INTRODUCTION. IX
de 1789, en voyantce qu'étaientaIorsr£tat, TÉglise, la justice, la famille, toute la vie privée et sociale, s'émurent et s*élancèrent à la conquête d'une nouvelle so* ciété. Cette société une fois conquise et consolidée dans le sang et dans les larmes , leurs fils ingrats en jouissent sans se douter de sa beauté, de sa grandeur; ils en jouissent, sans l'apprécier, comme on jouit de l'air qu'on respire , de la vie et du bonheur. Mais à côté de nous , les étrangers nous envient cet ordre admirable, et ils se jettent dans la carrière orageuse que nous avons parcourue, au risque de souffrir autant que nous pour arriver où nous sommes parvenus.
Vainement, d'un bout de l'Europe à l'autre, il s'est élevé des voix puissantes qui ont célébré les beautés de l'ancien régime et maudit les révolutions : ces voix éloquentes n'ont pas persuadé les peuples. Le siècle compte à peine cinquante années, et la révolution française a franchi ses barrières, et elle est entrée victorieuse à Munich, à Berlin, à Vienne, en Italie , en Espagne , en Portugal , en Grèce. Elle n'a jamais reculé et elle a toujours avancé. Ses revers apparents et passagers cachaient et amenaient ses plus sérieux triomphes.
Chez nous, après avoir accompli son œuvre de des- ' truction , elle confia à un grand capitaine le soin de refaire la France sur les idées nouvelles , et elle lui donna ou lui laissa prendre un pouvoir immense. D en abusa, et on crut la liberté politique à jamais perdue. Elle n'était que suspendue, et pendant cette^ isusponsion momentanée , la liberté civile , ce fonde-