XL INTRODUCTION
voyait des scènes de Bayonne révoltait. L'expédition de Russie, entreprise en apparence pour le blocus continental, si étrangement conduite et si déplorablement terminée, détruisit le prestige de rinfaillibilité impériale. On reconnut que l'empereur était un homme comme un autre , qu'il pouvait se tromper et être vaincu. Et quand, au retour de cette campagne , il vint demander à la France son dernier écu et son dernier homme , et que la commission du corps législatif , composée de MM. Raynomard, Laine, Flaugerges , Maine de Biran et Gallois , fit entendre un avertissement tardif, et hasarda quelques paroles en faveur de la paix , tout le monde pensait comme la commission. On l'approuvait tout bas, il est vrai, car on n'osait alors s'entretenir des affaires publiques que dans le secret le plus intime de la famille et entre les plus vieux amis. Voilà ce qu'on a oublié , et ce qu'il faut avoir vu soi-même pour y croire aujourd'hui. Cette France, si vivante sous le consulat, était peu à peu tombée dans le silence de la mort. L'empereur , partout présent, pesait sur les intelligences et sur les cœurs. La nation croyait encore à son génie , mais elle avait cessé de le comprendre. Lui, renfermé dans la solitude de son ftme, n'admettant plus autour de lui que des hommes médiocres , ne voulant que des instruments , ne souffrant un peu d'intelligence qu'à la condition d'une servilité inviolable, exigeant sans cesse le dévouement , s'irritant de lui trouver des bornes , incomparable dans l'exécution , mais marchant toujours devant soi sans se proposer une fin raisonnable et bien précise , il poursuivait avec