DE NOS HISTORIENS MODERNES
de Franeorum nges ; cette différence d'expressions, qui ae rencontre souvent à propos des mêmes personnages, est une simple variante de style. Nos écnvàins modernes y ont vu des révolutions politiques^ Ceux qui se piquaient d'exactitude ont notp c(ue le mot regesy étant employé après celui de duces, que dvees se retrouvant ensuite, puis enHn constamment reges , il était par là de toute évidence que les Ffanks avaient été d'abord gouvernés par des ducs ^ puis par des rois , puis encore par des ducs, et enfin par des rois«
L'auteur des tableaux séculaires noua dit qu'après Glodion, Mé- Tovée, parent de ce prince, fut élevé sur le pavois. Il serait temps de rendre aux personnages de notre histoire leurs véritables noms , et de ne plus reproduire ces noms doublement défigurés par la langue des Latins et par celle des vieilles chroniques françaises. Aucun homme de la nation des Franks ne s'est jamais appelé ni Clodion , ni Mérovée. Le Chlodio , dont nous faisons Clodion, n'est autre chose que la fbrme latine du mot germanique Hlodi^ diminutif familier de Hlod^ qui signifie éclatant ^ célèbre, ilhutre. Pareillement, Merùveekas e%i latinisé de MerouHg, qui veut dire éminent guerrier. En second lieu, le titre de prince, introduit à cette époque de notre histoire , bouleverse les faits et les idées. Cette locution de la langue moderne est entièrement inapplicable aux mœurs et aux usages de ces teinps; à moins que le mot prime ne soit pris dans sa pure signification ancienne^ et qu'en l'employant on n*entende lui attribuer d'autre force que celle du mot \9X\npr inceps, qui veut dire cAe/ou commandant.
Notre auteur cite , sous la date de 5ii , Clotaire, roi de Soissons, Thierry, roi de Metz, Clodomir, roi d'Orléans, et Childebert, roi de Paris. Je n'insisterai pas encore une fois sur l'inelactitude des noms propres * ; je ferai seulement remarquer qite les expressions des auteurs originaux, rex Parisiis, rex Snessionibus, sont détestaUement traduites par les mots de roi de Paris, roi de Soissons, etc. Le latin de ces auteurs porte littéralement roi ou chef à Soissons , roi
* En faisant à l'usage toutes les concessions possibles, il faudrait écrire Giilother, Theoderik, Cblodomir et Hthtebert Cet tioms iit^niflent célèbre et excellent, exfrêoiement brave, célèbre et émfncnt, guerrier brillant. En général , tous les noms franka, et même ceux des autres peuples germaniques du temps de la grande invasion , sont formée de la réunion de deux acJUecUfs de qualité. Le nombre de ces adjeclirs mono- Sf liablqaee eet anei borné pour qu'il soit facile d'en dresser une liste; ils se trouvent Joints au hasard et de manière à former tantôt ia première ot tantôt la seconde parUe du nom. La seule différence entre les noms d'hommrs et les noms de femmes, c'init que ces derniers sont moins variés, et Hiiisaont ordinairemrnt par certains niois qui,