‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 59 sur 91 · DB JACQUES BONHOMME · texte numérisé non relu

DB JACQUES BONHOMME

Jficques ne payait au roi que des impôts fixes , talliai rationabilesy ce qui était loin de signifier des impôts raisonnables. Mais^ quoique devenu nominalement la propriété du chef, il ne fut point soustrait pour cela aux exactions des subalternes. Jacques payait d'un côté et payait de l'autre ; la fatigue le consumait. Il demanda du repos; oh loi répondit en riant : Bonhomme crie^ mais bonhomme payera* Jacques supportait Pinfortune ; il ne put tolérer Toutrage. U oublia sa faiblesse , il oublia sa nudité , et se précipita contre ses oppres^ seurs armés jusqu'aux dents ou retranchés dans des forteressësj Alors, chefs et subalternes, amis et ennemis, tout se réunit pour l'écntser. U flit percé à Coups de lance, taillé à coups d'épée, meuHri ions les pieds des chevaux ; on ne lui laissa de soufQe que ce qu'il lui en fallait pour ne pas expirer sur la place , attendu qu'on avait besoin de lui.

Jacques, qui, depuis cette guerre, porta le surnom de Joêqn^ bonhomme^ se rétablit de ses blessures, et paya comme ci-devanti Il paya la taille, les aides, la gabelle, les droits de marché, de péage^ de douanes, de capitation, les vingtièmes, etc., etc« A ce prixexor^ bitant, il fut un peu protégé par le roi contre l'avidité des àuti*es seigneurs; cet état plus fixe et plus paisible lui plut) il s'attacha' aii nouveau joug qui le lui procurait; il se persuada même que èe jdug lui était naturel et nécessaire , qu'il avait besoin de fatigue pour ne pas crever de santé, et que sa bourse ressemblait aux arbres , qui grandissent quand on les éroonde. On se garda bien d'éclater de rire À ces saillies de son imagination; on les encouragea au contraire; éi c'est quand il s'y livrait pleinement qu'on lui donnait les noms d'homme loyal et d'homme très-avisé , rectè legalis et s(^iensé

De ce que c'est pour mon bien que je paye, dit un jour Jacques en lui«môme, il suit de là que ceux à qui je paye ont pour premier devoir de faire mon bien , et qu'ils ne sont à proprement parte que les intendants de mes affah*es. De ce qu'ils sont les intendants de mes affaires, il s'ensuit que j'ai droit de régler leurs comptes et de leur donner mes avis. Cette suite d'inductions lui parut lumineuse ; il ne douta pas qu'elle ne ftt le plus grand honneur à sa sitgacité ; il en fit le sujet d'un gros livre qu'il imprima en beaux oarao* tères. Ce livre fut saisi , lacéré et brûlé ; au lieu des louanges que l'auteur espérait, on lui proposa les galères. On s'empara de ses presses ; on institua un lazaret où ses pensées devaient séjourner en

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