‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 5 sur 41 · II · texte numérisé non relu

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II7U. c( d'elle, qui se prévalent de leurs iniquités, et reviennent glorieux « d'avoir écrasé la justice et fait l'innocence prisonnière * . j>

Ces accusations énergiques n'étaient pas capables de faire reculer d'un seul pas la diplomatie ultramontaine ; mais des menaces positives du roi de France, alors en rupture ouverte avec l'autre roi, vinrent prêter un appui efficace à la remontrance de l'exilé, a J'en- « tends , écrivait Louis VII au pape , j'entends que vous renonciez a enfin à vos démarches trompeuses et dilatoires ^. d Le pape Alexandre, qui se disait lui-môme placé comme l'enclume entre deux marteaux (c'est ainsi qu'il appelait les deux rois), voyant que le marteau de France se levait pour frapper , recommença subitement à croire que la cause de l'archevêque était vraiment la cause de Dieu '. Il fit parvenir à Thomas un bref de suspension pour l'archevêque d'York et pour tous les prélats qui avaient assisté au couronnement du jeune roi; il alla jusqu'à menacer Henri 11 de la censure eccKisiastique, s'il ne faisait promptement droit au primat contre les courtisans détenteurs de ses biens et les évêques usurpateurs de ses privilèges^. Henri II , effrayé du bon accord qui régnait entre le pape et le roi de France, céda pour la première fois; mais ce fut par des mctifs d'intérêt , et non par crainte d'un banni que tous ses protecteurs abandonnaient et trahissaient tour à tour.

Le roi d'Angleterre annonça donc qu'il voulait entamer définitivement des négociations pour la paix; l'archevêque d'York, ainsi que les évêques de Londres et de Salisbury , essayèrent de l'en dissuader '. Travaillant de tous leurs efforts pour empêcher toute conciliation , ils dirent au roi que la paix ne serait d'aucun avantage pour lui , à moins que les donations faites sur les biens de l'évêché de Canterbury ne fussent ratifiées à jamais; a et Ton sait, ajoutaient-ils, que l'annula- « tion de ces dons royaux sera le |)oint principal des demandes de

> Non est mihi ultertus propositum vexandi curiani , eam adeant qui... Vtinam vin romana non gratis pcremlsset toi miBeros innocentes! (Episl. B. Thomae ad Albert, cardinal., apud Script, rer. tiallic. et francic. t. XVI , p. 447. )

* Ne ulterius dilalioncs frusIralorlHS prorogaret. (B. ThomiP Vila4}uadripari., lil). ii, cap XXXII , p. t04.)

^ Inter duo« malleos po«itus... ( Episl. Jo. SaiisheriensÏH , apud Script, rer. gallie et francic . t. XVI.)

< Bpist. Alexandri 111 pupie ad episc Canliu:, apud Script, rur. gallic. et francii-., t. XIV, p. 449.

i Bpist, B. Thomœ ad Alexandrum III papam , ibid., p. 463.

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