‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 75 sur 91 · ÉPISODE · texte numérisé non relu

ÉPISODE

pelé duc de Bretagne, et de grands actes de délivrance nationale se trouvent ainsi déguisés en infraction pure et simple aux devoirs de la féodalité.

Le fait est qu'aux vi*, vn*"^ vin« et ix« siècles , dans les guerres des Bretons et des Franks, il ne s'agissait ni de rois ni cle ducs, mais de la race bretonne et de la race franke, voisines et ennemies implacables. J'ai sous les yeux le récit en vers d'une expédition entreprise par Lodeiyig» ou Louis le Débonnaire '^ contre Morvan^ chef des Bretons : c'est l'ouvrage d'un moine contemporain , qui dédie son poème au roi des Franks. Je vais traduire presque littéralement, et vous verrez que nos vieilles annales pourraient faire nattre des inspirations semblables à celles qui ont produit la Vame du lac et le Lord des llet^

Le poêle commence par apprendre au lecteur que le nom de Lodewig ou Hluto*wigh est un beau nom , formé de deux mots qui , mis ensemble , signifient guerrier fameux comme le dieu Mars :

Nempè sonat Hluto prsclarum, Wigch quoque Mare est 3.

H raconte ensuite comment le vieil empereur Karle , père de Lo-* dewig, a obtenu de l'assemblée des Franks que son fils lui succédât, comment le pape est venu à Reims apporter à ce fils le diadème romain et le saluer du nom de César; comment Lodewig, inauguré César ^, a donné au pape deux coupes d*or, des chevaux et de riches vêtements. Aprè^ ce récit très^-détaillé, l'auteur continue en ces termes :

« Les armes de César étaient heureuses, et le renom des Franks s'étendiût jusques au delà des mers. Cependant, suivant Tanei^i

' Lodewig «t Ghlodowig Boat deux non» parfaitement idenUquee; eeulement la seconde forme est plus ancienne que la première. Au ii« siècle, on ne prononçait plus guère l'aspiraUon forte du eommencement. Bn suivani l'orthographe que J'af adoptée, le passage d'une forme à l'autre permet de oonaerrer U dlsUnoUon établie par nos historiens modernes entre la série des rois franks, auxquels |ils donnent le nom de ClotU^ et la série de eeux auxquels ils donnent le nom de toukt,

' On Ut Mormawwê ou Jihtrmanims dans les doeuments origin^ax ; nais la pemmtation de Ym en v est familière à la langue bretonne. L'ancienne orthographe portait Irormaft, et la prononciation disait Uorvan,

^ Xrmoldi Nigelli carinep de rebut gettis Ludoriol PU, apué scrfpL rer. g^lie- si francic, t. VI, p. 43. — Dans plusieurs dialectes germaniques, et surtout dans celui des Alamans, qui furent incorporés de bonne heure à la naUon (ïvnke, le f remplaee toujours le d. Voilà pourquoi le poète éerit Hlutû au lieu de ffludo. L'o final, eomme Je l'ai délia dit, se prononçait d'une roantère aourde.

* Les Franks éerlvalent et prononçaient leitar. Kn aUemand moderne, Maer aigniSe

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