‹ uvres complètesChapitre 12 sur 30 · Tu vedresti il Zodiaco rubecchio · texte numérisé non relu

Tu vedresti il Zodiaco rubecchio

Ancora ail' Orse più stretto rotare,

Se non uscisse fuor del cammin vecchio,

23 Corne ciô sia, se'l vuoi poter pensare,

Dentro raccolto imagina Siôn

Con questo monte in su la terra stare

24 Si, ch' ambedue hanno un solo orrizon,

E diversi emisperi; onde la strada, Che mal non seppe carreggiar Fetôn,

25 Vedrai com' a costui convien che vada

Dali' un, quando a colui dall' altro fianco, Se l' inlelletto tuo ben chiaro bada.

chant i\. s:

«Mon lils, dit-il, traîne-toi jusqu'ici ;»el il meièionira «lu doigl une saillie de rocher, qui, à partir delà, faisait le tour de la montagne.

Ses paroles in'époronnèrenl de telle sorte que je m'efforçai de ramper après lui, tant que la roche fut enfin sous mes pieds.

Là, nous nous assîmes tous deux, tournés vers l'Orient d'où nous étions venus. Car le voyageur prend courage à regarder la route qu'il a faite.

Je dirigeai d'abord mes regards vers la plage que nous avions laissée en bas, puis je les levai vers le soleil et j'admirai que les rayons nous frappassent du côté gauche.

I.e poëte s'aperçut bien que je demeurais stupéfaite considérer le char de la lumière qui cheminait entre nous et l'aquilon.

C'est pourquoi il me dit : « Si les Gémeaux étaient en compagnie de ce disque brillant qui verse sa lumière en haut et en bas,

a Tu verrais le point flamboyant du zodiaque, tourner plus près encore des deux Ourses,, s'il ne sortait de son chemin accoutumé.

« Si tu veux comprendre comment il en est ainsi, recueille-toi, et figure-toi la montagne de Sion et celle où nous sommes opposées à la terre.

« De façon qu'elles ont un seul horizon et des hémisphères différents. Donc le chemin où Phaéton pour son malheur ne sut pas guider son char.

(( Tu le verras nécessairement d'un côté de cette montagne, tandis qu'il passe du côté opposé de l'autre, si ton intelligence s'y applique et y voit clair. »

20 Certo, Maestro mio, diss'io, unquanco

Non via" io chiaro si, corn' io discerno, Là dove mio ingegno parea manco,

27 Clic '1 mezzo cerchio del motosuperno, Ghe si chiama Equalorein aicun arte, E cbe sempre riman Ira 1 Sole e il verno,

23 Per la ragion che di, quinci si parte Verso scttentrion, quanto gli Ebrei Vedevan lui verso la calda parte.

20 Ma se a te piace, volentier saprei

Quanto avemo ad andar, chè il poggio sale Più che salir non posson gli occlii miei.

50 Ed egli a me : Quesla montagna è taie,

Che sempre al cominciar di sotto è grave, E quanto uom più va su, e men fa maie.

51 Pero quand' ella ti parrà soave

Tanto, che'l suo andar ti sia leggiero, Corne a seconda giù Y andar per nave ;

52 Allor sarai al fin d' esto sentiero ;

Quivi di risposar 1' affano aspetta :

Più non rispondo, e questo so per vero. 55 E, com' egli ebbe sua parola detta, Una voce di presso sono : Forse Che di sedere in prima avrai distretta.

54 Al suon di lei ciascun di noi si torse,

E vedemmo a mancina un gran pelrone, Del quai ne io, ned ei prima s' accorse.

55 Là ci traemmo ; ed ivi eran persone

Che si stavano ail' ombra dietro al sasso, Corne T uom per negghienza a star si pone.

Cil A M l\. 89

a Cerles, mon maître, répondis-jc, jamais je ne vis si dairemenl qu'à cette heure, en un point où mon esprit semblait impuissant.

ce Ainsi le cercle intermédiaire du mouvement céleste, qui s'appelle équateur dans quelques livres, et qui se trouve toujours entre le soleil et l'hiver,

«Par la raison que tu donnes, nous paraît au septentrion de.cetle montagne, tandis que les Hébreux le, voyaient du côté du midi.

« Mais si c'est ion plaisir, volontiers j'apprendrai combien nous avons à marcher, car la cime s'élève plus que ne peuvent s'élever mes regards. »

Et lui : « Telle est cette montagne qu'au bas on la trouve toujours rude à commencer, mais plus on avance vers le haut et moins elle donne de fatigue.

Ainsi quand elle te paraîtra si douce, que la marche vers le haut sera devenue facile comme la course d'une barque qui descend au fil de l'eau,

« Alors tu seras à la fin de ce sentier. C'est là qu'il faut attendre le repos de tes peines. Je n'en dis pas davantage, mais ceci je le liens pour vrai. »

Et quand il eut achevé cette parole, une voix se fit entendre près de nous : « Peut-être avant d'arriver auras-tu besoin de t'asseoir. »

Au son de cette voix, chacun de nous deux se retourna, et nous vîmes à notre gauche un grand rocher auquel ni moi ni lui n'avions pris garde.

Nous nous traînâmes jusque-là, et nous y vîmes des âmes qui se tenaient à l'ombre derrière la pierre, comme un homme qui par indolence s'arrête et se repose.

90 DEL PUUGATORIO.

ôo Ed un di lor çhe mi sembrava lasso

Sedeva ed abbracciava le ginocchia, Tenendo '1 viso giù.tra esse basso.

:>i 0 dolce Signor mio, diss' io, adoccliia Colui che mostra se più négligente, Che se pigrizia fosse sua sirocchia.

58 Allor si volse a noi, e pose mente,

Movendo il viso pur su per la coscia, E disse : Va su tu, che se1 valente.

39 Gonobbi allor chi era; e quell' angoscia, Che m' avacciava un poco ancor la'lena, Non m'impedi d' andare a lui : e poscia

to Che a lui fui giunto alzô la testa appena, Dicendo : liai ben veduto, corne il Sole DalT omero sinistro il carre mena?

41 Gli atti suoi pigri, e le corte parole

Mosson le labbra mie un poco a ris©;

Foi comminciai : Belacqua, a me non duole

42 Di te ornai; ma dimmi, perché assiso

Quiritta se'? attendi tu iscorta, 0 pur lo modo usato t' liai ripriso?

43 Ed ei : Frate l' andare in su che porta?

Che non mi lascerebbe ire a' martiri L' angel di Dio che siede in su la porta.

44 Prima convien che tanto il ciel m' aggiri

Di fuor da essa, quanto fece in vita, Perch'io indugiai al fin li buon sospiri;

45 Se orazione in prima non m' aita,

Che surga su di cor che in grazia viva :

El l'un d'eux, qui me semblait la>, restail nssis embrassanl ses genoux, enlre lesquels il tenait le Iront baissé.

« Mon doux seigneur, dis-je, considère celui-ci qui -e montre plus négligent, que si la paresse était sa sœur. »

Alors il se tourna vers nous et arrêta son attention en laissant glisser son regard le long de sa cuisse, et il dit : « Va donc et monte, toi qui es si vaillant. »

Je connus alors qui c'était, et cette angoisse qui pressait encore ma respiration ne m'empêcha pas d'aller h lui, et après

Que je fus arrivé, il leva la tête à peine en disant : « As-tu bien compris pourquoi tu vois le soleil mener von char du côté gauche?»

Ses mouvements paresseux et ses brèves paroles firent un peu venir le rire sur mes lèvres; puis je commençai : « Belacqua, je ne suis plus inquiet

< De toi désormais; mais dis-moi pourquoi tu es accroupi précisément ici. Attends-tu des compagnons, ou bien es-tu repris de tes anciennes habitudes? »

Et lui : « 0 frère, que sert de monter plus haut, puisque l'ange de Dieu, assis sur la porte, ne me laisserait pas aller aux expiations !

a II faut premièrement que le ciel tourne sur ma tête, hors de l'enceinte, autant que je le vis tourner dans ma vie, parce que j'ai retardé jusqu'à la fin les soupirs salutaires;

« A moins que je ne sois plutôt secouru par une prière qui s'élève d'un cœur vivant par la grâce; tout autre

L'altra che val, che in ciel non è udita?

io E già 'l Poeta innanzi mi saliva,

E dicea : Vienne ornai, vedi ch'è tocco Meridian dal Sole, ed alla riva

47 Copre la notte già col piè Marrocco.

prière que vaut-elle, puisqu'au ciel elle n'est pas entendue? »

Et déjà le poëte marchait devant moi et disait : «Viens, maintenant; tu vois que le soleil touche au méridien, el déjà la nuit couvre de son pied le rivage de Maroc. »

Terc. 9. — San-Leo, ville du duché d'Urbin. Noli, petile ville de de l'Etal de Gènes. Bismantova, montagne de Lombardie. G. A. H.

2-5. — Plaïon avait professé l'existence de (rois âmes : ration-* nelle, concupiscible, irascible ou nutritive, au cerveau, au cœur, au foie. Aristote le contredit au traité De Anima, lib. III. Les Manichéens reproduisirent l'opinion platonicienne en la modifiant : deux âmes, l'une animale et mêlée au sang, l'autre spirituelle, en qui réside la raison. Le huitième concile général prononce sur ce point, can. XI: « Apparet quosdam in tantum impietatis ventsse, ut hominem duos animas habere impudenter dogmatisent. » Le manichéisme reconnaissait deux principes. De là l'excuse de tous les désordres des sens, pourvu que la raison n'y conseille pas. Le Livre des Dogmes ecclésiastiques, cité par saint Thomas : « Nous ne reconnaissons point deux âmes en un seul homme, comme Jacques et d'autres Syriens l'ont écrit... Mais nous disons qu'il n'y a dans l'homme qu'une seule et même âme qui vivifie le corps par sa présence, et se gouverne elle-même par sa raison. » Saint Thomas appuie eetle doctrine et combat l'opinion contraire par trois raisons. 1° L'âme est la forme du corps; s'il y avait plusieurs âmes, il y aurait plusieurs animaux. 2° S'il y avait deux formes, l'une ne pourrait se dire de l'autre que par accident ; or l'animalité est au contraire de l'essence même de l'humanité. 3° Parce qu'une opération de l'âme, quand elle est intense, empêche les autres; ce qui n'arriverait point si le principe des actions n'était essentiellement un. Mais il reconnaît trois sortes de puissances, végétative, nutritive, intelleclive. — Dante, Convito. IV, 7. « Comme ledit le Philosophe au deuxième livre De Anima, les puissances de l'âme sont les unes sur les autres, comme la figure du carré est sur le triangle et le pentagone sur le carré, et ainsi la sensitive est sur la végétative, et l'inlellective sur la sensi-

tivc. » — 11 ne s';igit pas de subtilités établies L'unité de l'âme, c'est la responsabilité ef aussi la dignité de la chair, c'est l'unité de la vie humaine : c'est le secret de la force. C'est dans les jours comme les nôtres, qu'on éprouve tout ce qu'il y a de force dans cette union, dans cette harmonie de l'intelligence, de la volonté, des sens, et que • e n'est pas trop de toute notre pensée pour servir notre 'pays, et de tout no re sang, s'il le faut, pour le défendre.

Caractère allégorique de tout ce chant. — Ce chemin rapide, c'est celui de la pénitence, c'est la voie étroite qui mène au ciel. « Insuavem et asperam facit nobis viam virtutis longa cornuetudo peccandi. — Sénèque : « Le chemin qui mène à la vertu est d rude au commencement, parce que c'est le propre dune âme i malade, et qui n'est point aguerrie, de se livrer à la crainte. » Si donc elle est inexpérimentée, il faut la contraindre à se mettre en route; plus tard la vertu ne lui sera point amère, car ce qui guérit ne tarde point à plaire, et quand la santé est rendue, le remède a sa volupté,

57. — Les négligents. — La paresse maltraitée dans les Proverbes de Salomon : « Le paresseux met ses mains sous ses aisselles et c'est un travail pour lui de les porter à sa bouche1. » Et au livre des Décrétâtes : « Sache donc ceci, ô loi qui te sens coupable de quelque erreur, autant de temps tu te souviens d'avoir passé dans l'erreur, autant dois-tu en passer à t'humilier devant Dieu. »

41. — Belacqua : — Le glossateur du mont Cassin donne sur Belacqua le renseignement que voici : « lste Bevilacqua fuit optimus magister cithararum et leutorum et pigrissimus (sic) homo in eperibus mundi, sicut in operibus animx. » C'est un peu l'image de cette Italie qui se laisse endormir aux chants de ^es musiciens et de. ses poètes, et qui mérita d'attendre si longtemps la liberté.

1 Abscondct piger nianum suani sub ascella sua, et laborat si ad os suum cam convcrlerit. (Prov., X, "24.)

CAiNTO V

io era già da quell' ombre parti to, E seguitava Y orme del mio Duca.

Quando diretro a me, drizzando il dito,

Una gridô : Ve', che non parche luca, Lo raggio da sinistra a quel di sotto, E corne vivo par che si conduca.

Gli occhi rivolsi al suon di questo motto, E vidile guardar per maraviglia Pur me, pur me, e il lume ch' era rotto.

Perché Y animo tuo tanto s' impiglia, Disse '1 Maestro, che Y andare allenti? Che ti fa ciô che quivi si pispiglia?

Vien dietro a me, e lascia dir le genti; Sta, corne torre, fermo, che non crolla Giammai la cima per soffiar di venti.

Che sempre 1' uomo, in cui pensier rampolla Sovra pensier, da se dilunga il segno, Perché la foga 1' un delP allro insolla.

CIIA.M V

Déjà je m'étais séparé de ces ombres, el je suivais les traces de mon guide, quand par derrière, et me montrant du doigt,

L'une d'elles s'écria : « Vois. Il me semble que le dernier des deux fait obstacle au rayon qui n'éclaire pas la terre à sa gauche. Il semble qu'il se comporte comme un vivant.»

Je détournai les yeux au son de ces paroles, et je vis les ombres ('tonnées me regarder moi seul, moi seul et la lumière que j'interrompais.

a Pourquoi, dit le maître, ton esprit s'embarrasse-t-il de telle sorte que tu retardes le pas? Que te fait ce que murmurent ceux:ci?

« Viens derrière moi, et laisse dire les gens. Reste comme une tour solide dont le souffle des vents ne fait jamais branler la cime;

>< Car toujours l'homme en qui une pensée jaillit sur une autre pensée éloigne de lui le but, parce que l'une affaiblit l'impétuosité de 1 autre. »

08 ' DEL PURGAÏORÏO.'

7 Che potev' io ridir, se non : F vegno?

Dissilo, alquanlo de! color consperso Che fa 1' uom di perdon lalvola degno.

8 E intanto per la costa da Ira verso

Venivan »enti innanzi a noi un poco, Canlando Miserere a verso a verso.

9 Quando s' accorser ch' io non dava loco,

Per lo mio corpo, al irapassar de' raggi, Mular lo canio in un 0 lutigo e roco,

io E due di loro in forma di message

Corsero inconlr' a noi, e dimandarne :

Di vo§tra condizion fatene saggi.

il E '1 mio Maestro : Voi polcte andarne, E rilrarre a color che vi mandaro, Che il corpo di coslui è vera carne.

12 Se per veder la sua ombra ristaro,

Com' io avviso, assai è lor risposto : Faccianli onore, ed esser puô lor caro.

15 Vapori accesi non vid' io si toslo

Di prima notte mai fender soreno, Ne, Sol calando, nuvole d' agoslo,

u Che color non tornasser suso in mcno,

E giunti là, con gli altri a noi dier voila , Corne schiera che corre senza freno.

15 Q ucs ta gente che prenne a noi, è mol ta, E vengonli a pregar, disse '1 Poeta; Pero pur va, e in andando ascolla.

io 0 anima, che vai per esser lieta

Que pouvais-jc répondre, sinon : c< Sfe voici? » Je le répondis, un peu couver! de celle rougeur qui plus dune fois rend l'homme digne de pardon.

El cependant an peu devant nous, et par le travers de la côte, venait une troupe qui chantait le Miserere verset par verset.

Quand ils s'aperçurent que mon corps ne donnait point passade aux rayons, leur chanl se changea en une exclamation longue et raûque,

Et deux des leurs, en manière de messagers, coururenl au-devant de nous, et nous interrogèrent: «Instruisez-nous «le votre condition. »

El mon maître: « Vous pouvez aller, dit-il, et rapporter à ceux qui vous envoient que le corps de celui-ci est chair véritable.

« S'ils se sont arrêtés pour considérer son ombre, comme je le devine, on leur a amplement répondu : Qu'ils lui fassent honneur: il peut leur devenir précieux.»

Jamais je ne vis au commencement de la nuit les vapeurs embrasées fendre si rapidement le ciel serein, ni au coucher du soleil l'éclair traverser si promptement les nuées d'août,

Que ces Ames ne retournassent en moins de temps encore vers la hauteur, et arrivées là, elles revinrent courant à nous avec les autres, comme un escadron qui s'élance à toute bride.

« Celte foule qui nous presse est nombreuse, dit le poète, ils viennent l'adresser une prière. Va donc toujours, et tout en cheminant, écouté :

c< 0 loi, àme qui, pour mériter le bonheur, t'en vas

Con quelle membra, con le quai nascesti, Venian gridando, un poco il passo quêta, n Guarda, se alcun di noi unque vedesti, Si che di lui di là novelle porti :

Deh perché vai? deh perché non t' arresti?

18 Noi fummo già tutti per forza morli,

E peccatori infino ail' ultim' ora :

Quivi lume del ciel ne fece accorti

19 Si che, pentendo eperdonando, fuora

Di vita uscimmo a Dio pacificati, Che del disio di se vcder n' accora.

20 Ed io : Perché ne' vostri visi guati,

Non riconosco alcun; ma s'a voi piace Cosa ch' io possa, spiriti ben nati,

21 Voi dite, ed io faro per quella pace,

Che, dietro a' piedi di si falta guida, Di mondo in mondo ccrcar mi si face.

22 Ed uno incominciô : Ciascun si lida

Del beneficio tuo senza giurarlo, Pur che '1 voler nonpossa non ricida.

23 Ond' io, che solo, innanzi aglialtri, parlo,

Ti prego, se mai vedi quel paese

Che siede Ira Ho magna e quel di Carlo,

2i Che lu mi sie de' tuoi prieghi cortese In Fa no si, che ben per me s' adori, I erch' io possa purgar le gravi offese.

25 Q u i n cl i îu io, ma li profond i fori,

Ond' usei '1 sangue, in sul quai io sedea, Falti mi furo in grembo agli Antenori,

2G Là dov' io più sicuro esser credea :

avec les mêmes membres que tu apportas à ta naissance, modèle un peu tes pas ; » ainsi allaient-ils criant.

« Regarde si tu vis jamais quelqu'un de nous dont lu puisses rapporter là-bas des nouvelles. De grâce pourquoi l'en vas-tu? Pourquoi ne t?arrêtes-tu point?

« Nous mourûmes tous de mort violente, et nous restâmes pécheurs jusqu'à l'heure dernière; c'est alors que la lumière du ciel nous fit ouvrir les yeux,

«Si bien que, repentants et pardonnant, nous sortîmes de la vie réconciliés à Dieu, qui tourmente notre cœur du désir de le voir. »

Et moi : « J'ai beau fixer vos visages, je ne reconnais personne; mais si telle chose vous plaît qui soit en mon pouvoir, esprits prédestinés,

« Dites-la et je l'accomplirai au nom de cette paix qui se fait chercher par moi de monde en monde, sur les traces du guide que voici. »

Va l'un d'eux commença : «Chacun a confiance dans tes bons services, sans qu'il soit besoin de serment, pourvu que l'impuissance ne détruise pas ta volonté.

«D'où vient que moi, qui seul te parle avant les autres, je te conjure, si jamais tu vois le pays situé entre la Romagne et le royaume de Char les,

«De m'assister généreusement de tes prières à Fano, de façon qu'on prie beaucoup pour moi, et que jepuisse expier mes graves offenses.

«C'est là que je naquis ; mais les profondes blessures d'où sortait le sang qui me portait me furent faites au giron des filsd'Anténor,

« Au lieu même où je me croyais le plus en sûreté, le

102 LEL PUUGATOl l).

Quel d a Esti il fe far, che m' avea in ira Assai più là clie dritto non volea.

27 Ma s' io fossi fuggilo inver la Mira,

Quand' i' fui sovraggiunto ad Oriaco, Ancor sarei di là dove si spira.

28 Corsi al palude, e le cannucce e il braco

M' impigliar si, ch' io caddi, e li vid' io Délie mie vene farsi in terra laco.

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