‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 25 sur 91 · SUR LA CONQUÊTE DB L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

SUR LA CONQUÊTE DB L'ANGLETERRE

nommée Rowena, qui descend de la race d'Alfred, et il s'est persuadé que le mariage de sa pupille avec Athelstane de Coningsburgh , dernier rejeton d'Edouard le GonfesBeur» en confondant aux yeux da peuple saxon le sang de deux de ses anciens chefs ^ présentera à ce peuple un point de ralliemenl pour une insurrection décisive* Gôtte idée, où toute l'activité de Gedric é'est en quelque sorte emprisonnée, l'occupe et le travaille sans cesse. Il a déshérité son propre fils WiUridi qui a osé traverser ses projets en aimant Rowena et en parvenant à lui plaire» Wilfrid, plus amoureux que patriote ^ a déserté, dans son désespoir j la maison de ses aïeux pour le palais du roi normand 9 il a reçu de Richard Cœur de Lion des grades, des faveurs, et le titre de chevalier d'Ivanhoe. Les incidents qui naissent de son retour et du retour de Richard en Angleterre remplissent le corps du roman. Tout se dénoue favorablement pour Wilfrid d'Ivanhoe; il s'utiit à Rowena* Le vieux Cedrio voit sans s'indigner la fille d'Alfred suivre Wilfrid à la cour du chef des conquérants. Ce dénouement satisfait le cœur humain; il est triste pour le cœur patriote; mais l'auteur ne pouvait fausser l'histoire. Il est trop vrai que les Saxons n'ont point su l'art de briser leur joug.

Ce Cedrici le dernier représentant de la liberté saxonne, est peint comme un homme d'un caractère bon, mais inflexible dans son aversion contre les usurpateurs étrangers. D étale avec faste son vieux nom de Saxon au milieu de gens dont la lâcheté le renie; il aie regard hautain et jaloux^ signe d'une vie passée à défendre chaque jour des droita chaque jour envahis. Fatigué du présent, il se repcMie sans cesse en arrière , au delà de cette funeste journée de Hastings qui ouvrit l'Angleterre aux Normands et à l'esclavage. Il déteste la langue des vainqueurs, leurs coutumes, leurs fêtes, leurs ai'mes, tout ce qui n'était pas sur le sol anglais quand le peuple anglais était libre. A côté de lui figurent deux de ses serfs, les fils des serfs de ses ancêtres : ces hommes portent le collier d'esclavage où est inscrit le nom de leur maitre; et cependant ils aiment ce maître, parce qu'il est environné d'ennemis qui sont aussi leurs ennemis, parce que l'insolence étrangère qui pèse sur lui et sur eux rapproche leur destinée de la sienne , et confond en quelque sorte dans utie même cause deux intérêts autrefois contraires. Des troupes de proscrits sans asile, obligés d'habiter tes bois, de s'y fûre brigands pour vivre, nous montrent les débris des ravages de la conquête, nous peignent

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