SUR LE GARAGTBRB NATIONAL
paût de bonne heure l'imagination de Walter Soott, l'a rendu s' ingénieux à saisir ce qu'il y a de caractéristique dans les histoires éthingères. Malgré son immense ulent pour décrire toutes les scènes du passé, c*est de l'histoire d'Ecosse qu'il a fiiit sortir le plus d'mtérét et d'émotions nouvelles.
Peut-être penserait-on que c'est l'aspect pittoresque du pays , ses montagnes, ses lacs, ses torrents, qui donnent aux romans historiques dont la scène est en Ecosse quelque chose de si attrayant; mais l'intérêt profond qu'ils inspirent provient bien moins de cette cause matérielle que du spectacle vivant offert par une série de commotions politiques, toujours sanglantes, sans exoiter le dégoût, parce que la passion et la conviction y jouent un bien plus grand rôle que l'intrigue. Il y a des pays en Europe oii la tiature a un aspect plus grandiose qu*en Ecosse; mais il n'en est aucun où il y ait eu tant de guerres civiles, avec tant de bonne foi dans la haine, tant de chaleur d'âme dans les affections politiques. Depuis la première entreprise des rois d'Ecosse contre l'indépendance des montagnards, jusqu'aux guerres de religion du xvi« et du xvn« siècle, et aux insurrections jaoobites du zvin% c'est toujours le même esprit et presque les mêmes caractères qui nous ont paru si pittoresques dans /7o6-l?oy et dans Waverley*
Aucune histoire ne mérite à un plus haut degré d'être lue avec attention et étudiée à ses sources originales, que celle de ce petit royaume, si longtemps ennemi de l'Angleterre, et réduit maintenant à l'état de simple province de l'empire britannique. Les histoires d'Angleterre les mieux écrites ne suffisent nullement pour cette étude ^ elles donnent une trop petite part à l'Ecosse; et, dans le pressentiment de la réunion future des deux portions de la Grande- Bretagne , elles font peser devance sur celle du nord quelque chose de la nullhé politique à laquelle nous la voyons condamnée. D'un autre côté, les histoires d'Ecosse les plus célèbres et les plus détaillées, celle du docteur Robertson, par exemple, ont un autre genre de défaut. Quelque recommandable que soit cet ouvrage , l'auteur y néglige trop les temps anciens, et parait faire trop peu de compte des origines nationales. Il passe rapidement sur tout ce qui précède la grande époque de la réforme et des dissensions religieuses; c'est là seulement qu'il commence à développer son récit, et qu'il s'attache à épuiser les textes originaux. Loin de donner aux autres
d:es écossais. sst
époques une pareille importance , il les traite avee légèfeté etavee une sorte de dédain philosophique , qui ne tk\i point de grftoe fc rignorance du yieux temps , en faveur ce qu'il a de poétique et même d'instructif, n semble qu'aux yeux de Robertson il n'y ait point d'histoire d'Ecosse, ni même de nation écossaise avant le xiy* siècle | cette nation apparaît dans^on livre toute formée, toute constituée, au moment précis où il la juge digne de figurer sur la scène histo^ rique. Les faits nombreux et incontestables qui se rapportent à l'origine de la population et aux races dont elle se compose, tous ces faits dont la trace est visiblement empreinte dans son organisation sociale, ces changements de destinée politique, ces partis à des époques postérieures, sont négligés par Thistorien. Ne connaissant point la nature primitive du peuple écossais, on comprend mal com<* ment il agit et comment sa conduite est d'accord avec son caraotère national; Ton attribue à des causes fortuites, à de purs accidenta du hasard, à des influences personnelles ce qui a des racines pro^ fondes dans les instincts moraux et les passions héréditaires des grandes masses d'homnies.
Un fait domine toute l'histoire d'Ecosse, c'est la diiférence primi* tive des races, non-seulement entre les Écossais et les Anglais, mais encore entre les deux branches principales de la population écossaise. Quoique les habitants des deux portions de la Grande-Bretagne^ aéparés par la rivière du Tweed et le golfe de Solvay, aient cessé depuis longtemps de former deux États distincts et hostiles l'un envers l'autre, ils se distinguent encore par des différences de mœurs et de caractère, qui sont le signe d'une origine différente. Au nord du Tweed, une plus grande promptitude d'esprit, un goût plus vif poinr la musique , la poésie et les travaux intellectuels, une dispo* sitîon plus marquée à tous les genres d'enthousiasme, indiquent une population originairement celtique^ tandis que, sur la frontière anglaise, le caractère germanique domine dans tes mœurs conune dans le langage.
Les nouvelles recherches physiologiques, d'accord avec un examen plus approfondi des grands événements qui ont changé l'état social des diverses nations , prouvent que la constitution physique et morale des peuples dépend bien plus de leur descendance et de la race primitive à laquelle ils appartiennent, que de l'influenee du climat sous lequel le hasard les a placés. Il est impossible de ne pas recon-