‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 26 sur 91 · PAR LES NORMANDS · texte numérisé non relu

PAR LES NORMANDS

1% sort de oeox que l'inlerdiotion dee armes de chasse^ déorélee par un vainqueur soupçonneux, plaçait entre la faim et le crime* Mais la peintijyre la plus énergique et la plus sombre des fruits de TenvahissemâQt eit celle d'une fenfime saKonne, qui f après avoir vu son père et ses sept frères tués ^o défendant leur héritage , a vécu seule pour servir honteusement aux plaisirs du meurtrier de sa famille. Portant dans le lit de son maître une haine implacable et la soLf furdente de se venger, elle, a usé des séductions de sa beauté pour armer le fils contre le père, et souiller d'un parricide la salle du festin des vainqueurs. Vieillie dans sa servitude nouvelle, elle a perdu par degrés son empire, et le mépris est devenu son partage; mais au milieu de l'opprobre et des insultes, elle n*a pas oublié la vengeance^ Gedric^ prisonnier dans le chftteau du Normand , la rencontre et apprend son histoire. « Ma vie a été lâche et atroce , lui dit^lle; je veux l'expier en vous servant. » Au moment où une attaque est livrée au château par les amis du Saxon, au moment où les hommes d'armes sont au mur de défense , au moment où le maître du château, blessé dans le combat, est déposé sur son lit, loin des remparts et loin des combattants, la vieille Saxonne accomplit eon dernier et terrible projet ; elle allume le bois amoncelé sous le bâtiment; puis, courant à la chambre où son ennemi est étendu, privé de force, mais plein de connaissance], elle lui rappelle avec ironie le demiisr repas de son père; elle lui fait sentir la vapeur du feu qui couve sous l'appartement} elle insulte h Timpuissance de aes efforts et de ses cris; elle lui donne l'avant-goùt de la mort; et , quand l'incendie a éclaté, elle gagne le sommet de la plus haute tour, a'y tient debout, les cheveux épars, souriant à la flamme qui s'élève^ et chantant à haute voix un de ces hymnes guerriers que les Saxons, encore païens, faisaient entendre sur les champs de bataille;

Voilà les personnages qui nous représentent les vaincus. Quant aux vainqueurs^ quant aux fils des aventuriers qui suivirent la for*^ tune du Bâtard, Reginald Front de Bœuf, Philippe de Malvoisin, Hugues de Bracy et le prince Jean Plantagenet nous les figurent Nous trouvons en eux le conquérant oihbrageux et vain , attribuant l'origine de sa fortune à la supériorité de sa nature, se croyant d'une espèce meilleure et d'un sang plus pur; qualifiant sa race du titre de no6fe/ employant au contraire le nom de Saxon comme un nom d'injure; disant qu'il tue un Saxon sans scrupule, et qu'il anoblU une.

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