DE L'UISTOIRB DE BRETAGNE
usage f César convoque auprès de lui en conseil les chefs d'élite qui ont la garde des frontières de son empire. Us viennent tous recevoir ses ordres et rendre compte de ce qui se passe dans leurs gouvernements'. Parmi eux se présente Landebert^, l'un des plus nobles d'entre les Franks , qui surveille la contrée limitrophe du territoiae des Bretons* Ce peuple, ennemi du nôtre, fut autrefois chassé des pays d'outre-mer^ et, n'ayant plus de patrie , battu par les flots et les vents, il aborda sur les côte: de la Gaule. Comme il avait reçu le baptême , la nation gauloise l'accueillit et lui donna des terres cbes elle; mais il rendit le mal pour le bien , la guerre pour l'hospitalité , des coups de lance au lieu de tribut'. Dans leurs conquêtes, les Franks le négligèrent pour des ennemis plus redoutables; il en devint orgueilleux, s'étendit de frius en plus, et, débordant hors de ses frontières, il se mit à nous harceler. Plein d'audace par ignorance) habitué à se battre contre des Gaulois, il espérait vaincre les Franks^. « Eh bien 1 Frank , dit César à Landebert, que fait la nation qni tt t'avoisine? Rend-elle à Dieu son Vtai cuite et honore*t-eUe sas « églises? À-t-elle un chef qu'elle révère et qù'ehe aime, des lois, « une justice et la paix! Enfin laisse -Ir^lle nos frontières dans une « complète sécurité 1 Dis-moi, je te prip, avec ordre^ tout ce que tu en « sais '. » Landebert s'inclina profondément et répondit : a C'est une a race orgueilleuse et remuante, pleine de malice et de mensonge; « ils sont chrétiens, mais ce n'est que de nom , car ils n'ont ni la foi , a ni le culte , ni les œuvres; ils habitent les halliers comme les bêtes
< More tamen prisoo regnorum llmina Gœsar,
Electosque duces , adfore prima Jubet.
Conveniunt omiies placito, pmreiitque jubenU, Partibos aequë suis congraa Terba sonant.
(Ermoldi NigelU oarmeo, apud script rer. gafUc. elfrancic, t. VI, p. 37.) ' Dans ridiome des Franks Lande-Berht ou, par adoucissement, Lantfé-Berf signifiait Mllant dans le pays; l'auteur écrit Lantpreht on Lantpert, variantes qui répondent au dialecte des provinces alamanniques.
' Lancea pro eensu , munus pro Jure duelll
Bedditur hospitibus, pro pietate tumor.
(Ibid.) Infelixt, i^ara slmul» oontendere sueta', Sperabat Francos exsuperare agiles.
(Ibid.) nans réditton donnée par M. Terii, Mpnumenta Germaniœ Mêioriea, t. II, le premier de ces vers contient le mot galUs intercalé comme glose d'un ancien manuscrit. * Insuper ad nostros qu» sit salvatio fines :
Ordine cuncta suo die, rogo, France, mihi.
soi ÉPISODE
« sauvages, et vivent comme elles de rapines.Chei eux point de justiee « ni de jugement régulier. Ils ont un roi d(Hit le nom est Horvan, « si tant est qu'on puisse appeler roi celui qui ne gouverne pas son c peuple*. Souvent ils ont attaqué nos frontières, nuùs ce ne fut « jamais impunément, b
— « Landeberty reprit César, les choses que tu viens de dire « sonnent durement à mon oreille : je vois que ces étrangers habitent « ma terre sans payer aucune redevance. Je vois qu'ils osent faire la « guerre aux miens , il faut que la guerre les en punisse ^. Cepenc dant, avant de marcher contre eux, je dois leur envoyer un message. « Puisque leur chef a reçu le saint baptême, il convient que je l'aver- € tisse*. Wither ira le trouver de ma part. » Aussitôt on appelle Wither, abbé plein de droiture, de sens et d'habileté, qui venait d'arriver au palais *.
Qi Wither, dit l'^fnpereur, va porter au chef des Bretons ce message c que tu exposeras de point en point. Il habite avec sa nation une « terre qui est à moi , et il n'en paie pas le tribut ; il adresse des c menaces aux Franks et fait contre eux des préparatife de guerre *. c Depuis que j'ai reçu de Dieu le royaume de mon père, et par le voeu « du peuple la dignité impériale ,' j'ai supporté ses méfaits, espérant
< In dumis habitant, lustrlsque cubilta «sondant,
El gaudent raplu vivere more ferae...
Bez Hurmantu adeat eognomine dictas eoram, Dici ai liceat rex , quia nuUa régit.
(Ermoldi Nigelli Carmen , apud acripU rer. galiic. eifraneic, t. VI, p. 39.) Vorran, clief du payi de Léon , venait d'être élevé à la dignité suprême de dief des obeCi, Peniiem, Utre qui, en langue laUne, se traduisait naturellement par le mot Kex, ' Ut peregrina meum gens gratis incolat arvum,
Atque superba movet improba bella mels...
(U>id.) ^ Est quoque rei idem sacro bapUsmate Unetus :
Idciroô hune primo nos monltare decet.
* Witchariumque vocat qui forte advenerat illuc ,
Tir bonus, atque aagai et raUone capaz.
(Ibid.) Quelquefois l'auteur écrit sans déclinaison WUchar, L'a ouvert des langues germaniques est presque toujours remplacé par un a dans l'orthographe latine. Wither signifie Hige et éminenl, ou , ce qui revient au même, éminemment eage; car il parait que l*un des deux adjectifs composants, soit le premier, soit le dernier, était pris dana un sens adverbial.
^ Nempe tributa vetitt , nec non et praetia tcmptat
Atque miiins Francis mandat, et arma parât.
(Ibid.)