L'église ici désignée est San Miniato
Nous achevons avec Dante le eercle de l'Orgueil. Le poëte a consacré près de trois chants aux expiations dont il donne le spectacle. Il a réuni tous les grands exemples de l'antiquité sacrée et de l'antiquité profane, toutes les lumières de la raison et de la foi pour flétrir ce premier péché, parce qu'il s'agit du péché originel du genre humain, de celui qui fait le fond de la nature déchue. Voyez les vertus du paganisme : vous trouverez des hommes sans ambition, vous en trouverez sans faiblesse de la chair, vous n'en trouverez pas sans orgueil. C'est aussi le péché dominant des poètes.
Troppa è più la paura, ond1 è sospesa L' anima mia, del tormento di sotto, Che già lo incarco di laggiù mi pesa.
[Purg., XIII, t. 46.)
Terc. 43. — Pierre Pettinagno, ermite florentin, selon d'autres, siennois. Il était du tiers ordre de Saint-François. G. A. H.
51 . — Les Siennois avaient acheté le port et le château de Talamone, dans la Maremne. Ils avaient dépensé des sommes considérables pour le fortifier; mais le mauvais air de la Maremne rendit toutes ces dépenses inutiles; la place resta dépourvue d'habitants. La Diana es( une rivière qu'on disait couler sous la ville de Sienne. G. A. H.
Chiè costui che il nostro monte cerchia, Prima che morte gli abbia dato il volo, Ed âpre gli occhi a sua voglia e coperchia ?
Non so chi sia; ma so ch'ei non è solo : Dimandal tu che più gli t'avvicini, E dolcemente, si che parli. accolo.
Cosi duo spirti, 1' uno all'altro chini, Ragionavan di me ivi a man dritta ; Poi fer li visi, per dirmi, supini ;
E disse Y uno: 0 anima, chefitta
Nel corpo ancora in ver lo ciel ten vai, Per carità ne consola, e ne ditta,
Onde vieni, e chi se' ; chè tu ne fai Tanto maravigliar délia tua grazia, Quanto vuol cosa, che non fu più mai.
Ed io : Per mezza Toscana si spazia Un fiumicel chenasce in Falterona, E cento miglia di corso nol sazia.
« Quel est celui qui fait le tour de notre montagne avant que le trépas lui ait donné l'essor, et qui à son gré ouvre et ferme les yeux ? »
« Je ne sais ce qu'il est, mais je sais qu'il n'est pas seul. Interroge-le, toi qui es plus voisin de lui , et aborde-le avec douceur, en sorte qu'il consente à parler. »
Ainsi deux esprits penchés l'un vers l'autre discouraient de moi en ce même lieu, à ma main droite, puis ils renversèrent la tête pour m'adresser la parole.
Et l'un me dit : « 0 âme qui encore prisonnière du corps t'en vas vers le ciel, par charité console-nous, et fais-nous savoir
« D'où tu viens et qui tu es ; car la grâce que tu obtins nous émerveille autant que doit le faire une chose qui n'a jamais été. »
Et moi : « Par le milieu de la Toscane se promène un petit fleuve qui naît à Falterona, et un cours de cent milles ne le satisfait pas.
i Di sovr' esso rech' io questa persona ; Dirvi chi sia, saria parlare indarno ; Chè'l nome mio ancor molto non suona.
8 Se ben lo intendimento tuo accarno
Con lo intelletto, allora mi rispose Quei che prima dicea, tu parli d'Arno.
9 ET altro disse a lui : Perché nascose
Questi il vocabol di quella rivera, Pur com' uom fa délie orribili cose?
io E Y ombra che di ciô dimandata era, Si sdebitô cosi : Non so, ma degno Ben è che '1 nome di tal valle pera ;
il Ghè dal principio suo (dov' è si pregno
L1 alpestro monte, ond' è tronco Peloro, Che in pochi luoghi passa oltra quel segno)
12 Infîn là, 've si rende per ristoro
Di quel che il ciel délia marina asciuga, Ond' hanno i fiumi ciô che va con loro,
13 Yirtù cosi per nimica si fuga
Da tutti, corne biscia, o per sventura Del loco, o per mal uso che li fruga ;
14 Ond' hanno si mutata lor natura
Gli abitator délia misera valle,
Che par che Circe gli avesse in pastura.
15 Tra brutti porci, più degni di galle,
Che d' altro cibo fatto in uman uso, Dirizza prima il suo povero calle.
io Botoli trova poi, venendo giuso,
Ringhiosi più che non chiede lor possa, Ed a lor disde^nosa torce il muso.
a C'est de ses rives que j'apporte ce corps mortel. Vous dire qui je suis serait perdre mes paroles, car mon nom ne fait pas encore beaucoup de bruit. »
« Si mon intelligence pénètre bien ce que tu entends dire, répondit alors celui qui m'avait interrogé, tu parles de l'Arno ! »
Et l'autre lui dit : « Pourquoi donc a-t-il caché le nom de cette rivière, comme on fait des choses qui sont dignes d'horreur? »
Et l'ombre questionnée sur ce point s'acquitta en ces termes : « Je ne sais, mais il est bien juste que le nom de cette vallée périsse ;
« Car, depuis son origine, Jà où la chaîne escarpée dont se détacha Pelore est si élevée, qu'en peu d'endroits elle dépasse cette hauteur;
« Jusqu'au lieu où la rivière se rend pour réparer ce que le ciel enlève de la mer, dont les fleuves reçoivent les eaux qu'ils mènent avec eux.
« La vertu traitée en ennemie est chassée de toutes parts comme un serpent, soit par le malheur du lieu, soit par la mauvaise habitude qui pousse les peuples :
« D'où vient que les habitants de la misérable vallée ont changé de nature, tellement qu'il semble que Circé les ait gardés dans ses pâturages.
« Parmi d'odieux pourceaux plus dignes de vivre de glands que d'une nourriture faite pour les hommes, l'Arno se fraye d'abord un étroit passage;
« Puis il trouve en descendant des roquets plus hargneux qu'il ne convient à leur force, et il en détourne la tète avec dédain.
47 Vassi caggendo, e quanto ella più ingrossa, Tanto più trova di can farsi lupi La maledelta e sventurata fossa.
18 Discesa poi perpiù pelaghi cupi,
Trova le volpi si piene di froda,
Che non temono ingegno che le occupi.
19 Ne lascerô di dir, perch' altri m' oda :
E buon sarà costui s' ancor s' ammenta Di ciô che vero spirto mi disnoda.
20 Io veggio tuo nipote, che di venta
Gacciator di que' lupi in sulla riva Del fiero fiume, e tutti gli sgomenta :
21 Vende la carne loro, essendo viva,
Poscia gli ancide corne antica belva :
Molti di vita, e se di pregio priva.
22 Sanguinoso esce délia trista sel va;
Lasciala ta}, che di qui a mill' anni Nello stato primaio non si rinselva.
23 Corne ail' annunzio de' futuri danni
Si turba il viso di colui che ascolta, Da quai che parte il periglio lo assanni;
24 Cosi vid' io V altr' anima, che volta
Stava ad uViir, turbarsi e farsi trista, Poi ch' ebbe la parola a se raccolta.
25 Lo dir deir una e dell' altra la vista
Mi fe voglioso di saper lor nomi, E dimanda ne fei con prieghi mista.
2G Perche lo spirto, che di pria parlômi,
Ricomincio : Tu vuoi ch' io mi deduca Ncl fare a te cio che tu far non vuo' mi;
« 11 chemine plus bas, et à mesure qu'il grossi! davantage, le fleuve maudit et malencontreux trouve que les chiens se font loups.
« Enfin, descendu par des plaines profondes, il trouve des renards si pleins de fraude, qu'il aie craignent aucun engin qui puisse les prendre.
« Et je ne laisserai pas de tout dire, encore que d'autres m'entendent, et ce sera pour le bien de celui-ci s'il se souvient de ce qu'un esprit véridique me découvre :
« Je vois ton petit-fils qui se met à la chasse de ces loups au bord du fleuve sauvage et qui les met tous dans 'épouvante.
« 11 vend leur chair toute vive, puis il les tue comme des bêles hors de service, il ôte à beaucoup la vie, et à lui, l'honneur.
« II sort tout ensanglanté de la funeste forêt, et la laisse telle, que d'ici à mille ans, elle ne repoussera pas dans sa force première. »
Comme à l'annonce d'un malheur prochain,, se trouble le visage de celui qui écoute, de quelque côté que le péril le menace.
Ainsi je vis l'autre âme qui s'était tournée vers nous pour entendre, se troubler et devenir triste quand elle eut recueilli ces paroles.
Le discours de l'une et l'aspect de l'autre me rendirent désireux de savoir leur nom, et j'en fis la demande mêlée de prières.
C'est pourquoi l'esprit qui d'abord m'avait parlé, recommença en ces termes : « Tu veux que je me rende à faire pour toi ce que pour moi tu ne veux point faire.
27 Ma dacchè Dio in te vuol che traluca
Tanta sua grazia, non ti saro scarso : Perô sappi ch' io son Guido del Dnca.
28 Fu il sangue mio d' invidia si riarso,
Chc se veduto avessi uom farsi lieto, Visto m' avresti di livore sparso.
29 Di mia semenza cotai paglia mieto.
0 gente umana, perché poni il core Là V è mestier di consorto divieto?
50 Questi è Rinier ; questi è '1 pregio e Y onore Délia casa da Calboli, ove nullo Fatto s1 è reda poi del suo valore.
31 E non pur lo suo sangue è fatto brullo
Tra '1 Po e il monte, e la marina c il Reno, Del ben richiesto al-vero ed al traslullo;
32 Chè dentro a questi termini è ripieno
Di venenosi sterpi, si che tardi Per coltivare ornai verrebber meno.
53 Ov' è il buon Lizio, ed ArrigoManardi, Pier Traversa ro, e Guido di Garpigna ? 0 Romagnuoli tornati in bastardi !
34 Quando in Bologna un Fabbro si ralligna ?
Quando inFaenza un Bernardin di Fosco, Verga gentil di picciola gramigna ?
35 Non ti maravigliar, s' io piango, Tosco,
Quando rimembro con Guido da Prata Ugolin d' Azzo che vivette nosco ;
30 Federigo Tignoso e sua brigata,
La casa Traversara, e gli Ànastagi, (E 1' una gente c Y altra è diretata!)
a Mais puisque Dieu permet que sa grâce reluise en toi si fort, je ne te serai point avare. Sache donc que je suis Guido del Duca.
« Mon sang fut tellement brûlé d'envie, que si j'avais vu un homme se montrer joyeux, tu m'aurais vu devenir livide.
ce Voilà donc la paille que je recueille de ma semence. 0 race humaine, pourquoi livres-tu ton cœur à ces biens qui ne souffrent pas de partage?
« Celui-ci est Rinieri; c'est l'honneur et la gloire de la maison de Galboli, où personne après lui ne s'est fait l'héritier de son mérite.
« Et celui-là n'est pas le seul, entre le Pô, l'Apennin, le Reno et la mer, dont la race se soit laissée appauvrir des biens sans lesquels il n'y a ni vérité ni bonheur. N
a Car dans ces conûns la terre est pleine de rejetons vénéneux, si bien qu'en dépit de toute culture on arriverait tardivement à les extirper.
c< Où est le vertueux Licio? Où sont Àrrigo Manardi, Pierre Traversaro et Guido de Garpigna? ô Romagnols tombés en bâtardise !
« Quand dans Rologne un Fabbro fait souche, et dans Faenza un Rernardin di Fosco, noble tige sortie d'une petite graine !
« Ne t'étonne point si je pleure, ô Toscan, lorsque je me rappelle Guido da Prata, Ugolin d'Azzo, qui vécut avec nous ;
« Frédéric Tignoso et tous les siens, la maison Traversara et celle des Anastagi : deux, familles qui ont perdu leur héritage!
2)0 DEL PI1HGATORIO.
57 Le donne e i cavalier, gli affanni e gli agi,
Che ne 'nvogliava amore e cortesia, Là dove i cuor son fatti si malvagi.
58 0 Breiiinoro, chè non fuggi via,
Poichè gita se n' è la lua famiglia, E molta gente per non esser ria ?
39 Ben fa Bagnacaval, che non rifiglia,
E mal fa Castrocaro, e peggio Conio, Che di figliar tai conti più s' impiglia.
40 Ben faranno i Pagan, da che il Demonio
Lor sen girà; ma nonperô che puro Giammai rimanga d' essitestimonio.
41 0 Ugolin de' Fantoli, sicuro
E il nome tuo, da che più non s' aspetta Chi far lo possa tralignando oscuro.
42 Ma va via, Tosco, ornai, ch' or mi diletta
Troppo di pianger più che di parlare, Si m' ha nostra région la mente stretta.
43 Noi sapevam che quell' anime care
Ci sentivano andar : perô tacendo Facevan noi del cammin confidare.
44 Poifummo fatti soli procedendo,
Folgore parve, quando l'aer fende, Yocc che giunse di contra, dicendo :
45 Anciderammi qualunque m' apprende;
E fuggio, corne tuon che si dilegua, Se suhito la nuvola scoscende.
40 Corne da lei Y udir nostro ebbe tregua, Ed ecco 1' altra con si gran fracasso, Che somigliô tonar che tosto segua :
« lit les dames et les chevaliers, et les peines et les joies, car l'amour et la courtoisie possédaient nos volontés là où les cœurs sont devenus si mauvais.
« 0 Brettinoro, pourquoi ne point t'enfuir, puisque la famille qui te donnait son nom, et beaucoup d'autres, s'en sont allées pour ne point se rendre criminelles.
« Bagnacavallo fait bien de mettre fin à sa lignée, et Castrocaro mal et Conio encore pis de prendre peine à. produire de tels comtes.
« Bien feront les Pagani quand leur démon les aura quittés; mais non cependant qu'il puisse rester d'eux un témoignage parfaitement pur.
« 0 Ugolin de Fantoli, ton nom n'a plus rien à craindre, puisqu'il n'attend plus d'héritiers qui en forlignant puisse l'obscurcir.
« Mais poursuis ta route, ô Toscan ; car à cette heure je me plais à pleurer bien plus qu'à parler, tant le souvenir de notre pays m'a serré le cœur. »
Nous savions que ces âmes chéries nous entendaient marcher ; c'est pourquoi leur silence nous rassurait sur notre chemin.
Lorsqu'en nous avançant nous nous trouvâmes seuls, comme un éclair qui fend l'air, ainsi vint au-devant de nous une voix qui disait :
« Quiconque mettra sur moi la main me tuera. » Et la voix s'enfuit comme un tonnerre qui s'éloigne, lorsque subitement la nuée se déchire.
A peine notre oreille se reposait de ce bruit, voilà qu'une autre voix retentit avec tant de fracas qu'elle sembla comme un tonnerre qui suivait le premier.
47 Io sono Aglauro che divenni sasso.
E allor per istringermi al poeta, Indietro feci e non innanzi il passo.
48 Già era 1' aura d' ogni parte quêta,
Ed ei mi disse : Quel fu il duro camo, Che dovria Y uom tenerdentro a sua meta
49 Ma voi prendete 1' esca, si che 1' amo
Dell' antico avversario a se vi tira; E perô poco val freno o richiamo.
50 Chiàmavi il cielo, e intornovi si gira,
Mostrandovi le sue bellezze eterne, E 1' occliio vostro pure a terra mira;
51 Onde vi batte chi tutto discerne.
« Je suis Aglaurc qui devins pierre. » Et alors pour me serrer contre le poète, je fis un pas en arrière, non en avant.
Déjà de toutes parts l'air était calme, et Virgile me dit : « C'était là le rude frein qui devait retenir l'homme dans le chemin de son but.
« Mais vous mordez à l'appât de telle sorte que l'hameçon de l'antique ennemi vous attire ; et c'est pourquoi le frein et les paroles ne peuvent que bien peu.
« Le ciel vous appelle et tourne autour de vous, vous montrant ses éternelles beautés, et cependant votre œil ne voit que la terre;
« D'où vient que vous êtes châtiés par celui qui juge toutes choses. »
Terc. 7. — Imitation de l'antique. Stace, Tliéb. L Polynice parle ;
Cadmus origo patrum, tellus mavortia Thebe. Est genitrix Jocasta mihi.