èXXr^vtxov. Selon M. Marx, un des
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éditeurs" (p. 210), ce serait peine perdue que de chercher à rétablir tant de vers détestables. C'est au lecteur instruit à en juger, d'après Fessai que je lui présente.
Pour le morceau en prose qui, dans les éditions, porte le titre de Bis; *EXXaîc;, le manuscrit offre peu de ressources. Il ne donne que des variantes assez insignifiantes qui ne touchent à aucune des difficultés graves que présente le texte, ou ne font que confirmer les corrections diverses qui ont été proposées, et dont on trouvera l'indication dans les variantes rie M. Gail et les observations de M. Buttmann (cf. Jounwl (les Savants y 1829, p. 109-110). Je me contenterai de rappeler deux nouvelles conjectures pour le passage relatif à Orope (p. 122-123 Gail) : 'EvrsuÔev si; 'ûpwxov 8ii AaçvtBsv xal t:^: \\\x(f'.xpio'j Atoç Upsu, 6So; (cod. èîov)... Au lieu de AaçvtSsv, on a lu AeXçivCcu. M. Wordsworth propose 3».' 'AçfSvwv, en passant par Aphidnœ, ce qui parait bien vraisemblable. 2^ 'H lï zil:; T(T)v 'Ûp(t)7;{(i)v (cod.'ûpciKTwv) ctxsCa Qr^ôwv errf. Au lieu de cîxsia. qui ne se comprend guère, M. Leake lit oazoïyJix et M. Wordsworth Gxta, leçon fort ingénieuse, ce qui ne veut pas din' qu'elle soit la véritable {Tram, ofthe R. Soc. of Liter,, 1. 111. 407, Lond. 1839).
A propos de la position de Thèbes (p. 126 Gail), l'auteur dit que cette ville est située èv [xéao)... t^^ twv Bowotwv x<^P*^» Notn» manuscrit porte Iv jjLfar), que M. Miller croit devoir préférer, à cause de t^; yj^p^^ qui suit. Je serais d'un autre avis. La correction êv jjLédw, que H. Estienne et Hœschel ont trouvée dans leurs manuscrits, me paraît certaine. Pour admettre èv 'M^il faudrait lire èv \LiTri r?)... x^ipa. Quand le mot qui suit èv ixir*;' est au génitif, le genre ou le nombre de ce mot est indifférenl. parce que èv \Li<j(ù (SiacTr^^xaTi sous-ent.) est pris substantivement : on disait donc èv j^iao) tf^q yj^pxq^ TfJ^ TcéXew^ ou twv TrdXswv ; et h [LiTTi T^ X^P?i ^^Xet, èv \ki7xiq 'zxXç ytùpouç, TviXsfft, etc.
Dans un dernier article, je ferai quelques observations sur lu texte de Scylax et de Marcien d'Héraclée, dont M. M. nous a donné une édition bien supérieure à celles qui l'ont précédée.
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3* Périple de Scylax.
Ce morceau, l'un des plus précieux pour Thistoire de la géographie ancienne, est malheureusement défiguré par des fautes et des lacunes nombreuses. L. Holstenius regardait ce texte comme Tun des plus altérés qu'on ait jamais imprimés [Epist., p. 18) ; et Bentley déclare que c'est un des livres le^ plus corrompus qui soient au monde [one of the most corrupted fmks in the world, R. Bentl, on Phalar. Le tiers, p. 377, — p. 180 ed.Lennep). S'il en existait plusieurs manuscrits d'orifrines diverses, on pourrait espérer d'arriver à le rétablip; mais il ne reste qu'un seul manuscrit, celui de Pithou, qui est l'original de ceux d'après lesquels la première édition a été publiée. Les copistes de ce manuscrit unique ont bien pu s'en écarter dans quelques détails, mais il n'est guère probable qu'il su trouve entre eux des différences importantes. La collation exacte, exécutée par les soins de M. Miller, a cependant fourni plus de leçons nouvelles qu'on ne pouvait s'y attendre, et elle a donné le moyen de remplir quelques lacunes dont on soupçonnait bien l'existence, mais dont on ne pouvait savoir l'étendue.
Le périple de Scylaxaété l'objet de recherches nombreuses relatives à l'antiquité du livre, à sa composition et ^.ux nolions géographiques qu'il contient. M. Miller n'entre, à cet égard, dans aucune discussion ; il ne prend point de parti entre ces opinions diverses. Arrivant sans détour à son but principal, qui est l'indication des variantes, il se contente de renvoyer au Mémoire de Sainte-Croix [Préf,, p. xv), mémoire qui est un des plus faibles de ce savant, et à présent bien suranné. Peut-être aurait-il été bon d'indiquer des travaux plus récents, tels que la dissertation si intéressante de Niebuhr {Abhajidl. der Akad. zu Berlin, 1810, — Kleine Schriften; Bonn., 1828, 105 ff.) ; celle de M. Gail (Paris, 1826), les observations consignées dans ce journal (février, avril et mai 1826),
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cl les éclaircissements donnés dans la nouvelle édition df M. Klausen [Hecatœi Milesii fragm, Scylac. Caryand. periplus, Berol., 1831). Je regrette que M. Miller n'ait pas eu sous les yeux cette dernière édition, où tous les travaux antérieui>i sont résumés avec une précision savante et judicieuse. Celle édition me parait aussi bonne que pouvait Tètre une édition de Scylax avant la collation du manuscrit de Pithou.
M. Miller, qui n'a donné que les variantes du texte du périple, a cru devoir publier de nouveau en entier le court argument placé en tèle, et il a bien fait, puisque le manuscrit lui a fourni le moyen de le donner plus correctement. Il y a rectifié plusieurs fausses leçons et intercalé quatre mots {t.^cH-zï^ 'TT^i 'A-j^'arîv y.ai...), qui manquent dans les éditions de Vossius, d'Hudson et de Gail. Cette omission n'est pourtant qu*une inadvertance de leur part, puisqu'ils se trouvent déjà dans l'édition d'Hœschel.
La première phrase, qui n'offre aucune syntaxe, me semble pouvoir être rétablie par un bien léger changement : -rwv ck ^XsiffTwv Iti jJLSpwv -rîî^ xa6' ifiiJLaç ciyxu^iivy;ç, xai -rij; Ivîsv 'HpaxXeîwv CTTTiXwv ôaXaGTŒYjç, riEPA Twv TîôXXwv «YvocuîAévwv (cod. oY^csupiivwç^ TztpiizXo'xf Tfjç cr/,ou[jL£vr,; i^T^pi^T. îrpseO.eTo. Ce luépa ne se comprend pas ; il faut lire IIAPA twv ttoXXwv aYV55U|jLévwv, le participe se rapportant à [xepwv qui est au commencement. Je traduis: « La plus grande partie de notre terre habitable et de la mer en deçi des colonnes d'Hercule, étant alors encore inconnue du vulgaire ({xepwv... 'KOLpx Twv TcoXXwv (Ti'voouiAévwv), (Scylax) jugea utile d'écrire un périple de la terre habitable. » Un auteur de la bonne grécité aurait dit tciç roXXcTç àYvcc'j[jt.£v(i)v ; mais le rédacteur de l'argument a pu joindre à ce verbe le régime des verbes passifs, puisqu'on trouve déjà dans Agathémère (p. 176, Gron.) A'.Suy; jç' 'EXXi^^vwv t^v a'^'vwcrTcç izi^fij, pour "EXXr^^tv ^Sv a-p. Or les prosateurs d'une époque récente ont employé ::apa au lieu de •ji:o, conime l'a prouvé B as t après Munker(/-<?Wr<? cr«V., p. 117). La pensée équivaut à celle qu'exprime Marcien d'Héracléeen parlant du périple de Timosthène (p. 64, Huds. ; — p. 113 et 114 éd. Miller).
Quant au texte même du périple , les bonnes leçons du manuscrit ont été signalées par M. Miller, et il les a expliquées par des remarques savantes et judicieuses. J'indiquerai principalement celles qui se rapportent aux pages (de Tédition de M. Gail) 240, 1. 9; 242, 1. 14 ; 243, 1. 1 ; 248, 1, 4 ; 256, 1. 7 ; 260, 1. 40 ; 262, 1. 10 ; 267, 1. 8; 268, 1. 5 ; 271, 1. 1 ; 274, 1. 13 (ces deux dernières remarques sont excellentes); 278, 1. 12; 279, 1. 10; 281, 1. 13; 299, 1. 5; 304, 1. 15; 318, 1. 4; 319, 1. 2 (1). Les éditeurs futurs deScylax s'en serviront avec avantage pour améliorer le texte, qui malheureusement reste encore dans un état désespéré pour une multitude de passages importants.
Indépendamment de ces restitutions de mots isolés, le manuscrit sert à remplir plusieurs lacunes.
Par exemple, à la page 311, 1. 10, de M. Gail (47 d'Hudson), le copiste du manuscrit d'Hœschel avait passé six lignes entières de son manuscrit, trompé par le mot Max<x{ qui revient à six lignes de distance (2). Ce passage remarquable, qui manque dans toutes les éditions et qui devait y manquer, celle d'Hœschei ne le donnant pas, complète le périple de la grande Syrte, On y trouve plusieurs noms jusqu'ici inconnus. Par malheur le manuscrit présente quelques leçons fautives qu'on n'a guère le moyen de corriger; on sent bien qu'il faut lire £v Tw xctActarw 'rtjç S'jpTtSsç, au lieu de ev tîJ; et $iXa{v9u^u)[jt.c{, pour $tXa{5; ^[t.6q ; mais que faire de sTriveiov a;ji|i.cuveç àXcy<; tîJ; ^ùpv.ooq? Il y a là une ou plusieurs fautes; mais lesquelles?
Une inadvertance du même genre, de la part du copiste, a causé une autre lacune que M. Miller a encore heureusement remplie à l'aide de son manuscrit (p. 313 de Gail, et 48 d'Huds.); on y trouve une ville inconnue de Tarilia, près d'^lbrotontimy à TO. de la grande Syrtc.
(1) M. Miller (p. 199) lit très justement £*i6apic t| xa\ 6oupta, au lieu do 2. xai 0. Quant à la correction Kcoiciai qu'il propose pour 'Am'ai dans le scbollaste d'Aristophane {Nxib, 331), elle a été faite depuis longtemps.
(2) Au re^te, il est si difficile d'éTiter de telles erreurs, que M. Miller a introduit dans ce passage les mots (lé^pi to02 oréyiaTOc qu'il a pris, par inadvertance, à la ligne précédente du manuscrit.
Une autre lacune (p. 271 de Gail) se trouve dans la description de TAttique : entre le cap Sunium et Rhamnus, notre manuscrit indique ces lieux : Upov Ils^yetBwvs; • Elpixè; TeT)^:: xi \K\kht^ §*jo, qui manquent dans toutes les éditions. M. Miller propose eiptxoç, au lieu de Elptxd;; ce qui me paraît certain.
Je dois encore une mention particulière à une très bonne correction qu'il a faite dans le chiffre relatif à la largeur da Delta (p. 303, Gail). Les éditions portaient ^t', ce qui ne veut rien dire ; Vossius avait lu ^rJ (780). Le manuscrit donne, ,6:' (2,300); M. Miller en tire (xt' (1,300), qui est la mesure donnée par Strabon et Diodore de Sicile.
Mais la lacune la plus importante est celle dont j ai parlé, causée par la perte de la plus grande partie du feuillet formant les pages 93 et 94 du manuscrit. Le copiste de celui d'Hœschel avait tiré du recto (p. 93) tout ce qui s'y voit encore, et les éditeurs, particulièrement Vossius et Iludson, avaient essayé de suppléer à ce qui manquait. Ils n'ont pu le faire qu'au moyen de conjectures, dont quelques-unes fort probables que M. Miller adopte; il en ajoute d'autres qai ne manquent pas non plus de probabilité ; mais, comme à partir de la septième ou huitième ligne (v. le figuré de cette page, plus haut, p. 446), il ne reste plus qu'un petit nombre de lettres, les restitutions deviennent tellement hypothétiques qu'il est bien difficile d'y compter.
J'en dis autant de la page 94 que le copiste du manuscrit d'Hœschel avait entièrement passée; après les six ou sept premières lignes qui peuvent se rétablir, et que M. Miller a rétablies en effet d'une manière ingénieuse et très plausible, les éléments conservés font défaut à la critique. On peut ré/<7/rf le texte, mais non le rétablir. Tout ce qu'on y devine de bien certain, c'est qu'il y était question des bouches du Nil, et qu'il devait y avoir là quelques détails intéressants dont la perte est fort regrettable. M. Miller sent lui-même combien de telles restitutions sont conjecturales, et il les présente avec une modeste réserve. Je crois qu'il en est plusieufô qui, sortant de» conditions du problème, ne peuvent éti'e admises. Par
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exemple, il y a deux lignes (la 9* et la 12*) qui commencent par la syllabe xiq. M. Miller met au-devant rsXtç Tovjx^ et î:6Xtç RoX6i':î]x-^i, ce qui s'entendrait des villes de Tanis et de Bolbitine. Mais je croirais difficilement qu'un Grec ait jamais parlé ainsi, et dit, par exemple, tSk\^ Maî^aXtwTtxri pour Marseille, ou tAli^ '\(h^xiY.it ou 'Attix-^ pour Athèiies; l'adjectif, en ce cas, ne peut indiquer que Yorigine, et s'appliquerait très bien à une colonie, ou désignerait un lieu placé sous la domination de ces vîlleSp Je préfère de beaucoup l'autre conjecture qu'il propose en noie, ^sXî; ^2TX(]%i„ et je l'applique aux deux cas. L'épithetc paraîtrait avoir été donnée par l'auteur du périple à ces deux villes qui, ayant été des résidences royales, pouvaient conserver encore un gaç'IXetov ou des ^xiCkzix.
A la fin de la page, M. Miller a introduit le nom d^Alexamin^ {îîzz\xzy [Kovw-Kt/.ov xai Kinùxoq zo/xi;, 'AXeSovîpsta xsXtç, X'.jjlvtJ yj cvsjjia y.. ",. X.). Mais ce nom n'a pas pu s'y trouver, puisqu'il est reconnu que cette partie du périple a été rédigée avant la fondation de cette ville. D'ailleurs, à la page suivante, l'uult^'ur parle de Pharos, île déserte. C'est laque la mention d'Alexandrie devait se trouver, si cette ville eût existé au temps de cet auteur. Mais alors, il n'aurait certes pas représenté Pharos comme une île déserte. (Voy. mes Obs. dans le Journal des Savants, 1826, pag. 2o9-260.)
Ce que je viens de dire du travail de M. Miller sur Scylax montre qu'il contient de bien précieux éléments pour une nouvelle récension du périple. A l'aide de ce travail, rapproché de celui de M. Klausen, on peut améliorer ce texte altéré, autant qu'il est possible de le faire maintenant.
Au nombre des passages désespérés, on peut mettre celui qui concerne la longueur du littoral entre l'Espagne et Rome, Selon Scylax, les Ligyes habitent depuis le Rhône jusque Antium; on compte quatre jours et quatre nuits du Rhône à Antium, et la même distance (VAîitium à Rome. M. Miller croit que le texte va parfaitement avec Antium, et que les distances sont fort exactes; mais qu'entend-il par ceiAfitium? Ce lieu-là est évidemment inconnu ; car il serait absurde d'y voir VàH'
iium de la côte du Latium, le seul Antium pourtant que Ton connaisse. Ce nom nous cache celui d'un lieu de la côte de Gênes, comme je lai déjà conjecturé [Journal des Savants, 1826, p. 84). Selon M. Walckenaer, c'est Gênes lui-même [Géogr. anc. de la Gaule, t. I, p. 33). Mais il faut bien convenir que le nom fait ici une grave difficulté, et que toule opinion à ce sujet ne peut être qu une hypothèse.
Un passage non moins difficile est relatif à lister; il y est dit que ce fleuve ... et; tov IIovtsv h^HXktt. èv3ta7y.euva)ç elç Ar- YJXTcv (p. 7, Huds. — 246, Gail). Cet inintelligible et barbare evStaff/sjvu); a été changé en zsvTarréii.w; par Vossius, en ev AéA'rj (jxeyîj (i; par Gronovius, en evBîaffxcîrejwv eiç par M. Gail. La leçon la plus problable, et assiu*ément très voisine du texte, est celle que propose M. Klausen ev Sia(7xeirt} wç el^. Celle expression est pourtant bien singulière, pour exprimer ce qui, du reste, parait avoir été dans la pensée de Fauteur, à savoir que rister avait son embouchure tournée vers et vis-à-vis celle du Nil (Hérod., H, 34). Jusqu'ici je ne vois rien de mieux. Mais cela n'est pas encore satisfaisant.
On pourrait citer bien d' autres passages altérés qui donnent lieu de craindre que les jugements rigoureux d'Holstenius et de Bentley ne continuent longtemps encore d'être applicables au texte du périple ; mais il vaut mieux en indiquer quelquesuns qu'il est possible de restituer d'une manière satisfaisante.
P. IS Hudson, et 260 Gail. Après le titre KOPINeOS, on lit : Mexi Sa MeyapeT; f^ KopivBo; Tzàliq ejTiv, !spov... As^aî^v, ts^^dr. Notre manuscrit porte, sans lacune, M. S. M. i^ Kopivôc^ tcsXi; xr. lepov «ryvsv, IcjOixcç (!)• H n'est question là ni de Léchéum ni de Cenchrées; a^-po^t nous cache certainement ayicv (2), comme Tavaient présumé Vossius et Paulmier. Cet adjectif, avec ou sans complément, indique un temple célèbre, l'objet d'une vénération particulière : ainsi Hérodote a dit : 'A^pcSCrr,^ et
(1) M. Miller remarque fort à propos que le titre de Il£Xoicovvrj<jo;, après t<jO(jLic, manque daus notre manuscriti et ne peut être qu'une addition de copiste.
(2) *Ayv6v serait encore plus près de la leçon, mais le sens eu serait lin* propre.
DE MARGIEN D'HÉRACLÉE. 517
*HpaxAiô^ (spov x^5v (H, 41, 44); Diodore de Sicile Upèv aytcv *Hj«ôi«î (y. 62, cf. V. 72) : on trouve aussi, sans le nom d'une divinité : Upov jjuiXa «ytov, îepcv dtYtticatcv (Xcn. , Hellen, , III, 2,14; Paus., II, 13,3; — cf. Thés. Ibig. gr. ed.Didot, 1. 1, p. 319, c. d.). On doit donc lire Ms-ri Sa Ms^apsT; ^ Kop'.veo; ^sXiç st:1, xa\ Jepàv f.'tsv, loOiA^ç. Ce temple vénéré était celui de Neptune isthmien.
P. 236 G. et 13 II. A propos de la ville de Leucade, il est dit : To 7:p.v y.a\ 'ETrtXsuxàStc. (ivsjjLoCsTo. Le manuscrit porte 'Ew- Xeuxaotcotwv wvspLaÇsTs. Le -rwv n'a aucun sens, il faut lire *Ew- Xsjxiîwç, comme M. Bœckh l'avait déjà deviné {ad Corp. in$cr.,i. I, p. 58, col. 2).
P. 261 G., 16 H. A propos de TÉlide, les éditions donnent : MsTi 8à *Ayxioùç «btv (cod. Irrtv) ?ôvc; *HX'.; xa\ i:dXi; (cod. roXeiç) iv aOTîj (cod. «r Sa) KyXXT^iVr;... l<7Tt Sk xa\ «XXtj, ffvvcix'a ^GXeb)v 'HXe'otç (cod. 'HXieî;) èv ixewYs.'a. L'addition «rSs montre qu'il a dû y avoir au moins deux villes nommées : dans l'ancien texte il ny en a qu'une. Il faut lire M. 8. A. ïc-vf lôvs; *HXt; • xat izi- Xet; sv aùvfj «rSe* KyXXi^iVT»;... lori Sa «XXt; auvcxta i:ôXewv *HXt;, sv \i-z7zyticc. M. Klausen a vu aussi qu"HXs(ot; devait cacher le nom de la ville ; mais la conjecture avait été faite avant lui dans le Journal des Savants (ann. 1826, p. 201).
P. 266 G. et 19 H. L'auteur du périple termine l'article de la Crète par les mots Xé^ctat 3è eîvai èxaT6jxi:oXî;. Le dernier mot est une correction, car le manuscrit porte Ixa-ov rSKtiq. M. Miller remarque avec raison qu'on pourrait conserver cette leçon, si on lisait eïvat ev ajTfj è. i:. On aurait le même sens avec Xé^exat S' £5)rT;x£vat ixarccv rShv.ç. Mais la vraie leçon me paraît être y^iy^ixi Sa xat *ExaT6;jw:5Xi;. C'est en effet l'épithète que la Crète reçoit d'Homère : o? KpT^^Tr^v *Exa-:é|À7:cXtv iiAçsvéjxovro (//., B. 649), ce qui revient à celle de *ExaT5ixir:oX{60pcv que lui donne Euripide (Fr. Cret. 11,4).
P. 304 G. et 43 H.... To So llr^Xsjïtaxcv xal iraXiv (r/iÇetat Stya ; on peut 6ter le point après neXcu(7tx/.dv.
P. 305. 'ErV cà Tw <r:é\L(xv. Kavwir.x(o. Cette incorrection n'existe pas dans le manuscrit de Pithou, qui donne exl Se tw <ïî5iJiaTt Tw Kavù)::îxû. Quelques lignes plus bas, en parlant de
Canope, Tauleur dit xal (n;{xeTa sijT'.v ev ai-cf) toîJ MsvéXsw tcO xuScpv^Tou...w5voixaKavu)7:oç[to [/.vîîjjia]. Ces deux dorniors mots, qui troublent la construction, sont une glose de oYjjji^Ta, et doivent être retranchés.
P. 308 Gail, 45 Hudson. 'Ex IIXiîvwv ûç IléTpavra |ji... Le manuscrit donne sans lacune elç IléTpavraTov iii^*^» 1® copiste n'avait pas pn lire Tabréviation de i^éyav. M. Miller propose de lire eiç IléTpavra jx^Yav; mais pourquoi retrancher tsv et ne pas lire sic riétpavra tov [/.éyav? A la ligne suivante, on trouve IH-pa: b [L'xpiç ; plus bas il faut encore ajouter l'article ; «Trà Ilixfxnzz
[tsO] [JLtXpOU.
p. 318 G., SI Hudson. Le copiste du manuscrit d'HœschcI n'a pas su lire la même abréviation. Hœschol et les autres éditeurs ont donné "A-^pa, tcoXi? Me... Xt;jM^v. Notre manuscrit porte [ASY^Xr^) qui complète la leçon : seulement il faut lire, non pas izà'kiç MeyaXri, ce qui ferait de Me^aAr, un nom propre, mais "Axpa, TzàXiç ixeYaXirj, xal Xijjli^v.
P. 319 G., 51 H. La leçon du manuscrit permet de rétablir un autre passage. L'auteur récapitule le périple de la Libye, depuis rÉgypte jusqu'aux colonnes ; il dit : TiOeixivou tsî X^y».- GjJLOu xata talîTa evi:ep««7(a xai Eipturj) yiypxi:^x{. On a proposé de lire w«7Z£p êv *A(j(a, ce qui est assez naturel. Cependant, si l'on se rappelle la phrase analogue où Scylax donne le périple de l'Asie : AoYtîcjJisvci) xa-ca tov auTOV Tpciiov ôv 'sspl Eip(i:n)ç ysYparrr. (p. 305 Gail, 43 Hudson), on verra quïl faut lire ... Tçy Xsyxr^'j xarà TauTa, coç xep: 'AçCaç xal EipcoTTr^ç y^YP^^^*'-
Je rappellerai encore, en terminant, la restitution que Niebuhr a proposée à l'article de la Scythio : au lieu de 2:>pjdr:r., ?evoç xai iroTaîioî Tavaïç ip'IÇei, il lit : STPMATAI. [MsTa 8à ^Ix-JOi; eWl Sjpjxarat], êOvoç xal TusTaiJLo? Tavaïç [oç] ipiÇst {Kleifie Schriften, 1. 1, p. 382). Cette restitution, conforme à la tournure ordinairement admise par Scylax, est fort probable ; mais le manuscrit ne la justifie pas, non plus qu'une précédente : JlaDpo^^xzbi^ 3' IXSTat I6v5ç X. T. X. au lieu de Saypojxarwv U sortv lOvoç (p, 381). Cependant toutes deux sont certaines. La première remplit une lacune que le copiste a causée par inadvertance.
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Une insertion du même ganre a été faite par le copiste du mannscrit d'Hœschel ; car celui-ci donne une ligne qui n'est pas dans notre manuscrit de Pithou. « On peut supposer, dit M. Miller, que ce copiste a consulté, pour cette partie du périple, un autre manuscrit que celui de Pithou » (p. 218). S'il en était ainsi, son opinion et la nôtre, que le manuscrit de Pithou est la source unique de tous ceux du périple de Scylax, serait fort compromise. Mais la supposition n'est pas du tout nécessaire, puisque les mots ajoutés peuvent être l'ouvrage du copiste lui-même. Voici, en effet, le passage : *HNIOXOI' MsTi Sa 'Ayawi;, 'HvCox^i SOvs;- KOPAEOI ' [Meti SrHviéxouç, Kopalôl ï^or KÛAIKH.] Mexà Bà KspaÇoi;, KwXtxiî lOvc; : et les autres peuples, indiqués toujours de la même manière. La ligne ajoutée est, comme on voit, un supplément nécessaire, appelé et fourni par le texte même ; absolument comme la restitution de Niebuhr, comme celle que M. Miller a faite luimême à la page 35. On n'en doit rien conclure quant à l'origine du manuscrit d'Hœschel, copié uniquement d'après celui de Pithou.
4» Stathmes Parthiques d^ Isidore de Charax.
Dans le manuscrit de Pithou, les Stathmes Parthiques viennent immédiatement après le Périple de Scylax. Ces deux morceaux sont séparés par deux titres ; le premier SxuXaxoç KapwavSdu)^ irtpteXouç Tfjç caouix^vr^ç a été répété à la fin du périple, quoiqu'il se trouvât déjà au commencement ; le deuxième est le titre énigmatique dont j'ai déjà parlé (p. 448) : 'Aôiçvaicu ^oXewv CTuopLixa-îa, xa\ iSol, xal Tcspi'îrXouç, qui semble ne se rapporter à rien, puisque le titre des Stathmes Parthiques y 'latSwpsu yapaxYjvou St^ôjagI IlapOixot, est mis à la fin de cet opuscule. J'ai déjà parlé de cette singularité (/. /.). Que vient faire, en cet endroit, un titre complètement étranger à ce qui le précède et à ce qui le suit? C'est, à n'en pas douter, une erreur de copiste ; mais d'où vient cette erreur? car ce n'est pas au hasard.
ni saas une raison quelconque, qu'un copiste aura glissé là cette ligne qui est maintenant une énigme pour nous. Et d*abord, les tenues 'Aôijvafoy iriXewv ff/uojxjjLZTa >wd boo\ xa: reiaic/^'jç, pris en eux-mêmes,, sont, comme je Fai dit, à peu près inintelligibles. On devine seulement qu'ils nous ont conservé le titre d'un livre ; mais le mot ^M\k[t.r:x {railleries, moqueries^ sarcasmes), mis après i;dXsb>v et avant bioi et ^spl^Xsu^, fait une grande difficulté et paratt n'être susceptible d'aucun sens raisonnable. Je crois que ce mot nous cache o^*6\krcx ; les deux lettres cv et (ne peuvent être facilement confondues dans les manuscrits à cause de leur ressemblance ; c'est ainsi que les vai*iantesde Strabon nous donnent cvsjxa?*. pour çiHy^Lxii {adlibr. IV, p. 176). Le véritable titre a donc pu être *Aft^v«(5« rsAsut cvsixa-ca (1), iîot xal rspixXoy;. Dans ce cas c'était un ouvrage géographique, analogue à celui qu'avait traité Âpollodore, dans un des livres de sa bibliothèque, puisque, selon Photius, elle contenait cv^ixasia; TrsTaixîov, yjx\ yyi^^^ xol àOvcov, xal 76Xsi<>v (Phot., BibL, p. 236, flœsch. ; p. 142, col. a, 1. 41,Bekk.).
Mais comment le titre de ce livre pet^du se trouve-t-il ainsi placé avant les Siathmes Parthiques ? Je pense que, dans le manuscrit original, après le périple de Scylax, venait cet ouvrage inconnu d'un Athénée qui ne l'est pas moins. Ce titre, placé au bas du verso de la page, était probablement suivi, sur la page suivante, de l'ouvrage même; mais cette paitie du ma^ nuscrit ayant été enlevée ou perdue, il ne sera plus resté que le tilre du livre. Alors un autre copiste, peut-être celui de notre manuscrit de Pithou, copia fidèlement la page terminée par le titre du livre d'Athénée ; puis il y ajouta les Statkmes Parthiques d'Isidore de Gharax, qu'il trouvait dans un autre manuscrit, sans s'inquiéter si ce nouvel ouvrage avait ou non quelque rapport avec le titre qui le précédait. Cette inadvertance, qui ne surprendi*a personne, a, du moins pour nous, l'avantage de conserver le titre d'un ouvrage perdu qui se re* trouvera peut-être un jour dans quelque manuscrit.
(1) À moins qu'on n'aime mieux lire IStufA^ara, les particutarilés^ les traits distinctifs ou caractéristiques des villes.
DE MARGIEN D HÉRA.CLÉE. 521
J*aurai peu de chose à dire du texte même qu'a réimprimé M. Miller. Ce morceau se compose presque entièrement de noms propres, et de distances exprimées en schënes. Les variantes consistent en différences d'orthographe, entre lesquelles il est fort difficile de se décider, à moins de retrouver Torigine de ces noms dans les anciennes langues de la Perse, ce qui exige des recherches fort approfondies, lesquelles, dans Fétat de nos connaissances, pourraient ne conduire encore qu'à des résultats hypothétiques. M. Miller a donc bien fait de se borner à recueillir exactement ces variantes, qui serviront aux recherches ultérieures des orientalistes. Outre le manuscrit de Pithou, il a coUationné un autre manuscrit du xiv® siècle, appartenant à la Bibliothèque Royale, n<» 571. Il cite aussi les variantes inscrites en marge de l'exemplaire des Geographica d'Hœschel, que possède cette bibliothèque. Je crois pourtant que ces Variantes, déjà relevées par M. Boissonade (L. Holsten. Epistohs, p. 67, 68), ont été tirées du même manuscrit 571.
5*» et 6® Périple de Marcien dHéradée et Épitome dArtémidore.
Le périple de Marcien d'Héraclée est loin d'avoir l'importance scientifique et littéraire des morceaux précédents. Ce n'est, comme on sait, qu un Abrégé de géographie^ composé principalement avec l'ouvrage de Ptolémée, dont il n'offre qu'une sorte d'extrait ou de résumé fort concis. Si nous n'avions pas ce dernier ouvrage, celui de Marcien serait infiniïftent précieux ; mais comme, heureusement, nous avons en entier la Géographie de Ptolémée, le périple ne nous offre presque rien que nous ne trouvions dans le livre dont il n'est que l'extrait. On en peut dire autant des mesui*es que donne Marcien ; il en résulte fort peu de lumières nouvelles puisque, suivant l'observation de Gossellin, cet auteur n'a fait, lé plus souvent, que réduire en stades les graduations de Ptolémée ; en sorte que, dans le cas même où Ton pai'viendrait à rétablir
son texte sur tous les points , on n'aurait encore rien autre chose que ce que nous donnent les tables de ce géographe {Rech. sur la géogr. systém,^ t. III, p. 161). Marcien avait exécuté le même travail pour les onze livres de la Géographie (TArtémidore. Cet ouvrage étant perdu, VÉpiiome rédigé par Marcien aurait pour nous une grande importance. Mais de cet épitome nous n'avons plus que Tintroduction et le commencement du périple du Pont Euxin, concernant la Bithynie, la Paphlagonie et le Pont ; extrait sec et décharné dont nous retrouvons les principaux détails dans Strabon, Ptolémée, le périple d'Arrien et les deux périples anonymes du Pont Euxin. On est donc obligé de convenir que ces deux morceaux sont d*une assez faible importance scientifique.
Hœschely en les publiant tous les deux, a suivi exactement ses manuscrits. Copiés tous sur celui de Pithou, ainsi qu on Ta vu, ils auraient été parfaitement identiques entre eux et avec ce manuscrit, si les copistes n'aviûent fait des erreurs de plume f ou corrigé ex ingenio les leçons originales. Depuis, les éditeurs et plusieurs critiques ont proposé d*assez nombreuses corrections, qui ont passé dans l'édition d'Hudson, ou ont été indiquées dans ses notes. Telle est Torigine des leçons diverses (qui, ainsi que je Tai observé, ne sont pas, à proprement parler, des variantes). M. Miller les a recueillies avec un soin tellement scrupuleux, qu'il a tenu compte de différences qui, dans les éditions, sont de simples fautes typographiques (1).
Hœschel n'a introduit que peu de corrections dans le texte ; mais il en a indiqué beaucoup en note, et la plupart sont excellentes.
Hudson, qui en a fait passer quelques-unes dans le texte même, en a indiqué un bien plus grand nombre dans ses notes, d'après Is. Vossius, Saumaise, Scaliger, Dodwell et d'autres critiques; il aurait pu, sans trop de hardiesse, adopter la plu-
(1) AiiiBi, p. 6, D. 7, \iiç pour jiév ; 6, n. 8, ev3oTépw pour evdoTépo». P. 8, U Tcipav pour éoicépav. P. 11, ôaXaaaov pour OdXaaaav. P. 12, *Hpâxeiov pour *IIp(ixXEiov. P. 27, nep<rox6c pour Ilepatxi;. P. 34, KaptAotvivf» pour Kotptutvix»»- P. 86, ïcoTa(ji6; pour notaiioy;. P. 89, nopioO pour iroTa|iLoO, etc.
DE MARGIEN DHÉRACLÉE. 523
part de cos corrections. C'est ce qu'a osé faire M. Miller, et personne ne pourra Ten blâmer, parce que ces corrections, choisies avec discernement, sont presque toutes nécessaires. J'aarais seulement désiré qu'il eût toujours indiqué dans ses notes, comme il Ta fait quelquefois, le nom des critiques auxquels ces corrections sont dues. Quand une restitution vous frappe par son évidence, vous aimez à connaître le nom de celui qui Ta faite. Ces indications ont d'ailleurs l'avantage de donner une espèce d'histoire du texte d'un auteur, depuis la première édition jusqu'à la dernière. J'ai compté, par exemple, dans Marcien d'Héraclée, environ 180 passages qui diffèrent plus ou moins de la leçon du manuscrit de Pithou ; ce sont conséquemment des confections faites par les critiques qui se sont occupés de ces auteurs. Ne serait-il pas intéressant de pouvoir suivre pour ainsi dire pas à pas l'amélioration successive du texte au moyen des noms des auteurs de ces excellentes conjectures ? Je ne pousse pas plus loin cette remarque qai pourrait s'appliquera toutes les éditions de textes anciens, lesquelles ne sont maintenant lisibles que parce que la main hardie et sûre d'un Casaubon, d'un Henri Estienne, d'un Sylburg, d'un Frédéric Gronovius, d'un Bentley, a effacé une multitude de fautes évidentes qui toutes ont au moins un manuscrit pour autorité.
Je passe aux bonnes leçons que M. Miller a introduites dans le texte de Marcien. Les plus importantes concernent des chiffres exprimant des mesures de distance, sm^tout ceux où laddition de deux points sur l'a multiplie le nombre par mille ; ainsi ïty' 10,200 pour aj' 1,200.
A la page 116, la construction est améliorée par le relatif Sç; et page 121, un supplément judicieux remplit une lacune ainsi qu'à la page 123. Je citerai encore (p. 60, n. 3) Itc yz xwv, au lieu de Iv, FeTÛv, correction très bonne, car les Gètes n'ont rien à faire en cet endroit.
Le texte a été corrigé plusieurs fois par l'insertion de mots ou de membres de phrase qui remplissent des lacunes plus ou moins considérables.
Dès la première phrase, quelques lettres que M. Miller a pu déchiffrer lui ont donné le moyen de compléter le début, qui ^tait acéphale dans Hœschel et Hudson : [Ti;? [xàv [xs-ro© Eip<iî:rjÇ Te xat Aiôur^ç] y.6tiJié[vTfjç] 6aXaa[c7;ç], -^v b irspi^^wv xavTr/[cyj (!)xeavo^ ioxéptoç 6i:'.T5Xeï, xaTa tov xaXcjjJLevsv 'HpaxXeisv KopOixov t^ g'.apctiv wciou[JL£V5ç, 'ApT£;x{Swp3; 0 *Ef £j'.5ç yewYpafcç h Ivoexa -kT;
Cette longue phrase, très bien coupée, est maintenant à peu près irréprochable. Je dis à peu près, parce que J'admettrais difficilement h gvSexa tcT? Pî6X{ci;, Tusage de la langue exigeant h ToT; evSexa ^'.6X. Il est vrai que le manuscrit donne bien clairement iv IvSeîca («c) -ccT;, dont Hœschel, critique fort exercé, avait fait Iv èvîexaTsi; ; cet éditeur aura cru que le nombre orc&;2âf/ pour le câfr^^mâ:/ pourrait, à la rigueur, se justifier par le xati TptTTcùç Téircu; de Polybe (I, 48, 4; v. 52, 1) au lieu de xori TpeTç. Je crois pourtant qu'il faut préférer de lire, avec une légère transposition, iv toTç evSexa Tijç ^tiùypoifia^ gi6X{c»^,...ou bien, sans l'article, àv evSexa... |3;6X(c'.;.
A la phrase suivante, au lieu de {i,eT àxptSsuç èosupEOÉvr^ ^pc56iQXTr)ç, Dodwell a proposé de lire içsupsOévrwv; en ce cas, ainsi que Ta très bien dit M. Miller, il faut Tarticlcy -Mi e?. Alors la leçon devient certaine et il n'y a rien de plus à y ajouter.
D'autres lacunes ont été judicieusement remplies, à l'aide de son manuscrit. Ainsi (p. 7), après El yip v.q repirXeîv, le manuscrit ajoute iÔsXci tov y.oX7;cv qui est absolument nécessaire, comme Hudson l'avait deviné (p. 4, n. 7).
P. 33, 2. Les mots iizb il tsu Kaôpa::o; i:oTajAo5 ont été introduits avec toute raison, malgré l'autorité du manuscrit, ainsi que la préposition evexev dans^un autre endroit (p. 65).
P. 38, 121 et 127, des lacunes de plusieurs mots ; p. 69 et 97, d'autres de deux lignes entières ont heureusement disparu. Voilà de notables améliorations.
Je vais indiquer quelques passages qui me paraissent exiger correction, soit qu'on y ait laissé subsister une leçon vicieuse, soit qu'on y ait corrigé à tort une bonne leçon.
DE MARCIEN D^HÉRAGLÉE. 525
P. 2 el 3. *Clv TÎ;v£Î3r,cnv... i^ twv icîaawv orcuSï; x«i çtX&iJLaOïa aaçi; xaTérn;j£v. Hœschel a proposé de lire ça^îj (rapporté à et3T;atv). La correction est indubitable ; et le noavel éditeur devait abandonner la leçon du manuscrit qui rend la phrase incomplète. Ainsi, p. 10, Tcv |JLàvi;€p{T:Xôuv... aaçij, et p. 52 xi Tpoq tfj (jLSTesAÔpiri... ja^îS >ta^3e^vat.
P. 3. Au lieu de It». pi^v, qu'il donne, diaprés Hudson, le manuscrit porte ïv. \Li,^. C'est la leçon qu'il fallait suivre.
P. 6. Oi yxp y.aO' é^xoXcYCJîJLivwv Tsircv... tîiv iSov TSisîvTau Hœschel avait proposé (iîAoXcvTjî/ivwv, qui se trouve dans notre manuscrit, dont la leçon devait être préférée. J'ajoute que comme l'accusatif est nécessaire après la préposition xara en ce sens, il faut lire, soit Si' (ôixsXsYTfpiévcov, comme l'a proposé Hudson, soit xaO' wjjLoXcYr^lJiivcu; ts^su;, que je préfère. Les finales des cas étant indiquées en abrégé dans les manuscrits, elles se confondent souvent. Ainsi, à la page 50, M. Miller adopte avec raison la correction d'Hœschel â)roixivu)v pour iyc^^o'jq du manuscrit, et plus haut ecpcupsOivrwv pour eçsupsOma. Au V. 377 de Scymnus, v£[xc|ji£vù)v a été changé à tort par les copistes en vs[ji.cijl£v5u; {supra^ p. 480).
P. 10. Le nouvel éditeur a introduit dans le texte une correction qu'il faut se hâter de faire disparaître. Marcien d'Héraclée estime la largeur de la terre habitable à 80<>, et sa longueur à 180<> (tsO 81 ^-fy/^oj^ pz')] c'est la leçon de notre manuscrit. Dodwell s'est avisé de changer celte leçon en p|x' (140); je ne sais pourquoi, puisqu'il suffit d'ouvrir Ptolémée pour voir qu'il donnait 180% ou 90,000 stades de 500 au degré, pour la longueur de la terre habitable : c'est donc une des plus mauvaises corrections qu'on puisse imaginer. M. Miller dit : « du méridien de l'île de Fer au 120** degré à TO. de Paris, il y a 140**. » Cela est vrai; mais quel rapport entre ces indications et la géographie. de Ptolémée?
En ce même endroit se trouve un passage très remarquable, présentant une difficulté qui n'a point encore été complètement résolue. Gossellin a déjà observé que la mesure de la terre, exécutée par Ératosthènc, est portée à 252,000 stades
par Slrabon, Géminus, Pline, Ccnsorin, Yitruvc cl Marcien Capella, età250,000parle5^?//Cléomèdc (1). Celte différence de 2,000 slades esl venue probablement de la nécessité d*avoîr un nombre rond de 700 slades par degré. Marcien d'Héraclée ne donne ni Fun ni Taulre de ces deux nombres ; il porte la mesure à 259,200 stades, dans les manuscrits : (rraoïaiv xi x2ï ^Ot' au lieu de xë xal /s'. Gossellin croit que ce nombre provient du désir de porter le degré à 720 slades [Géograph. des G7*€C$ analysée, p. 53). Je pense qu'il n'y a là qu'une simple erreur de plume, un 0 pour un 6, deux lettres qui, à cause de leur ressemblance dans les manuscrits, ont été bien souvent confondues par les copistes, comme Basl l'a montré {Comment, palœogr,, p. 709). Je lis y" £ xal ^65'.
P. 12. Ici se trouve une importante récapitulation du périple entier de la Méditerranée. Notre manuscrit donne quelques chiffres plus exacts ; mais il y a une évidente confusion dans ceux qui expriment les myriades ; en voici la preuve :
Périple de l'Europe : des Colonnes au
Tanaïs 39,000 st. (y\o)
Périple de la Libye : depuis Tingis
jusqu'à la bouche Canopique .... 60,120 {^ ?^') Périple de l'Asie : depuis la bouche
Canopique jusqu'au Tanaïs 40,280 (^^t:')
Total 139,400 (îy.Oj')
L'exactitude du total semble défendre de toucher aux chiffres partiels, et cependant il y a dans chacun d'eux une erreur évidente, car le premier est le plus faible, et il devrait être le plus fort ; le deuxième est le plus fort, et il de\Taît être le plus faible; le dernier seul est dans une exacte propor-
(1) Gossellin, Géogv. des Gr, anaL. p. 7. Cléomède n'est pourtant pas le seul. Je trouve encore la môme notion dans un passage d'Arrlcn auteur d'un livre Dca météores, cité par Jean le grammairien (Comment, in Ârist, meteof\, p. 79 r«, Ald.y 1551). On pourrait craindre que Jean n'eût confondu ici les noms d'Amen et de Cléomède, si Ton n'apprenait de Photîus qu'un Arrien avait écrit aor les comètes. (P. 749, éd. Hœscli.; — p. 460, D. Bekkcr.)
DE MARCIE.N D HÉUACLÉE. 527
lion. Cela résulte de la simple inspection do la carte ; cela résulte encore des mêmes distances, données par Agathémèro (I, 3), en ces termes :
Du Tanaïs aux Colonnes d'Hercule. . 69,709 (T^O'^O) De Tingis à la bouche Canopique. . . 29,2o2 (6^0 776') De la bouche Canopique au Tanaïs.. 40,111 {^p'-^')
Total 139,072 (iy.OsS')
Encore ici le total répond exactement aux nombres partiels, et ils sont exactement proportionnels entre eux. Il n'y a donc nulle erreur. Remarquons en outre que ce total est, à 328 stades près, le même que celui de Marcien d'Héraclée. 11 est facile de voir que les nombres partiels devraient être aussi à très peu près les mêmes. Nous n'avons qu'à substituer simplement le nombre des myriades, dans le pVemier et le deuxième chiffre, en respectant le troisième ; c'est-à-dire à mettre Ç'^O' dans le premier, et ypy/ dans le second; alors
nous javons 69,000 — 709
Total 139,400 -h 328
La restitution du passage est complète.
P. 14. Teu 31 TzXi^ù'j; yj sûOsTa, tJ TcXaTUTatï; vjf/xtv. ohx. Il faut lire, de toute nécessité, -fi ^r^arj-arr;.
P. 22. TbPt SI ipiîTspwv TfJ; 'Aîia; (jLspwv, if^ tî}; TQXsfpij y.al twv OaXa^ffoW Ht^. Le sens exige ... [xspwv, -fjç ts t^t;. x. t. 0. i^ U^iq, Marcien a dit ailleurs : if;... Ht.^ twv ip'.^-repwv ^; 'A^Ca; jxspwv, T^O Ts *Apa6i5'j y,dX-5u (page 25).
P. 28. "Eyi', Sa Ti sôvr^ Tt'Ci GX'pxT.tloL; v5'. L'arlicle ta est une incorrection manifeste, qu'on ne trouve qu'en cet endroit.
P. 49 ... îiixp' "^^'^ ^?^^ '^'^' S{va; Tîu lôvi'j; ôpiwv. Les mots tcj î^tc'j^ sont inutiles et gênent la construction. Si l'on ne veut pas les retrancher, il faut lire ;jl. -:. lupàçTo Sivwv lôvi; oa T.ph; t3 Twv Sîvwv à'Ovc^.
P. 50. Le nouvel éditeur admet, dans le texte, une correc-
lion ingénieuse, mais qui me semble peu nécessaire. Marcien dit que la terre inconnue du côté de Torient, renferme des lacs marécageux, x^nùs^hç ^ij, X{;xva; ïyzjax ïKtùitiq. Voyant une sorte de tautologie dans les mots Xi^jivt]... èXcoBr^ç^ il change àXc^Seiç en uXfiSeï;, boisés. Il n'y en a pas plus que dans le français, iac marécageux, qui n'est ni un lac ni un marais^ mais tient de Tun et de l'autre. Rien n'empêche de dire XtjjLvr^ IXwSi;^ ou teXjj.aT(i2i;ç ou TsvaYcoStjç. L'auteur explique sa pensée en ajoutant qu'il croît dans ces lacs marécageux de grands roseaux, iy al; xiXaiJLci pLSYiXôt fjc^r,. Nicéphore Blemmidas, en parlant des mêmes lieux, exprime la même idée en disant tx y«? ê?csxe:va TXJTT,; (-rt*; ôty.5'jjji.ivT;;)... T5Xji.y:i eir. xal xiXajjiii (p. 20, éd. Spohn.). Ces TéX|xaTa sont les X(|xvat èXwSeiçdç Marcien. J*ajoute qu'on dira sans difficulté ipoç uXwScç, pour désigner une montagne boisée; mais on ne comprend pas aussi bien X(îxvrj OXwîr,^, un lac boisé, pour dire un lac entouré de bois.
P. 52. En parlant du golfe des Sines, Marcien dit : rap^i Sa cZ'ztq {f^iy^pi Tijç [LtaTi[L6pi>fffçi^(ùrt^\}yflç, f^ îuvdhrrsi xal t^Jç àyxrsXij^ oyvwjTCV Y^' ; il faut : xal tf^v ôvaT^XiXYp; ay. -ffj^.
A la fin de cette même page, il y a une phrase fort embrouillée, que le manuscrit ne donne pas tous les moyens de rétablir. L'auteur parle de la difficulté de connaître la mesure du périple des dernières côtes de l'océan oriental. Dans la nouvelle édition, il est ainsi conçu : Twv cà ŒTaîCwv tsO irepfcXrj TCJTS'j TGV âp'.6{JLCv ôj ^iStsv âvaYparl'at, eret xal (cod. irsl 8à) jjLY;cà a/A(i)ç ei^xaplç l^sixe^/iv TrspfcXôuv, pLÊTa twv Sr/(ôv cpii^v, S^qX^tx*. Gx^îùq Tw 6s{({) Ttvi (cod. To) 6e{a -cwl) yvwttsv x. t. X. Les derniers mots sont obscurs; dans tû 6si(i) tiv{, l'article est une incorrection ; il faut, au contraire, Tajouter devant sxi'/evcv et devant cpjJLCv. Je lis donc... erstcf^ [opï a/xXb)^ ejpLapàç tcv ixcixsv^ ^epîttXouv, li^sTa tcv iJivwv cppLCv, îrjXw^a». «çw;, liyx 2à (1) (onze) Osio Ttvl YvwffTcv, c'est-à-dire : « II n'est pas facile de dire le nombre des stades de ce périple, parce que, passé le port des Sines, on manque de moyen pour exposer avec neUeté le périple des
(1) Ou toute outre expression restrictive rendant la même idée.
DE MARCIEN D'HÊRACLÉE. 320
côtes suivantes, connu peut-être de quelque Dieu, » Comme nous disons, en parlant d'une chose obscure : Dieu le sait. Celte expression parait se rapporter à celle que Marcien emploie ailleurs, lorsqu'il parle de la connaissance des pays, autant qn il est possible aux hommes d'y parvenir, et^ Sjôv l^txTsv x^pikdiç (p. 2), ou bien 0701 tî) tûv ôvOpco'^ccov Iw.iLekelx xal (ptXd|xa- 6sia vévôvsv èç'y-Ta (p. 57).
P. 56. Marcien, au commencement du second livre, dit quel en sera le contenu. Dans l'édition nouvelle, on lit : TaSe Iveortv èv T(5 h'r:éptù Mapxiovsu T:sp(xX(i> xa-;' àpxTcodu >ul èTxepîou b>xeavâD. Le solécisme ^epfxXdu^ xx:' J>xêx/dO était dans le manuscrit d'Hœschel; mais le manuscrit de Pithou ne donne point cette préposition : TiSê IvêffTiv èv tw B TztpiizXtd IwTiu (5îc) xat èawepîou o)xex/c^, èv To) B [sic). Je lis : ... ev tw B %tplT:X<ù tôO ts dcpxtciôu xat èaTcepfoj (Imex/du. La répétition de sv to> B est une faute du copiste.
Le titre du premier livre n'est pas moins fautif. Le copiste Ta mis, non au commencement, mais à la fin de ce livre, en sorte que les deux titres se suivent immédiatement. Il porte : MapxixvoO 'HpaxXswtôu tôD Ilfrcôu wepfTcXôu^ 'rtj^ I5<»> ÔaXàc<njç ewTCu [sic) xal èçrcepCcu xal xwv èv au-rt} jj-êy^^wv VT^awv, etç B Ta (51c). Le titre est ici général et doit s'appliquer au périple entier; l'expression tîjç IÇu) OaXatjjTjç exclut la restriction à(icu xal è^epCôy (outre qu'il faudrait Iwa^ xat l7xep(aç), qui ne peut se rapporter qu'au premier livre seul. Ces trois mots ont été insérés là fort mal à propos par Fauteur du titre. Les mots ûç B ta paraissent, à l'éditeur, signifier et; ^ùc ts^/yj, conjecture ingénieuse; on pourrait lire dans le même sens et; P:6Xta (Bjo).
P. 63. Marcien dit qu'il va passer à la description de l'océan occidental : vuvt 8à xi xspi tcv èjiciptôv oixeavcv ';sX£js[ji.s6a. Ce verbe T£Xe?s(jis6a a été fort malheureusement introduit dans le texte ; en note, l'éditeur donne, comme variante tirée du manuscrit et de l'édition d'Hudson, 6t£X6jaojj.66a ; c'est un barbarisme que, par inadvertance, il prête au manuscrit ainsi qu'aux éditions, où se lit très distinctement èreXsu^yiîJLÊea, qui est la leçon véritable.
P. 82. Le nom dp la Loire [Liger), dans le manuscrit, est écrit constamment par AI à la première syllabe, A{YTQpa, p. 82,
A{YT^5ôçet ArYtpc;(pour A-y.pc;), p. 83, 86; c'est l'orthographe constante des auteurs, Strabon excepté. M. Miller a écrit partout AsiYTjpa, AsiYT^pôç. L'orthographe de notre manuscrit devait, je crois, être suivie. Dans les poètes latins, les deux premières syllabes sont brèves. Partant des leçons Af-^jp^^, Ai'^.z:;. j'écrirais uniformément Atystpa, Aiyeipîç, comme Ptolémée.
P. 99. Notre manuscrit a conservé le vrai génitif du nom 'AScoXaç, le Saint-Gothard et la Furka, Les éditions donnent ixéypi T50 'AôoùXs'j cpôu;. Le manuscrit porte 'ASouXXopcj^, ce qui doit être 'ASoJXa cpou; (AAOYAA OPOTS). Le génitif est en a, comme celui de SYjxcivaç (Seine), Sr^xox^x (Marc, p. 88). Piclémée a dit aussi tcO 'AâsuXa opiîuç (p. 48, Mercat.).
P. US. Marcien dit qu'Artémidore a fait le tour de la plus grande partie de la MéditeiTanée : to Sa irXeTTcsv i^épô; Ti5ç knh^ rjr. xaô' -^pLa; TUYxovôyTT^ç eaXarr/jç : ici la Méditerranée est désignée sous SCS deux noms mare intemuniy nostrumque. Hœschel avait imaginé de lire xal tyJç xatO' i^ixaç ; mais l'article -ri}; fait deux mers d'une seule. Hudson s'était gardé d'admettre celle correction, et je regrette que M. Miller l'ait introduite dans le texte, contre l'autorité du manuscrit. Marcien a dit de même ailleurs : h Tfl xaO' VjjjLaç xal hniq (p. 81).
P. 116. La forme ionique TsXsw-raTsv (Trepi^Xcuv), correction d'Hudson, est fautive ; le manuscrit donne TeXsuTatcv, qui ne vaut pas mieux. Marcien a écrit TsXstctaTov.
Les notes de M. Miller qui suivent le texte de Marcien d'Déraclée, ont principalement pour objet d'expliquer les motifs d'après lesquels il a suivi les leçons du manuscrit. Elles renferment peu de discussions et consistent surtout dans des rapprochements tirés d'autres auteurs, à propos de tel ou tel nom. Ces rapprochements, très souvent judicieux et utiles, auraient quelquefois besoin d'être un peu plus développés et mieux amenés. Je ferai à l'auteur une observation sur deux points qui touchent à l'histoire de la géographie : il avance, d'après l'autorité de Gossellin (p. 143), qu'Hérodote n'a connu la mer Rouge que sous le nom de golfe Arabique, en la distinguant de la mer Erythrée, C'est ce que dit en effet l'illustre auteur
DE MARCIKN D'HÉRACLÉE. ?3I
de la Géographie systématique des Grecs (t. II, p. 77) ; mais on a depuis longtemps observé (Larcher, Trad. d'Hérod.^ t. II, p. 516-vra, 41) qullérodote (II, 158) a désigné aussi la mer Bouffe sous le nom de mer Érj/thrée.
A propos du nom d'Euthymène de Marseille (p. 178), M. Miller cite un passage de Lydus {de Merts.^ p. 262, Lips.), où il est dit que cet Euthymène, naviguant dans r Atlantique^ prétendait avoir remarqué que les vents étésiens causent les inondations du Nil. M. Miller pense que Lydus a voulu parler de la Méditerranée. Il aurait changé d'avis s'il s'était souvenu du passage de Sénèquc {Quœst, ««/., IV, 2, 21), qui dit justement en latin ce que Lydus a dit en grec; de celui du faux Plutarque {Plac, phiL, IV, i) ; de l'auteur anonyme d'un fragment sur les inondations du Nil {ad cale. libr. II Athen.^ p. 278 Schweigh.) ; et d'Aristide (t. II, p. 353, Jebb. — p. 471, Dindorf), où nous lisons qu'Euthymène de Marseille prétendait avoir navigué dans Vocéan Atlantique ou la mer extérieure. Il assurait y avoir trouvé l'eau de la mer très douce et semblable à celle du Nil, et il s'autorisait de cette prétendue observation pour renouveler l'absurde opinion d'Hécatée sur l'origine du Nil, qui, selon lui, était un écoulement de la mer extérieure.
M. Miller est surtout attentif à consigner dans ses notes les passages inédits tirés des manuscrits de la Bibliothèque Royale, quand ils peuvent se rapporter à son sujet. On remarque (p. 137) une curieuse scolie de Basile le jeune sur Grégoire de Nazianze (1), et (p. 140 et 145) les deux passages historiques qu'il a tirés de la vie inédite d'Aréthas. Ces passages sont curieux ; mais cette vie n'est point inédite, puisqu'on
(l) L*auteur de la scolie, en parlant de la mesure d'Ératoslhène, évaluée à 250,000 stades, donne la longueur et la largeur de terre en partant de ceUe mesure. La phrase, telle qu'elle est, n'a pas de sens : Ou tivoç tj 6ia|i£Tpo;, TouxéexTi To |if,xoç TTiç Yr,ç ûiiip Totç yî' |toîpa; xa\ îîXaxoç w; JCyYiaxa ; il faut lire : ...uicàp ta; Yi' tiLupiaôaç, xa\ icXcxtoç 5' w; eyyKrca. Basile le jeune confond le diamètre du globe avec la longueur de la terre habitable ; et il fait le diamètre juste le tiers de la circonférence. Dans les manuscrits de Strabon jxoîpa; et Jiupiàôaç ont été ainsi confondus. (Voy. trad. fr., tom. I, p. 425 , — Friedemann dans le tom. VU du Strabon de Tzschucke, p. 634.) Rien, en effet, de plus facile à confondre que les abréviations |iot et {jiu.
5J2 SLR LE PÉRIPLE
la trouve dans le tome V des Anecdôta grœca de M. Boissonade. imprimé en 1833. 11 cite encore (p. 135) un long morceau de la traduction grecque de YExpositio totius mwidi^ et en comsreant le texte, comme s'il était d'un auteur ancien; mais ce texte est de la façon de Jacques Godcfroy, qui, supposant que le texte latin, le seul qui nous soit resté, n'élait qu^une version, s'est amusé à le remettre en grec, puis à traduire en latin sa propre version. Quoiqu'il ait expliqué le tout fort clairement dans sa préface, ce badinage d*érudit a trompé plus d'un homme sérieux, entre autres le savant Paulmicr do Grentemesnil [Exercit. ad optim. auct, grœc.j p. 283-286). Fabricius en a déjà fait la remarque {BibL gr., t. lY, p. 671 Harl.): ce qui n'a pas empêché M. le cardinal Mai de prendre le thème de Godefroy pour une pièce antique, et d'en citer religieusement les passages comme variantes dans ses Classici auc tores ;l. III, p. 387-409). J'ai relevé doucement celle înadverlanoe de Y\iïïvL\l^dh\eé^\XevLT [Matériaux pour servir àthisL du christ., p. 146 ; Terreur ne doit plus se renouveler.
Le passage de YExpositio n'a. du reste, aucun rapport avec celui de Marcien d'Héraclée. Cet auteur divise, comme Plolémée et d'autres géographes anciens, llnde en deux parties : en deçà et au delà du Gange. Dans YExpositio totius mundi, l'Inde est divisée en trois parties : il n'y a point contradiction entre les deux auteurs, parce que cette division en trois parties ne s'applique qu'à la presqu'île occidentale de Flnde entre rindus et le Gange . J'ai expliqué ailleurs ce passage [Matériaux pour servir à fhist. du christ., p. I2S, 126).
7*» Fragments ifiédits.
Api*ès les six morceaux. géographiques contenus dans le manuscrit de Pithou, M. Miller a donné plusieurs Fragments géographiques inédits qu'il a tirés du manuscrit n» 39 de la Bibliothèque royale. Ils consistent dans une liste des principales îles de l'Europe, avec leurs périmètres en stades, et dans quelques mesures générales qui ne sont pas sans intérêt.
Le copiste parait avoir eu sous les yeux des manuscrits assez anciens.
La circonférence des lies y est donnée en stades, et une seule fois en stades et en milles. L'auteur exprime la circonférence par l'expression assez singulière -ci y.yy.Xci) ; ainsi : Aéc6cu z2 làùxù apx (1180); car c'est ainsi qu'on doit lire en deux autres endroits, où le manuscrit porte xà xuxXo).
Il désigne parili oXt; y^, tantôt seulement la terre habitable, f, cadu{JL£yT]y tantôt la circonférence entière du globe. Il prend ces mots dans le premier sens, lorsqu'il dit que la longueur de toute la terre (jxîjxdç Tijç oXtjç rfjq) est de 80,000 stades. M.Miller remarque avec raison que cette mesure revient* celle de Marcien d'Héraclée (78,545 stades).
Au contraire l'anonyme prend ces mots i% SXt} y^, pour le globe entier^ quand il dit que le périmètre de toute la terre est d'environ 25 myriades de stades : rf^q V cXt;; yf,ç to jj^ytoTov r/ûuffTjÇ x'jxXcj) (pour b Tf^ç cXtjÇ y^,ç [x^yiaroç xuxXcç l^wv) eîç jxupiaîaç tu'. Cette mesure est celle d'Ératosthène (plus haut, p. 525). Hais la notion curieuse qui suit ne se trouve, à ma connaissance, que dans ce seul fragment : il s'agit de la surface du globe. L'auteur dit : vt^ cifAiraffav ai-rtjç exiçovsiacv XoYiÇc|X6vôt, T(0£|xev 6i{ jxupuxîaç îiaxcaïaç, « calculant la surface entière, nous la portons à deux cents myriades (2,000,000) de stades. » Ce nombre est beaucoup trop faible. En effet, d'après la proportion : : 7 : 22, qui est celle d'Archimède, entre le diamètre et la circonférence, on a pour le diamètre (la circonférence étant de 250,000) le nombre 79,546 stades; et, en partant de 252,000, on a 80,181 ; mais, pour la facilité du calcul, les anciens prenaient le nombre rond 80,000 (1), en terme moyen. Voilà pourquoi, dans Plutarque (fie fade in orbe lume, p. 425), le rayon de la terre est évalué, en terme moyen, à 40,000 stades (xaxà -ci; \Léaiùq ic^(x\Lt':pc^rzaç); or, en multipliant le diamètre (80,000)
(1) aéomède (CycL Theor., H, 10, p. 69, éd. Bnko) porte le diamètre à plus de 80,000 stades; mais c'est qu'il admet la proportion approximative de 1 à 3 ou de 7 à 21 entre le diamètre et la circonférence (tpiTov... toO ineyiiiTou xvxXov, 83,333 1/3). La difficulté que se fait à cet égard Schaubach {Gesch. der griech. Astronomie ^ 8. 278), n'existe pas.
par le grand cercle (230,000), selon le célèbre théorème d'Archimède, on a la surface de la sphère égale à 20,000,000,000 stades carrés, ou, d'après la façon de parler des Grecs, à 200 myriades de myriades. On voit donc que le copiste a oublié un mot : au lieu de etç jjLuptaSaç 8tay.ij{aç, il devait écrire el: li.uptàBa)v iJLup'.aSa; Btaxcffia;. Sans doute, peu versé dans le calcul, il aura été effrayé du nombre, et, d'un Irait de plume, il Taura rendu dix mille fois trop petit.
L'anonyme ajoute que notre terre habitable est le quart de cette surface, wv lo tîJ^ VjiJLSTlpaç cacujAfvTjç, w^ xétapTov èm to-j^cj ; c'est ce que dit aussi Agathémère, conformément au système dePtolémée(I, 6,p. 196).
Il dit ensuite que la longueur de la Méditerranée, depuis les Colonnes jusqu'en Syrie, n'est pas beaucoup moindre que 30,000 stades (oi tS^j Xe'zsi Tpicyixjpiwv rraîfwv). En effet, Agathémère (U, 14, p, 246) dit que cette dimension est de 29,000 stades. L'expression de l'anonyme est singulière : açi' 'HpxxXeiwv ŒTYjXcov eo)ç TfJ; 7:poç àvaToXaT;; Supiaç, comme si la Syrie pouvait être ailleurs qu'en Orient. Il avait certainement sous les yeux une phrase analogue à celle-ci : «9»' *Hp. <7t. wç ^p:: avaTsXà; {jl^xP'- "î?; Supfaç, comme s'exprime Marcien d'Héraclée : àiuo TsD xaXcuixévcu 'ATXavT'.xssî îrîXayôjç. . . a>^ 7:po^ ixq avarsXi; [JLi)fpî Tiu 'I^ffiy-ôO y.6X7:ou (p. 9, 1. 1).
Dans le passage relatif à l'IIellespont, il y a une faute évidente et très facile à corriger : l^m 70 TrXaroç oraSiwv Ç', ov V^vSzi Sip?Yî;.
La largeur de l'Hellespont, entre Abydos et Seslos où Xercès jeta son pont de bateaux, était de 7 stades, comme le dit Hérodote (VII, 34); et, selon Strabon (XIII, p. 891), on appelait cet espace Heptastadium, Agathémère dit aussi [isô' cv (lis. [JI.S6' 0) ŒuvaysTat sic arevov 'EXX-f^îxcvTôç, é-^rrà craStwv r/wv 5'.a(7Tri;j.a, xa-rà Sr^jTov y,a\ "ASuBcv. Il n'y a donc ici rien à changer qu'un Ç' [sept) pour Ç' [soixante), La confusion de ces deux lettres semblables est perpétuelle.
M. Miller a joint à son ouvrage une fort belle carte, dressée par M. Lapie, pour l'intelligence de Marcien d'Héraclée, con-
DE MARClExN D'HÉRACLÉE. 533
tenant aussi les lieux mentionnés par Isidore de Charax. C'est, h proprement parler, un Monde connu des ajiciens, où la nomenclature est réduite aux seuls noms qui se trouvent dans les deux auteurs. Comme l'échelle de la carte n'aurait pas comporté partout les détails nécessaires, on a placé autour cinq petites caries partielles à une échelle plus grande; cette disposition est très bien entendue. J'aurais désiré qu'on y eu eût joint une sixième donnant la configuration des terres, telle que Marcien l'admettait d'après Ptolémée. Sans une carte systématique, les lecteurs ne peuvent comprendre plusieurs passages important^, par exemple, celui où l'auteur parle des deux terres inconnues, contiguës à notre terre habitable, situées l'une à l'orient, au delà des Sines, l'autre au midi, entourant l'océan Indien, & partir du cap Prasum en Libye, et venant rejoindre l'autre terre, vers le golfe des Sines : disposition qu'on ne peut bien entendre qu'avec une représentation graphique. De même, sans un dessin qui montrerait le grand renfoncement du golfe Persique dans la côte d'Arabie, vere Gerra, selon les idées de Ptolémée, on ne saurait comprendre la forme de chersonèse que Marcien donne à l'Arabie heureuse (p. 26, 27) et l'isthme qui la partageait ; et si Ton n'a pas présente la forme rompue et tourmentée que Ptolémée attribuait à Albion, par suite d'une erreur que Gossellin a si ingénieusement expliquée, on n'entend pas non plus la phrase de Marcien, à propos de cette île : oi -^i^ hv, a'jvejTpajx'^évr^... à/X wTsep 5tY)pY;jx£VY) y,«l Sicjxap;i.évr, y., t. X.
On comprend mal aussi comment le Sarmaticus oceamis peut se trouver dans la mer Baltique, quand on ne sait pas qu'il n'y avait point de mer Baltique pour Marcien, attendu que l'existence de la péninsule scandinavique lui était inconnue.
Comme la carte est fort belle et très exacte, je crois qu'il n'est pas inutile d'indiquer quelques perfectionnements dont elle me paraît susceptible et qu'il sera facile d'y apporter. J'y cherche quelques noms que Marcien avait mentionnés, soit dans la partie de son périple que nous avons, soit dans celle que nous n'avons plus, mais dont Etienne de Byzance nous a
conservé quelques citations, recueillies soigneusement par M. Miller dans ses notes. Par exemple, le Memnites sùms, dans le golfe Persique, le mont et le cap Syagros, sur la côlo d'Arabie; le fleuve Prion, voisin de ce cap; les Chatramotitit ou Chadramotùœ, habitants de THadramaut actuel; les Cassanitœ, les Minnœi^ autres peuples de TArabie; l'île d'Astarte (1) et les Ginœdocolpites (2), dans la mer Rouge; Clésiphon, sur le Tigre; Aroma, ou plutôt Aromata (3), près du cap de ce nom (Guardafui), en Ethiopie ; Mosylon, sur la côle des Mosyli, à louest de ce même cap; les monts Rhipées, entre le Palus Méotide et l'océan Sarmatique ; le sinus Venediciis, à Temboûchure de la Vistule, les lazyges, la Dacie, le mont Carpathe, auquel se liaient les Sarmatici montes qui ont été mal placés sur la carte à la source du Volga, où il n'y a pas de montagnes : il fallait les mettre au S. 0. et les rattacher au Carpathe. Le nom de mer Caspienne doit être joint à celui de mer Htjrcanienne. Au lieu de Pyrenasi montes^ je mettrais Pyrene mons; car Marcien emploie toujours le singulier Ilupi^vifj, comme Ptolémée.
En revanche, je retrancherais les Ichthyophagi d'Arabie, sur le golfe Persique ; ils sont indiqués par Ptolémée ; mais Marcien n'en parle pas. Je déplacerais Y Arotnatifera regio qu'on a mise en Arabie, le long de la mer Rouge; carl'^roniaiifera regio de Marcien (p. 20) était située en Ethiopie, à rO. du cap des Aromates (Guardafui), près du mont Étéphas. L'erreur de la carte provient d'un passage mal appliqué d'Etienne de Byzance (v. 'Apa6ia), qui donne en effet une cipw[xaTOf6poç x<ipa» comme une des divisions de l'Arabie; mais, d'après l'ensemble de son texte, ce n'est là qu'une expression synonyme à' Arabie heureuse j qui n a rien de commun avec
(1) 'A<TT<ipT/}, vr.ao; êv Aleiom'a, wc Mapxiavbç, èv «epticXw Tcpiitïi; lis. ««pî-
TlkOM TCpCUTT}.
(2) Marcien en avait parlé selon Etienne de Byzance, v. Za8p«|iti pamTe»» Tûv KivatÔonoXiTôv, wep\ ou êpoOtiev ev tû K. Lisez : nep^ iv. C'est à la lettre K, dans une partie du lexique, qu'Etienne de Byzance avait parlé des K»vai«oicoXî««.
(3) "Apwjia, 7c6Xiç At6t67«i>v, wç Mapxtaviç. Probablement 'Apiojiaxa, selon la remarque de Berkelius.
DE MARCIEiN D'HÉRACLÉE. 537
ripwjurrs^éf 5^ ytùpz de Marcien, ni avec le cap des Aromates. Il faudra donc transporter de l'autre côté du détroit les mots Aromatifera regio. Je crois aussi que YArabia felix de Marcien était bien plus étendue qu'on ne Ta marqué sur la carte. Elle n'était certainement pas limitée à la côte de la mer Rouge, et s'étendait à travers toute la Péninsule jusqu'au golfe Persique, conformément aux idées de Ptolémée, suivies aussi parAgathémère (II, 6, p. 229).
Je crois qu'on n'aurait pas dû étendre VApocopa smus^ tout le long de la côte d'Azanie, qui forme une ligne continue, à laquelle il est impossible de donner le nom de golfe. Dans les idées de Marcien, comme de Ptplémée, VApocopa sinus était le renfoncement au S. du cap d'Orfui, ainsi que l'a montré Gossellin, qui donne aux côtes de TAzanie les noms de ma* ynum litUts et de parvum littus (1).
C'est aussi à tort qu'on a mis un JEthiopictis oceanus dans la Méditerranée, au N. de la Grande Syrte. Marcien ne prononce en aucun endroit le nom d'un éthiopiens oceanus. Il parle d'un sinus éthiopiens, que l'auteur de la carte a placé dans le golfe Arabique, ce qui est douteux, puisque Marcien le distingue de ce golfe (p. 14), et d'une mer Éthiopienne^ située au midi de l'Afrique, formant le terme du midi, opposé à nie de Thulé au nord, d'où se comptait la largeur de la terre habitable (p. 14). C'est en ce sens qu'Agathémère prend aussi les mots AteiciîixTj eiXawa (I, 4 ; II, 11), employant comme synonyme, AïOidirixoç Jwceaviç (II, 14). Quant à Marcien, s'il s'était servi de l'expression océan Éthiopien, ce n'aurait pas été dans un autre sens qu'Agathémère. Jamais ni lui, ni aucun autre géographe ancien, n'aurait mis un océan dans la Méditerranée.
(1) Sleph. Byz. 'Aii6xoic(x, ovôexlpw;, xiXicoç bv t« *Apa6ixû jiux^- ^ ^^Ç^^ 'Apa^txâ est inadmissible. L'auteur original avait probablement écrit papêapixw. Barbaria, dans la géographie de Ptolémée, était la dénomination générique de la contrée au sud du cap Guardafui. H y a encore une faute dans cet autre passage du même auteur (v. Bap6.) : ïfsxi %o\ x*^9^ ^o'P^' '^^^ 'Apex6tov x6Xxov, Bflt(>6ap{a. Saumaise Ta depuis longtemps remarquée sans la, corriger. H faut lire ^tra au lieu de icapa. Agatbémère dit de même : (xerà hï tov 'Apd- 6iov xi>icov... (Il, II).