‹ uvres complètesChapitre 13 sur 30 · Poi disse un altro : Deh, se quel disio · texte numérisé non relu

Poi disse un altro : Deh, se quel disio

Si compia che ti tragge ail' alto monte, Gon buona pielale aiula il mio.

30 Io fui di Montefeltro, i' son Buonconte :

Giovanna, o al tri non ha di me cura; Perch' io vo tra costor con bassa fronte.

31 Ed io a lui : Quai forza, o quai ventura

Ti traviô si fuor di Campaldino, Che non si seppe mai tua sepoitura?

32 Oh, rispos' egli, appiè del Casentino

Traversa un' acqua c' ha nome l'Archiano, Che sopra 1' Ermo nasce in Apennino.

33 Là 've '1 vocabol suo di venta vano

Arriva' io forato nella gola,

Fuggendo a piede, e sanguinando il piano.

34 Quivi perdei la vista, e la parola

Nel nome di Maria fini, e quivi Caddi, e rimasse la mia carne sola.

35 1' dire '1 vero, e tu '1 ridi tra i vivi :

seigneur d'Esté lii commettre le crime, lui qui m'avait pris en haine bien plus «jnt^ La justice ne le voulait.

Si je me fusse enfui verslâMira, quand je fus arrivé à Oriaco, j'habiterais encore au lieu où l'on respire.

a Mais je courus au marais, et les roseaux et la fange me retinrent de (elle sorte que je tombai, et c'est en ce lieu que je vis du sang de mes veines se faire un lac sur la terre. »

Ensuite un autre me parla : « Ainsi puisse s'accomplir le désir qui t'entraîne au sommet de la haute montagne ! De grâce, aide aussi mon désir par une douce compassion !

« Je naquis à Montelfeltro, je suis Buonconte ; ni Jeanne ni les autres n'ont souci de moi; c'est pourquoi je marche le front baissé au milieu de ces morts. »

Et je lui dis : « Quelle violence ou quelle aventure t'égara si loin de Campaldino, qu'on ne connut jamais la sépulture? »

« Oh ! répondit-il, au pied du Casentino roule un courant d'eau qu'on nomme l'Archiano, qui naît dans l'Apennin au-dessus du saint désert.

« Là où son nom se perd, j'arrivai blessé à la gorge, fuyant à pied et ensanglantant la plaine.

« C'est là que je perdis la vue, et la parole s'éteignit sur mes lèvres avec le nom de Marie; c'est là que je tombai et que ma chair demeura seule.

« Je dirai la vérité, et loi répète-la parmi les vivants :

10i DEL PUHGATORIO.

V Angel di Dio mi prese, e quel d' Inferno Gridava : 0 lu dal ciel, perche mi privi? 36 Tu te ne porti di costui Y eterrio

Per una lagrimetta che '1 mi toglie; Ma io farô dell' altro altro governo.

57 Ben sai corne nell' aer»si raccoglie

Queir umido vapor che in acqua riede, Tosto che sale dove '1 freddo il eoglie.

58 Giunse quel mal voler, che pur mal chiede,

Con 1' intelletlo, e mosse il fumo e il vento Per la virtù, che sua nnlnra diede.

59 Inde la valle, corne il di' fu spento.

Da Pralomagno al gran giogo coperse Di nebbia, e il ciel di sopra fece inlenlo

40 Si, che '1 pregno aère in acqua si converse :

La pioggia cadde, ed a' fossati venne Di lei ciô che la terra non sofferse :

41 E come a' rivi grandi si convenue,

Ver lo fiume real tanto veloce Si ruinô, che nulla la ritenne.

42 Lo corpo mio gelato in su la foce

Trovo Y Archian rubesto; e quel sospinse Nell' Arno, e sciolse al mio petto la croce, 45 Ch' io fei di me quando il dolor mi vinse : Voltommi per le ripe e per lo fondo; Poi di sua preda mi coperse e cinse.

44 Deh, quando tu sarai lornato al mondo,

chant v. io:>

l'ange de Pieu me prîl él celui de l'enfer criait : 0 toi qui viens du ciel1, pourquoi nie faire tort?

« Tu emportes avec toi ce qu'il y a d'immortel en celui-ci, pour une petite larme qui me le dérobe : mais pour le reste je le traiterai autrement.

« Tu sais bien comment se ramasse dans l'air cette humide vapeur qui-retourne en eau aussitôt qu'elle monte dans une région où le froid la saisit.

a Le démon mit son intelligence au service de ce mauvais vouloir qui ne cherche que le mal, déchaîna le vent ci les nuées, avec celte puissance qu'il tient de sa nain re.

a Ensuite, et dès que le jour fut éteint, il couvrit de brume toute la vallée, depuis Pratomagno jusqu'au sommet de l'Apennin, et au-dessus il disposa les régions du ciel,

« De telle sorte que l'air imprégné se résolut en eau. La pluie tomba, et ce que la terre n'absorba pas roula • lans les ravins.

« Et à mesure que les eaux se réunirent en torrents, elies se précipitèrent vers le fleuve royal avec tant de rapidité, que rien ne les retint.

(( L'Archiano impétueux trouva sur son embouchure mon corps glacé, et le pousse dans l'Arno, et défit sur ma poitrine la croix

« Que j'y fis de mes bras quand je fus vaincu par la douleur. Il me roula sur ses rives et sur ses bas-fonds, puis il m'enveloppa et me couvrit du sable dont il avait t;iit mi proie. »

« De grâce ! quand lu seras retourné au monde, et re-

JOG DEL PURGATOKIO.

E riposato délia lunga via, Seguitô il terzo spirilo al sccondo,

i5 Ricorditi di me, che son la Pia :

Siena mi fe, disfecemi Maremma :

Saisi colui che innanellala pria,

46 Disposato m' avea con la sua gemma.

posé de ton long voyage, » dit un troisième esprit succédant au second,

a Souviens-loi de moi, je suis la Pia. Sienne me donna la vie, la Maremme me la reprit. Celui-là le sait bien, qui m'épousant m'avait mis au doigt la pierre* de son anneau. »

En reparaissant devant vous après les grands événements qui viennent de s'accomplir l, je suis heureux de ne trouver dans mes souvenirs de six ans de leçons aucune parole que j'aie à retirer aujourd'hui. Vous m'avez toujours connu passionné pour la liberté, pour les conquêtes légitimes des peuples, pour les réformes qui moralisent les hommes en les relevant, pour ces dogmes d'égalité et de fraternité qui ne sont que l'avènement de l'Evangile dans le domaine temporel.

Aujourd'hui je reviens à des études moins inopportunes qu'elles ne semblent. J'y reviens pour donner, autant qu'il est en moi, le bon exemple de la confiance dans l'ordre qui sera mieux maintenu par l'unanimité des citoyens que par l'échafaudage des fictions légales. J'y reviens parce que le poëte que nous expliquons est le poëte du présent comme il fut celui de son siècle, le poëte de la liberté comme celui de l'Italie et du christianisme. Il n'y a pas d'esprit si hardi qui n'ait à s'instruire à l'école de ce républicain de Florence, si sévère pour les fautes des pouvoirs contemporains, si emporté dans son amour pour l'indépendance de sa patrie. Il n'y a pas de grande question parmi celles qu'on agitera bientôt autour de nous qui n'ait ému cette puissante intel-

1 Reprise du cours après les événements du 2i février 1848.

ligenee. C'est le privilège dvs hommes de génie de prendre possession des temps futurs par la hardiesse prophétique de leurs vues,, de touchera ce fond delà nature humaine qui ne vieillit jamais, de rester toujours jeunes, toujours au niveau des générations qui se succèdent, et de les accompagner jusqu'au bout, comme l'étoile avec laquelle le navigateur est parti, et qui luit encore sur sa tète quand il louche au port. Dante a pris Virgile pour guide ; pourquoi ne pas marcher à la suite de Dante?

Terc. 26. — Padoue, dont la légende attribuait la fondation à An ténor. G. A. H.

26. — Extrait de l'Ottimo Commento. — Le marquis d'Esté, Azzo de Ferrare, fit tout son pouvoir en son temps pour se créer des alliances à Bologne, et cela dans l'intention d'acquérir la seigneurie de la ville, comme il avait celle de Ferrare. Il en trouva beaucoup, tant par argentque par promesses. Le peuple de Bologne, s'apercevant de ceci, et craignant de tomber sous une seigneurie tyrannique, chassa de la ville tous ceux qu'on croyait ou qu'on pouvait présumer ami- du marquis, et quelques-uns furent jusliciés, et on eu lit grande déconfiture dans toute la seigneurie et le gouvernement de Bologne.

Or il arriva que les Bolonais appelèrent maître Jacopo del Cassero pour être le podestat delacilé^ et il eu vint prendre l'administration. Ccluiià ne se tint pas content d'agir contre les amis du marquis, mais il répétait suis cesse les calomnies populaires répandues contre lui : Bavoir, qu'il avait déshonoré sa belle-mère, qu'il était descendu d'une lavandière, et qu'il était cliétif et couard, et jamais la langue du podestat ne se rassasiait de l'avilir. Ainsi, par actions et par paroles, il excil h bien la colère du marquis, que celui-ci trama sa mort. Quand donc Jacopo eut quitté le gouvernement de Bologne, il ne cessa d'avoir sur ses talons les assassins apostés parle marquis pour le tuer quand ilsen auraient trouvé la facilité. Dans la suite, messire Maltéo \ in onti, élan! seigneur de Milan, choisit Jacopo ; our podestat. Celui-

ci accepta la fonction et vint par mer jusqu'à Venise, puis, quand il voulut aller à Padoue, ceux qui étaient à sa chasse le tuèrent dans la vallée d'Oriaco. Maintenant ce même Jacopo, dans les vers qui suivent, prie Danle de notifier à ses parents l'état où il l'a vu, afin qu'on fasse pour lui quelque prière qui puisse abréger son exil.

La foule de ceux qui ont péri de mort violente est grande. Le tort du moyen âge est de n'avoir pas assez respecté la vie de l'homme. L'antiquité ne la respectait pas ; la barbarie encore moins. Lutte du christianisme, Non occides, Ecclesia abhorret a sanguine. — L'Italie du moyen cage. Vengeances sanglantes, supplices politiques. Instabilité des républiques italiennes, fondées sur la violence. La légende rapporte qu'on trouva une tête fraîchement coupée dans les fondations du Capitole. Si l'on jette des têtes dans les fondations des républiques modernes, elles ne se soutiennent pas.

50. -*- Mort de Buonconle de Monlefeltro. Le combat de l'ange et du démon est un texte favori des légendes chrétiennes. — Dagobert poussé par les diables dans la barque, d'où viennent l'arracher saint Maurice et saint Martin. — Charlemagne mis en jugement. Les démons jettent ses péchés dans la balance, saint Jacques et sjint Martin mettent dans l'autre bassin les églises et abbayes qu'il a fondées et qui le font absoudre.

Admirable récit dans la vision d'Àlbéric1. Le riche voluptueux. Ses larmes sur la captivité de son rival. Api es sa mort, le démon l'accuse; mais une larme de charité recueillie par l'ange efface sa condamnation.

Une larme de cette poésie chrétienne suffit aussi pour effacer toutes les pages sanglantes du moyen âge.

51. — Bataille de Campaldino. — Arezzo, guelfe comme le reste de la Toscane, se fit gibeline en 1287 à l'instigation de son évêque Ubertino de-Pazzi, qui y appela en qualité de capitaine de guerre Buonconle de Montefeltro. Les Guelfes, chassés d'Arezzo, viennent implorer le secours de Florence. Ligue de tout le parti guelfe, Florence, Bologne. Lucques, Pistoia, environ douze mille hommes, 1289. Récit de Dino Compagni. « Au jour fixé, les Florentins portèrent les enseignes en avant pour entrer sur le territoire

1 Voir les Sources de la Divine Comédie, œuvres complètes, t. V, p. 415,

C0MMENTA1BE Dl CHANT V. 111

des ennemis; ils traversèrent le Casentino par des mauvais chemins où, s'ils eussenl trouvé l'ennemi, ils eurenl essuyé de graves dommà* - Mais Dieu ne le voulul pas, el ils arrivèrent près de Bibbiena, en un lieu qui se nomme Gampaldino, où étaient les ennemis, et ils s'arrêtèrent et se mirent en bataille. Les capitaines de la guerre mirent les feditori au fronl de la bataille, cl au-devant lurent placés les hommes armés de pavois au champ blanc avec le lis vermeil. Alors l'évêque, qui avait la vue courle, s'écria : « Qu'est-ce que ces murailles? o Et on lui répondit : « Ce sont les pavois des ennemis. » Messire le baron de Mangiadori de San-Miniato, cavalier hardi et éprouvé en l'ait d'armes, rassembla les hommes d'armes et leur dit : « Seigneurs, les guerres de Toscane se décidaient autre!ois par une charge vigoureuse, le combat ne dmait guère, et peu de gens y mouraient, l'usage n'étant point de les tuer. Aujourd'hui, la coutume est changée, l'art de vaincre c'est de tenir ferme. Je vous conseille i\o\\c d'avoir du cœur et de les laisser assaillir. » Et il l'ut résolu qu'on ferait ainsi. Les Arétins menèrent la charge si vigoureusement et avec tant de forée, que l'armée des Florentins recula de beaucoup. La bataile devint opiniâtre et dure. Messin; Corso Donati avec la bande de Pisloia prit les ennemis en liant1, les flèches pleuvaient, les Arétins en avaient peu, et étaient attaqués sur les lianes où ils étaient découverts. L'air était couvèit de nuages et la poussière trèsise. Les gens de pied des Arétins se jetaient accroupis fous le ventre des chevaux, le couteau à la maii^, et les éventraient. De leurs cavaliers plusieurs s'avancèrent si fort, qu'au milieu de l'armée il y en eu: beaueo ip de tués de part et d'autre. Ce jour-là, beaucoup dont on av;iit estimé la piomsse lurent trouvés lâches, et plusieurs dont on ne parjait pas acquirent de la gloire. Du côté des ennemis périrent l'évêque et mc>sire Guillaume de Pazzi, hardi cavalier, Riioiicon!e et Loccio de .Monttïelto el d'autres vaillants hommes... Les Arétins furenl vaincus, non par lâcheté ni par défaut de prouesse; mais à cause <lu tiop grand nombre de leurs ennemis, qui les mirent en déroute et en tuèrent un grand nombre Les soldats florentins, habitués à la poursuite des fuyards les assommaient, les paysans n'en avaient pas de pitié. »

Dante avait pris part au combat comme il l'attestait dans une lettre «ni il déclare qu'il éprouva du commencement une grande crainte, et ^ Li fin une extrême joie, à cause des vicissitudes delà bataille,

i Quando si parte il giuoco délia zara, Colui clie perde si riman dolente Ripeterido le volte, e tristo impara;

2 Con Y altro se ne va lutta la gente :

Quai va dinanzi, e quai diretro il prende, E quai da lato gli si reca a mente ;

3 Ei non s'arresta, e questo e quello intende;

A cui porge la man, più non fa pressa ; E cosi dalla calca bi di fende.

4 Tal era io in quella turba spessa,

Volgendo a loro e qua e là la faecia, E promettendo mi sciogliea daessa.

5 Quivi era l' Aretin, clie dalle braceia

Fiere di Gbin di Tacco ebbe la morte; E 1' allro clie annego correndo in câccia.

6 Quivi pergava con le mani sporte

Federigo Novello, e quai da Pisa Che fe parer lo buon Mar/.ucco forte.

Quand on quitte le jeu Je dés, celui qui perd demeure chagrin, répétant les coups, et triste il s'étudie à mieux faire;

Avec le gagnant s'en va toute la troupe : l'un marche devant, l'autre le suit par derrière, et le troisième de côté se rappelle à son souvenir ;

Lui ne s'arrête. point, il écoute l'un et l'autre; celui à qui il tend la main cesse de le presser; et c'est ainsi qu'il se défend de la foule.

Tel j'étais dans cette multitude pressée, tournant vers eux mes regards à droite et à gauche, et à force de promesses, je me dégageais.

Là, je vis l'habitant d'Arezzo qui reçut la mort du bras cruel de Ghino di Tacco, et cet autre qui se noya quand ses ennemis lui donnaient la chasse.

Là priaient, les mains étendues, Federigo Novello et ce jeune homme de Pise qui fit paraître la force d'àme du généreux Marzucco.

7 Vidi Conf Orso, e l'anima divisa

Dal corpo suo per astio e per inveggia. Corne dicea, non per colpa commisa;

8 Pier dalla Broccia dico : e qui provveggia,

Mentr' è di qua, la donna di Brabante, Si che perô non sia di peggior greggia. $ Corne libero fui da tutte quante

Quelle ombre che pregar pur ch'altri preghi, Si che s'avacci il lor divenir santé,

10 To cominciai : E' par che tu mi nieghi, 0 luce mia, espresso in alcun testo, Che decreto del Cielo orazion pieghi ;

il E queste genti pregan pur di questo. Sarebbe duneue loro speme vana?

0 non m' è il detto tuo ben manifesto?

n Ed egli a me : La mia scrittura è piana, E la speranza di costor non falla, Se ben si guarda con la mente sana ;

13 Chè cima di giudicio non s' avvalla,

Perché fuoco d' amor compia in un punto Ciô che dee soddisfar chi qui s'astalla :

14 E là dov' io fermai cotesto punto,

Non si ammendava, per pregar, difetto, Perche il prego da Dio era disgiunto.

15 Veramente a cosi alto sospetto

Non ti fermar, se quella nol ti dice, Che lume fia tra'l vero e l' intelletto. io Non so se intendi : io dico di Béatrice :

Je vis le comte Orso et une autre âme séparée de son corps par le ressentiment et l'envie d 'autrui s'il fallait l'en croire, et non pour aucune faute qu'elle eût commise ;

Je veux dire Pierre de la Brosse, et qu'elle y avise pendant qu'elle est sur terre, la noble dame deBrabant, afin de n'être pas un jour en pire compagnie.

Aussitôt que je fus délivré de toutes ces ombres qui priaient seulement qu'on priât pour elles, pour bâter l'heure où elles deviendraient saintes,

Je commençai : « 0 toi qui es ma lumière, il semble que tu me nies expressément, dans un texte, que l'oraison puisse fléchir un décret du ciel;

« Et cette foule ne demande pas autre chose. Leur espérance serait-elle donc vaine, ou ta parole ne m'est-elle entièrement claire. »

Et lui me répondit : « Le sens de mon écrit est facile, et l'espoir de ceux-ci ne les trompe pas, si l'on y regarde attentivement avec une raison saine.

« Car la hauteur du jugement divin ne s'; baisse pas, encore que le feu de l'amour accomplisse en un moment la satisfaction que doit toute âme ici reléguée :

« Et dans le lieu où j'établis ce point, la souillure ne pouvait se purger par la prière, parce que la prière était ^;l>;irée de la grâce de Dieu.

«Toutefois ne t'arrête point à un doute si profond, si tu n'y es invité par celle qui servira de lumière entre la vérité et ton intelligence.

« Je ne sais si tu m'entends : je parle de Béalrix. Tu la

Tu la vedrai di sopra, in su la vetta Di queslo monte, ridente e felice.

n Ed io : Buon Duca, andiamo a maggior fretta ; Chè gia non m' affalico corne dianzi ; E vedi ornai che il poggio Y ombra getta.

18 Noi anderem con questo giorno innanzi,

Rispose, quanto più potremo ornai;

Ma il fatto è d' altra forma che non slanzi.

19 Prima che sii lassù, tornar vedrai

Colui che già si copre délia costa, Si che i suoi raggi tu romper non fai.

20 Ma vedi là un' anima, che a posta

Sol a soletta verso noi riguarda :

Quella ne insegnerà la via più tosta.

21 Venimmo a lei : 0 anima lombarda,

Corne ti slavi altéra e disdegnosa,

E nel mover degli occhi onesta e tarda!

22 Ella non ci diceva alcuna cosa ;

Ma lasciavane gir, solo guardando A guisa di leon quando si posa.

23 Pur Yirgilio si trasse a lei, pregando

Che ne mostrasse la miglior salita ; E quella non rispose al suo dimando ;

24 Ma di nostro paese £ délia vila

C inchiese. E il dolce Duca incominciava Manlova... E l'ombra, tutla in se romita,

25 Surse ver lui del luogo ove pria stava,

Dicendo : 0 Mautovano, i' son Sordello Délia tua terra. E l'un i'allro abbracciava.

verras plus haut, à la cime de ce mont, en un lieu riant et fortuné. »

Kt moi: «0 mon bon guide, repris-jc, hâtons la marche, car déjà je ne me fatigue plus comme aupara\ant, et vois que désormais la montagne allonge son ombré. »

« Nous marcherons aujourd'hui, répondit-il, aussi loin qu'il nous sera possible. Mais le fait est tout autre <jik' tu ne penses.

« Avant d'être là-haut, tu verras revenir l'astre qui déjà se cache derrière cette côte escarpée, de manière que tu n'interromps plus ses rayons.

« Mais vois là haut, une àme qui se tient seule, toute seule, et qui regarde vers nous. Celle-là nous enseignera la voie la plus prompte. »

Nous nous approchâmes d'elle. Ah ! grande âme lombarde, comme lu te tenais altière et dédaigneuse, grave et lente à lever les yeux!

Elle ne nous adressait pas une parole, mais elle nous laissait passer, nous suivant seulement du regard, à la manière du lion qui se repose.

Cependant Virgile s'approcha d'elle, la priant de nous indiquer le meilleur chemin. Elle ne répondit pas à sa demande.

Mais elle s'enquit de notre pays et de notre condition, et mon doux guide commença : « Mantoue, » dit-il, et l'ombre, jusque-là toute recueillie en elle-même,

Se leva du lieu où jusque-là elle se tenait, et vint à lui, disant : « 0 Manlouan, je suis Sordello, de ta ville chérie, » et l'un et l'autre ils s'embrassèrent.

H8 DEL i'URG.VTORIO.

26 Ahi serva Italia, di dolore ostello,

Nave senza nocchiero in gran tempesta, Non donna di provincie, ma bordello !

27 Quell' anima gentil fu cosi presta,

Sol per lo dolce snon délia sua terra, Di fare al cittadin suo quivi festa ;

23 Ed ora in te non stanno senza guerra Li vivi tuoi , e l' un 1' altro si rode Di quei che un muro ed una fossa serra.

2j Cerca, misera, intorno dalle prode

Le tue marine, e poi ti guarda in seno S' alcuna parte in te di pace gode.

30 Che val, perche ti racconciasse il freno

Giustiniano, se la sella è vota?

Senz' esso fora la vergogna meno.

31 Ahi gente, che dovresti esser divota,

E lasciar seder César nella sella, Se bene intend i ciô che Dio ti nota ! 52 Guarda com' esta fiera è fatta fella,

Per non esser corretta dagli sproni, Poi che ponesti mono alla predella.

33 0 Alberto Tedesco, che abbandoni

Costei ch'è fatta indomita e selvaggia, E dovresti inforcar li suoi arcioni,

34 Giusto giudicio dalle stelle caggia

Sovra '1 tuo sangue, e sia nuovo ed aperto, Tal che il tuo successor temenza n' aggiâ :

35 Chè a vête tu e il tuo padre sofferto,

Per cupidigia di costà distretti,

Che il giardin dell' imperio sia diserto.

Ah! terre esclave d'Italie, maison de douleur, navire sans nocher dans une grande tempête] Toi qui n'es plus la reine des provinces, mais leur prostituée!

Cette âme généreuse fut si prompte, rien que pour avoir entendu le doux nom de son pays, à fêter là-bas son concitoyen; v

El maintenant les vivants ne peuvent se tenir chez toi sans se faire la guerre, ils se dévorent les uns les autres, oeux qu'enferment un même mur et un même fossé.

Cherche, malheureuse, tout autour de tes plages et regarde aujourd'hui dans ton sein, s'il reste un lieu qui jouisse de la jraix.

A quoi sert-il que Justinien t'ait rajusté le frein, si la selle est vide? Sans lui la honte serait moindre.

Ah ! nation, qui devais être obéissante et laisser César se mettre en selle, si tu entendais bien ce que Dieu t'apprend?

Regarde comme cette bête est devenue rebelle, pour n'avoir pas été corrigée de l'éperon, depuis que tu as mis la main sur la bride.

Albert d'Allemagne,. ô toi qui abandonnes cette cavale désormais indomptée et sauvage, quand tu devrais enfourcher les arçons !

Puisse un juste jugement tomber des étoiles sur ceux de ton sang! et qu'il soit éclatant et nouveau, et tel que ton successeur en demeure épouvanté!

Parce que ton père et toi, éloignés par le désir de conquérir ailleurs, vous avez souffert que le jardin de l'empire ne soit plus qu'un désert!

120 DEL PUKGATOKIO.

56 Vieni a veder Montecchi e Gappellelti,

Monaldi eFilippeschi, nom senza cura, Color già trisli, e costor con sospetti.

ùi Vien, crudel, vieni e vedi la pressura De'tuoi genlili, e cura lor magagne, E vedrai Sa nia fi or co m' è sicura.

:,s Vieni a veder la tua Roma che piagne, Vedova, sola, e di' e notte chiama :

Cesare mio, perché non m'accompagne?

59 Vieni a veder la gente quanto s'ama ; E se nul la di noi pietà ti muove, A vergognar ti vien délia tua fama.

iO E se licito m' è, o sommo Giove,

Che fosti in terra per noi crucifisso, Son li giusti occhi tuoi rivolti altrove?

il 0 è preparazion, che nell' abisso

Del tuo consiglio fai per alcun bene, Jn tutlo dalTaccorger noslro scisso?

\-i Chè le terre d Italia lutte piene

Son di tiranni, ed un Marcel cl i venta Ogni villan che parleggiando viene.

'.:» Fiorenza mia, ben puoi esser contenta Di cjuesta digression che non ti locca, Mercè del popol luo che si argomeuta.

\\ Molli ban giustizia in cor, ma tardi scocca, Per non venir senzar consiglio alT arco : Ma il popol tuo 1' ha in sommo délia bocca

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