CONTRE LA LOI DU 19 JANVIER 1816. S
française ei en même temps Urer la Cbaiobro d*ttQ mau*vais pas en lai proposant un amendement qui abrogeait une loi odieuse et laissait au 21 janvier le caractère qu'il gardera auprès de tous les honnêtes gens etdes vrais amis de la Révolution de 1789. Mon amendement était ainsi conçu : « La loi du 19 janvier 1816, relative à révénement funeste du 21 janvier 1793, est abrogée, t Jeledévelop* pai, le 19 janvier 1833, dans le discours suivant :
tt Messieubs,
« Le rapport que vous venez d'entendre (celui de M. lo comte Siméon) , quelque sage et mesuré qu'il soit, rouvre nécessairement toute la discussion. Il est pénible d'y prendre part ; mais une conviction bien réfléchie et un vif sentiment de l'honneur de la France me commandent de le faire.
« Je viens apporter mon faibit appui à la proposition qui vous est de nouveau soumise par la Chambre desdépatéi d'abolir une loi de réaction qui, sous le préteite d« flétrir un att«itat justement et unanimement détesté , accuse la France elle*méme, et ne me parait propre qu'à nourrir d«i ombrages et des divisions funestes , et k entretenir parmi nous l'apparence d'un état révolutionnaire.
« Enprincipe, tout anniversaire néfasteest un contre-sens. Cherchez, en effet, quel est l'objet naturel d'un anniver* saire. C'est d'abord d'acquitter la dette de la justice et dt la reconnaissance, en consacrant dans la mémoire des peuples quelque événement heureux, bien&isant, glorieux : c'est ensuite, c'est surtout, en rappelant de grandes choses» d'exciter à les imiter par l'impression féconde de l'enthou* siasme qu*elles inspirent. Mais que peut être un anniver»
4 SISSION DE 1833.
saire néfaste? La commémoration d'an malheur on d'une faute, c'est-k-dire ou une lamentation solemnelle , qui ne convient pas plus à une nation qu'à un individu , quand cette nation a du cœur ; ou une pénitence publique. Mais les nations n'aiment pas à consacrer leurs fautes. Cette humilité, sublime dans Tordre religieux, ne vaut rien dans Tordre politique. L'orgueil d'une nation est pour elle le souffle de vie ; un sage législateur se garde bien d'y toucher. Nul anniversaire néfaste n'est sincère, spontané, national; et, l'histoire à la main, je défie qu'on m'en montre un seul qui n'ait été l'œuvre d'un parti. Je ne veux point parcourir ici tous les anniversaires lugubres , mais il en est deux que malheureusement je ne puis pas éviter.
a Quand la Convention , pour en finir avec une vieille monarchie arbitraire, essaya une République impossible , et donna pour marchepied à cette République Téchafaud d'un Roi que la loi avait fait inviolable, non contente de cette affreuse tragédie, elle en décréta l'abominable anniversaire. Était-ce un enivrement sanguinaire , une exaltation féroce? Non , c'était un calcul. La Convention crut de sa politique, car elle en avait une aussi , de compromettre avec elle et d'associer à sa cause tous les fonctionnaires de tous les ordres et de tous les degrés, et avec eux la nation tout entière. Voilà , Messieurs , un anniversaire de parti dans toute son horreur.
« Il ne sauva pas la République. Quand la République eut fait son œuvre, qui était de détruire, elle disparut, et fit place à l'Empire , dont la mission était de fonder. Napoléon sauva d'abord la Révolution au dedans et au dehors , puis il la gouverna ; et , dégageant ses éléments