SUR LA PHILOSOPHIE DU XVIII* SIÈCLE
étudiants , et il ne sera point sans fruit pour le public , qui a besoin d'un appui fixe, dans l'état faux où nous nous trouvons aujourd'hui, placés que nous sommes entre la liberté que nous voulons et des lois faites sous l'esclavage.
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A luropos de roavnge de H. Garât, iiititoié : Mémaireê kUtariquet êur lëwie ieU.SmrdK
Ng haine acharnée, une haine implacable, une haine que I rhistoire inscrira parmi les aversions célèbres, est celle des nobles d'aujourd'hui contre la philosophie du der- 1 nier siècle. A voir la véhémence de cette aversion, on la croirait antique; on la prendrait pour une de ces inimitiés héréditaires qui se transmettaient, en grandissant, d'une génération à l'autre ; il n'en est rien cependant : les pères de presque tous nos nobles , bien plus , un grand nombre d'entre nos nobles euxmêmes, furent les disciples serviles et les prôneurs effrénés des philosophes : en se déchaînant contre les philosophes, ce sont leurs maîtres qu'ils renient. Et plût au ciel que les penseurs du xvui* siècle n'eussent point été l'objet de leurs indiscrètes affections; plût au ciel que des fauteuils dorés n'eussent point été les premiers bancs de cette école; elle eût été bien autrement grande, si elle eût été populaire ; les semences de raison que ses fondateurs répandaient, au lieu de languir à demi étouffées dans la poussière des salons, auraient fructifié largement au sein de la terre forte du bon sens plébéien et de la conviction nationale.
En 1789, la nation, agitée par le vieux ferment d'insurrection qui couvait sous la terre de France depuis que l'anéantissement des villes libres avait rallié tout le pays dans le besoin d'un commun effort , la nation se leva et somma la philosophie (puisqu'on disait qu'il y en avait une) de lui donner un état social à la fois plus juste et plu§
' < Cenaèur Buropéeii , 1890.