‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 77 sur 91 · DE L' HISTOIRE DE BRETAGNE. S · texte numérisé non relu

DE L' HISTOIRE DE BRETAGNE. S

« qu'un jour il viendnit à moi souims et 0dèle* Mais je suis las € d'attendre, le moment est venu. Dis à ce malheureux de ne plus « s'abuser luknéme, de ne plus abuser les siens, de venir ici demander « la paix *. S'il réfiise, toi, reviens vite me raconter ce que tu auras s fait. »

c L'abbé Wither monte k cheval , et voyage à grandes journées vers la Bretagne. U connaissait le pays, le chef et sa résidence, car c'était près de la frcmtière des Bretons que se trouvait la riche abbaye qu'il tenait des l»enfaits de l'empereur^, n airive à un lieu retiré qu'environnaient de toute part une forêt, une rivière, un marécage et de grands fossés garnis de haies ^ là était l'habitation favorite de McNTvan, maison vaste et fortifiée vers laquelle affluaient alors des gens de gueire avec toutes sortes d'armes'. Wither se présente, se nomme, et demande qu'il lui soit permis d'entretenir le roi. Quand on vint annoncer à Morvan Tarrivée d'un envoyé de Tempereur, l'inquiétude parut sur son visage ; mus il se compose bientôt , prend un air joyeux devant tous les siens, et ordonne qu'on fasse entrer l'envoyé. < Je te sahie , Morvan , dit Wither, et je t'apporte le salut « de César, le pieux, le pacifique, l'invincible. —Je te salue, répondit « Morvan, et je souhaite longue vie à César. » Tous deux, restés seuls, a s'assirent , et Wither parla ainsi * : ^

fl Lodewig César , la gloire des Franks « l'honneur des chrétiens, « le premier des hommes dans la paix et le premier dans la guerre, a m'a envoyé vers toi, et je t'apporte ce message donné de sa propre « bouche : Tu habites avec ta nation une terre qui est à lui, et tu lui c refuses le tribut; tu menaces les Franks et tu fais contre eux des

Nqiic nune tempus adot, née te inféHxqiie i Decipiat : FraneoB pace rogando petat.

Brmoldi Ifigêllf earmen, apud fciipt. rer. gilUc» et frande., LYI.p.W.) Wltehar equo parât ire eeler, plaJaMa teeenit Notus eral Blbimet rez, domm, atque loeoe... (lbid.,p.40.) Bit toeus hlnc lilflB, bine fliimlDe dneti» amceno

Sqi>idas et Bolcis, atque palude Bitus.

Intoft opima donnas, bipc Inde reeuneral anniB Forte replelUB erat ODllile Beu Tario.

(Ibid.) « SalTe, Witèhar ait, Murnian, tlbi dteo lalateiii

Cœsaris armigeri, pacifique, pli. • SuBcIpiens pronus reddll cni talia Murman, OBcula more dedlt : ^ Tu qnoque, Witebar ave. »

(Ibid.)

âm ÉPISODE

« préparatift de guerre. Mais le momoit est Tenu d'avoir une autre « oonduite : cesse de t'abuser pour ton malheur et d'abuser les tiens ; c mets-toi en route pour aller demander la paix ^ . Voilà ee que César a te fait dire, et j'ajouterai de ma part (Quelque chose par amitié pour « toi.Si tu es disposé à te soumettre aux ordres de l'empereur^ et à c garder envers les Franks une paix durable, pars vite, hâte4oi d'aller « recevoir les ordres de celui qui est ton roi, et de payer ta dette on « phitAt odle de ton pays. Peut-être César, dans sa bonté, te ren- « vemht^il mattre de ce pays, et peut-être à cette largesse en join- « dra»t*il de phis grandes'. Songe à tes enfants, songe à ta nation, c Las Franks sont ferts : ils aiment la paix; mais ea guerm ib n'ont c pas d^égauK, et quiconque les provoque court k sa perte. AUons, « point de retard , ne laisse pas ton espnt flotter et te dresser des « pièges en hésitant '. a

c Le chef des Bretons, durant ce discours, tenait ses yeux fixés à terre , et, par moments, frappait du pied. Déjà l'adroit messager, avec ses paroles douces et ses menaces, commençait à le persuader, quand tout à coup entre l'épouse de Morvan , Cemme akière et insidieuse. C'était l'heure où, chaque soir, avant de se mettre an lit, elle venait suivant la coutume embrasser son époux. Elle lui baise d'abord les genoux, puis les Inains et le visage; elle tourne autour de lui, s'éloigne et revient, Toccupant d'elle et cherchant à lui plaire sans laisser voir à quel dessein^. Morvan, séduit par ce manège, la serre

* Nempe trihata vetas , necoon et prœiia temptw ,

Arma paras francia, insuper alquc minas. Hune nanc tempus adett, neo te inliBlizqiM tuoique Decipias, Uluc pace pelendo yeni.

(J^rmoldi Nigelli eirmeai apu4 Mrlrt.rer. gallic. et franGic, t VI, p. 40.) > Pwge fifler, regisqiie pU pia wMfpe juras

Non tua, sed polius débita redde a^U

Ule pins fonan proprium le mittei ad arfon • Bt quiiora libi munera forte daJ^t.

(Ibid.)

* Kia âge, nimpe maraB , oaq te in diTerpa pevtrffiiit •

Mens inimlca forai, iosidiaodo Ubi.

(Ibid., p. 4t.)

* Mente venenata tbalamo oùra perflda ooi^uiul

Hurman ad amplexus more auperl)a peUt QiciUa prima genu libalMt, et oseula coHo*

Oscula dat barbis, basiat ora# manua.

Itque redit gyro, tangitque periia par artem ,

Offletumque cupit ioeiiUMa dare.

DE L'HISTOIRE DE BRETAGNE. Wt

dpuM aes Inras et lui donne ainà l'oecaeion d'ffli venir à ee qu'elle youlait. Elle la mait, ee penche ven son oràHe et lui parie Umg^ tepaps à voit baaae S Puis se redressant et jetant un legtrd de mé*pris sur l'envoyé dont elle feint de ne rien oonnattre : a Roi des Bre«- «tons, dit-elle tout haut, quel est eet étranger! D'oi vient-jlf f De quoi parle-t-il^! Est*ee de paix? Bst-ce de guerre? s ^ « C'est un envoyé des Franks , lui répond en souriant son mari. Qu'9 « apporte la guerre ou la paix, ces choses regardent les hommes; « femme, va en repos à tes affaires. » Quand Widier entendit ces paroles dont le sens lui parut suspect, il jugea que d'autres con*** seils prévalaient sur les siens , et que tout retard lui serait contraire. Aussitôt il requit . le chef boeton de donner une réponse. « César « attend mon retour, lui dit-iL ■ — Laiss^mol, répondit Morran^ « le temps de la nuit pour délibérer', s

Leletidenuttu, au point du jour, l'abbé Wither, faisant diligence, vient à la' porte du chef des Bretons et demande à lui parier. Morvan tarde et enfin parait, ayant peine k ouvrir les yeux, étourdi de sommeil et de via ^. « Pars, dit-il d'une voix altérée comme l'est celle c d'un homme dans l'ivresse, pars sur^l^-champ et porte à ton roi c ma réponse : Je n'habite point sa terre et je ne veux point de ses ^ lois. Qu'il règne sur les Franks, c'est par le même drpit que Morvan

' Suscipit ille miser tandem hanc, strinxitque lacerto ,

Datque loeum voti; eonjugit acta placent : £t pelit infelix auras, loageque susurrât, A?erUt lentus tDOxqus mariti «nlmum.

(Ermoldi NigeUi oaroien, apud script, mr. gallie. et firuieic-, t VI, p. 41.) Atque etiam missum torvan despoetat ennidam. Soblime «spielens et r^sst arte loa.

Dnde tuas talis coiUum: penresit ad aroes» Hospes. ait, pacem, bellave slva «sait ? oui subridens ûnxU nos talia MurmaD ; « llittitur a FraiMls wmtiiis Iste nUil.». »

Witchar ut audivtt Terbis contraria vefbft,

Protinus ore tuUt hsee qiioqite veriiR sua : ... Ula quidem tristes Yolveua siib pe«tor« curas , « Tempora sintplaeiti haee mibi Doetto» ait »

(U>ld.) Murmaonis aote fores eetorana Wieharius abbs

Hane venit primo, poseit et orsa dari.

Seee miser tandem potu sovnoque sepoltos Hurman adgst, ocoles t i» aperire valeaa. (Ibid., p. 49.)

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